‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 921 sur 1729 · LOUVETERIE · texte numérisé non relu

LOUVETERIE

sacré à Apollon; chez les Romains, il l'était au dieu Mars; Romulus et Rémus, fils de ce dieu, avaient été allaités par une louve. Le loup Fenris occupe une grande place dans la mythologie Scandinave. Dans l'antiquité et au moyen âge, on croyait aux loups-garous. Voy. plus bas.

Loup-CERviER, uom douué au Lynx, parce qu'il est considéré comme l'ennemi du cerf. Voy. lynx.

LOUP DORÉ. Voy. CHACAL.

Locp DE MER, LouBiNE, poissou de la famille des Percoïdes.

Voy. BAR.

Le Loup marin est VAnarrhique. Voy. ce nom.

LOUP, constellation de rhémisj)hère austral située au S.-O. d'Antarès, et composée de 3 étoiles de 3" grandeur, 8 de 4', 23 de 5". Son ascension droite moyenne est 15'' 25°", sa déclinaison 45°.

LOUP, demi-masque de velours noir que les dames portaient à la fia du xvi' siècle et au xvu* siècle pour se garantir du hâle ou du froid. Il avait remplacé le touret de nez.

On donne encore le nom de loup : en Chirurgie, à un ulcère malin et rongeur ( Voy. lupus) ; — en Orfèvrerie, à un morceau d'ivoire brut dont les orfèvres se servent comme de brunissoir : on dit aussi dent-de-loup. Voy. ce mot.

LODP-GARou (de loup et du b.-lat. gerulfus, dérivé luimême du germanique ou Scandinave vere-wolf, var-ulf, homme-loup), prétendu sorcier qui court les campagnes et les rues, tantôt sous la forme d'un loup, traînant des chaînes et prêt à dévorer les enfants, ou bien sous celle d'un chien blanc ou d'une chèvre noire; tantôt invisible, mais produisant l'effet d'une roue rapide, que rien ne peut arrêter. Sa peau est à l'épreuve de la balle, à moins que la balle n'ait été bénite dans la chapelle de St-Hubert ; que le tireur ne porte sur lui du trèfle à 4 feuilles, etc. Cette superstition, très ancienne, a été répandue dans toute l'Europe ; on en trouve encore aujourd'hui des vestiges chez le* paysans de la Saintonge, de la Bretagne, du Limousin et de l'Auvergne. Elle était autrefois tellement accréditée, que les tribunaux condanmaient au feu ceux qui étaient accusés de ce genre de sorcellerie. Au xv« siècle, sous l'empereur Sigismond, une réunion de théologiens proclama la réalité des loups-garous. On suppose aujourd hui que beaucoup de ceux que l'on a traités de loups-garous, ou qui se croyaient eux-mêmes être tels, n'étaient que des maniaques atteints de lycanthropie. Voy. ce mot.

LOUPE (du lat. lupa, louve). Il faut entendre sous le nom de loupe les kystes sébacés, kystes dus à la rétention des produits que sécrète l'appareil pilo-sébacé. La variété de consistance et d'aspect du contenu leur a fait donner les noms auj. vieillis d'athe'rôme, mélicéris, stéatôme. Leur siège de prédilection est le cuir chevelu, la face, la nuque, les épaules et le scrotum. Les tumeurs sont circonscrites, indolentes, à peau amincie adhérente, rouge ou violacée avec des arborisations veineuses. Quelquefois la pression peut faire sourdre par un point noir, orifice oblitéré, la matière sébacée, effilée comme un ver. Le plus souvent les loupes vont toujours grossissant sans subir aucune altération et constituent seulement une infirmité gênante; parfois elles donnent lieu à une fistule, ou bien elles dégénèrent en une affection cancéreuse et par conséquent mortelle. Le traitement consiste dans l'extirpation

En Zoologie, on appelle loupes des tumeurs naturelles à certains animaux, comme le cnameau, le zébu, etc. — En Botanique, on donne vulg. le nom de loupes aux excroissances ligneuses qui viennent sur le tronc ou sur les l)ranches de certains arbres. Ces loupes sont fort recherchées pour certains usages : celles de lorme, p. ex., servent à faire des ouvr,ages de tabletterie ( Voy. broussis) . — En termes de Joaillier, loupe se dit d'une pierre précieuse que la nature n'a pas achevée : on dit une loupe de saphir, de rubis. — En Métallurgie, on appelle loiipe une masse de fer affiné incandescente et à demi liquéfiée qu'on va passer au marteau ou sous le cylindre.

LOUPE ou MICROSCOPE SIMPLE. En Optique, la loupe, ainsi appelée sans doute à cause de sa forme arrondie, est une lentille convergente d'un très court foyer, qui sert à examiner de petits objets. L'objet qu'on regarde à la loupe doit toujours être placé en avant, à une distance moindre que la distance focale {Voy. lentille); sa position varie avec la portée de la vue. Il se produit dans ces conditions une image virtuelle, droite et plus grande que l'objet. —

L'emploi de la loupe comme verre grossissant remonte an XHi* siècle. Roger Bacon en parle en 1250. Elle a beaucoup servi aux travaux des naturalistes, même depuis l'invention du microscope composé {Voy. microscope). Dans le principe on la tenait à la main, ce qui était fort incommode: on la place aujourd'hui sur un support avec un porte-objet et un miroir pour concentrer la lumière. Les loupes Stanhope sont formées d'un cvlindre de verre ayant une extrémité convexe et l'autre plane ; on applique 1 objet sur ce plan. On diminue l'aberration de sphéricité des loupes, par l'emploi de diaphragmes, ou en associant, suivant des règles que la théorie indique, deux lentilles convergentes; c'est ce qu'on nomme un doublet. C'est toujours ainsi que sont constitués les oculaires des lunettes astronomiques. — On appelle L. d' Haidinger ou L. dichroscopique une loupe où 1 on regarde une petite ouverture à travers un cristal biréfringent de spatn d'Islande. Pour une orientation convenable, les cristaux dichroïques prennent des teintes différentes dans les deux images.

LOURDIE. Voy. mal de sang.

LOURE, sorte de danse dont l'air était lent, généralement à 6/4. — Ce mot se rencontre assez fréquemment dans les compositions de clavecin de J.-S. Bach.

Dans la langue Musicale, lourer, c'est nourrir les sons avec douceur et marquer la première note de chaque temps plus sensiblement que la deuxième, quoique de même valeur : cette manière d'exécuter est surtout en usage pour toutes les compositions qui ont le caractère rustique et montagnard.

LOUTRE, Lutra, genre de Mammifères, de l'ordre de» Carnassiers et voisin des Martes, renferme des animaux essentiellement aquatiques et très bons nageurs. Leur tête est plate et large, leur museau terminé par un mufle dans lequel sont percées les narines ; leur corps est élargi et comme écrasé, leurs jambes courtes, leurs pieds larges et palmés comme ceux du canard, leur queue aplatie. La Loutre d'Europe [Mustela lutra) est d'un brun noirâtre en dessus et d'un gris blanchâtre en dessous, tirant sur le fauve sous la gorge. Sa taille est d'env. 0 m. 70 du museau à la base de la queue, qui a souvent 0 m. 30 de longueur. Elle vit solitaire au bord des rivières ou des étangs, se cache pendant le jour sous des racines ou dans des creux de rocnes, qu'elle a eu soin de garnir d'herbes, et la nuit plonge et pêche. Sa nourriture se compose uniquement de poissons et d'herbes. Cet animal ne manque pas d'intelligence; il se laisse, dit-on, apprivoiser, et peut même être dressé à aller à la pêche pour le compte de son maître. On mange la chair de la loutre; elle était jadis considérée comme un aliment maigre. Sa fourrure est assez appréciée. — On trouve plusieurs variétés de Loutres au Canada et dans la Caroline, ainsi qu'au cap de Bonne-Espérance .

Loutre de mer, L. marine ou Enhydre ^narine [L. marina), espèce du genre Loutre, qui se rapproche de» Phoques, habite sur les côtes septentrionales de l'océan Pacifique et se nourrit de poissons marins. Sa fourrure est rare et estimée.

LOUVART, LouvAT, louveteau, jeune loup. — louve, femelle du loup.

LOUVET (de lupus, loup), robe du cheval caractérisée par la présence du jaune et du noir sur le même poil, ou par un mélange de poils jaunes et de poils noirs. L'ensemble de la robe a de l'analogie avec le pelage du loup.

LOUVETERIE, équipage pour la chasse du loup, au renard et autres animaux nuisibles. Sous l'ancienne monarchie, on nommait Grand Louvetier un officier de la maison du roi qui commandait la louve ter ie [Voy. loup) : cette charge fut supprimée en 1789. Toutefois il y eut toujours depuis des officiers chargés spécialement de la destruction des loups, et qui portèrent aussi le nom de louvetiers. Aujourtl'hui les préfets nomment, sur la présentation du conservateur des forêts, des lieutenants de louveterie, dont la commission est honorifique et qui sont tenus d'entretenir à leurs frais un équipage composé au moins d'un piqueur, de 3 valets de chiens, de 10 chiens courants et de 4 hmiers. Ces louvetiers ont le droit de chasser à courre le sanglier dans les forêts de l'Etat faisant partie de leur arrondissement, de chasser au loup sans permis et d'emplover pour la destruction des animaux nuisibles des engins mterdits par la loi. Ils dirigent, sous la surveillance des agents forestiers, les chasses ou battues ordonnées par les sous-préfets.

Page 1