LUETTE
LOUVOYER (de lof, lit du vent?). C'est, en termes de Marine, courir des bordées, quand on a le vent contraire et qu'on veut maintenir le vaisseau dans sa route, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, de manière que la résultante des deux forces qui le sollicitent, savoir, la résistance de l'eau et l'action du vent, le poussent dans un sens opposé à celui que le vent tendrait à lui faire prendre.
LOXIE (du gr. XoÇôî, oblique), Loxia. Linné avait formé sous ce nom un genre d'Oiseaux, comprenant tous ceux qui ont le bec plus ou moins oblique. Depuis, ce nom a été restreint aux Becs-croisés. Voy. ce mot.
LOXODROMIE (du gr. XoÇôî, oblique, et 8pô[j.o<;, course). On appelle ainsi une courbe tracée à la surface de la sphère terrestre et dont le caractère principal est de couper tous les méridiens sous un angle constant. Elle fait une infinité de circonvolutions autour du pôle, qu'elle n'atteint jamais. — Dans leur route à la surface des mers, les navigateurs suivent non la circonférence d'un grand cercle qui serait le plus court chemin, mais un arc de loxodromie, parce que cet arc est représenté sur la carte marine par une ligne droite, ce qui permet de trouver à chaque instant, à l'aide seulement d'une règle et d'un rapporteur, l'angle que l'axe du vaisseau doit faire avec le méridien pour atteindre un lieu déterminé.
LOYAUX COÛTS. Voy. frais.
LOYER (du lat. locarium), somme payée par le locataire pour prix de la chose ou du service qu'on lui loue. Le loyer d'un héritage prend le nom de fermage. Voy.
BAIL et LOCATION.
LUCANE, Lucanus cervus, vulg. Cerf-volant, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères pentamères, famille des Lamellicornes, type de la tribu des Lucanides, renferme des insectes de grande taille, qui ont le corselet carré, l'abdomen ovale, la tête et les mandibules énormes, et des espèces de cornes dentelées qui rappellent celles du cerf. Les larves des Lucanes vivent dans les vieux bois et les racines des arbres, qu'elles réduisent à l'état de tan. On les trouve en Europe, en Amérique et à Java.
LUCANIDES. Voy. lucane et lamellicornes.
LUCARNE (du lat. Incarna, p. lucerna, flambeau), ouverture pratiquée au toit d'un bâtiment pour éclairer et aérer l'espace qui est sous le comble. On distingue : la L. carrée et la L. ronde ou bombée, qui est fermée en haut par un arc de cercle; la L. flamande, qui est en maçonnerie, couronnée d'un fronton et portant sur l'entablement; la L. capucine, qui est couverte en croupe de comble; la L. demoiselle, qui est en charpente, portée par des chevrons et couverte en triangle. — Le style ogival de la dernière période et celui de la Renaissance affectionnent les lucarnes, qu'ils traitent avec la plus grande habileté et la plus grande richesse.
LUCERNAIRE (du lat. lucerna). Ce mot s'emploie quelquefois dans l'Eglise latine comme synonyme de vêpres, f)arce que jadis vêpres ne se chantaient que le soir et aux umières ; mais plus spécialement pour designer le répons qu'on chante à vêpres après l'hymne. — L'Eglise grecque a aussi son lucernaire ou son office de vêpres, qui consiste en prières officielles : ces prières sont plus longues que celles de l'Eglise romaine.
Les Zoologistes ont donné ce nom à deux genres de Polypes zoanthaires, voisins des Actinies.
LUCHON ou BAGMÈRES-DE-LUCHON, eau miner. Voy. eaux minérales.
LUCIE, 222" petite planète, trouvée le 9 fév. 1882 par Palisa, à Vienne. Voy. planètes.
LUCIFER (du lat. lucifer, porte-lumière), un des noms donnés par les anciens à la planète Vénus, qu'on prenait autrefois pour deux étoiles différentes, selon qu'on l'observait le matin ou le soir : Lucifer était l'étoile du matin (Voy. Vénus). — Les Chrétiens ont donné le nom de Lucifer au premier des anges déchus, à Satan, sans doute en souvenir de ce passage d'Isaïe : « Comment es-tu tombé du ciel, Lucifer, toi qui paraissais si brillant au point du jour? »
LUCILINE, nom donné à l'huile de pétrole servant à l'éclairage.
LUCIMÈTRE (du lat. lux, lucis, lumière, et du gr. ixé-cpov, mesure), appareil de Physique imaginé par Bouguer pour comparer l'éclat des d^iverses régions du ciel. Il se compose de deux tubes reunis par une charnière, comme les branches d'un compas. Les extrémités qui se touchent sont fermées avec du papier huilé ; les autres
sont ouvertes, et de plus l'un des tubes est à tirage, afin cm'on puisse changer à volonté sa longueur. L'observateur dirige les tubes vers deux points du ciel, et il cherche la longueur qu'il faut donner au tube à tirage pour que les deux feuilles de papier huilé paraissent également éclairées; les intensités lumineuses des deux points considérés sont alors proportionnelles aux carrés des longueurs des tubes correspondants.
LUCINE, Lucma, genre de Mollusaues acéphales, de l'ordre des Orthoconques intégropalléales, type de la famille des Lucinidées : co(^uille ronde, déprimée, généralement mince, présentant a chaque valve deux impressions musculaires très longues et souvent prolongées en arc; charnière munie d'une ou deux dents cardinales buccales, et souvent de deux dents latérales distantes ; ligament interne et logé dans une fossette oblique. Les Lucines fossiles se trouvent depuis l'étage dévonien, et les espèces aujourd'hui vivantes habitent le sable de toutes les mers. La L. réticulée et la L. ondée sont communes sur nos côtes. — La famille des Lucinidées renferme, outre le genre type Lucine, les genres Corbis, Érycine, etc.
LUCINE, 146» petite planète, trouvée le 8 juin 1875 par Borrelly, à Marseille. Voy. planètes.
LUCIOLE [de l'ital. lucciola), nom vulgaire du Lampyre d'Italie, insecte très lumineux; est aussi employé comme synonyme de Ver luisant.
LUCIOPERCA, nom latin scientifique de la Sandre. Voy.
LUCRETIA, 281» petite planète, trouvée le 31 oct. 1888 par Palisa, à Vienne. Voy. planètes.
LUCULES (dimin. du lat. lux, lumière), rides lumineuses qui se croisent dans tous les sens à la surface du soleil. Elles sont dues probablement aux ondulations de l'atmosphère gazeuse de cet astre.
LUOIEN (de Ludes, département de la Marne), nom donné au faciès septentrional de l'éocène supérieur. Le faciès marin des régions méridionales a reçu le nom de Priabonien. Le Ludien du bassin de Paris comprend les marnes à Pholadomya ludensis et le gypse de Montmartre à Palaeotherium.
LUDIER, Ludia, genre de la famille des Bixacées, renferme des arbrisseaux originaires des îles Maurice et Mascareignes. L'espèce type est le Ludier à feuilles changeantes, dans lequel les feuillles paraissent d'abord petites, raides, luisantes, dentées et épineuses, et s'allongent ensuite de façon à devenir très douces et entières. Ses fleurs sont axillaires, blanches et solitaires.
LUDION (du lat. ludio, faiseur de tours), dit aussi Diable cartésien, petite figure d'émail suspendue à une ampoule de verre et plongée dans une bouteille pleine d'eau. On peut le faire descendre et monter à volonté en
f)ressant plus ou moins une membrane élastique qui ferme a fiole. Pour cela, on a ménagé au ras de l'ampoule un petit trou par lequel l'eau s'introduit en refoulant l'air qui s'y trouve. Lorsqu'on presse la membrane, l'air étant comprimé, l'eau entre dans l'ampoule et l'entraîne au fond du vase: quand, au contraire, on diminue la pression, l'élasticité de l'air intérieur chasse l'eau, et l'ampoule remonte à la surface ; ce petit appareil sert à démontrer expérimentalement les propriétés des corps flottants.
LUDOVICA, 291« petite planète, trouvée le 25 avril 1890, par Palisa, à Vienne. Voy. planètes.
LU DUS, mot latin qui signifie /cm, s'appliquait autrefois à des nodules arrondis qui se trouvent au milieu de certaines roches marneuses, et qui sont ordinairement plus durs que la roche qui les renferme. On nommait : ludus Helmontii (Jeu de Van Helmont) des concrétions pierreuses qui imitaient par leur forme divers objets, tels que des dés ou des prismes ; ludus Paracelsi (jeu de Paracelse), des concrétions analogues, qui renfermaient des cavités de forme prismatique, séparées par des cloisons. — Ces corps ne sont plus désignés que sous les noms de rognons et de concrétions.
^ LUETTE (du lat. uva, graine de raisin et luette, d'où l'on a fait uvette, luvette et par corruption luette), appendice charnu et conoïde qui pend à 1 entrée du gosier, au niilieu du bord libre du voile du palais. La luette est spécialement formée par la membrane muqueuse ; un grand nombre de muscles lui sont communs avec le voile du palais ou avec la base de la langue, et elle en a deux propres, les palato-stavhylins [Voy. azygos). La longueur et la largeur de la luette varient selon les individus : elle peut