LUMIERE
même ne pas exister. Lorsque la sensibilité de la luette est mise en jeu par une irritation un peu vive, il se manifeste des nausées, et même des vomissements : on se sert de ce moyen pour faire vomir.
La luette est sujette à plusieurs maladies : souvent elle aajuierl un volume qui double ou triple sa grosseur et sa longueur ordinaires, et se développe au point de gêner la déglutition et l'émission de la voix ; c'est ce au'on appelle chute de la luette. Il est alors nécessaire n'en faire la résection.
LUETTE (jeu DE la), jcu de cartcs originaire d'Espagne, se joue avec des cartes particulières et s'accompagne de beaucoup de signes et de grimaces.
LULU, nom vulgaire de l'Alouette des bois ou Cujelier.
Voy. ALOUETTE.
LUMACHELLE (de l'ital. lumachella, limaçon), nom donné, en Géologie, à des calcaires résultant de l'agglomération d'une multitude de coquilles dans un ciment solide. Quand ces calcaires sont en oancs continus, et que leur dureté les rend susceptibles d'un beau poli, on les exploite comme marbres. Les lumachelles de Carinthie sont très estimées à. cause de J'elfet qui résulte du contraste de la couleur blanche ou rouge des coquilles avec la couleur foncée de la roche. Voy. marbre.
LUMBAGO (du lat. lumbago^ de lumbi, lombes). On a désigné sous ce nom toutes les douleurs de la région lombaire dues aux afTcclions du rachis, des reins, de l'utérus, aux ruptures musculaires qui se produisent à la suite d'un eifort violent pour soulever un fardeau ou d'un redressement brusque. Mais on doit réserver ce nom au rhumatisme des muscles de la région lombaire, en donnant la dénomination de rachialgie aux douleurs symptomatiques énumérées plus haut. Le lumbago est caractérisé par une douleur qui occupe soit un seul côte des lombes, soit les deux côtés à la fois, et qui n'est accompagnée ni de gonflement, ni de rougeur, ni de chaleur. Les causes du lumbago sont les mêmes que celles des autres rhumatismes : il se manifeste ordinairement d'une manière subite. Le lumbago oblige le malade à se tenir courbé en avant, et, dans certains cas, la douleur est telle, qu'il devient absolument impossible d'exécuter aucun mouvement ; il se complique aloi-s d'un accès de fièvre. — Si la douleur est légère, le seul traitement à observer est de garder le repos : on peut y joindre l'emploi de cataplasmes laudanisés, d'embrocations narcotiques, ou de sinapismes, ainsi que les tisanes sudorifiques. Si la douleur est intense, il faut avoir recours aux applications de sangsues, aux douches et aux bains de vapeurs, aux vésicatoires, au chloroforme, etc.
LUMEN, 141° petite planète, trouvée le 13 janvier 1874 par Paul Henry, à Paris. Voy. planètes.
LUMIÈRE (nu b. -lat. luminaria; du lat. lumen), agent qui se manifeste particulièrement comme cause de la visibilité. Les corps en état d'ignition, la flamme, le soleil et les étoiles répandent de la lumière autour d'eux ; ils sont dits lumineux par eux-mêmes. On appelle corps éclairés ceux qui ne font que réfléchir ou diffuser la lumière qu'ils reçoivent des corps lumineux. La lumière pénètre à travers tous les gaz, à travers la plupart des liquides et plusieurs corps solides ; les corps qui laissent ainsi passer la lumière s'appellent transparents ou, dans certains cas, Iratislucides, par opposition aux corps opaques, qui la retiennent et l'empêchent de parvenir à notre œil. La science qui s'occupe de la lumière porte le nom d'Optique.
La direction que suit la lumière en se propageant se nomme un rayon; en fait, nous n'observons que des faisceaux lumineux, comme la lumière émanée d'un point et qui traverse l'ouverture d'un écran; on obtient ainsi un cône de lumière, qui dans certains cas peut devenir un cylindre. Un faisceau cylindrique très étroit s'appelle un pinceau. Le rayon serait un pinceau infiniment mince ; ce n'est au fond qu'une conception de l'esprit. Le rayon suit une ligne droite dans le vide et dans les milieux transparents homogènes. Cette propagation rectiligne est mise en évidence par la production des ombres. — Quand la lumière vient rencontrer une surface, elle est renvoyée suivant une autre direction ; ce phénomène porte le nom de réflexion ; la partie de l'Optique qui s'occupe de la réflexion se nomme catoptrique [Voy. réflexion). Lorsqu'un rayon de lumière passe d'un milieu transparent dans un autre, il subit un changement brusque de direction; c'est ce qu'on nomme la réfraction [Voy. ce mot); la dioptrique est la partie de l'Optique qui s'occupe de ce phénomène. La réfraction
n'a pas la même intensité pour tous les rayons lumineux ; elle va en décroissant pour les diverses couleurs dans l'ordre suivant : violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge. Le passage d'un faisceau de lumière blanche à travers un corps transparent détermine habituellement la séparation des rayons, c'est ce qu'on appelle la dispersion.
Voy. DISPERSION, SPECTRE SOLAIRE, INDICES DE RÉFRACTION.
La lumière ne se propage pas instantanément ; elle parcourt 300 000 kilomètres par seconde dans le vide. La vitesse est moindre dans les corps transparents; elle est égale au
Suotient de la vitesse dans le vide par l'indice de réfraction u corps. Ce fait, auquel conduit théoriquement le système des ondulations [Voy. plus bas), a été vérifié expérimentalement par Foucault. Quant aux procédés qui ont servi à mesurer la vitesse de la lumière, voy. vitesse de la lumière.
L'éclairement produit par un point lumineux diminue d'intensité à mesure qu'on s'éloigne de ce point ; ce décroissement d'intensité a lieu en raison directe du carré de la distance par un point lumineux. L'oeil ne peut apprécier d'ailleurs que Végalité d'éclairement de deux surlaces, et encore si les sources lumineuses ont la même couleur. On a appliqué ces principes dans les photomètres [ Voy. ce mot), instruments qui permettent de comparer la quantité de lumière envoyée par une source, c.-à-d. son intensité totale, à un étalon convenablement choisi [Voy. photométrie).
Deux hypothèses ont été émises sur la nature de la lumière. L'une, dite des ondulations ou des vibrations, admise par Descartes, Huygens, Euler, Young, Fresnel, suppose l'univers rempli d un fluide extrêmement subtil et élastique, appelé éther, dont les ondulations, déterminées par l'action des corps sonores, agissent sur l'oreille; dans ce système, la cause de la visibilité, la lumière, est un mouvement de vibration excité dans l'élher par les corps visibles, et qui, propagé de proche en proche dans toutes les directions, se modifie d'après la nature des résistances qu'il éprouve. L'autre système, connu sous le nom de système de démission, admet, avec Newton, que la lumière est une matière propre, émanant des corps lumineux, et dont les molécules sont lancées en ligne droite par ces corns avec une très grande vitesse et dans tous les sens. Si la théorie de l'émission explique facilement la propagation rectiligne, la réflexion et la réfraction de la lumière, elle explique plus péniblement le fait des interférences (Voy. ce mot). Il est, au contraire, une conséquence immédiate de la théorie des ondulations ; de la lumière ajoutée à de la lumière produira l'obscurité quand les mouvements vibratoires de même période envoyés par deux sources en un même point auront des vitesses égales et contraires. — De plus, la théorie de l'émission, pour expliquer la réfraction, est forcée d'admettre que la vitesse de propagation est plus grande dans les corps réfringents que dans le vide, tandis que dans la théorie des ondulations, cette vitesse est plus pe<^/e. C'est ce qui se produit en réalité, comme l'a montré Foucault ; il en résulte donc que la théorie de l'émission doit être absolument reietée, et que le système des ondulations est, non pas certain, mais au moins possible.
On admet auj. que les phénomènes de la chaleur rayonnante sont dus aux mêmes vibrations que les phénomènes lumineux ; seul l'organe de réception, qui sera un appareil thermométrique ou l'œil, diffère ; la cause extérieure est la même (Foi/, spectre).
Les vibrations lumineuses déterminent aussi des phénomènes chimiques; tels sont les réactions utilisées dans la photographie [Voy. ce mot), et les phénomènes de nutrition qui se passent dans les plantes vertes '(Foi/, assimilation chlorophyllie.nne).
Ces actions de la lumière se rattachent aux phénomènes d'absorption. Beaucoup de milieux ne sont transparents que pour certains rayons du spectre, et absorbent les autres, produisant dans le spectre des bandes diffuses plus ou moins larges (solides et liquides colorés) ou des raies noires (gaz colorés] ; par une exception remarquable, les sels de didyme, solides ou dissous, se comportent comme les gaz [Voy. spectres).
Pour les noms des principaux savants qui ont étudié la Lumière, voy. optique.
Lumière cendrée. Lorsque, peu après ou avant la nouvelle Lune, cet astre se couche après le Soleil, ou se lève avant lui, elle nous montre non seulement un croissant lumineux très délié, mais encore, avec une teinte très dégradée, le reste de son disque ; c'est ce que l'on appelle