‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 924 sur 1729 · LUNDI · texte numérisé non relu

LUNDI

la lumière cendrée. Ce plicnomène est dû à ce que, à l'époque de la nouvelle lune, tandis que la lune tourne vers nous son disque obscur, la face de la terre éclairée par le soleil est au contraire tournée tout entière vers la lune, et la lune, recevant ainsi de la terre la lumière réfléchie du soleil, nous renvoie à son tour des rayons qui la rendent visible.

Lumière diffuse, lumière due à la réflexion irrégulière ou diffusion [Voy. réflexiom). Cette lumière rend la surface diffusante visible de tous les points de l'espace environnant. Ce sont les surfaces peu polies qui donnent surtout lieu à la diff'usion de la lumière.

Lumière électrique. On emploie pour la production de la lumière électrique deux espèces d'appareils distincts : 1° les lampes à arc; 2° les lampes à incandescence.

I. Quand on rapproche au contact deux baguettes de charijon de cornue dans lesquelles passe le courant d'une pile ou d'une machine, et qu'on les sépare de manière à maintenir entre elles une petite distance, le courant continue à passer, grâce aux particules de charbon qu'il entraîne d'un pôle à l'autre, et forme l'arc voltaî^ue. Les pointes de charlxin sont portées à une température extrêmement élevée (3000° environ) et répandent une lumière éblouissante, plus riche en rayons violets que la lumière solaire elle-même. Mais, les pointes de charbon brûlant dans l'air, il faut maintenir constante leur distance ; on y arrive à l'aide de régulateurs. Les uns, dits monophotes, ne permettent de placer sur un circuit qu'une seule lampe; en principe, dans ces appareils, un mouvement d'horlogerie amène les charbons au contact quand le courant ne passe pas ; le courant traverse un electro-aimant oui sépare les charbons, et l'arc s'allume; si la distance devient trop grande, le courant s'affaiblit et le mouvement d'horlogerie agit pour rapprocher les charlwns. Tels sont les régulateurs Foucault (le premier en date), Duboscq, Serrin, etc. Dans ces régulateurs, l'extinction d'une lampe par rupture des charbons entraîne l'interruption du courant. Dans les régulateurs dits polyphotes, il existe en général deux électro-aimants entre lesquels se partage le courant. L'un d'entre eux, sur le circuit duquel se trouvent les charbons amenés au contact par un mouvement d'horlogerie, agit pour les séparer; une portion de plus en plus grande du courant passe alors par le second electroaimant qui agit pour rapprocher les charbons. Dès lors, même si les chariwns se brisent, le courant continue à passer et les autres lampes placées sur le même circuit continuent à fonctionner. — On doit citer, en particulier, parmi les appareils qui permettent le mieux la division de la lumière électrique la lx)ugie JablochkolT. Les deux charbons parallèles sont isolés l'un de l'autre par une couche de plâtre et réunis à une extrémité par une pâte de graphite conductrice ; quand on fait passer le courant, l'extrémité rougit et l'arc s'allume ; le plâtre est peu à peu volatilisé au fur et à mesure que les charbons s'usent. Ce système très simple ne peut s'employer qu'avec les courants alternatifs (Foy. MAGNÉTO-ÉLECTRiotjES (machines)], le charbou positif, à cause du transport de matière, s'usant plus vite que le charbon négatif. Les courants alternatifs permettent d'ailleurs le rallumage de l'arc, sans qu'il soit nécessaire de les ramener au contact, à cause de la température très élevée de l'air qui devient conducteur. Les autres régulateurs, avec quelques modifications dans la construction, peuvent s'employer avec les courants continus ou avec les courants alternatifs.

II. Les lampes à incandescence reposent sur ce fait qu'un conducteur résistant s'échaufl'e fortement par le

Jjassage d'un courant [Voy. conitAXTs). On emploie des ilaments de charbon, formés par la carbonisation, à haute îtempérature, de matières végétales diverses : filaments de bambou (syst. Edison), de carton (syst. Maxim), fils de •coton (syst. Swan). Ce filament est placé dans une ampoule <le verre, dans laquelle on fait le vide et qu'on ferme ■ensuite à la lampe ; le charbon ne peut brûler et résiste très longtemps à l'incandescence. Ces lampes sont de plus en plus employées, à cause de la possibilité d'en exciter un grand n(>m))re avec un même courant, et de la qualité de leur lumière. La température étant colle du rouge vif, la composition de la lumière rappelle tout à fait celle du gaz de l'éclairage, à laquelle nous sommes habitués. De

Jilus on peut avec l'incandescence se procurer de petits bycrs, ce qui est imjwssible avec les lampes à arc. Lumière polarisée. Voy. polarisation.

Lumière zodiacale, phénomène astronomique qui ac-

compagne ordinairement le lever ou le coucher du soleil vers les équinoxes : c'est un cône de lumière blanchâtre ayant sa base du côté du soleil, qu'on observe dans la direction du zodiaque; sa longueur paraît quelquefois soustendre un arc de 90°. Dominique Cassini, pour l'expliquer, supposait le soleil enveloppé d une couche nébuleuse ayant la forme d'un sphéroïde très aplati et presque lenticulaire, s'étendant plus loin que les orbites de Mercure et de Vénus, et juscju'à l'orbite de la Terre. On peut l'expliquer encore par 1 existence d'une masse de corpuscules circulant autour du soleil dans un plan très rapproché de l'équateur solaire et de l'écliptique et formant une sorte d anneau autour de cet astre.

LUMIÈRE. En Peinture, ce mot se dit et de la lumière même ciu'il s'agit de représenter, et de la manière dont on la représente. Pour simplifier le jeu de la lumière, les peintres se créent un jour particulier, ce qu'ils font en donnant certaine couleur aux parois de l'atelier, puis en introduisant le jour par une baie de forme particulière, carrée, conique, cylindrique, etc., et enfin en rapprochant ou éloignant le modèle du foyer de lumière, ce qui modifie les ombres, les clairs, la netteté avec laquelle se dessinent les objets. L'inclinaison que préfèrent nabituellement les artistes pour le rayon lumineux est de 45*'.

On distingue en peinture 4 lumières : 1» la lumière principale ou souveraine, qui vient du haut et tomlic d'aplomb sur la partie éminente de l'objet; 2° la lumière

filissante, qui ne fait que couler sur les objets; 3° la umière diminuée ou pei-due, qui, s'éloignant du principe aui la produit, diminue d'éclat, se confond avec la masse 'air dans laquelle elle nage et finit par se perdre ; 4° la lumière réfléchie, empruntée à un corps qui l'avoisine et duquel elle rejaillit. L école réaliste de peinture a tenté, en peignant en pleine lumière, de réagir contre cette habitude de montrer les objets sous un jour particulier et factice.

On appelle encore lumière : \° dans les armes à feu, l'ouverture par laquelle on met le feu à un canon, à un fusil, etc. ; i" dans les instruments de mathématiques à pinnules, le petit trou par lequel on aperçoit l'objet observé; 3" dans les pompes, l'ouverture pratiquée au corps d'une pompe et par laquelle l'eau sort pour entrer dans le manche ou le tuyau ae conduite, etc.

LUIMP ou LOMPE, vulg. Gros-Mollet, genre de Poissons malacoptérygiens subbrachiens, de l'ordre des Squamodermes, détaché par quelques-uns du genre Cycloptère, dont il diffère par un corps plus épais. Il habite les mers du Nord, et vit de méduses et autres animaux gélatineux.

LUNAIRE, Limaria, genre de la famille des Crucifères, tribu des Alyssinées, renferme deux espèces : l'une, bisannuelle, la L. biennis, sans odeur, à fleurs de couleur violette ; ses graines sont contenues dans une silicule dont la cloison blanche et nacrée persiste longtemps après la chute des valves : c'est cette petite membrane ronde et blanche qui lui a valu les noms de Lunaire, A' Herbe aux écus, de Monnaie du pape, de Satin blanc, etc. ; l'autre, vivace, la L. rediviva, à feuilles très grandes, légèrement velues, acuminées et dentées en scie ; à fleurs d'un rose clair, quelquefois même d'un pourpre assez vif et exhalant une odeur très suave.

LUNAISON, ou Mois lunaire, intervalle de temps com-

[tris entre deux nouvelles lunes consécutives. La durée de a lunaison est de 29 jours 12 h. 44 m. 3 s.

LUNATIQUE (du lat. lunaticus), ce qui est soumis à l'influence de la lune. On l'a étendu soit aux maladies qui reparaissent ou deviennent plus graves à des phases déterminées de la lune, et qu'on attribuait à l'influence de cet astre, soit aux individus qui sont affectés de ces maladies, ainsi qu'aux fous et aux êtres capricieux. Les anciens donnaient ce nom aux épileptiques. — Les vétérinaires l'appliauent particulièrement aux chevaux sujets à l'ophtalmie périodique, ophtalmie que l'on supposait autrefois être influencée par le cours de la lune [fluxion périodique).

LUNCH, I.UNCIIEOX, mots anglais usités aujourd'hui en France pour désigner le goûter ou repas accessoire, entre le déjeuner et le dîner, qui se prend ordinairement debout à l'imitation des Anglais.

LUNDI (du lat. lunae dies, jour de la lune), 2« jour do la semaine, ainsi appelé par les anciens parce que la lune présidait à sa première heure. Le lundi, dans l'Eglise catholique, est appelé seconde férié et est consacré plui

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