LUT
En termes de Fortification, on nomme lunettes des espèces de demi-lunes, c.-à-d. des ouvrages composés de deux laces présentant un angle saillant vers la campagne et deux flancs adjacents aux faces. La gorge de 1 ouvrage peut être fermée ou ouverte. Les lunettes construites comme ouvrage avancés, c.-à-d. en avant et à peu de distance du corps de place, sont toujours ouvertes, pour que, si l'ennemi s'en empare, il ne puisse les retourner contre le défenseur. On les employait autrefois pour donner des feux sur un terrain voism ne la place échappant aux vues de celle-ci. Il n'y a plus lieu auj. de les applinuer dans ces conditions, mais elles sont fréquemment usitées dans la fortification de campagne.
LUNNITE , phosphate de cuivre hydraté naturel (311*0. 6CuO.P*0*l en cristaux clinorhombiques ou en masses vert-émeraude, à Libethen (Hongrie) et en Sibérie.
LUNULE, diminutif de lune. — En Botanique, on appelle lunulées les parties des organes des plantes qui ont la forme d'un croissant.
En Géométrie, on appelle lunule une figure oui a la forme d'un croissant : c est l'espace compris entre cleux arcs de cercle qui ont la convexité du même côté et qui se coupent.
Dans les Eglises, on appelle lunule une espèce de boîte ronde, de cristal, montée sur or ou vermeil, qui renferme l'hostie et qu'on place dans le centre de l'ostensoir.
LUPERCALES, fêtes de Pan. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.
LUPÉRE, Luperus, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères tétramères, famille des Cycliques, tribu des Galérucites. Les larves de l'espèce tvpe, le Luperus rufipes, se trouvent sur l'orme, dont elles dévorent les feuilles.
LUPIN (du latin hipimis et lupus, loup), Lupinus, genre de la famille des Papilionacees, tribu des Lotées, renferme de fort belles plantes herbacées ou frutescentes, hautes de 0 m. 33 à 0 m. 70, dont les fleurs, de couleur variable, sont analogues à celles des pois et des haricots, et dont les feuilles, composées de folioles attachées toutes à un même point, sont disposées en roues ou en rayons divergents, au nombre de 5 à 7 ; toute la plante est généralement velue et satinée. Le fruit est une gousse comprimée, allongée, renfermant des semences dures, orbiculaires, analogues aux lentilles, dont la saveur est fortement amère quand on ne les a pas dépouillées de l'épiderme qui les recouvre. — Le Lupin blanc ou L. agricole [L. albus), ainsi nommé de la couleur de ses fleurs, est une plante annuelle, originaire du Levant. Elle ne réussit complètement en France que dans le Midi : le froid et l'humidité lui sont également funestes ; dans les pays chauds, elle croit avec une telle rapidité qu'on peut la jeter en terre immédiatement après la récolte des froments et la récolter avant l'hiver. Cnez nous, on ne cultive guère ce lupin que pour l'enfouir en vert comme engrais, ou pour la nourriture des bestiaux. Chez les anciens, surtout en Grèce et en Italie, c'était un aliment très employé : c'était le mets favori des gens du peuple et des philosophes cyniques. Les Italiens le mangent encore en bouillie. En Egypte, la farine de lupin s'emploie, comme la pâte d'amandes, pour adoacff le visage et les mains ; chez nous, on en fait quelquefois deé cataplasmes. — Parmi les espèces d'ornement, on remarque : le L. vivace, dont les îleurs en épis, au nombre de 15 à 20, sont d'un rose qui passe au bleuâtre : il est originaire de la Virginie, de la Caroline et du Canada; le L. jaune ou Fève de senteur, ^annuel et odorant : il croit naturellement en Sicile et dans le midi de la France ; le L bigarré : la couleur de ses fleurs varie du rouge au bleu, et leur disposition se rapproche de celle d'un épi en panicule terminale.
LUPINELLE, nom vulgaire du Trèfle et du Sainfoin. Voy. ces mots.
LUPULINE (du lat. lupulus, houblon), Medicago lupulina, Yulg. Trèfle jaune. Minette dorée, Luzerne-Houblon, espèce de Luzerne à fleurs ramassées en petites boules dorées, et dont les tiges, rampantes et très rameuses, fournissent un fourrage recherche de tous les bestiaux. Elle convient aux terrains crayeux et élevés. Sa présence dans les prairies naturelles bonifie le foin et le rend appétis«nt. '^^
LUPULUS, nom latin botanique du Houblon.
LUPUS (du lat. lupus, loup), dit aussi Dartre rongeante, inflammation chronique de la peau qui s'annonce
par des tubercules plus ou moins volumineux, livides, indolents, solitaires ou en groupes, suivis soit d'ulcères ichoreux et rongeants, qui se recouvrent de croûtes brunâtres, ordinairement très adhérentes [L. exedens); soit d'une altération profonde de la structure de la peau, sans ulcération [L. non exedens). Le siège ordinaire du lujms est le visage; le nez est la partie que le L. exedens attaque de préférence : souvent il le détruit complètement . Aucune maladie ne produit de plus profondes altérations dans les traits : le mélange de tubercules, d'ulcères, de cicatrices blanches séparées par des parties de peau extrêmement gonflées donne au malade un aspect repoussant. — Les recherches modernes ont montre que le lupus est d'origine tuberculeuse [ Voy. tuberculose) ; on y retrouve les follicules caractéristiques et le bacille de Koch.
Les scarifications linéaires répétées, les cautérisations ponctuées ou linéaires faites avec le* thermocautère, le traitement général reconstituant, sont les moyens à opposer au lupus. Pendant tout le traitement, le malade doit avoir un bon régime, tonique, fortifiant, et prendre beaucoup d'exercice en plein air. L'huile de foie de morue pourra être utile.
LUSCINIA, nom scientifique du genre Rossignol, adonné naissance aux mots Luscinidés et Luscininés, qui désignent différentes familles de Passereaux dentirostres, dont le Rossignol et la Fauvette sont les principaux genres.
LUSTRAGE (du lat. lustrare). Le lustrage est le dernier apprêt donné aux étoffes, et il a pour effet de les rendre brillantes. On commence par enduire l'étoffe d'une matière liquide qui varie selon la nature du tissu : pour
Siresque toutes les soieries, on emploie l'alun ; pour le tafetas noir, on se sert de la bière double bouillie avec du jus d'orange et de citron : c'est ce que l'on appelle l'apprêt. Ensuite on cylindre, c.-à-d. qu'on fait passer la pièce à lustrer entre deux cylindres, clont l'un, métallique et creux, reçoit à l'intérieur des barres de fer rougies qui chauffent sa surface et liquéfient l'apprêt ; ainsi liquéfié, l'apprêt s'applique sur l'étoffe pressée entre les deux cylindres, y pénètre, et lui donne ce lisse et ce brillant qui constitue le lustre.
LUSTRALE (eau). Voy. lustration et bénite (eau).
LUSTRATION (du lat. lustratio), cérémonie consistant en sacrifices, aspersions ou fumigations, par laquelle on purifiait chez les Romains les lieux ou les personnes souillés. Les anciens en avaient de trois sortes : les unes avec Veau lustrale, les autres avec le feu et le soufre, les dernières avec l'air, que l'on agitait, au moyen d'un crible, autour de la chose à purifier. C'était une cérémonie religieuse et hygiénique. On purifiait les enfants nouveau-nés (le 9' jour pour les garçons, le 8" pour les filles). La purification solennelle avait lieu pour tout le peuple tous les cinq ans.
LUSTRE (du lat. lustrare), luminaire suspendu et portant au moins deux ou plusieurs branches, qu'on emploie surtout pour éclairer et décorer les grands salons, les églises et les théâtres. — On distingue : 1° les L. à tige découverte, dont la tige, les branches et les becs n'ont aucun ornement; 2° les L. à consoles, où les branches sont supportées par des consoles placées au-dessus ou audessous : la tige est couverte d'ornements, et le fond terminé par des culs-de-lampe ; 5° les L. à lacé, couverts de cristaux taillés de manière à réfracter la lumière, et à donner toutes les couleurs du prisme. — Il y a des lustres qui se composent de plusieurs étages de branches et de becs, et qui portent jusqu'à 200 bougies et plus. Les lustres sont devenus une des plus belles et des plus riches parties de l'ameublement; on y déploie aujourd'hui un très grand luxe.
LUSTRE, cérémonie rehgieuse et espace de cinq ans. ( Voy. ci-dessus lustration et le Dict. d'Hist. et de Géogr.) — Apprêt pour les étoffes. Voy. lustrage.
Lustre d'eau, plante aquatique. Voy. char*.
LUSTRINE (de lustrer). Ce mot a désigné d'abord une espèce de droguet de soie; il a été étendu ensuite à une sorte de percaline, apprêtée et lustrée, qui sert principalement comme doublure.
LUT (du lat. lutum, boue), enduit tenace et ductile, qui devient solide en se desséchant, et dont les pharmaciens et les chimistes se servent pour fermer les jointures de leurs vases et de leurs appareils, recouvrir les bouchons, empêcher la fuite des substances volatiles ou gazeuses, ou garantir les corps fusibles de l'action d'une chaleur trop
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