MAISON
(Lois des 17 février 1806. 18 juillet 1837 et 5 mai 1855).
— Linstitulion des maires remonte aus temps les plus reculés de notre histoire : le maire, avec les échevins et les conseillers, formait le corps de ville et en était le chef; il était élu par les habitants, mais devait être institué par le roi. Depuis 1789, les maires ont été alternativement élus par la commune ou nommés par le Gouvernement, ou bien élus par la commune et conlirmés par le Gouvernement. La constitution du 14 janvier 18o"2 attribuait au Gouvernement la nomination des maires. La loi votée le 20 jan\ier 1874 qui avait rétabli provisoirement cet état de choses a été remplacée par la loi plus libérale du 5 a^Til 1884 qui laisse aux conseils municipaux, sauf celui de Paris, le soin de nommer leurs maires. — Il y a eu im maire de Paris en 1848 et en 1870.
Maire du palais, grand officier de la maison des rois mérovingriens. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.
Lord-maire de Londres. Voy. lord.
MAIRIE de maire], local où siège l'administration municipale de cliaque commune et souvent aussi la justice de paix : sa dénomination légale est Maison commune. On dit aussi Municipalité et par abus Hôtel de ville. C'est dans la mairie que sont conservés les registres de l'état civil, et qu'aux termes de la loi les mariages doivent être célébrés.
— Voy. F. Narjoux, Architecture communale.
MAÏS (mot haïtien), Zea, vulg. Blé de Turquie, Blé d'Espagne. Blé d'Inde, ou Blé de Rome, genre de la famille des Graminées, tribu des Panicées, se compose de
Elantes herbacées, annuelles, dont les fleurs mâles et les eurs femelles sont portées par le même pied, mais sur des points différents. Le Maïs cidtivé [Zea mays) est une plante forte et vigoureuse dont la tige s'élève jusqu'à 2 et même 3 mètres, se termine par im panache de fleurs mâles, et porte 2, 3 et même 4 gros épis ornés d'une barlx> verte et soveusc : chaque brin est un pistil qui va s'attacher à chacun des grains dont la réunion forme ces beaux épis dores sur lesquels on a compté jusqu'à 700 grains de la grosseur d'un pois.
Les variétés du Mais sont assez nombreuses; elles ne diflerenf, pour la plupart, que par la couleur du grain : ces variétés existent quelquefois dans le même champ; on trouve même sur un seul épi des grains bigarrés. Les variétés qui se perpétuent assez constamment les mêmes sont : le .)/. jaune, qui paraît être le t\-pe de l'espèce; son grain est très savoiu^ux; le M. blanc, dont l'épi est plus long, plus gros, et les grains plus larges, plus aplatis : il mûrit 12 ou 15 jours plus tôt que le précédent; le M. quarantain ou cinquantain, qui a les grains deux fois
rlus petits que le maïs ordinaire; le M. à poulet, dont épi et le grain sont encore plus petits : on le nonune ainsi parce qu'il convient parfaitement à la nourriture des poulets. Ces deux dernières variétés sont précoces; elles s'accommodent d'une terre de qualité inférieure, et l'on peut en faire deux récoltes dans les terrains qui.leur sont favorables. On distingue encore plusieurs autres variétés, d'après le nombre des rangées de grains qu'offre leur épi ; ce nombre est assez constant dans quelques parties du sud de la France : ainsi, le .V. de Pradie a 8 rangées ; le M. de Cussac en a 16. Le M. de Pensylvanie ou M. géant, à gros grains blancs allongés et aplatis, a des épis de 8 à 10 rangées do 24 à 28 grains chacune ; on le recommande conune espèce fourragère.
Le maïs est une plante très épuisante ; aussi la culture alternée du froment et du maïs ne peut-elle réussir sans de fortes fumures. — On sème le maïs au printemp, après deux labours. Dans le pays basque, on le sème à la volée, on l'éclaircit deux fois, et on ne laisse que les pieds les plus vigoureux. Vers la fm de septembre, on enlève les leuilles, et les épis restent seuls pour être récoltés à parfaite maturité. Dans la Dordogne, on le sème à la charrue, en rayons convenablement espacés. Le maïs exige plusieiu^ binages; il souffre beaucoup des sécheresses prolongées. Souvent on l'associe à des haricots, afin qii'il leur serve de rames. — Il ne faut couper l'aigrette qui porte les fleurs mâles que lorsque la liarbe de l'épi est brune et sèche : sinon la fécondation des fleurs femelles est empêchée, et la plupart des graines avortent. On reconnaît la parfaite maturité du mais à la ilessiccalion des feuilles, au déchirement des eiivelop|R's de l'épi et à U dureté du grain. On détache les épis des tiges, et on les suspend sur des perches, on bien ou les étend sur le plancher des greniers, où ils achèvent de se durcir et de sécher. — On fait en Italie
avec la farine do maïs des Imuillies qui portent les noms de polenta, de milliasse ou de gaude, et des gâteaux qu'on prépare de plusieurs manières différentes. Betz-Pénot a réussi en 18o6 à rendre cette farine paniflable et à l'associer à la farine de blé. Le maïs est exposé à une maladie analogue à l'ergot du seigle [Voy. seigle) et devient alors d'im emploi très dangereux. Les Indiens mangent les grains du maïs en vert, comme nous mangeons les petits pois, ou bien grillés ou cuits dans leau. Les Américains forment avec les grains piles et macérés dans l'eau une boisson vineuse qui eni>Te, et dont on peut extraire une liqueur alcoolique. On peut aussi en faire d'assez bonne bière. Le maïs coupé en vert forme un fourrage abondant et très substantiel pour tous les bestiaux, principalement pour les vaches; on leur donne également les feuilles qu'on a détachées pour faire mûrir l'épi.
Le maïs est originaire de l'Amérique. Il était déjà connu en France sous le règne de Henri II; aui. il est cultivé en grande quantité dans tous les pays où il peut mûrir, et notamment dans tout le midi de la Irance, en .\lgérie, etc. L'importance du maïs comme plante fourragère s'accroît tous les jours. On peut appliquer à la conservation de ce fourrage la pratique de l'ensilage. — Voy. à cet égard le Manuel de la culture et de l'ensilage du maïs, de M. Aug. Goffart, 2' édit. 1878.
MAISON (du lat. mansio). Les habitations primitives furent des cabanes coniques ou cylindriques, en branches d'arbres ou en roseaux, puis des maisons en briques crues ou cuites comme en Chaldée et en Egj'pte. En Grèce, on les construisit d'abord en bois, comme Homère nous l'apprend dans V Odyssée: puis en briques ou en pierres : elles étaient partagées en deux appartements bien distincts : celui des hommes yandtvn'itis , situé au rez-de-chaussée, celui des femmes [gynécée), placé soit au premier étage, soit dans la partie la plus reculée du rez-de-chaussée : le harem des musulmans oflVe une disposition analogue. Cependant elles n'eurent, à aucune époque, la grandeur ni le luxe des maisons élevées par les riches citoyens de Rome, comme on en peut juger par les descriptions que nous en ont laissées les anciens auteurs et par les découvertes faites à Herculanum et à Pompéi. Dans celles-ci la façade était occupée par une boutique ou par la loge de l'esclave portier : le vestibule conduisait à Vatrium, gi-ande pièce carrée, recouverte d'un toit qui le plus souvent avait au centre une ouverture par laquelle la pluie tombait dans un bassin ; elle était entourée de ses dépendances et servait à la réception des étrangers ; de là. par une galerie [tablinum] et deux couloirs [fauces], on pénétrait dans le peristylum, disposé comme l'atrium et donnant accès aux chambres [cubicula] destinées aux membres delà famille; au 2" étage se trouvaient de petites chambres icenacida) destinées aux domestiques. .\près la conquête romaine, les riches Gaulois construisirent des maisons semblables. Pendant la féodalité, les maisons occupées par de simples bourgeois étaient ordinairement en bois, petites et mal distnbuées . leurs façades se terminaient le plus souvent par un pignon sur la rue, et les étages, établis en encorbellement les ims sur les autres, communiquaient par des escaliers en limaçon; souvent les tètes des poutres étaient sculptées avec élégance ; dans quelques cas, aux remplissages de briques on substituait des carreaux émaillés. Il reste encore quelques habitations de style roman dans le Midi et de stvle ogival dans le >ord ; celle de Jacques Cœur, à Bombes, est la plus célèbre. La Renaissance substitua généralement la brique et la pierre au bois, améhora les distributions intérieures, régularisa les façades, les décora de sculptures : p. ex., la maison d'Agnès Sorel à Orléans, la maison construite à Moret sous François I" et transportée à Paris sur le Cours-la-Reine. etc. Depuis lors, les perfectionnements se sont succédé, les distributions sont devenues plus conunodes, surtout dans notre siècle. — Consulter Mazois et Gau, Ruines de Pompéies: Cl. Sauvageot. Palais, châteaux, hôtels et maisons de France du XV* s. au xviii* s. ; V. Cailiat, Parallèle des maisons de Paris de 1850 à 1860; C. Daly, Architecture privée au XIX' «. : les divers ouvrages de VioUet-le-Duc ; Barqui, l'Architecture moderne en France: Duval. Kauffmann et Renaud. Maisons de ville et de campagne: Muller, Cités ouvrières. Voy. hôtel, moderne (art).
A partir du xvni* siècle, la construction des maisons dans les villes fut soumise à des règlements dans l'intérêt de la salubrité publique, de la régularité des rues et de la com-
MAISTRANCE