MAJORITÉ
maître cfaient seuls affranchis de cette condition. Les aspirants à la maîtrise des métiers devaient, pour être reçus, justifier de leur capacité en faisant ce qu'on appelait un chef-d'œuvre. Les maîtres formaient pour chaque corps d'état une corporation privilégiée ; ils élisaient entre eux. sous la présidence d'un magistrat, des jurés ou syndics, pour veiller à l'exécution des règlements du métier, pour juger les différends et administrer les biens de la communauté. — Ce régime, oui offrait des garanties de capacité, mais qui entravait la liberté, fut, sous Louis XVI, aboli par Turgot (1776), puis rétabli sous le successeur de ce ministre, et définitivement aboli par la loi de mars 1791.
Voy. JCKANDE et CORPORATIONS.
MAÎTRISE, institution mufricalc dépendante des églises cathédrales ou collégiales. Les maîtrises se composent du maître de musique et d'un certain nombre d'enfants de chœur placés sous sa direction. Le nombre des maîtrises était autrefois, en France, d'environ 450, et celui des élèves de 4 à 5 000. La plupart des maîtrises ont été supprimées en province après la révolution de 1789. — Ce nom s'applique aussi à l'emploi de maître de chapelle dans une église cathédrale.
MAÎTRISE DE MALTE (graxde), dignité de grand maître de l'ordre de Malle. Voy. malte au Dict. d'Hist. et dé Géogr.
MAJESTÉ (du lat. majestas), titre d'honneur que l'on donne, en Europe, aux tètes couromiées. — Pour les empereurs, il est d'usage de joindre à la qualification de Majesté l'épithètc impériale (par abréviation S. M. I.). L'addition de royale, en parlant des rois, ne s'emploie que dans certaines langues, mais n'est pas usitée en français. Quelquefois on y ajoute encore d'autres épithètes, telles que très gracieuse [most gracions] en Angleterre, très haute [aller hœchste) en Allemagne, impériale et royale [kaiser lich-kœnigliche) en Autriche. Le titre de Majesté catholique a été donne par la cour de Rome aux souverains d'Espagne; celui de Majesté très chrétienne, aux rois de France : celui de .V. très fidèle, aux souverains de Portugal ; celui de .V. apostolique, à ceux de Hongrie. Ces titres se sont conservés dans le langage de la chancellerie. On dit aussi Sa Majesté Britannique, Sa Majesté Suédoise, Sa Majesté Danoise, etc.
Chez les Romains, le titre de Majesté s'appliquait à tout ce qui avait un caractère de grandeur ou d'autorité : au peuple, au sénat, aux lois et, dans la suite, aux empereurs. Au moyen âge, tantôt il fut réservé au seul empereur d'Allemagne, tantôt on le donna aux rois, aux papes, aux cardinaux, aux archevêques, aux princes, et même aux grands du royaume, qui jouissaient des prérogatives de la souveraineté sur une ou plusieurs provinces. En France, Louis XI, et, selon d'autres, Henri II, fut le premier qui prit le titre de Majesté. En Angleterre, ce titre n'a déiinitivement prévalu que depuis Elisabeth.
Pour le crime de lèse-majesté, voy. ce mot.
MAJEUR (du lat. major), qui a l'âge de majorité. Voy.