‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 946 sur 1729 · MAJORITE · texte numérisé non relu

MAJORITE

MAJEUR. En Musique, on appelle mode majeur le mode dans lequel la 3" note d'un ton quelconque est à la distance de deux tons de la 1"^, et la 6" à l'intervalle de quatre tons et demi, ou bien dans lequel la tierce et la sixte de la tonique sont dans leur plus grande extansion relativement au ton. Souvent le mot mode est sous-entendu, comme quand on dit : préluder en majeur ; passer du majeur au mineur, etc. Ce mot indique encore un iutervalle plus grand que le mineur de même espèce ; ainsi la seconde majeure est composée d'un ton et la seconde mineure d'un demi-ton.

MAJEURE (la). Voy. SYLLOGISME.

MAJOLIQUE, nom donné, au xv* siècle, à des faïences fabriquées originairement dans l'île de Majorque et depuis imitées par les Italiens. Voy. faïence.

MAJOR (du lat. major, plus grand), officier supérieur <^ui était, autrefois, chargé des détails du service et de

I administration d'un régiment, du logement, de la nourriture et de l'inspection des troupes, de la police et du maintien de la discipline. Ce titre, supprimé en 1790, a été rétabli en 1815. Les majors actuels sont chefs de bataillon ou d'escadron dans les régiments, capitaines dans les bataillons formant corps. Le major est membre et rapporteur du conseil d'administration ; il en partage la responsabilité.

II est spécialement chargé de l'administration du corps et surveille celle des compagnies. — Dans l'armée territoriale.

le capitaine-major est un officier chargé en permanence, en temps de paix, de tout ce qui concerne la formation du régiment auquel il appartient. II est attaché au bureau de recrutement de la subdivision qui fournit ce régiment.

Dans le langage usuel du soldat, on désigne sous le nom de major le médecin-major du régiment. Voy. médecin.

MAJOR DE place, officicr supérieur chargé du détail et de la surveillance du service d'une ville de garnison ; il est à proprement parler le chef d'état-major du commandant d'armes. Le major est spécialement chargé des détails relatifs au service des gardes, aux rondos de jour et de nuit et à la police de la garnison. Il est chargé de la rédaction des rapports journaliers.

MAJOR GÉNÉRAL, emploi temporaire, et qui ne s'accorde qu'à un officier général exercé dans tous les détails des opérations d'une armée. Les premiers majors généraux remontent à Charles VII (1445). Depuis Louis XIV, ces officiers réunissaient dans leurs attributions l'ordre et la distribution du terrain dans les campements, les détails de tous les services relatifs aux distributions, aux gardes, aux détachements et à la police de l'armée. Ils surveillaient toutes les opérations des sièges et en dirigeaient les travaux. Les fonctions du major général, avec celles du ninréchal général des logis de l'armée et du maréchal général de la cavalerie, ont été réunies, en 1790, sous le titre unique de chef d Etat-major général de l'armée. — ^^ Dans les guerres de l'Empire, les maréchaux Berthier et Soult remplirent avec une remarquable supériorité les difficiles fonctions de major général. En Prusse, le feld-maréchal de Moltke a exercé pendant longtemps les fonctions de chef du Grand Etat-major général. Nous avons également en France à la tête de t'armce et de la marine un chef d'Etat-major général.

MAJOR (aDJUDAST-J. VoU. AIDE-MAJOR.

MAJOR (chirurgien-). Voy. CHIRURGIE MILITAIRE.

MAJORAT (du b.-lat. majoratus, du lat. majm']. immeuble inaliénable affecté au soutien d'un titre de noblesse, non seulement dans la persomie qui en est revêtue, mais encore dans sa descendance masculine, selon l'ordre de primogéniture. C'est une substitution per|)étuelle, qui ne s'éteint que par défaillance d'héritiers habiles à le recueillir. On disting^ie le majorât de pur mouvement, qui se compose de biens donnés par le chef de l'Etat, et le majorât sur demande, qu'un chef de famille est autorisé à former de ses propres biens.

Etablis dans le moyen âge, les majorais furent supprimés en France par l'Assemblée constituante. Napoléon I""^ les rétablit par un acte impérial du 30 mars 1806 et par un décret du 1" mars 1808. Selon ce dernier acte, le majorât du titre de duc de l'empire était de 200 000 fr. de revenu ; les comtes et les barons étaient tenus, pour transmettre leur titre, de justifier le premier de 30000 fr., le second de 15000 fr. de revenu, dont le tiers devait être érigé en majorât. En vertu d'une ordonnance du 25 août 1817, nul ne pouvait être appelé à la Chambre des Pairs s'il n'avait préalablement institué un majorât. Les majorais se divisaient en 3 classes : majorât de duc, avec un revenu de 30 000 fr. ; majorât de marquis ou de comte, avec un revenu de 20 000 fr. ; majorât de vicomte ou de baron, avec un revenu de 10000 fr. Depuis 183(y il n'a pas été établi de majorais en France ; et même une loi du 12 mai 1835 a décidé que toute institution de majorais serait interdite à l'avenir. Voy. substitution.

MAJORDOME (du latin major domus). Ce mot, synonyme de maître d'hôtel et de maire du palais, s'emploie surtout en parlant de ceux qui remplissent cet office à la cour de Rome et dans d'autres cours de l'Europe.

MAJORITÉ (du lat. major), âge auquel on est supposé avoir atteint la maturité d'esprit et de jugement dont on a besoin pour diriger ses affaires soi-même. A Rome, la majorité était fixée à 25 ans; chez les Germains, à 15 ans. En France, l'âge de la majorité civile variait jadis de pi-ovince en province, selon la coutume en vigueur. D'après le Code civil (article 488), la majorité est fixée à 21 ans pour tous les individus des deux sexes. Il n'y a d'exception que pour le mariage et l'adoption [Voy. ces mots). — Pour la majorité politique, voy. élection et député.

Majorité du souverain. Sous la première race, d'après les coutumes des Franks, elle était fixée à 15 ans. Sous la seconde race, on la recula à 21 ans. Philippe le Hardi, en 1270, fixa la majorité de son fils à 14 ans accomplis: et Charles V, eu 1374, ordonna que les rois de France seraient

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