‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 950 sur 1729 · MAM^HTE · texte numérisé non relu

MAM^HTE

des herbes, des arbrisseaux et parfois des arbres à feuilles simples, souvent palminervées, entières ou lobées; à fleurs régulières, solitaires ou axillaires, souvent à l'état de bractées formant des grappes, des corymbes ou des panicules : calice à 5 ou 5 divisions ; corolle généralement de 5 pétales un peu obliques, alternes avec les lobes du calice : étamines très nombreuses à filets soudés en un tube surmontant l'ovaire et à anthères distinctes; anthères réniforines : ovaire à 5 loges ou plus ; fruit capsulaire ou charnu composé d'un nombre variable de coque» verticillées, attachées à un axe central. — Les botanistes modernes ont détaché de la grande fanùUe des Malvacées de Jussieu les familles des BuUtiéraciées, des Sterculiacées el des Bombacées. Quant aux Malvacées propr. dites, elles ont été partagées en 4 tribus : Malvées (Mauve, Guimauve, Lavatère, Rose trémière, Pavonie, etc.), Hibiscées, Sidées et Malopées.

Beaucoup de Malvacées sont emplovées dans les arts, comme le Cotonnier [Gossypium), ÏHîbiscus cannabinus et le Sida abtttilon, dont on fait des tissus, des cordages et du papier; d'autres sont cultivées comme plantes alimentaires ou médicinales, le Gonibo {Hibiscus escitlenlus), la Mauve [Malva), la Guimauve (Althsea), etc.; ou comme plantes d'ornement, la Rose trémière {Alcea), la Ketmie d'Orient, les Lavatères, etc.

MALVAVISQUE. Voy. macvisque.

MALVERSATION du lat. 7nale versari, se comporter mal;, expression générale, par laquelle on désigne, dans le langage ordinaire, le manquement d'un fonctionnaire, d'un oftîcier ministériel, et plus particulièrement d'un comptable, aux devoirs de sa charge. Ce mot n'est pas employé dans le langage juridique.

MALVOISIE (de Napoli di Malvasia, ville du Péloponèse . Ce nom, qui, dans l'origine, ne désignait que le vin du cru de Malvoisie, est devenu un nom générique, applicable à plusieurs sortes de vins sucrés. C'est ainsi que l'on distingue, outre le Malvoisie prop. dit, le Malvoisie de Chypre, celui de Candie (Crète], celui des Canaries ou de Madère. On estime surtout celui de Candie : c'est au mont Ida que les moines grecs font le meilleur.

Dans le Roussillon, c'est le nom d'un cépage qui fournit dexcolients vins blancs. Le fruit est ferme, sucré et parfumé: il mûrit tardivement.

MAIMELLES (du lat. mamilla. dimin. de mamma), organes glanduleux propres à la sécrétion du lait, et qui forment le caractère distinctif d'une grande classe d'animaux qui prend de là le nom de Mammifères ( Voy. ce mot . Les mamelles sont composées essentiellement des glandes mammaires, formées elle-mèmes d'ime multitude de petits conduits alwutissant dans des culs-de-sac creux, renllés et arrondis, tapissés à leur intérieur parles cellules qui sécrètent le lait. L'ensemble forme ce que l'on appelle une glande en grappe. Ces nodules glandulaires sont reliés entre eux par un tissu spongieux, cellulaire et graisseux dans lequel rampent les conduits lactifères, qui se réunissent en plusieurs troncs vers un point de la surface de l'organe pour v former un tubercule, dit mamelon, par l'extrémité duquel s'opère la sortie du lait. On trouve des mamelles dans les deux sexes, mais elles n'ont d'utilité que chez les femelles. Dès que la gestation s'opère, les mamelles se gonflent, et bientôt après commence la sécrétion du lait, qui devient plus abondante encore durant l'allaitement des petits. — Les mamelles sont sujettes à des engorgements et à des inflammations, que l'on connaît sous les noms de glande au sein, de mammite ou mastite.

Voy. MASTITE.

Le nombre des mamelles est très variable dans les diverses espèces de Mammifères; mais il est toujours en rapport avec le nombre de petits que les femelles peuvent mettre bas. La Chatte a 8 mamelles; la Chienne, la Truie, la femelle du Lapin, 10: la femelle du Rat, 12; celle de l'Agouti, 14, etc. Elles difl"èrent aussi quant à leur situation : d'où elles ont reçu les noms de mamelles pectorales, abdominales, inguinales, selon qu'elles sont placées sur la poitrine, sous le ventre ou dans la région des aines. Elles sont ]>ectorales dans l'espèce humaine, chez le Singe, la Chauve-Souris, les Edentés tardigrades. l'Eléphant, le Lamantin, etc.; inguinales, chez les Solipèdes et les Ruminants : abdominales chez la plupart des autres Mammifères.

MAIMELON, extrémité du sein. Voy. mamelles.

Ce mot se dit aussi de tous les tubercules qui ont une forme analogue à celle du mamelon proprement dit : tels sont

les mamelons de la substance tubuleuse des reins, les houppes sensorielles qui tapissent la surface de la langue, etc.

En Botanique, on nomme mamelons les excroissances tuberculeuses qui naissent à la surface d'une plante ou d'un de ses organes. Telles sont celles qui recomTcnt l'espèce de Cactus qui a reçu pour cette raison le nom de Mamillaire. Voy. ci-après.

MAMELOUKS, milice égyptienne, dont les chefs gouvernèrent l'Egypte du xin*"au xvi" siècle [Voy. mammluks au Dict. d'Hist. et de Géogr.). — On donna aussi ce nom à un corps de cavalerie égyptienne, formé pendant l'expédition française en Egypte et qui fit partie de l'armée française pendant tout le règne de Napoléon I*'.

MAMILLAIRE ou slammillaire, Mamillaria, genre de la famille des Cactées, dont toutes les espèces affectent la forme d'une masse d'un vert grisâtre, arrondie ou oblongue et hérissée de mamelons coniques, cylindriques ou anguleux, cotonneux au sommet et disposés en spirale. Les fleurs naissent entre les mamelons supérieurs ; elles sont généralement d'un rouge vif. — Espèces principales : M. à longs mamelons, M. à longues épines. M. à épines cuisantes, M. à vrilles, M. à tête de Méduse, M. hérissée, discolare, couronnée, étoilée, etc.

MAMMAIRES (glakdes). Voy. mamelles.

MAM MALOGIE (du lat. 7»amma, mamelle, et dugr. X6yo;, discours), partie de la Zoologie qui traite des Mammifères. Voy. ZOOLOGIE et mammifères.

MAMMÉE, Mammœa, genre de la famille des Clusiacées, qui a pour type la M. americana, vulg. Arbre aux mamelles, ainsi appelée à cause de la forme de ses fruits.

MAMMELIÈRE ou mamelière (de mamelle), partie de la cuirasse qui protégeait les côtés de la poitrine. Foy. cuirasse.

MAMMIFÈRES (du lat. mamma, mamelle, et fero. porter), nom donné à tous les animaux qui sont pourvus de mamelles. Ils forment la 1""= classe de l'embrancnement des Vertébrés et sont munis (sauf les Sirénides et les Cétacés) de 4 extrémités ou membres, que l'on nomme bras, jambes ou pattes. Outre qu'ils portent des mamelles, comme le dit leur nom, les mammifères ont pour caractères : 1° qu'ils sont vivipares; 2» qu'ils respirent par des poumons; 3" qu'ils ont un diaphragme musculaire séparant la poitrine de l'abdomen. Ce sont les seuls animaux qui aient des dents à plusieurs racines ; enfin ils ont tous des poils sans exception,

La classification des Mammifères a souvent varié. Celle de Blainvillc, modifiée par P. Gervais, est celle que nous suivons dans cet ouvrage; elle est particulièrement fondée sur le mode de gestation, et partage tous les mammifères en trois grandes catégories : 1» les Monodelphes ou Placentaires, les uns terrestres et marcheurs, comprenant, ['Homme étant mis à part, 10 ordres bien distincts : Quadrumanes, Chéiroptères ou Chauves-Souris, Insectivores, Rongeurs, Carnivores ou Cai~nassiei-s, Proboscidiens, Jumentés, Ruminants et Porcins (que l'on réunit quelquefois sous le nom de Bisulques], et Edentés; les autres, aquatiques et nageurs, formant 3 ordres : Phoques, Sirénides et Cétacés; 2° les Didelphes ou Marsupiaux (Kangourous, Sarigues, etc.); 3" les Omithodelphes ou Monotrèmes, comprenant les Ornithorynques et les Ecbidnés (l'oy. tous ces mots), — Ces divers animaux constituent environ 1 700 espèces actuellement vivantes. Les espèces fossiles sont assez nombreuses. Deux ordres de monodelphes, les Zeuglodontes et les Toxodontes, qu'on ajoute quelquefois à ceux que nous avons nommés ci-dessus, se composent entièrement d'espèces aujourd'hui éteintes, La plupart des mammifères fossiles appartiennent à l'épôiue tertiaire ; on en trouve quelques-uns dans les époques les plus anciennes de la période secondaire ; aucun échantillon n'en a été signalé dans les terrains paléozoïques.

MAMMITE ou mastite, inflammation des mamelles. Voy.

MASTITE.

Mammite des vaches laitières. On distingue la M. simple [aiguë ou chronique] et la M. infectieuse. La première est due le plus souvent à l'accumulation du lait dans les conduits mammaires, parfois à l'action du froid, à un traumatisme, etc. On traite la forme aiguë par des mulsions fréquentes, des émollients, une saignée à la veine mammaire. La forme chronique est rebelle à tout traitement. — La M. infectieuse est due à l'invasion d'un microorganisme, étudie par M. Socard; elle est contagieuse et se propage par la main du frayeur. On l'évitera par des mesures de propreté; on la traitera par des injections d'eau boriquée dans les trayons.

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