MANDARIN
MAMMOUTH, nom donne par les Russes à VElephas primigenius, le plus connu des éléphants fossiles. Sa tîiille atteignait de 5 à 6 m. Ses dents molaires sont marquées de sillons nombreux, très serrés et moins festonnés ?|ue dans aucune autre espèce; ses dents incisives ou déenses, qui sont fort longues et de forme recourbée, sortent d'alvéoles prolongés en une espèce de tube; elles fournissent V ivoire fossile, très recherché à cause de sa dureté, et qui a été de bonne heure un objet de commerce [Voy. ivoire). Il y a sur les côtes de la Sibérie des îles entièrement composées de sable lardé pour ainsi dire d'une immense quantité de défenses et d'ossements de mammouths. On en a aussi trouvé de conservés tout entiers dans les glaces avec leur chair, leur peau et les longs poils qui la recouvraient. — Quelques savants ont cru reconnaître dans le Mammouth le Béhémoth de l'Ecriture. Voy. aussi préhistorique.
MAN. larve du Hanneton. Voy. han.neton.
MANAKIN, Pipra, genre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux dentirostres, propres à l'Amérique méridionale : bec court, narines latérales recouvertes en partie par une membrane garnie de petites plumes; ailes et queue courtes, tarses grêles. Les Manakins sont de petits oiseaux de couleurs éclatantes, oui vivent dans les bois et se nourrissent d'insectes et de truits sauvages. On en compte plus de 40 espèces.
MANANT (du lat. manens, qui demeure). Ce mot, dans l'ancien Droit féodal, était synonyme de vilain et de roturier. Il désignait spécialement les habitants d'un bourg, d'un village, d'une paroisse, comme demeurant dans le ressort de la justice féodale.
MANATE, Manatus. Voy. lamantin.
MANCEN ILLIER, Hippomane mancenilla, genre delà famille des Euphorbiacees. L'espèce type est un arbre de la grandeur d'un noyer, qui croît surtout dans l'Amérique équatoriale. Son nom lui vient de la ressemblance de son fruit avec une petite pomme que les Espagnols appellent mancenilla ; son feuillage est semblable à celui du poirier ; ses fleurs sont petites, d'un pourpre foncé ; son bois, dur et d'un très beau grain, sert dans l'ébénisteriei Les rameaux du mancenillier doiment par incision un suc blanc, laiteux, acre et brûlant, dans lequel les indigènes trempent leurs flèches pour les empoisonner. Le fruit vert produit un suc pareil, mais moins actif; mûr, il exhale une odeur de citron qui parfume l'air et semble inviter à le cueillir. Ce fruit vénéneux peut devenir cependant une substance alimentaire lorsqu'il est convenablement préparé : à cet effet, les indigènes l'écrasent, le délayent dans l'eau, puis, en l'exprimant dans un linge, ils en séparent la fécule, qu'ils l'ont sécher pour en faire ensuite une Iwuillie. On combat l'empoisonnement du mancenillier par les vomitifs, auxquels on fait succéder des boissons adoucissantes, mucilagineuses, huileuses et délayantes.
Les voyageurs ont beaucoup exagéré les dangers des émanations du Mancenillier et ae l'eau c^ui a coulé sur ses feuilles; toutefois il est vrai que les individus qui sont restés longtemps sous l'ombrage de cet arbre peuvent en éprouver de 1 incommodité et ressentir des ardeurs à la peau.
MANCHE (du lat. manica), partie d'un vêtement qui couvre le bras depuis le haut jusqu'au poignet, et dans laquelle on passe la main.
Sous l'ancien régime, on appelait : gardes de la manche une compa^ie de 25 gentilshommes qui se tenaient de chaque côté du roi dans les cérémonies et chaque fois qu'il allait à la chapelle : ils portaient pour armes une longue hallebarde à lame damasquinée et frangée d'argent ; — gentilshommes de la manche, un corps de gentilshommes qu'on attachait au service personnel des enfants de France dès que ces princes étaient sortis des mains des femmes. Us les accompagnaient partout, et, comme l'étiquette leur défendait de les tenir par la main, ils ne les touchaient qiie par la manche. Voy. menin.
Manche d'Hippocrate, sorte de chausse employée par les Pharmaciens. Voy. chausse.
En termes de Marine, on appelle : manche, toute espèce de tuyau de cuir ou de toile servant à conduire l'eau ou tout autre linuide; manche à vent, un tuyau de toile dont 1 embouchure évasée peut être tournée à volonté du cote du vent et qui sert à aérer et à ventiler l'intérieur d un navire.
MANCHE (du b-lat. manieum), partie d'un instrument
qui sert de poignée, et par où on le prend pour s'en servir. Ainsi, on dit le manche d'un couteau, d'une coignée, d'un balai, d'une charrue, etc.
MANCHE, pièce de bois fixée à l'extrémité du corps de certains instruments à cordes, tels que violons, violoncelles, guitares, etc., servant non seulement à tenir l'instrunienl, mais encore à porter les chevilles qui tendent les cordes : c'est en posant les doigts sur ces cordes et en les écrasant sur le manche qu'on fonne les différents sons.
Manche de couteau, nom vulgaire des coquilles bivalves du genre Solen. Voy. ce mot.
MANCHETTES (dimin. àe manche). En Typographie, on appelle ainsi les notes marginales d un livre qui s'impriment à droite et à gauche du texte et en plus petits caractères. Ce sont d'ordinaire des dates ou de brels sommaires de la matière traitée dans la page ou dans le paragraphe.
Manchettes de Neptune, sorte de polypier pierreux qui ressemble à de la dentelle. Voy. rétépore.
Manchettes de la Vierge, nom vulgaire du Liseron des haies.
MANCHON, fourrure de main. Voy. fourrure.
Dans les Arts mécaniques, on nomme manchons des cylindres eu fer forgé ou en fonte dont on fait usage pour raccorder deux axes bout à bout.
Les Souffleurs de verre appellent manchons les cylindres de matière vitreuse dont ils font, en les étendant, les feuilles de verre à vitre.
MANCHOT (du lat. mancus, estropié). Ce mot, qui, dans l'usage vulgaire, se dit de ceux qui n'ont qu'une main ou qu'un bras, désigne, en Zoologie, un genre d'Oiseaux, de l'ordre des Palmipèdes plongeurs, type de la famille des Apténidcs et dont le nom scientifique est Aptenodytes (du gr. iiziii'j, sans ailes, et Sùttiî, plongeur). Ces oiseaux, très voisins des Pingouins, ressemblent eu effet aux manchots en ce qu'ils n'ont que des moignons d'ailes impropres au vol. Leur bec est fort, plus long que la tête, comprimé sur les côtés; leurs pieds sont portés fort en arrière, très courts et très gros : les trois os métatarsiens qui composent leurs tarses ne sont qu'incomplètement soudés. Le genre Manchot ne comprend qu'une seule espèce : le Grand Manchot, qui a la grosseur d'une oie et une taille de 1 m. à I m. 20 ; son dos est de couleur bleu-ardoisé et son ventre blanc satiné. Il habito la Diéménie, la Nouvelle- Guinée et les terres australes. Son existence est essentiellement aquatique; il ne vient à terre que pour pondre ses œufs.
MANCIENNE ou mantiaxe, plante. Voy. viorne.
MANCIPATION (du lat. mancipatw, de manceps, possesseur, acquéreur), mode d'aliénation volontaire, on usage chez les Romains, par laquelle le propriétaire d'une chose, dite 7'es mancipi, en transférait la propriété à un autre en observant certaines formalités. On appelait res mancipi : les héritages urbains ou ruraux situes en Italie et les servitudes rurales qui en dépendaient ; les esclaves et les animaux domestiques servant de bêtes de somme ou de trait, etc. Pour opérer une mancipation, le vendeur et l'acheteur prenaient cinq témoins et un porte-balance [libripens] ; l'acheteur prononçait une formule solennelle et remettait au vendeur un lingot d'airain avec lequel il touchait préalablement la balance du libripens. Le mariage chez les plébéiens se faisait également par mancipation per ses et libram. — h' émancipation des mineurs se faisait à liome par trois ventes de ce genre. Voy. émancipation.
MANDARIN (du portugais mandar, dérivé du latin mandare, commander, ou d'un mot indien corrompu), en chinois ko-han, nom sous lequel les Européens désignent les magistrats et les principaux fonctionnaires du Céleste Empire. On distingue les M. civils ou Lettrés et les M. militaires. Les premiers forment 18 classes ou degrés. A leur tète sont les quatre conseillers privés de l'empereur, qui forment le premier degré. Viennent ensuite un certain nombre de conseillers de second rang, fonctionnaires supérieurs dans l'ordre administratif et gouverneurs de province. Il y a six ministres : Personnel, Finances, Rites, Armée, Justice, Travaux publics. Mais on a exagéré beaucoup le nombre des mandarins subalternes. Il n'y a qu'un fonctionnaire par plus de quatre cent mille administrés. C'est beaucoup moins assurément qu'en France. Les mandarins sont responsables de leurs actes et il arrive souvent qu'ils sont dégradés ou condamnés à des amendes considérables.