‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 955 sur 1729 · MANNAJA · texte numérisé non relu

MANNAJA

MAiNOm

une pédalo. La longueur moyenne d'une manivelle est de 18 cm. Lorsqu'on prend des manivelles plus longues, on a plus de foire, il est vrai, mais on est ouligé de faire de plus grands mouvements des jaml)os, ce qui est fatigant et disgracieux. Pour les bicyclettes de dames, on emploie, on général, des manivelles courtes (16 cm.), de façon à diminuer l'amplitude des mouvements des jambes ; mais alors, pour compenser l'augmentation de force qui résulterait de ce raccourcissement, on installe aussi, à la machine, une multiplication {Voy. ce mot) plus faible que d'ordinaire.

MANNAJA, instrument de supplice. Voy. guillotine.

MANNE (ainsi nommée par allusion à la nourriture divine que Dieu envoya aux Israélites dans le désert), suc concret qui découle do quelques Frênes, particulièrement du Frêne de Calabre [Fraxinus rotundi folio.) . On distingue : la manne en larmes, en morceaux allongés, prismatiques, blancs, légers, offrant souvent des cavités en dedans : elle est plus sucrée que les autres espèces, c'est la plus estimée : la manne en sorte, en grains d'un jaune l)lond, poisseux, et d'une saveur douceâtre, un ueu nauséaljonde ; la manne grasse, qui est mêlée de beaucoup de corps étrangère : c'est la moins estimée. La manne s'obtient à l'aide d'incisions, faites en juin et en juillet sur l'écorce du frêne ; la manne qui reste sur l'arbre et s'y concrète en gouttes ou en stalactites constitue la manne en larmes ; celle qui descend sur la terre est la manne en sorte ; la partie la plus molle et la plus impure de celle-ci forme la manne grasse. On trouve dans la manne 50 à 80 pour 100 d'un principe sucré particulier, appelé mannile {Voy. ci-après), et aussi du sucre interverti et de la (ioxtrine. — Les médecins italiens ont les première mis en usage la manne comme médicament; elle purge sans causer d'irritation : c'est surtout le purgatif des enfants, qui la prennent sans trop de répugnance.

Beaucoup de végétaux fournissent des exsudations analogues à la manne : tels sont, entre autres, le Pinus larix (Mélèze d'Europe), qui donne la manne de Briançon, renfermant du mélézitose; une espèce d'Eucalyptus de la Diéménie, qui donne la manne d'Australie, contenant du mélitose; YHedysarum ou Sainfoin alhagi, qui donne la manne de Perse; le Pinun lambertiana, qui fournit une manne renfermant de la pinite ; et surtout le Tamarix manni[era de l'Orient, petit arbrisseau épineux qui produit un suc rougeâtre, dans lequel beaucoup de voyageurs modernes ont prétendu reconnaître la manne des Israélites.

La manne des Israélites était, d'après la Bible [Exode, xvi, 13-56), une substance analogue à la semence du coriandre blanc, d'un goût semblable à celui du miel, et susceptible d'être pétrie en gâteaux. Peu de temps après leur sortie d'Egypte, les Hébreux, étant arrivés à la vallée do Sin, manquèrent de nourriture ; alors parut sur le sol, le matin aprèâ la rosée, cette substance que les Hébreux appelèrent manne. Elle se fondait au soleil et se corrompait dans les 24 heures; aussi ne devait-on en recueillir que pour la nourriture de la journée. Elle tomba pendant tout le temps que les Israélites vécurent dans le désert.

MANNE (du b.-lat. manda; orig. germaniq.), sorte de panier rond, ovale ou rectangulaire, à fond plat, assez profond, fabriqué ordinairement en osier, et aont se servent surtout les chapeliers, les ciriers, les chandeliers, les blanchisseurs, etc., pour placer ou transporter leure marchandises. Les mannes sont garnies, à chaque bout, d'une |K)ignéo qui sert à les transporter d'un lieu à un autre.

MANNEQUIN (du ilamand mxneken, petit homme). Los peintres et les sculpteurs appellent ainsi des figures d'hommes plus ou moins grandes auxquelles ils donnent les poses dont ils ont besoin, ou qu'ils couvrent d'habillements et de draperies qui varient selon les sujets qu'ils veulent représenter ; les membres de ces mannequins sont généralement articulés. Bacoio délia Porta fut, dit-on, le premier qui fit usage d'un mannequin. — Les Chirurgiens se servent aussi de mannequins pour exercer les élèves à l'application des bandages ou à la manœuvre des accouchements. — On doit à M. le D"" Auzoux un mannequin anatomique qui représente avec une merveilleuse exactitude l'homme et tous ses organes, et qui se démonte à volonté.

MANSEQUis (de manne), long panier de gros osier et à claire-voie, ordinairement employé au transport des fniits fcl des légumes.

MANNET, mammifère Rongeur. Voy. iiélamvs.

MANNIDE, C*^ll»00*, anhydride de la mannite (Voy. ce mol).

MANNITANE, C^H^'O*, anhydride de la mannite [Voy. ce mot).

MANNITE, dit aussi Sucre de champignons ou Grenadine, substance sucrée qui forme la partie constituante de la manne et à laquelle on attribue son action purgative. On la rencontre aussi dans les champignons, le céleri, la racine de chiendent, la racine de grenadier, les algues, et dans beaucoup d'exsudations végétales; c'est un des produits dans les([uels se changent le sucre et le glucose par la fermentation visqueuse. La mannite se présente sous la forme de cristaux rnomboïdaux droits, entièrement blancs, fort solubles dans l'eau, et d'un goût sucré. Elle n'est pas susceptible de fermenter comme le sucre véritable. Elle a pour formule C^ll'W. On l'obtient en traitant la manne par l'esprit-de-vin l)0uillant ; elle se dissout alors, et se dépose, par le refroidissement, sous la forme de jolies petites aiguilles. On peut la fondre à 165°; en la chauffant à 250°, il se produit des anhydrides de la mannite : la mannitane et la mannide. 0.xyaéo, la mannite donne un aeiilo, l'acide inannilique, et un sucre, la mannitose. La mannite est un véritable alcool hexatomique ; elle donne des éthers. M. Berthclot a fait connaître la mannite hexanitrique et la mannite hexastéarique. — La mannite a ét\5 aécouverto par Proust et analysée par Liebig et Oppcrmann. —

Voy. DCLCITE.

MANNITIQUE (acide), se produit dans l'oxydation de la maimito par l'air au contact du noir de platine. C'est un corps soluble dans l'eau et l'alcool. Cet acide donne des sels qui, comme lui, sont solubles dans l'eau, mais incristallisables.

MANŒUVRE (du b.-lat. manuopera, œuvre de main). On nomme en général manœuvre, manouvrier, tout homme qui travaille de ses mains; mais la dénomination de manœuvre s'applique plus spécialement à un apprenti qui sert les maçons, qui prépare le plâtre, le gâche, qui nettoie les règles, apporte les pierres, etc.

Dans 1 Art militaire, on nomme manœuvres tous les mouvements que l'on fait exécuter à des troupes. — Dans la Cavalerie et l'Artillerie, on donne généralement ce nom aux exercices qui sont les écoles de peloton, A' escadron, de régiment. Les manœuvres d'automne ou grandes manœuvres sont le couronnement de l'instruction des officiers et des hommes; elles donnent lieu à la réunion effective des grandes unités, corps d'armée, division, brigaile, et comportent toutes les opérations de guerre : marche, déploiement, combat, cantonnement, ravitaillement, etc. Voy.

EXEKCICE.

Dans la Marine, on appelle manœuvre : 1° cette branche de la tactique navale (jui enseigne à gouverner un vaisseau, à régler tous ses mouvements, et à lui faire faire toutes les évolutions nécessaires, soit pour la route, soit pour le combat : Romme, Forfait, Bonncfoux et surtout Bourde de Villehuet ont traité de cette partie de l'art de naviguer ; — 2» tout cordage qui sert à gouverner et à faire agir les vergues et les voiles d'un vaisseau, à tenir les mâts, etc. Les M. courantes sont celles qui passent sur des poulies, comme les bras, les boulines, et qui servent à manœuvrer le vaisseau à tout moment; les M. dormantes sont les cordages fixes, comme l'itague, les haubans, les galhaubans, les étais, qui ne passent pas par des poulies, ou qui ne se manœuvrent que rarement. On appelle : M. majors, les gros cordages, tels que les câbles, les haussières, les étais, les grelins; M. passées à contre, celles qui sont passées de l'arrière du vaisseau à l'avant, comme celles du mât d'artimon; M. passées à toM7-s, celles qui sont passées de l'avant du vaisseau à l'arrière, comme les cordages du grand mât et ceux des mâts de beaupré et de misaine.

MANOIR (du lat. manerium, de manere, demeurer). Ce mot était, au moyen âge, synonj-me de château du seigneur. Le manoir seigneurial appartenait par préciput à l'aîné. Les actes de foi et d'hommage et autres actes féodaux devaient être faits au manoir, chef-lieu du fief. Si la succession ne se composait que d'un seul fief, l'aîné seul héritait du château et de ses dépendances. -- Dans la suite, le nom de manoir fut étendu à toute habitation de quelque importance entourée de terres : ainsi on disait le rnanoir abbatial, le manoir épiscopal, etc., tout aussi bien que le manoir seigneurial. 11 y eut même des ma ■ noirs serviles, qu'on opposait aux manoirs libres.

iLLNOMÈTRE

M\NTILLE

MANOMÈTRE (du gr. [xavôç, rare, peu dense; et [jLiToov, mesure), appareil destiné à indiquer la pression d'uii gaz. Cette pression se mesure ordinairement par la hauteur de la colonne de mercure qui lui fait équilibre. Pour les pressions faibles, on se sert d'un baromètre dont la cuvette communique avec le récipient contenant le gaz. On peut aussi faire communiquer avec le récipient le haut du tube ; daiis ce cas. la pression est donnée par la différence entre la pression barométrique et la hauteur soulevée. — Dans le M. à air libre, un tube ouvert plonge par le bas dans une cuvette à mercure qui communiijue avec le gaz : il faut alors, pour avoir la pression, ajouter à la hauteur soulevée la hauteur barométrique. Cet instrument se gradue directement. On doit citer le Mà air libre, que M. Cailletet a installé à la tour Eiffel et qui présente mi tulie de 500 m. de hauteur. — Le M. à air comprimé se gradue par comparaison avec le précédent. Un tube cylindrique ou conique fermé par le haut contient de l'an-. Par suite de la compression exercée par lair du récipient sur la cuvette, le mercure monte plus ou moins haut dans ce tube. Quand le tube a ime forme régulière, la loi de Hai-iotte permet de calculer, au moins approximativement, la pression qui correspond à chaque volume gazeux. — Au point de vue pratique, le manomètre le plus emplové est le M. métallique et en particulier le .V. de Bourdon. Un tube d'acier ou de laiton est recourbé en cercle ou en spirale ; quand la pression intérieure augmente, le tube se redresse, il eu résulte des mouvements de l'extrémité libre, qui sont traduits à l'extérieur par une aiguille se déplaçant sur un cadran ; cet instrument se gradue aussi par comparaison avec le M. à air libre.

MANOQUE (orig. inc), se dit. dans la Marine, d'une corde de 50 à 60 brasses repliée sur elle-même en forme d'écheveau et liée au milieu. — Les planteurs de tabac assemblent les feuilles, par grandeur et qualité, pour en former des manoques (poignées) qu'ils lient avec l'une de ces feuilles.

MANORHINE (du gr. iix-JO^, mince, et ^îv, nez), Manorhina, genre a'Oiseaui, de l'ordre des Passereaux dentirostres et voisins des Martins : bec très comprimé, arqué, faiblement échancré ; ulumage d'un vert olive, légèrement lavé de jaune en aessous ; 0 m. 15 de long environ. Cet oiseau habite l'Australie.

MANOSCOPE (de ixavô;, peu dense, et oxotôÎv, examiner,, ancien instrument analogue au baroscope, servant à observer les variations de pression de l'air.

MANOUL. espèce de Lynx. Yoy. ltxx.

MANSARDE (de Mansart, architecte français du WW siècle, qui NTilgarisa ce svstème de construction), chambre pratiquée dans un comtle brisé, c.-à-d. disposé de manière que la partie inférieure formant l'égout soit raide et presque à plomb du mur, et la partie supérieure

Îui porte le faîtage, en pente plus douce [Voy. comble). — In donne aussi ce nom à la fenêtre qui éclaire celte chambre.

MANSE (du b.-lat. manstis, mansutn, de manere, demeurer . La manse était, dans les premiers temps de la féodalité, la mesure de terre jugée nécessaire pour faire vivre un homme et sa famille. Elle se composait de 12 arpents sous Charlemagne. Tout honune possédant 5 manses devait en personne le service militaire; les propriétaires de moins de 5 manses s'associaient, en proportion de l'étendue de leur propriété, pour fournir un homme de guerre. 11 n'y avait d'exempts de cet impôt que ceux qui possédaient moins d'une aemi-manse. — Revenu d'un prélat, d'une communauté. Voy. mensk.

MANSION (du lai. mansio), sjTionyme de station ou d'étape. — On appelait mansionnaire un officier du roi remplissant les fonctions de maréchal de It^is ou du palais, ainsi que le portier-gardien de certaines églises ou basiliques.

MANTE (du lat. mantum. manteau court espagnol), vêtement de femme ample et sans manches, quelquefois à capuchon, qiii se porte par-dessus les autres vêtements dans les temps froids

On donnait aussi ce nom à un grand voile noir traînant jusqu'à terre, que les dames de la cour portaient dans les grandes cérémonies et suiiout dans le m'uil, et à l'habit de plusieurs religieuses.

MANIE (du gr. jii'/Tiî. sauterelle), Mantis, genre d'Insectes, de l'ordre des Orthoptères, famille des Coureurs, type de la tribu des Mautiens : prothorax très allongé, ainsi

2ue les pattes antérieures ; yeux arrondis ; cuisses simples, es insectes, qui tiennent à la fois des lilx'llules et des sauterelles, sont très carnassiers. On les trouve dans les endroits arides et brûlants du littoral de la Méditerranée, de la Provence et du Languedoc, et aussi dans quelques points du centre de la France. La Mante religieuse oo M. prie-Dieu a été ainsi appelée parce qu'on la voit souvent debout sur ses pattes de derrière, et joignant ses pattes de devant dans l'attitude de la prière. On remarque parmi les autres espèces la M. orateur, la M. prêcheuse, la M. striée, etc. — Les Empuses, autre genre de la tribu des Manliens, très voisins des Mantes, ont en général les formes plus grêles. L'espèce type est ÏEmpuse appauvrie [M. pauperata], du midi de l'Europe et de l'Egj'ple.

MANTE DE MER, uom ^iilgalre du Squille, Cfustacé storaatopode. Voy. sqcille.

MANTEAU (d'alx)rd mantel, du lat. mantelum), vêtement long, ample et sans manches, destiné à être porté par-dessus les autres Aêtements, et à envelopper tout le corps. Il y en a de toutes les formes et de toutes les çraiH deurs : Si. de cour, M. de cérémonie, M. de deuil, M. long, M. court, dit aussi crispin, etc. — Le manteau était surtout en usage chez les Grecs: les Romains ne l'adoptèi-ent que sous les Anlonins ; ces deux peuples avaient des manteaux de formes très diverses, les uns longs [péplum, pallium), les autres courts cklamyde, chlxna, sagum, paludamentum, etc.). Les Espagnols font encore auj. un grand usage du manteau.

Au Théâtre, on appelle rôles à manteau ceux de persoimages graves ou âgés, tuteurs, notaires, etc.

En Zoologie, le manteau est la partie supérieure du corps, principalement dans les Oiseaux. On appelle vulg. : .M. bleu, M. noir, deux espèces de Mouettes à plumage bleu ou noir; M. gris, une espèce de Corneille grise. — Chez les Mollusques, c'est une large expansion charnue qui enveloppe plus ou moins complètement le corps de l'animal (Voy. ACÉPHALES et coquille). On appelle : .V. de St-James, une coquille précieuse du genre Harpe ; M. ducal, une espèce du genre Peigne, recherchée pour la beauté et U variété de ses couleurs.

En Ardiitecture, on appelle manteau de cheminée U partie de la cheminée en saillie au-dessus de l'âtre.

MANTELET (de manteau], sorte de vêtement de soie, de velours ou de drap, dont la forme varie avec la mode et que les femmes portent par-dessus leurs robes, i>our se garantir du froid ou comme simple ornement. — Petit manteau violet que les évêques jettent sur leur rochet lorsqu'ils sont devant le pape ou son légat pour témoigner que leur autorité lui est subordonnée.

MAMELET. Dans l'Art militaire des anciens, le manteUt était im parapet portatif et roulant dont se couvraient les pioimiers employés au travail d'un siège. Les mantelets étaient faits en gros madriers doublés, ayant '2 mètres de haut sur 1 mètre de large, unis par des barres de fer et formant quelquefois un angle et deux faces.

Dans la Marine, on nomme mantelets des espèces de portes ou volets qui ferment les sabords.

MAMELET, t. uc Blasou, Ornement extérieur de l'écu. Il est synonyme de manteau. Les rois de France et les princes du sang portaient au-dessus de leurs armoiries un pavillon en velours bleu semé de fleurs de lis d'or et qui surmontait un manteau d'hermine. Les ducs ou princes souverains ne portaient que le manteau, sans le pavillon.

MANTIANE. plante. Voy. viorne.

MANTICORE (du gr. (lavciyûpa;: du persan mardikhouran. mangeur d'honmies, animal fabuleux à tête humaine et à corps de lion), genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères pentamères, famille des Carabiques, tribu des Cicinaélèles : mandibules longues et dentées, tète très grosse et large, corselet cordiforme un peu plus lai^e que long, écusson arrondi; point d'ailes sous les élytres. Ces insectes, particuliers à 1 Afrique, sont carnassiers ; ce sont les géants de leur tribu. Ils courent avec rapidité et se cachent sous les pierres.

MANTIDES ou maintiens (de Mante, g.-type;, tribu d'Insectes, de l'ordre des Orthoptères, renferme environ 14 genres, dont les principaux sont, outre le genre type, les genres Érémophile, Empuse, Blépharis.

MAKTILLE (de mante, ou de l'arabe mandila], longue et large écharjH? noire qui fait partie du costume national des^Espagnoles. Elle se porte sur la tête et se croise sous

MANTISIE

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