‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 956 sur 1729 · MANUTENTION · texte numérisé non relu

MANUTENTION

le menton, de manière à ne laisser voir qu'une partie de la figure.

MANTISIE, vulg. Fleur ailée, synonyme de Globbée. Yoy. ce mot.

MANTISSE, partie décimale d'un logarithme ( Voy. ce mot).

MANUALE. Voy. orgce.

MANUBALISTE [c.-à-d. balisle à tnain), arme de jet employée chez les anciens. Voy. arbalète.

MANUEL (du latin mamiale, qui se tient à la main), ouvrage présentant, sous un petit format, qui le rend portatif, la substance de traités étendus. Il n'y a guère de science, d'art, de métier même qui n'ait son manuel. Une des collections les plus complètes en ce genre est la collection des Manueh-Roret. Malheureusement la plupart des petits traités publiés sous cette forme n'ont que fort peu de valeur. Sous ce rapport, l'Angleterre et l'Allemagne nous sont de beaucoup supérieures. Voy. abrégé.

Les anciens ont connu les manuels ; mais c'étaient surtout chez eux des recueils de . maximes philosophiques : tel est le Manuel d'Epictète [Enchiridium Epicteli).

MANUFACTURE [du latin manus, main, et facere, faire). Ce mot désigne un établissement industriel très considérable — plus important qu'une fabrique par l'installation, les machines, les capitaux et les ouvriers.

Historiqtie. Les anciens n'ont pas connu les manufactures. Le moyen âge, où le travail était dispersé, les a ignorées également, bien qu'il v ait eu des fabriques de drap très importantes en Flandre et ailleurs. L'industrie manufacturière commence à apparaître au xvii" siècle, avec les progrès des sciences et la découverte de nouveaux procédés. Elle se développe rapidement au xvni" siècle, surtout en Angleterre ; de là les nouveaux métiers passent sur le continent, et les machines, mal accueillies partout

tar les ouvriers, qui les brisent, font leur apparition, 'emploi de la vapeur comme force motrice a contribué puissamment à développer l'industrie manufacturière. En France, ce fut l'Etat qui éleva les premières grandes maimfactures ; Louis XI V, sur les conseils de Colbert, encouragea ou subventionna des manufactures de glaces, de dentelles, de tapis, etc. Aujourd'hui encore, l'Etat possède de grandes manufactures nationales, soit des manulacturcs d'art, comme les Gobelins et la manufacture de Sèvres, soit des manufactures d'utilité publique, comme les manufactures d'armes de Tulle, de Chàtellerault, de St-Etienne, les poudreries, les chantiers et ateliers de constructions navales annexés aux grands arsenaux de l'armée et de la marine Enfin l'Etat, dans un but purement fiscal, s'est réservé le monopole des manufactures de tabac, dont les principales sont à Paris, Lyon, Marseille, Tonneins, etc. Situation actuelle. L'industrie manufacturière traverse partout une crise sérieuse, amenée par les conditions nouvelles du travail dans le monde entier. La limitation des fleures de travail est à cette heure une des questions les plus graves pour cette industrie. En France la loi du 9 sept. 1848 a fixé à 12 heures le travail des adultes; mais les décrets du 17 mai 1851 et du 3 avril 1889 en ont excepté un grand nombre d'industries. La loi de 1874, les décrets de 1874. 1877, 1882, en limitant le travail des enfants et en l'interdisant la nuit, sauf dans certains cas, ont été également un progrès; mais on ne saurait dire jusqu'où ira la crise ouverte en ce moment, et ce que produiront les nouveaux tarifs de douane pour l'industrie manufacturière.

Administration. Le ministre du Commerce et de l'Industrie est assisté d'un conseil supérieur, formé de deux sections : Commerce et Industrie. Il a également près de lui : un Conseil supérieur de l'Enseignement technique, un Comité d' Inspection de l'Enseignement technique, xm Comité, consultatif des Arts et Manufactures, une Commission supérieure du travail des enfants et des filles mitieures employés dans l'industrie. Le Conservatoire national des Arts et Métiers est un établissement d'enseignement supérieur industriel. L'Ecole centrale des Arts et Manufactures prépare des ingénieurs pour l'Industrie privée. Il faut encore citer les Ecoles nationales d'Arts et Métiers et les Chambres consultatives des Arts et Manufactures. Consulter : l'Annuaire du Commerce et de l'Industrie; le Dictionnaire des Arts et Manufactures, par Laboulaye; la Statistique annuelle de la France, l'Annuaire d'Economie politique, par Block, etc.

MANULÉE, Manulsea, genre de la famille des Scrofularinées. renferme des herbes et des sous-arbrisseaux du cap de Bonne-Espérance, à feuilles rapprochées de la base de la tige, à fleurs en grappe, souvent d'un jaune orangé. On en connaît une trentaine d'espèces, entre autres la M. à feuilles opposées^ arbrisseau à fleurs rose-lilas ou blanches, qu on cultive dans les jardins d'agrément : il atteint quelquefois plus d'un mètre de hauteur. On le multiplie de graines ou de boutures.

MANULUVE ou ha.mlcve [du lat. manus, main, et luvium, de luere, laver), moyen thérapeutique qui consiste dans l'immersion plus ou moins prolongée des mains, et le plus souvent des avant-bras, dans de l'eau chaude, à laquelle on ajoute difl"érentes substances irritantes, comme la farine de moutarde, ou antiseptiques, comme l'acide phénique. On prescrit les manuluves, comme les pédiluves, pour produire une action dérivalive.

MANUMISSION (du lat. manumissio). Voy. affranchissement.

MANUSCRIT (du lat. manus, main, et scriptus, écrit), ouvrage écrit à la main. Les anciens manuscrits conserves dans les bibliothèques sont écrits sur peau de vélin ou pardiemiu, ou sur papyrus, papier de coton, de soie, et enfin de chiffe. Les manuscrits sur papyrus et sur parchemin sont les plus anciens; aucun cependant ne remonte au delà du n" siècle de notre ère, si l'on en excepte quelques fragments de papyrus égyptiens ; les manuscrits sur papier de coton ou de soie [charta bombycina) étaient surtout en usage du viu' au xiv° siècle ; enfin ceux qui sont sur papier de chiffe datent, au plus tôt, de la première partie du xiii" siècle. Au moven âge, beaucoup de livres furent écrits sur des feuilles de parchemin enlevées à d'anciens manuscrits que l'on avait grattés ; on les nomme palimpsestes ( Voy. ce mot) . — Parmi les manuscrits des anciens, les uns étaient disposés eu rouleaux [volumina] ; d'autres étaient plies en feuillets [codices], formant des livres reliés ou nrochés [Voy. reliure). — Les anciens faisaient copier leurs manuscrits par des esclaves, appelés librarii; au moyen âge, les monastères fournirent le plus grand nombre de copistes ; quelques-uns de ces derniers se firent remarquer par leur talent calligraphique ( Voy. écriture, écrivain). — Outre les lettres initiales et les titres tracés au minium ou à l'encre rouge {rubrica), les manuscrits du moyen âge offrent des enluminures souvent fort riches et des lettres ornées avec beaucoup de goût. Voy. miniature.

La Paléographie étudie les diverses écritures qu'offrent les manuscrits tant anciens que modernes, afin de pouvoir constater leur authenticité, et déterminer leur date ainsi que leur valeur réelle. Elle prend le nom de Diplomatique quand elle s'applique aux chartes et aux autres titres du moyen âge.

Les plus riches dépôts de manuscrits, sont : en France, la Bibliothèque nationale à Paris; en Italie, la B. du Vatican à Rome, créée par Nicolas V (1447-1455), la B. médicéo-laurentienne, créée en 1444, à Florence, la B. ambrosienne à Milan, ouverte en 1609 par le cardinal Borromée, la B. de St-Marc à Venise, fondée par Bessarion en 1468, la B. royale à Naples ; en Allemagne, la B. de Vienne, celles de Munich, de Nuremberg, de Leipzig, de Wittemberg, de Breslau, de Wolfenbuttel [Guelfcrbytana), de Berlin, de Gœtlingen, etc.; en Angleterre, la B. du British Muséum à Londres, la B. bodléienne à Oxford, ainsi appelée de son fondateur Bodley (-j-1612); en Espagne, la B. de l'Escurial et la B. royale de Madrid ; en Russie, la B. du Synode de Moscou, etc. — Les catalogues des manuscrits sont loin d'être faits. On peut consulter : les Catalogues des Assemani (Rome, 1756-66), de Bandini (Florence, 1764), de Hœnel (Leipzig, 1828) ; les ouvrages de A. Pfeiffer, Sur les manuscrits en général (Erlangen, 1810, en ail.), et d'Ebert, Sur la connaissance des manuscrits (Leipzig, 1825, en ail.); les Notices et extraits des manuscrits de la Bibliothèque du Roi, qui se publient à Paris depuis 1787; le Cat. des mss latins de la Bibl. nationale par Léop. Delisle; les Manuscrits français de M. Paulin Paris (1856 et ann. suiv.); le Catalogue général des manuscrits des bibliothèques de France, commencé sous le ministère Villemain, et qui n'est pas terminé aujourd'hui.

MANUTENTION (du lat. manu tenere, tenir en main). Ce mot, qui en général se dit du soin que l'on prend d'une chose pour quelle se maintienne dans l'état où ello

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