‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 958 sur 1729 · MARBRE · texte numérisé non relu

MARBRE

priation. le rlossi'cliomcnt d(^ marais rentre sous l'autorité de la loi du 5 mai 1841. Voij. dessèchement.

Marais salants ou Salins, étendue de terrains plats, très voisins de la pla^e, que viennent inonder les eaux de la mer et que l'on a disposés de manière à pouvoir y retenir ces eaux et recueillir par évaporatioii le sel marin qu'elles contiennent. En général, les marais salants se composent : 1» d'im vaste réservoir, dit jas, placé en avant des marais propr. dits et plus profond qu'eux : ce réservoir communique avec la mer par un canal fermé d'une écluse; on ftrolile, sur les bords de l'Océan, de la marée haute oour e remplir: il est destiné à conserver l'eau, afin qu'elle y dépose ses impuretés, et à remplacer l'eau des autres bassins à mesure qu'elle s'évapore ; 2° du marais propr. dit, ou salin, situé derrière le réservoir : il est divisé en une multitude de cases ou compartiments, séparés par de petites chaussées destinées à multiplier les surfaces pour augmenter l'évaporation, et à recevoir les eaux de plus en plus concentrées. On expose ordinairement les maraLs salants à l'action des vents du N., du N.-O. ou du N.-E. — C'est en mars que l'on fait entrer l'eau de la mer dans les salins. On juge que le sel va bientôt cristalliser quand l'eau commence à rougir; en effet, elle se couvre peu après d'une pellicule de sel qui coule au fond. On retire le sel sur les petites chaussées qui séparent les cases, et là il commence à s'égoutter; on répète cette récolte deux ou trois fois par semaine, depuis le mois de mai jusqu'au mois d'octobre. — Après la cristallisation du sel on utilise encore les eaux mères des marais salants pour l'extraction des sels de magnésie, des bromures et des iodures si utiles dans les arts et en médecine.

Les marais salants sont très multipliés : en France, ils ne donnent pas moins de trois millions de quintaux par an ; les principaux sont ceux d'Hyères, de Peccaïs, de Peyrat, de Marennes, du Croisic, de Savenay, du Morbihan. A l'étranger, ceux du Portugal passent pour fournir du sel de première qualité.

MARAIS (gaz des) OU Hydrure de méthyle ou méthane.

Voy. F0RMÈXE.

MARANTA, Maranta, çenre de la famille des Cannacées, détachée des Amomees, renferme des plantes d'Amérique, à tige herbacée ou sous-frutescente, terminée par des fleurs disposées en épis ou en grappes. On cultive dans nos jardms le M. zébré [M. zebrina], du Brésil, remarquable par ses longues feuilles, rayées de brun velouté et de jaune en dessus, et d'un beau violet en dessous. Le M. à feuilles de balisier [M. arundinacea), originaire des Incies et cultivé aux Antilles, fournit la fécule appelée arrow-root [Voy. ce mot). Le M. galanga, des Indes orientales, fournit une racine odorante utilisée comme condiment et comme stimulant en médecine.

MARASME (du gr. uapaajjiôî; de [lapatvw, flétrir, dessécher), dernier degré de la maigreur, qui survient dans plusieurs maladies chroniques, comme la phtisie, le cancer, etc., et qui est marqué par la fonte des chairs et la saillie des éminences osseuses. Le marasme consiste dans un défaut de nutrition et dans un affaiblissement provenant de la lésion d'un des organes importants pour la vie. 11 s'observe aussi quelquefois chez les individus parvenus à une vieillesse très avancée ; c'est alors le résultat naturel de l'affaiblissement progressif des forces vitales. MARASQUIN, liqueur spiritueuse obtenue en faisant infuser dans de lalcool une espèce de petite cerise ou griotte nommée en Italie marasca. On fabriquait originairement cette liqueur à Zara, en Dalmatie ; mais depuis longtemps on l'imite très bien en France.

MARATTIA, genre de la famille des Fougères, type de la tribu des Marattiées : capsules grosses et très nombreuses sans anneau. Les Marattias sont exotiques : elles croissent surtout en Amérique, en Afrique et en Océanie. Elles se distinguent par la beauté et la grandeur de leurs frondes, toujours deux fois ailées. — La tribu des Marattiées renferme, outre le genre-type, les genres Angiopteris, Dansea et Kaulfussia. Ces plantes ont eu un très grand développement à l'époque houillère.

MARAUDAGE, maraude (de l'anc. allem. marald, gâcheur; de maren, gâter?), vol commis par un ou plusieurs soldats écartés de l'armée. La maraude est un délit militaire : elle diffère du butin en ce que celui-ci est autorisé par la loi de la guerre et qu'il se fait en masse à la suite d'une action, tandis (pje la maraude n'est le propre que de quelques soldats isolés et s'exerce même en pays

ami. Avant 1780, le soldat maraudeur pris en flagrant délit par le prévôt de l'armée était pendu sur-le-champ. Sous le Consulat et l'Empire, la M. simple était punie ae la prison et de l'exposition ; la M. avec récidive, de 5 ans de fers, et la M. à main armée, de 8 ans de la même peine (Loi du '21 brumaire an v). — L'action de dérober dans les champs des productions non encore détachées du sol et celle de cueillir ou de manger, sur le lieu même, des fruits appartenant à autrui constituent un délit puni d'amende et, en cas de récidive, de prison (C pén., art. 471-478).

MARAVÉDI ou maravédis, petite monnaie espagnole dont la valeur a varié et qui n'est plus auj. qu'une monnaie de compte. On distinguait : le M. de vellon, 54' partie du réal, et valant moins d'un de nos centimes; et le M. de plata, double du précédent. Le nom de maravcdi semble venir, comme celui de maraboutin, des Almoravides, dynastie arabe qui régna sur l'Espagne. La plus ancienne mention oui en soil faite remonte au règne d'Alphonse de Castille, en 1212.

MARBRE (du lat. marmor; en gr. piàpjxapoî, pierre brillante). Le marbre est un calcaire cristallin, susceptible de recevoir un beau poli et qu'on emploie dans les arts ou en architecture. On en fait des statues, des vases d'ornement, des colonnes, des chambranles de cheminée, des dessus de commode ou de table, etc. Dans quelques pays, à Athènes et à Gènes p. ex., on s'en est servi pour construire des édifices. Les marbres sont d'origine sédimentaire et se rencontrent dans tous les terrains. Souvent ils proviennent de calcaires compacts ordinaires modiliés par les actions métamorphiques. — L'albâtre calcaire n'est qu'une variété de marbre déposée par les eaux à la manière des tufs ou des stalagmites; le marbre d'Afrique, connu sous le nom de marbre onyx, est du même genre. Les marbres blancs sont formés d ordinaire de chaux carbonatée à peu près pure. Les marbres colorés doivent leurs teintes, leurs veines, leurs taches, à des substances étrangères, le plus souvent à des oxydes métalliques, qui y sont associées à la chaux carbonatce.

Les marbres se distinguent les uns des autres soit daprès leur couleur ou leur texture, soit d'après leur destination, soit enfin d'après leur âge et leur provenance. — Les marbres antiques sont ainsi nommés parce que les carrières dont ils proviennent étaient connues des anciens, et sont épuisées ou perdues auj.; les plus célèbres sont le marbre blanc de Paros et celui du Penteligne; le marbre rouge d'Egypte; le marbre noir antique ou marbre de Lucidlus, le vert antique, le jaune antique, la brèche violette d'Alep, la brèche africaine, etc.

Parmi les marbres modernes, on cite en Italie : le marbre jaune de Sienne et de Vérone, le vert de Florence, de Bergame et de Suse, le marbre blanc de Carrare et de Gênes, le bleu-turquin ou bardiglio, le portor qui est noir et veiné de jaune, la lumachelle grise, le marbre ruinique ou ruiniforme de Florence, etc. En Espagne, les plus célèbres sont : le marbre blanc de Molina, le gris de Tolède, le noir de la Manche et de la Biscaye, le noir veiné de blanc de Murviedro, le violet de Catalogne, le rouge de Séville et de Molina, le vert de Grenade, le rose veiné de Santiago, la lumachelle rouge, composée de débris de coquilles, et la brocatelle, composée de petits grains jaune-isabelle dans une pâte lie de vin. En France, on exploite des marbres dans plus de 40 départements; les plus connus sont le languedoc ou incarnat de Narljonne; le nankin de Valmigère (Aude), le campan des Pyrénées, dont on distingue les variétés Isabelle, verte et rouge ; le griotte de Narbonne ; le grand deuil et le petit deuil de l'Ariège, de l'Aude et des Basses-Pyrénees ; la brèche de Marseille, le blanc et le cipolin des Hautes-Alpes et de l'Isère, etc. Depuis quelque temps, l'Algérie fournit un assez grand nombre de marbres, et en particulier le marbre onyx {Voy. oxvx). — L'Angleterre et la Belgique ont aussi des marbres en abondance. Jious ne citerons que le petit granité ongranitelle, noir ou grisâtre, et qui n'a de commun avec le granit que le nom, et le marbre Ste Anne, dont on fait beaucoup de dessus de table ou de cheminée. On les trouve dans le Carbonifère inférieur aux environs de Mons.

Les marbres statuaires, employés par les sculpteurs, sont toujours d'un beau blanc. Les uns sont saccharoïdes,

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