MARÉE
pancnir les eaux ménagèros ou celles d'un lavoir et d'y jeter aucune matière pulrescilde. Les eaux de marc sont toujours malsaines et iem-s émanations engendrent des lièvre*.
MARÉCAGE. Voy. marais.
MARÉCHAL (du b.-lat. marescallus) . C'est un titre cpii remonte au moyen âge. Sous Charlemagne, le maréchal était le chef des écuries. Pris absolument, le mot maréchal désigne, en France et dans la plupart des Etats de l'Europe, la première dignité de l'armée. — Les maréchaux de France étaient de droit sénateurs sous le second Empire. Voy. ce mot au Dict. d'Hist. et de Géogr.
Maréchal de camp, grade militaire, qui existait déjà sous François I", mais à titre de simple commission : il devint permanent sous Henri IV : il a été supprimé en 1793. jMiiir être remplacé par celui de généi'al de brigade. I{étal)li en 1814, il a été de nouveau remplacé depuis 1848 par celui de général de brigade. Voy. général.
Maréchal des logis, sous-oflicier de cavalerie dont le grade et les fonctions correspondent à ceux du sergent dans l'infanterie. Le grade de maréchal des logis chef correspond à celui de sergent-major. — Jadis les maréchaux des logis étaient des officiers chargés de préparer les logements de la cour en voyage.
MARÉCHAL FERRANT, artisan chargé de ferrer les chevaux, les ânes, les mulets, les bœufs, etc. ; il doit non seulement connaître les diverses sortes de fers qui conviennent à chaque espèce d'animal, aux pieds de devant et à ceux de derrière, mais aussi savoir ajuster le fer selon la forme du pied, ses défauts ou ses maladies; reconnaître quand il convient de substituer à la ferrure ordinaire la ferrure dite hygiénique ou chinirgicale, etc. Les outils qu'on emploie pour ferrer les chevaux sont : le brochoir, sorte de marteau destiné à fixer les clous dans le fer ; les tricoises, espèce de tenailles ; la rénette, qui sert à retenir la pointe des clous ; le rogne-pied, pour couper la corne, etc. — On estime les Traités de maréchalerie de Laurent Rusé et de ,lean Massé. Consulter aussi Bouley, la Maréchalerie [Jury de l'Exposition univ. de 1867, t. XII, p. 250-264). Les maréchaux ferrants formaient avant 1789 une corporation dont les statuts remontent au xnr siècle; ces statuts furent revisés en 1473 et 1651. Le patron des maréchaux ferrants était St Eloi.
MARÉCHAUSSÉE (du b.-lat. marescalcia, de marescalciis\ corps de gens à cheval institué dès les premiers temps de la monarchie française pour veiller à la sûreté publique et assurer l'exécution des lois. Réorganisée par FraiK ois 1"^, accrue par Henri II, elle fut mise par l'edit de mars 1720 sur le pied de la gendarmerie de France et fil dès lors partie de ce corps. La maréchaussée formait, en 1789. 55 compagnies, y compris celle de la connétablie. qui avait été créée dès 1060, et qui était la première de l'arme, celle du prévôt général de l'Ile-de-France, et celle de la prévMé générale des monnaies : le corps entier comptait 4 600 officiers, sous-officiers et soldats ou anliers. La maréchaussée fut d'abord sous les ordres immédiats du connétable, et, après la suppression de ce grade, sous celle des maréchaux (d'où son nom). Les prévôts et autres officiers devaient aussi obéir aux premiers présidents et aux procureurs généraux. — En 1790, la maréchaussée fut réorganisée et prit le nom de gendarmerie nationale I Voy. gendarmerie). — On appelait prévôt de la maréchaussée l'officier préposé à la sûreté des grands chemins dans une province.
MARÉE (du latin mare, mer). On donne le nom de marée à cette oscillation périodique en vertu de laquelle deux fois par jour la mer envahit les côtes de l'océan et deux fois par jour les abandonne, en laissant fibre une partie plus ou moins grande du sol sous-marin. Lorsque la mer monte, c'est le flux ou le flot; lorsqu'elle descend, c'est le reflux ou le jusant. Quand la mer a atteint son maximum de hauteur, on dit qu'elle est haute ou pleine; elle est tmssi' au contraire quand elle atteint son minimum de hauteur. L'intervalle de temps qui s'écoule entre deux pleines mers consécutives est de 12 h. 25 m. 14 s. en moyenne ; mais la basse mer intermédiaire partage cette durée en deux espaces de temps inégaux. A Brest et à Boulogne par ex., la mer met 16 minutes de plus à monter
Îu'à descendre ; au Havre la différence est de 2 h. 8 m. •n appelle marée totale la demi-somme des hauteurs de deux hautes mers consécutives au-dessus de la basse mer intermédiaire. La inarée totale en un lieu donné varie
avec les phases de la lune : elle est la plus grande à l'époque dessyzygies {vive eau), et la plus faible à l'époque des quadratures [morte eau). Ainsi, à Brest p. ex., la marée totale des syzygies est de 6 m. 25 en moyenne, tandis que celle des quadratures est seulement de 3 m. 10 Il est à remarouer toutefois que sur nos côtes, la plus grande marée au mois n'a lieu que 36 h. environ après la svzygic correspondante. La grandeur de la marée totale varie aussi avec la distance de la lune à la terre. Cette variation de la marée dans les syzvgies peut aller jusqu'à 3 vingtièmes de la hauteur totale, ta variation de distance du soleil à la terre exerce également sur la hauteur de la marée une influence appréciable, mais beaucoup moindre. La déclinaison du soleil et celle de la lune ont aussi une action marquée sur la hauteur des marées : les marées des syzygies sont d'autant plus fortes, et celles des quadratures d'autant plus faibles que le soleil et la lune sont plus voisins de l'équateur. A Brest, la marée totale de la syzvgie voisine des équinoxes surpasse de 0 m. 75 la marée totale des autres syzygies. Ajoutons que la haute mer n'arrive pas juste à l'instant du passage de la lune au méridien. Il y a pour chaque port, relativement à ce passage, un retard spécial que l'on apj)elle l'établissement du port. Ce retard à Brest est de 5 h. 45 m. ; il est de 6 h. à St-Malo, de 11 h. 45 m. à Calais et à Dunkerquc.
Les marées résultent de l'attraction simultanée du soleil et de la lune sur les eaux de la mer. Les molécules de la terre les plus voisines de la lune subissent de la part de cet astre une attraction plus forte que les molécules placées au centre, tandis que les molécules les plus éloignées sont soumises à une attraction moindre. Ces deux actions tendent à diminuer la pesanteur de ces molécules; au contraire, l'attraction de la lune sur les molécules situées à OO" des premières fournit une composante qui en accroît la pesanteur. De là une rupture d'équilibre dans la disposition des molécules terrestres. Les parties solides de la terre résistent à l'attraction par l'effet de leur cohésion; mais les parties liquides y obéissent, et les eaux de la mer, au lieu de la forme sphérique. prennent la forme d'un ellipsoïde allongé dont le grand axe est dirigé vers la lune. En d'autres termes, aux extrémités du diamètre terrestre qui passe par la lune il se forme deux montagnes d'eau, tandis qu'une dépression marquée se produit à 90" de ses extrémités.
Ces deux montagnes et la dépression qui les sépare suivent la lune dans son mouvement diurne, et quand l'une d'elles atteint un point déterminç. l'eau s'y élève au-dessus de son niveau moyen, il y a haute mer;' il v a haute mer encore quand la seconde montagne liquide vfent se substituer à la première. Dans l'intervalle, le point considéré a été atteint par la dépression, et la basse mer s'y est produite. On comprend qu'au Iwut d'un jour lunaire les mêmes phénomènes doivent recommencer dans le même ordre. — L'attraction du soleil sur les eaux de la mer doit produire des phénomènes tout pareils; mais la marée solaire, par suite de l'éloignement de cet astre, et malgré l'excès de sa masse, étant deux fois et demie moindre que la marée lunaire, on peut la regarder comme une cause perturbatrice qui vient simplement accroître ou diminuer la marée lunaire. La haute mer résultant de leurs effets combinés sera donc plus grande quand ces effets s'ajouteront, c.-à-d. quand les deux astres seront en opposition ou en conjonction ; elle sera plus faible au contraire, quand la marée basse du soleil coïncidera avec la marée haute de la lune, c.-à-d. quand la lune sera en quadrature.
Les explications qui précèdent supposent la terre complètement recouverte par la mer, et la profondeur de la mer uniforme. Les choses se passent en effet à peu près de cette façon dans les vastes mers du Sud. Mais dans l'océan Atlantique, resserré entre deux continents, les eaux se portent alternativement de l'Amérique vei-s l'Europe et réciproquement, et cette oscillation, en même temps Qu'elle retarde l'heure des marées, a pour effet de les rendre bien plus fortes que dans l'océan Pacifique. Cet effet est encore accru par le voisinage des côtes contre lesquelles le flot formé en haute mer vient se briser violemment ; enfin, la résistance dilTérente que l'inégalité des plages sous-marines et surtout leur pente plus ou moins abrupte font éprouver au mouvement des eaux, explique les différences de hauteur de la marée d'un port à l'autre et le retard plus ou moins grand qui constitue leur éta-
MAREGRAPHE