‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 963 sur 1729 · MARGUERITE · texte numérisé non relu

MARGUERITE

blissement. Ce retard est d'ailleurs au maximum quand le port est au fond d'un golfe étroit, ou sur une mer ouvertes mais resserrée, comme la mer de la Manche, parce qu'il ne s'y manifeste alors que des marées dérivées. L'inchnaison des côtes explique aussi pourquoi la mer met plus de temps à monter qu'à descendre. — La marée directe n'est jamais très sensiLle dans une mer intérieure, parce que la différence d'attraction de la lune sur ses points extrêmes est toujours peu considérable ; de là le peu d'importance de la marée dans la Méditerranée, et son absence presque complète dans la mer Noire.

L'explication des marées, entrevue par les anciens, est cependant demeurée longtemps obscure. Newton le premier en cliercha la cause dans la grande loi de la gravitation universelle. Après lui, Maclaurin, BernouUi, Euler et Laplace en ont poursuivi et complété la théorie; et, grâce à leurs travaux, la théorie des marées est aujourd'hui une des plus complètes et des plus satisfaisantes. Voy. l'Annuaire du Bureau des Longitudes; Hatt, Annuaire des marées., Elisée Reclus, la Terre.

MARÉE. On entend aussi par ce mot l'ensemble des poissons <le mer qui servent à l'approvisionnement des villes, et dont il se fait une consommation énorme à Paris, à Londres, etc. — On dit proverbialement : arriver comme marée en carême, pour exprimer qu'on arrive tout à fait à propos.

MAREGRAPHE. Voy. maréographe.

MARÉKANITE, variété de pétrosilex [Voy. ce mot).

MARELLE ou mérelle. Ou a prétendu que ce jeu était l'ancien jeu géographique des Phéniciens, et qu'il offrait la position de leur métropole, Tyr, avec toutes ses colonies, ainsi que les lignes à suivre sur tner pour se transporter d'un lieu à un autre; mais, en réalite, marelle vient de mcreau ou mareau (en bas-lat. marellus], qui veut dire jeton. La marelle se joue soit sur table, soit à terre. Dans le premier cas on prend une sorte de damier où se trouvent tracés plusieurs carrés unis entre eux par des lignes transversales sur lesquelles on pousse des jetons ; dans le second cas, la marelle consiste en une sorte d'échelle tracée sur le sol avec des lignes qui se coupent les unes à angle droit, les autres transversalement, et terminée par un demicercle : on y marche à cloche-pied, en poussant, avec le pied sur lequel le corps se porte, une espèce de palet, pour le faire passer successivement par tous les compartiments tracés sur le soi.

MAREMMES (en ital. maremma, c.-à-d. terre près de la mer), nom qu'on donne en Italie à des terrains isolés et situés soit au voisinage de Rome, soit en Toscane, aux environs de Sienne et sur le versant occidental des Apennins, soit encore près de Naples, et qu'on ne saurait habiter en été à cause des émanations délétères, connues sous le nom de malaria, qui s'exhalent du sol, imprégné de soufre et d'alun. En hiver, les maremmes deviennent autant de riches prairies où le bétail trouve une abondante nourriture : l'homme peut aussi y résider sans inconvénient. Avant Auguste, les maremmes de l'Italie, aujourd'hui désertes et insalubres, étaient encore un immense jardin, dans lequel était agglomérée une population compacte. Le défaut de culture dans ces contrées contribue à augmenter l'intensité du mal ; les plantations d'arbres en diminueraient les effets. — Les grands-ducs de Toscane ont fait de louables efforts pour faire disparaître les maremmes situées dans leurs Etats; de 1828 à 1832 la vallée de la Chiana a été assainie ^ mais il reste encore beaucoup à faire.

MARÉOGRAPHE ou marégraphe (de marée et du gr. Ypâ'fw, écrire), instrument qui permet d'observer journellement et avec précision toutes les variations des marées. Il consiste essentiellement en une bande de papier sans fin qui se déroule par un mouvement d'horlogerie et sur laquelle le flot et le jusant, à l'aide d'un flotteur, tracent une courbe qui représente l'amplitude de la marée.

MARGARATES, sels de l'acide margarique : ce sont de véritables savons. Les seuls qui, industriellement, méritent de l intérêt sont les margarates à base de potasse, de soude et de chaux, parce qu'on peut en extraire l'acide margarique, en les traitant par l'acide sulfurique ou par un autie acide, comme cela se pratique dans la fabrication des bougies stéariques.

MARGARINE (du gr. [xàp-vapoi;, blanc de perle, à cause de son aspect nacré), nom donné par Chevreul à l'éther trimargarique de la glycérine {Voy ce mot). Ce corps ccn-

stitue en grande partie la portion concrète des huiles grasses. MARGARIQUE (acide), acide gras, blanc, inodore, insipide, fondant à 00°, insoluble dans l'eau. Il a pour formule : C'ir'^O*. On l'obtient en saponifiant l'huile d'olive par la litharge et reprenant le mélange d'oléate et de margarate de plomb par l'éther qui ne dissout que l'oléate et laisse le rnargarate; on met ensuite l'acide margarique en lilwirté en traitant son sel de plomb par l'acide chlorhydrique chaud. — Depuis quelques années on forme, avec un mélange de cet acide et d'acide stéarique, des bougies très blanches, très solides et très sonores. Ces bougies, appelées d'abord oxygénées, portent aAijourd'liui le nom de stéariques.

MARQARITA, nom latin d'un genre de Coquilles qui produisent des perles. Voy. pixtadine.

MARGARITE, minéral analogue aux Micas, dont la formule peut s'écrire [H*O.Al*03.2SiO*-j- CaO.AJ*0''] , en écailles nacrées, du système clinorhombiqiie. Un l'a principalement trouvée dans les chlorites du Tyrol.

MARGARODITE. La margarodite, dite aussi talc endurci, qui se trouve dans des schistes du Tyrol, est en réalité un mica analogue au muscovite [Voy. micaK

MARGEUR. En terme d'Imprimerie, on appelle aiiiM l'ouvrier dont le travail consiste, dans une presse mécanique, à présenter successivement sur le cylindre les feuilles de papier à la machine en les faisant saisir par les pinces du cylindre |ou entrer dans les jointures de manière qu'elles soient amenées exactement sur la forme déposée sur le marbre de la machine.

MARGINÉ (de mai-gc), se dit, en Botanique, tantôt des surfaces circonscrites par une bande colorée, tantôt des surfaces munies d'un rebord saillant, mais étroit, ordinairement produit par une expansion du tissu de l'organe : dans ce dernier cas, ce mot est synonyme d'ailé.

MARQINELLE, Marginella, genre de Mollusques gastéropodes, de l'ordre des Pectini branches, famille des Cypréadées : coquille ovale ou oblongue, à spire souvent apparente, en forme de rouleau ; ouverture longitudinale et étroite, formée d'un labre épaissi extérieurement, présentant un seul sinus en avant, et de forts plis sur la columelle. Les marginelles se trouvent à l'état fossile, dans les terrains tertiaires. On en rencontre un assez grand nombre d'espèces dans les pays chauds, sur les rochers qui bordent la mer. Les plus connues sont la M. bleuâtre, la M. neigeuse, la M. huilée et la M. rose. Le poli et l'agréable variété des couleurs de leurs coquilles les font rechercher des amateurs.

MARGOT, nom populaire de la Pie. Voy. ce mot. MARGOTIN, sorte de petit fagot de menues branches qui sert à allumer le feu.

MARGOUSIER. un des noms vulgaires du Melia azedarach. Voy. azedaracii.

MARGRAVIACÉES. Voy. jiarcgraviacées.

MARGRAVIAT (de margrave), nom donné dans l'origine aux duchés-frontières, ou marches, de l'ancien empire d'Allemagne, commandés par un margrave. Le roi de Prusse actuel, par ex., était margrave de Brandebourg. Voy. margrave au Bict. d'Hist. et de Géogr.

MARGUERITE (du lat. margarita, perle; à cause de la beauté des fleurs de ce nom). On a donné le nom de marguerites à plusieurs jolies plantes de la famille des Composées qui. botaniquemcnt, appartiennent à des genres fort différents :

1° La Petite Marguerite ou Bellis perennis, connue aussi sous le nom de Pâquerette ( Voy. pâquerette 1 ;

2° Ija Grande Marguerite ou M. des champs [Leucanthemum vulgare], A-ulg. Œil-de-Bœuf, qui fleurit en été dans les prés et dans les champs : ses fleurs sont solitaires à l'extrémité d'une tige peu ramifiée, haute de 0 m. 70, garnie de feuilles simples, sessiles, oblongues. plus ou moins dentées : elles ont à peu près 0 m. 00 de diamètre; leur disciue est jaune à l'intérieur, et ceint d'une couronne de grands demi-fleurons blancs avec des écailles calicinales obtuses, scarieuses à leurs bords:

3° La Marguerite jaune ou Chrysanthème coronaire; 4" La Reine-Marguerite [Aster sinensis], qui fait partie du genre Callistèphe : apportée de Chine en Fraïue en 1772, cette belle plante, dont la fleur était d'abord blanche et simple, est devenue double par la culture et a produit les variétés les plus belles, la rouge, la violette, et surtout la superbe variété dite M. à tuyaux, dont les fleurs paraissent demi-sphériques ;

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