‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 996 sur 1729 · PHOSPHORESCENCE · texte numérisé non relu

PHOSPHORESCENCE

La profondeur des mers est quelquefois considérable. C'est ainsi que le capitaine Rose a descendu une sonde jusqu'à 8 500 mètres sans rencontrer le fond. Cependant on s'accorde à admettre que cette profondeur ne dépasse 8 000 mètres que sur des points très rares, en particulier dans la dépression des Kouriles, au voisinage des îles du même nom, au nord du Japon. Les nombreux sondages entrepris par la marine des Etats-Unis et celle de l'Angleterre, de même que ceux eifectués pour la pose des câbles transatlantiques, ont démontré que le fond de la mer oB'rc des inégalités considérables, et qu'il y existe des montagnes et des vallées comme à la surface de la terre. Certaines îles ne sont que les sommets de montagnes sousmarines.

La température des eaux de la mer varie avec la latitude, la saison, la profondeur, etc. Entre les tropiques elle diminue avec la profondeur ; c'est le contraire dans les régions boréales. Mais les courants qui sillonnent les mers, et notamment le Gulf-Strea?n (Voy. courants marins), viennent modifier profondément l'influence de la latitude sur cette température. C'est en effet à l'action du Gulf- Stream que certains ports des côtes septentrionales de Suède doivent d'être libres de glaces pendant toule l'année. C'est par suite du déplacement de ce courant que l'Islande, pays autrefois verdoyant et fertile, est devenu une contrée glacée et stérile ; c'est, paraît-il. à ce même courant qu'il faut attribuer l'existence, dans les régions polaires, d'une grande mer libre que les marins n'ont fait encore qu'entrevoir et dont de hardis navigateurs tentent depuis quelques années de forcer l'entrée, persuadés que cette mer est le berceau de ces immenses troupes de jK)issons, de cétacés et même d'oiseaux qui chaque année se répandent du Nord dans toutes les contrées du globe. — La proximité des mers a une influence marquée sur les climats. Lente à s'échaull'er, lente également à se refroidir, l'eau de la mer sert en quelque sorte de modérateur aux variations de la température; et c'est là la cause qui, jointe à l'obstacle que les montagnes opposent aux vents du nord et du midi, donne à des contrées privilégiées comme Nice, Cannes et la vallée d'ilyères le printemis perpétuel dont elles jouissent.

Les eaux de la mer sont sujettes à plusieurs sortes de mouvements : les uns généraux et permanents, comme les marées, produites par l'attraction combinée de la lune et du soleil; les autres locaux, passagers ou accidentels, comme les courants, les vagues ou lames, le ressac, le raz de marée, etc. Voy. ces mots.

La mer, de même que les fleuves et les rivières, laisse déposer, au fond de son lit et sur ses bords, des masses de sédiments formés aux dépens des roches qui bordent ses côtes et des débris des êtres organisés qui l'habitent. Ce sont ces dépôts argileux, sableux ou calcaires suivant les régions où ils se forment, qui, accumulés dans la suite des âges sur les dilférents points oii la mer a successivement passé, ont donné à la partie superficielle de la croûte terrestre sa nature minéralogiquc actuelle.

L'eau de mer est impropre à la boisson; cependant on peut la rendre potable en la distillant [Voy. eac de mer). Elle peut être employée comme agent thérapeutique, soit à l'extérieur, en lotions, en affusions et surtout en l>ains [Voy. DAixs DE mer), soit même à l'intérieur comme purgatif et fondant : on en prend alors de 2 à 4 verres par jour.

Liberté des mers. Cette question, l'une des plus graves du Droit public international, a donné lieu, surtout au xvii= siècle, à une vive controverse, les uns se prononçant

MÉRANGÈNE

MERCURE

itour une liberté absolue [mare Ubèrum, mare apcrlum], es autres admettant des roslriclioiis {mare ctatisuîn) : Grotius publia à celte «K'casiou un livre célèbre sous le titre de Mare liberum. Quoique cette controverse n'ait été suivie d'aucun traité positif, il est généralement admis auj. que la pleine mer est entièrement libre, et que cependant chaque Etat, dans l'intérêt de sa sûreté, doit avoir la propriété des parties de la mer qui pénètrent dans les terres et y forment des liavrcs, dfes ports, etc. Il en est de même de la portion de la mer qui baigne ses côtes jusqu'à la plus grande portée du canon ; cette mer constitue pour lui un territoire maritime. — Le raison maritime dans lecjucl.les navires sont soumis à la législation des douanes et de la police sanitaire a été fixé, par la loi du 4 germinal an ii, à 4 lieues en mer (environ IS kilom.). Les rivages, lais et relais de la mer font partie du domaine public. Voy. varech.

D'autres débats se sont élevés au sujet des mers enclavées dans les parties du continent, comme la mer Baltique, la mer du Nord, la mer Adriatique, la mer Noire, la mer Rouge, etc., que les Etats limitrophes ont voulu faire considérer comme des mers ferînées. Ces contestations, dont plusieurs ont donné lieu à des guerres acharnées, ont été terminées pour quelques-unes de ces mers par des traités : tel était notamment pour la mer Noire l'objet du traité conclu (le 2 septembre 1829) entre la Turquie et la Russie ; cotte même mer a été neutralisée pour toutes les nations par le traité du 30 mars 1856; mais la Russie a déclaré, en 1871, qu'elle entendait reprendre le droit d'y entretenir une marine de guerre, et l'Europe a consenti par son silence. Voy. corsaire. MÉRANGÈNE. Voy. melongène.

MERCANTILE (système), nom donné, en Economie politique, au système qui considère le numéraire comme la mesure véritable de la richesse et qui recherche tous les moyens d'accroître les exportations et de diminuer les importations. C'est l'abus de ce système qui a ruiné l'Espagne sous les descendants de Charles-Quint. Adopte aussi par Colbert, il est actuellement repoussé par presque tous les économistes.

MERCAPTAN ou sulfhtdrate d'éthyle. Ce corps a été découvert par Zeise en 1835. C'est un éther appartenant à la classe des composés élhyliques [Voy. ce mot).

MERCENAIRES (du lat. mercenarius, de mei'X, mercis. marchandise, marché), nom donné spécialement, dans l'histoire, aux étrangers qui servent dans une armée pour de l'argent. Chez les anciens, les Carthaginois surtout se servaient de mercenaires, et plus d'une fois ces corps d'étrangers mirent l'Etat en péril. Chez les modernes, ce sont principalement les puissances de l'Italie qui ont employé des troupes mercenaires : elles étaient généralement tirées de la Suisse. La France a eu aussi des Suisses à sa solde jusqu'en 1792, et de 1815 à 1830. La France a d'ailleurs eu des mercenaires de toute nation depuis Philippe Auguste jusqu'à la Révolution. Voy. guerre des mercenaires et CONDOTTIERI au Dict. d'Ilist. et de Géogr.

MERCERIE, MERCIER (du b.-lat. tnercerius, de merx, mercis, marchandise). Le commerce de la mercerie comprend une foule d'articles de fabrication diverse et qui sont généralement du ressort de la couture, de la toilette et du travail des femmes, tels qu'épingles, aiguilles, rubans de toute espèce, lacets, fil de lin, de soie et de laine propre à coudre ou à broder, boutons de manches ou de cols pour les chemises, dés à coudre, ganterie, éventails, ciseaux, etc. La France exporte une grande quantité de merceries aux colonies, aux Etats-Unis, dans l'Amérique du Sud, aux Indes, en Cochinchine et en Chine.

Les merciers formaient autrefois à Paris le 3° des six corps marchands. Cette corporation se divisait en 20 classes et comprenait, outre les merciers proprement dits, les marchands de draps et de toiles de toutes sortes, les marchands de pelleteries, les quincailliers, les chaudronniers, les marchands de miroirs, de tableaux et ornements d'appartement. Elle avait été créée par Charles VI ; jusqu'à la lin du xvi" siècle, elle n'eut qu un seul chef, dont l'autorité s'étendait sur toute la France : c'était le roi des merciers. Supprimée par François I", rétablie sous Henri III, cette charge fut définitivement supprimée en 1597. Depuis, le corps des merciers fut administré par 7 maîtres et gardes électifs chargés de la conservation de ses privilèges et de la police de la communauté.

MERCREDI (du lat. Mercurii dies, jour de Mercure),

4' jour de la semaine, est ainsi nommé de ce que, dan» l'opinion des astronomes anciens qui admettaient de& heures planétaires, la planète de Mercure était censée dominer la première heure de ce jour. — On sait que le mercredi des cendres est le lendemain du mardi gras et le premier jour du carême, et le mercredi saint, le mercredi avant Pâques.

MERCURE (nom mythologique), l'une des deux planète* inférieures, et la plus voisine du Soleil. Mercure est rarement visible parce qu'il est presque toujours plongé dan» les rayons du Soleil, dont il ne s'éloigne jamais de plus de 28". Il brille comme une étoile de 4' grandeur. Sa distance au Soleil est de 14 700 000 lieues, les 0,4 environ de la distance de la Terre au Soleil; son volume est le 17' du volume de la Terre ; la durée de sa rotation est de 24'' 5°", et celle de sa révolution sidérale de 88 jours cnv. Son diamètre apparent varie entre 4",5 et 12", 9. Le Verrier admet que sa masse est , ^^* p^, de celle du Soleil ; Newcomb trouve j-ïûuUôû- Schrôter et Harding admettaient que cette planète est entourée d'une atmosphère très dense qui tempère la forte chaleur qu'elle reçoit du Soleil. \V. Ilerschel en nia l'existence et son opinion fut confirmée par les expériences pliotomctriques de ZôUner. Mercure était une des planètes connues des anciens.

MERCURE (du nom du dieu), Hg=200, dit aussi Vif- Argent, métal liquide et d'un blanc d'argent : c'est le seul métal qui soit liquide à la température ordinaire. Il est très dense (D =15,5961 ; il se solidifie à 40» au-dessous de zéro, et bout à 560°; la densité de vapeur est 6,976, correspondant à un poids moléculaire égal à son (joids atomique; la molécule de mercure est dite monoatomique. — A basse température il émet déjà des vapeurs dont les tensions, bien que très faibles, peuvent être manifestées par les actions réductrices qu'elles exercent sur les sel» d'argent, d'or, de palladium, de platine, et qui sont délétères pour ceux qui, comme les ouvriers employés à l'élamage des glaces, sont exposés constamment à leur influence [intoxication mercurielle) .

Le mercure ne mouille pas le verre lorsqu'il est pur et que la surface du verre est absolument nette ; aussi ses globules, qui ont la forme sphérique, roulent et se déplacent vivement au moindre contact. Lorsqu'il est oxydé partiellement ou qu'il a dissous des corps étrangers, il adlière au verre, on dit qu'il fait la queue. Il s'allie facilement avec un grand nombre de métaux (cuivre, or, argent, plomb, étain),et forme avec eux des combinaisons liquides appelées amalgames. Un amalgame d'étain sert à mettre les glaces au tain. Les amalgames d'or et d'argent servent à dorer et à argenter les autres métaux. On se sert dans les laboratoires d'un amalgame de sodium, contenant 5 à 4 millièmes de ce dernier métal, pour fixer de l'hydrogène sur certaines substances organiques. C'est au moyen du mercure qu'on extrait l'argent de ses minerais. Il ne s'allie pas directement au fer ; aussi les appareils de physique qui doivent avoir le contact de ce métal, sont-ils construits avec du fer.

Le mercure n'éprouve aucune altération bien sensible de la part de l'air, sec ou humide, à la température ordinaire. Lorsqu'on l'agite longtemps avec de l'air et de l'eau, il se réduit en une poussière noire, appelée autrefois (sans doute à cause de sa couleur) éthiops per se : cette couleur est due à la grande ténuité de ses particules; il en est de même du mercure éteint par les graisses, le miel, tous les corps visqueux, etc. Lorsqu'on le maintient longtemps en ebullition à l'air, il se convertit en un oxyde rouge [HgO], oxyde mercurique ovl précipité per se des anciens chimistes, qu'une température plus élevée décompose en mercure et oxygène. Il existe encore un autre oxyde de mercure, qui est noir [Hg-0], oxyde mercureux. Il s'unit directement au soufre sous l'action de la chaleur, pour former un sulfure noir [HgS] [éthiops minéral) qui, sublimé, cristallise et est identique au cinabre naturel ; le vermillon est un sulfure rou^e, préparé par voie humide, employé en peinture. Le chlore attaque le mercure dès la température ordinaire; on connaît deux chlorures : le chlorure mercureux [llg*Cl^] ou calomel, mercure doux, employé en thérapeutique, et le chlorure mercurique [HgCl*] ou sublimé con-osif, qui est un poison violent. L iodure mercurique [llgl-j est d'un rouge vif; chaulfé, il se transforme en une variété isomérique jaune qui reprend sa couleur primitive par le refroidissement ; il est très soluble dans les dissolutions d'iodure de potassium ou de sodium

MERCURE

MERCLRIEL

et forme ainsi des liqueurs très denses dont se servent les minéralogistes ^wur séparer, en s'appuyant sur leurs différences de densité, les prties constituantes d'une roche, après sa pulvérisation.

Les sels de mercure forment deux groupes : les seU niei-cureux corros|^iondent au chlorure mei'curcux, et les sels mercuriques correspondent au chlorure tnercurique. Les plus importants de ces sels sont les azotates ou nitrates; le nitrate obtenu en dissolvant le mercure dans l'acide nitrique est Veau forte des chapeliers. Les sels de mercure sont très vénéneux. On reconnaît aisément ces sels en plongfeant dans leur solution une lame d'or ou de cuivre, qui prend alors, aux points de contact, une couleur grise en s'amalgamant avec le mercure. Tous les sels de mercure dégagent du mercure métallique lorsqu'on les chauffe avec de la chaux.

Le mercure rend les plus grands services au physicien €t au chimiste ; il est utilisé dans les thermomètres, baromètres, manomètres, pompes à mercure et trompes à vide ; c'est sur la cuve à mercure, dans des éprouvettes préalablement remplies de ce métal, que le chimiste recueille les gaz qui n'attaquent pas le mercure à la température ordinaire et qui sont sofubles dans l'eau.

C'est principalement sur le mercure que s'exerçait la patience des alchimistes : le regardant comme un état imparfait de l'or et de l'argent, ils espéraient le transformer en ces métaux. Ils croyaient aussi que le mercure est le principe de tous les corps ; de là l'hypothèse du principe mercuriel ou de la terre mercurielle qui, selon eux, se trouvait dans tous les corps, pesants ou volatils. La plu-

Ïiart des combinaisons du mercure ont été découvertes par es alchimistes. Voy. pierre philosopbale.

Le mercure n'existe que sous un très petit nombre de formes dans la nature : on le connaît à l'état de liberté (mercure natif), et en combinaison avec le chlore (mercure corné), avec l'argent (ar^uéri/e) et le soufre [cinabre]; celte dernière forme est la plus aimndante et la plus exploitée. Les raines de mercure sont peu nombreuses : les plus productives sont, en Europe, celles d'Almaden en Espagne, d'Idria en Carniole, et des environs de Kussel dans la Bavière rhénane : il y en a aussi en Hongrie, en Transylvanie, en Bohème : on en a découvert en 1851 de fort riches en Californie ; la Cliine et le Japon en renferment, mais on n'a sur elles aucun renseignement certain. L'extraction du mercure est très simple à cause de sa volatilité : on grille le cinabre ; le soufre est ainsi converti en acide sulfureux, et le mercure, devenu libre, forme des vapeurs qui. au moyen de conduits en terre appelés aludels, arrivent dans mie grande chambre où elles se condensent. On renferme le mercure ainsi obtenu dans de grandes bouteilles en fer, fermées par un bouchon à vis de même métal.

MERCURE ARGESTAL OU Amalgame natif. Voy. amalgame.

MERCURE CHLORURÉ, loy. CALOMEL.

MERCURE Donx, syuonyme de calomel ou chlorure raercureux. Voy. mercure.

MERCURE-ÉTUTLE, combinaisou oi^^ométallique dont la formule est Hg C*H^)*. On l'obtient en faisant agir l'iodure d'éthyle sur l'amalgame de sodium. Densité 2,2; point d'ébùllition, 159°. Voy. orga.nome'talliqces (composés).

MERCURE SATiF. On le trouve en petits globules dans les cavités des minerais de mercure. Voy. mercure.

MERCURE soLUBLE, Hom donnc par Hahnemann à un sel oui se forme en ajoutant avec soin de l'ammoniaque liauide aans une solution de protonitrate de mercure cristallisé. Ce sel. qui est insoluble, malgré le nom qu'il porte, a été fort employé comme «ntisj-philitique : il est orainairement associé à l'opium.

MERCURE suLFCBÉ, sjTionyme de Cinabre. Voy. cinabre et

VERMILLOS.

MERCURE DE VIE. VOU. ALGAHOTH et ASTIMOIXE.

MERCURE (Lettres). Ce nom du messager des dieux a servi de titre à divers écrits périodiques contenant des nouvelles et traitant de littérature ou de politique. La

Ïilus célèbre de ces publications est le Mercure galant. onde en 1672 par Visé. Ce journal donnait tous les mois des nouvelles, des anecdotes, des historiettes de boudoir €t de salon. Il fut continué successivement par Dufresny <1710), par Lefebvre (1714), sous le titre de Mercure rfc France, p-ir l'ablx; Buchet (1717), sous le titre de .Vomveau Mercure ; enlin par Laroque, Marmontel et plusieurs

autres. Interrompu à la fin du xviii» siècle (1799), le itfercwre reparut un instant en 1814, puis en 1825; il cessa définitivement d'exister en 1825. Le nom a été repris de nos jours par une feuille littéraire.

On connaît sous le titre do Mercure français une histoire de France en 25 tomes, qui cormnence en 1605 et se termine en 1664. Le Mercure armoriai, par Segoing, traite du blason. Le Mercure indien, de Uosnel, traite de rorfè\Terie et des pierres précieuses.

MERCURIALE (de Mercure), Mercurialit, genre de la famille des Euphorbiacées, tribu des Acalyphées, renferme des plantes annuelles ou vivaces, à fleurs dioïques, en épis grêles, axillaires, dressés : périantite simple, triparti ; les fleurs mâles portent de 12 à 15 étamines à connectif élargi, les fleurs femelles produisent une capsule à deux coques monospermes. L'espèce la plus commune est la .V. annuelle [M. annua) : tige dressée, rameuse, haute de Om. 30 cnv. ; feuilles opposées, ovales, lancéolées, aiguës, et dentées en scie : dans les individus mâles, les fleurs forment des épis allongés; dans les individus femelles, elles naissent à l'aissellc des feuilles supérieures. Cette plante, excitante lorsqu'elle est verte, devient émolliente et laxative lorsqu'elle a été cuite dans l'eau; elle perd ses propriétés en séchant. On prépare, avec parties égales de suc de mercuriale non dépuré et de miel, un médicament purgatif, le miel mercurial. qui s'administre en lavement. La mercuriale se mange quelquefois en salade. Cette plante est aussi connue sous les noms vulgaires de Foirole, Foirande, Vignole, Leuzette, Mercoret et Ramberge.

11 existe d'autres espèces de Mercuriales, mais qui ne sont point employées : l'une d'elles, la .V. vivace [M. perennis) ou Chou de chien, est vénéneuse : les chèvres seules la mangent impunément.

MERCURIALE. Autrcfois, en France, on appelait ainsi l'assemblée des cours souveraines qui avait lieu le premier mercredi après l'ouverture des audiences de la Saint-Martin et de Pâques. Le premier président y exhortait les conseillers à rendre scrupuleusement la justice, et louait ou blâmait les autres membres suljalternes de la magistrature, selon qu'ils s'étaient bien ou mal acquittés de leurs fonctions. Auj. on donne le même nom au discours que le procureur général, ou l'un des avocats généraux qu'il en a chargés, prononce à la rentrée des tribunaux, après les vacances, sur un sujet convenable à la circonstance, et dans lequel il trace aux avoués et aux avocats le tableau de leurs devoirs, et exprime ses regrets sur les pertes que la cour ou le barreau ont pu faire dans l'année. — Par extension, on a appelé mercuriale toute réprimande plus ou moins vive adressée à quelqu'un par son supérieur.

Ce mot a servi aussi à désigner certaines réunions de gens de lettres, qui se tenaient habituellement le mercredi, chez quelque personne savante : ainsi, on tenait des ffiercuriales chez Ménage.

Dans le Commerce, on donne le nom de mercuriale» aux tableaux officiels constatant les prix courants des grains, des farines, etc., tableaux qui sont arrêtés par l'autorité municipale à la fin des marchés. Ces mercuriales, ainsi nommées sans doute parce que les marchés se tenaient originairement le mercredi, servaient de base à la taxe du pain, ainsi qu'à l'importation ou à l'exportation des grains et farines. La rédaction des mercuriales pour les grains et farines se faisait d'après la déclaration des marchands et de leurs facteurs ; elle était arrêtée immédiatement après la clôture des ventes ; les résultats en étaient adressés, le i5 et le 50 de chaque mois, au sous-préfet. En France, cet usage, qui datait de 1667, n'a cessé d'avoir un caractère officiel qu'en 1861. Voy. céréales.

MERCURIAUX (de mercure), se dit des médicaments dans lesquels il entre du mercure. Ils ont une action toute spécir-le sur les organes salivaires et le système l\-mphati-

3ue. A dose très faible ils agissent comme antiseptiques, à ose trop forte ils agissent comme des poisons irritants. Aussi n'en faut-il user qu'avec une grande prudence. Voy.

MERCURE

MERCURIEL, qui contient du mercure : frictions mercurielle», celles qui sont faites avec une ponmiade contenant du mercure; — stomatite mercurielle, une inflammation de la muqueuse buccale qu'on observe chez les gens qui ont al)sorbe beaucoup de mercure et qui est caractérisée par une salivation abiondante : le chlorate de potasse en triomphe aisément : — tremblement mercuriel, un tremblement commun chez les ouvriers qui tra-

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