‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 1101 sur 1220 · INCA · texte numérisé non relu

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aux vaines spéculations de la raison , mais qu'elle demande en général ce qui peut plaire à Dieu sans rien déterminer, et sans former aucun désir particulier. Cette dernière doctrine est celle des anciens mystiques; la première est celle des quiétisles. Cômpar. Extase.

INALIÉNABLE. On appelle ainsi une chose dont la propriété ne peut valablement être transportée à une autre personne. Les biens d'Église ne peuvent être aliénés sans une nécessité ou une utjlité évidente. Voy. Aliénation DES BIEN? DÉr.LISE.

INAMISSIBILITÉ , INAMISSIBLE. Un point capital de la doctrine des calvinistes , c'est l'inamissibilité de la grâce; ils soutiennent, en effet, qu'un homme qui l'a une fois reçue ne peut plus la perdre. Ainsi, dans leur sentiment, dès qu'un fidèle est justifié parla foi en Jésus-Christ, c'est-à-dire croit fermement que la justice de Jésus - Christ lui est imputée , il ne peut plus déchoir de cet état, lors même qu'il tombe dans des crimes graves, tels que l'adultère, le meurtre, le vol , etc.; sa justice est inamissible. Il n'a pas été diflicile aux théologiens catholiques de démontrer la fausseté, l'impiété, et les pernicieuses conséquences de cette doctrine. Voy. Bossuet, Hist. des Variations , 1. XIV, n. 71 et suiv. Arnaud , Le Renversement de tn morale de Jësits - Christ par les erreurs des calvinistes touc/urnt la j'ufti fient inn, et Compar. IMPUTATION. INAMOVIBILITÉ. L'inamovibilité, dans le clergé, est la stabilité des prêtres dans les paroisses où ils ont été canoniquement institués; c'est l'idée qu'en donne le droit canon : In Ecelesia auHihet titula fus est , in ea perseveret(can . Il, disf. /O). Un bénélice doit être conféré pour toujours, et non à temps. (C. Prcecepta, dist. lv; C. Satis perversum , dist. Lvi. ) La question de l'inamovibilité, question d'une grande importance, est fort agitée aujourd'hui. On comprend aisément que les limites qui nous sont imposées dans ce Dictionnaire ne nous permettent pas d'y entrer ; nous nous bornerons donc à renvoyer le lecteur aux ouvrages spéciaux de droit canon , et particulièrement au Cours alphabet. de droit canon, de labbé André , qui l'a traitée en sept paragraphes , dont les titres sont : I. Origine et fiistoire de l'Inamovibilité ; II. Inamovibilité. Jugements canoniques ; III. Inconvénients de l'Inamovibilité civile ; IV. Nécessité de rétablir l'Inamovibilité canonique ; V. Réponses aux objections faites contre l'Inamovibilité ; VI. Observations de quelques évéques sur l'Inamovibi- LITÉ; VII. Décision de Rome sur l'Inamovibilité. Cette décision est une réponse de Grégoire XVI à l'évèque de Liège, qui avait demandé si 1 inamovibilité des succursalistes, introduite en Belgique après le concordat de 1801 , était en vigueur, et obligeait en conscience. Voici cette réponse : Ex audientiu Sanctissimi , die prima 1815. Sanctissimus Dominus noster , universœ rei de qua in precibus, ratione mature perpensa, gravibusque ex cousis animum suum moventibiis, referente infra scripto cardinali So' crœ Congregationis Concilii prœfecto. bénigne annuit , ut in regimine ecclesiarum suceur salium , de quibus agitur, nul la immutatio fiât, donec «Hier a Sancta Apostolica Sede statutum fuerit. {Sign.) P. card. Polidorius, Prœf.

A. Tomasselli, Sub-Secret.

INAUGURATION {Inauguratio), cérémonie qu'on fait au sacre d'un empereur, d'un roi ou d'un prélat. On l'appelle ainsi, à l'imitation des cérémonies que faisaient les Romains lorsqu'ils entraient dans le collège des augures.

INCAUÉRATION ( Incameratio) , terme de la

chancellerie apostolique qui désigne l'union de quelque terre , droit ou revenu au domaine da Pape.

INCAPABLES , en matière de bénéfices , sont ceux qui n'ont pas les capacités requises pour les posséder. Les canonistes qui ont écrit en latin emploient le plus souvent inhabiles au lieu de incapables. Or les incapables sont ceux qui n'ont pas un titre légitime au moins coloré , ceux qui n'ont pas l'âge requis , ceux qui sont sous l'administration et la curatelle d'un autre, le clerc marié , le non-tonsuré ou le laïque , le bigame, l'hérétique, le schismatique, le siraoniaque, le criminel de lèse -majesté, le sacrilège , l'exilé , le faussaire , l'excommunié , l'apostat , le sodomite . l'homicide, les irréguliers en général, les religieux mendiants, les religieux quelconques pour un bénéfice séculier, et les clercs séculierspourun bénéfice régulier, etc. Vot/. Richard et Giraud, qui donnent une liste bien plus complète des personnes incapables.

INCAPACITÉ est, en matière bénéliciale, un défaut ou une privation des dispositions et qualités requises pour être pourvu de bénéfices. II y en a de deux sortes : les unes rendent la provision du bénéfice nulle dans son principe ; telles sont : le défaut de dispense d'âge pour un mineur, de légitimation pour un bâtard , de naturalisation pour un étranger , etc.; les autres annulent les provisions qui étaient valables dans leur commencement ; telles sont : les crimes qui rendent le bénéfice impétrable , ou qui le font vaquer de plein droit , ou qui font tomber le bénéficier dans l'irrégularité. L'incapacité est imprescriptible, et la longue possession ne rend pas habile un incapable. Voy. Richard et Giraud, et Compar. Incapables.

I. INCARNATION, union hypostatique ou personnelle de la nature divine et de la nature humaine dans la personne du Verbe, dont il résulte un seul Christ. L'Incarnation est un article de foi contenu dans les Symboles des apôtres , de Nicée et de saint .\thanase. C'est un mystère qui n'a point de connexion nécessaire avec les effets de la nature. La vérité de l'Incarnation se prouve : l" contre les .luifs, par l'accomplissement des prophéties sur la venue du Messie; 2° contre les Gentils, par les miracles authentiques opérés en sa faveur, et par l'établissement de la religion chrétienne , qui est fondée principalement sur l'accomplissement de ce mystère. L'Incarnation n'était pas absolument nécessaire ; mais elle était d'une nécessité de convenance , parce qu'il était digne de la miséricorde de Dieu que l'homme fût racheté de manière à être pleinement justifié. Or, rien de plus convenable à cette fin que l'incarnation du Verbe, dans laquelle éclatent merveilleusement : 1" la charité infinie de Dieu pour les hommes, puisqu'il n'épargne pas même son Fils, qu'il livra pour eux; 2° sa sagesse, en ce qu'étant invisible de sa nature, il s'est rendu visible par l'incarnation, s'est proportionné à notre faiblesse , s'est rendu notre modèle, nous a élevés par les choses sensibles aux choses spirituelles; 3» sa justice, car il n'y avait qu'un Dieu-homme qui put pleinement satisfaire pour les péchés des hommes. — La gloire de Dieu a été la lin principale de l'Incarnation. Le salut de Ihomme et sa réconciliation avec Dieu en ont été la fin prochaine. Il était libre au Verbe divin de s'unir à telle nature qu'il eût voulu; mais il a choisi la nature humaine, parce que, dit saint Léon , il fallait que le démon fût vamcu dans cette nature qu'il avait lui-même vaincue. Le Verbe, en s'incarnant, a pris un corps vé-

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