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I. INCESTUEUX, coupable d'inceste. Voy

Inceste.

II. INCESTUEUX , nom donné à quelques écrivains qui firent du bruit en Italie vers 1063. Les jurisconsultes de Ravenne, consultés par les Florentins sur les degrés de consanguinité qui empêchent le mariage, répondirent que la septième génération marquée par les canons devait se prendre des deux côtés joints ensemble, en sorte que l'on comptât quatre générations d'un côté seulement, et trois de l'autre. Ils prétendaient prouver cette opinion par un endroit du Code Justinien, où il est dit que l'on peut épouser la petite -fille de son frère et de sa sœur, quoiqu'elle soit au quatrième degré. De là ils concluaient : Si la petite-fille de mon frère est à mon égard au quatrième degré , elle est au cinquième pour mon fils, au sixième pour mon petit-fils, et au septième pour mon arrière-petitfils. Mais c'était une erreur. Il est évident que la petite-fille de mon frère n'est à mon égard qu'au troisième degré. Le B. Pierre Damien écrivit contre l'erreur de ces jurisconsultes. .\lexandre II la condamna dans un concile tenu à Rome l'an 1065, et lança l'excommunication contre ceux qui oseraient contracter mariage dans les degrés prohibés par les canons. Voy. le Diction, des conciles. Bergier, Diction, de théol.

INCHIN (Gabriel d'), chanoine régulier de Saint-Jean-de-Latran , vivait au xvii« siècle. Il a donné : 1" Prédications des quatre dernières fins de l'homme, en latin; Cologne, 1609; en italien, Venise, 1601; — 2" des Sermons, intitulés : Chemins du ciel, en français; Paris, 1606; en latin, Cologne, 1649.

INCHOFER (Melchior), jésuite, né à Vienne, en Autriche, l'an 1584, mort en 1648, professa la théologie et les mathématiques à Messine, et dirigea à Macerata le collège de son Ordre. On a de lui plusieurs ouvrages, parmi lesquels nous citerons : i° De Epistola B. Virginis ad Messanenses Conjectatio ; Viterbe , 1632, in -fol. ; — 2° Tractatus syllepticus, in quo quid de terra; solisque motu vel elaiione secundum Sacram Scripiuram sentiendum ostendiiur; Rome, 1633, in-4»; — 3° Historia sucrœ latinitatis, hoc est de variis linguce latinœ mysteriis; Messine, 1635; Munich, 1638,in-8o; — 4» Annales ecciesiastici regni Hungariœ; Rome, 1644, in-fol. Voy. Alegambe, Biblioth. Scriptor. Societ. Jesu, L. Allatius, Apes urbanœ. Nicéron, Mémoires, tom. XXXV. Chauffepié, Nouv. Diction, histor. Feller, Biogr. univers.

INCR

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INCLINATIONS,moHvements du corps quand il se baisse. Les rubriques prescrivent plusieurs sortes d'inclinations pendant la messe et le service divin.

INCOMPATIBILITÉ se dit, en matière bénéiiciale, de l'opposition de deux bénéfices, qui fait qu'on ne peut les posséder légitimement ensemble. L'incompatibilité des bénélices se prend de trois endroits : 1" de ce qu'ils sont situés dans des lieux différents où ils obligent de résider; 2° de ce qu'étant dans le même lieu ils obligent à des fonctions différentes, qu'il faut faire à la même heure; 3" de ce que chacun oblige à la même action le même jour, comme deux prébendes sacerdotales chargées chacune d'une messe. Le premier canon, qui, dans la défense de tenir plusieurs bénélices incompatibles, mentionne expressément ceux qui sont dans une même église, est tiré du xxix« cha-

f litre du concile de Latran, tenu en 1"215, sous nnocent III; il est rapporté dans les Décrétales dePrœb.yC. xxviii. Voy. Gibert, Instit. ecct. et benef., p. 709. Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. et cannu. portatif. L'abbé André, Cours alphabet, de droit canon. Compar. Bénéfice.

INCONTINENCE , vice opposé à la continence. Voy. Luxi RE.

INCORPOREL. Plusieurs critiques protestants ont affecté de remarquer que chez les anciens les mots spirituel, immatériel, incorporel, ne signiiiaient pas, comme chez nous, un être absolument privé de corps, mais seulement une substance non revêtue d'un corps grossier et dont les parties fussent séparables, une substance active, formée d'une matière très-subtile, et dont les parties étaient inséparables; ce qui rendrait cette matière impérissable. Ces mêmes critiques en ont conclu que les Pères de rÉiiUse n'avaient pas des idées plus justes de la parfaite spiritualité que les philosophes païens, et que conséquemment les Pères ont conçu Dieu, les anges et les âmes humaines, comme des corps très-subtils, et non comme de purs esprits. Mais cette comparaison des anciens philosophes et des Pères de l'Église est entièrement fausse, comme l'a montré Bergier dans son Diction, de théol.

INCORRUPTIBLES ou INCORRUPTICOLES , nom donné à une sorte d'Eutychiens, qui disaient que le corps de Jésus-Christ était incorruptible et exempt de changement, d'altération, de toute passion naturelle, comme la faim, la soif, la joie, la tristesse, etc. Voy. Bergier, D/ftion. de théol. Gaet. Moroni, vol. XXXIV, p. 166.

INCRÉDULES. Ce sont de prétendus philosophes ou littérateurs, qui font profession de ne pas croire à la religion , qui l'attaquent par leurs discours et par leurs écrits, et qui s'efforcent de communiquer aux autres les erreurs dont ils sont prévenus. On imagine, sans doute, qu'ils ont fouillé dans tous les monuments de 1 antiquité, qu'ils ont fait de nouvelles découvertes, qu'ils ont trouvé des objections dont on n'avait jamais entendu parler : il n'en est rien. Ce sont de vils plagiaires, qui ne font que se copier les uns les autres et répéter les mêmes choses. Pour attaquer la religion en général et les premières vérités, ils ont emprunté les principes et les objections des épicuriens, des pyrrhoniens, des cyniques, des académies rigides et des cyrénaïques : c'est une doctrine renouvelée des Grecs ; mais ils n'ont pas daigné examiner les raisons par lesquelles Platon, Socrate, Cicéron, Plutarque et d'autres anciens ont réfuté toutes ces visions. Contre l'Ancien Testament et la religion juive , ils ont rajeuni les difficul-

tés des Marcionites , des Manichéens, de Celse, de Julien, de Porph\Te, des philosophes du m^ et du 1Y« siècle. On retrouve ces difficultés dans Origene, Tertullien, saint Cvrille, saint Augustm et les autres Pères de l'Église ; mais les incrédules ont laissé de côté les réponses de ces savants docteurs, ils n'ont copié que les objections. Lorsqu'ils ont voulu combattre le christianisme, ils ont puisé dans les livres des juifs et des mahométans ; ils ont extrait les reproches de tous les hérétiques , surtout des controversistes protestants et sociniens; mais ils n'ont pas dit un mot des raisons et des preuves que leur ont opposées les théologiens catholiques. Ils nous accusent d'être crédules, dominés par les préjugés, asservis à l'autorité de nos maîtres et de nos aïeux ; nous leur prouvons qu'ils sont plus crédules que nous. Ils sont forcés de reconnaître que la plupart d'entre eux renoncent à la religion pour satisfaire leurs passions , par vanité et sur parole: que très-peu sont en état d'approfondir une question, de sentir la force ou la faiblesse d'un argument. Ce n'est donc pas la raison, mais l'autorité qui les détermine. Le manque de fixité des incrédules et le peu d'accord qui existe entre eux empêchera toujours les esprits raisonnables d'avoir en eux la moindre confiance. En effet, il n'y en a pas deux qui pensent de même ; pas un seul n'a été constant dans l'opinion qu'il avait embrassée d'abord. L'un tâche de soutenir les débris chancelants du déisme, l'autre professe le matérialisme sans détour; quelques-uns biaisent entre ces deux hypothèses , soutiennent tantôt Tune , tantôt l'autre, ne savent de quel principe partir, ni où ils doivent s'arrêter. Ce que l'un établit, l'autre le détruit; ils ne se réunissent que dans un seul point, dans une haine aveugle contre le christianisme, et surtout contre le catholicisme. Ce n'est pas tout, ils accusent les prêtres de ne pas croire à la religion, et de ne la défendre que par intérêt ; mais ils les accusent surtout d'être intolérants. Malheureusement pour eux, et heureusement pour les catholiques, l'expérience de tous les jours démontre aux yeux mêmes des moins clairvoyants que leurs accusations , dont aucune n'atteint leurs adversaires, retombent sur eux-mêmes de tout leur poids. Voy. Bergier, qui, dans son Diction, de théol., fournit les preuves de toutes nos assertions.

INCRÉDULITÉ, profession de ne pas croire à la religion. Compar. l'art, précéd., et Voy. les nouvelles réflexions faites par Bergier, à ce même mot Incrédulité, et les considérations, quoique parfois obscures, du D"" Hagemann, dans le Diction, de la théol. cathol.

INDAGINE (Jean de). Voy. Jean de Hagen.

I. INDE , INDIENS. Quelques écrivains européens, sans aller aussi loin que les Indiens, qui donnent à leur nation une existence de plusieurs millions de siècles, n'ont pas craint cependant de reculer l'origine de ce peuple bien au delà de l'époque assignée par Moïse à la création du monde, se fondant pour cela sur les monuments chronologiques et astronomiques de l'Inde. Nous ne saurions admettre la prétention de ces écrivains, quoique intiniment plus bornée que celle des Indous. Et d'abord, au milieu de cette multitude innombrable de livres de théologie mystique ou de métaphysique abstraite que les brahmanes possèdent, on ne trouve rien qui puisse nous instruire avec ordre et quelque apparence de certitude sur l'origine de leur nation et les vicissitudes de leur société. Ainsi on ne saurait en tirer rien qui puisse donner un démenti for^

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mel à la chronologie cosmogonique de Moïse. Auguste-Guillaume de Schlegel , un des indianistes les plus distingués et en même temps un des plus grands admirateurs de la littérature indienne , avoue que cette littérature si riche et si variée offre pourtant une grande lacune, celle d'annales régulières d'une date fort ancienne, (ïune histoire, au point que le savant indianiste en est réduit à former le vœu que de:^ Européens comblent ce vide , en faisant, autant que cela est encore possible, l'Histoire de l'Inde. Mais William Jones, indianiste non moins distingué, ne laisse aucun espoir qu'on puisse jamais former un système d'histoire chez les Indous , parce qu'un sujet si obscur par lui-même le devient encore davantage par les nuages de fictions dont l'ont entouré'les brahmanes, qui par orgueil ont voulu se donner à dessein une antiquité mensongère. Wilson avoue que dans le système de géographie, de chronologie et d'iiistoire de ce peuple, il n'y a qu'une absurdité monstrueuse. Nous pourrions multiplier les témoignages de ce genre. On ne doit dune pas être surpris de voir le savant Klaproth placer le commencement de la véritable chronologie indienne dans le xii" siècle de notre ère. Quant aux monuments astronomiques, nous croyons rendre service à la mémoire de Bailly en gardant un profond silence sur ses hypothèses aussi étranges qu'erronées relativement à l'astronomie des Indiens. Lalande etLaplace en ont déjà fait justice. Nous nous bornerons donc, pour prouver notre thèse, à reproduire le sentiment de Laplace , qui est peut-être la plus grande autorité en cette matière : « Les tables indiennes, dit donc ce savant astronome, supposent une astronomie assez avancée; mais tout porte à croire qu'elles ne sont pas d'une haute antiquité. Ici je m'éloigne avec peine de l'opinion d'un illustre et malheureux ami (Bailly, qui périt sur l'échafaud en 93)... L'ensemble de ces tables, et surtout l'impossibilité de la conjonction générale qu'elles supposent, prouvent qu'elles ont été construites ou du moins rectifiées dans des temps modernes.» Ce court exposé suffit sans doute pour prouver que les divers monuments chronologiques et astronomiques des Indiens n'ont rien qui puisse donner un démenti fondé au récit de Moïse touchant l'âge de notre globe. Voy. Aug. Guil. de Schlegel, Ré flexions sur l' étude des langues asiatimies, etc., p. '23; Paris, 1832. Will. Jones, Asiat. Researches, tom. II, p. 145. Wilson, itiid., tom. V, p. 241-296. J. Klaproth , Mémoii^es relatifs à l'Asie, p. 412. Jérôme Lalande, Bibliogr. astronomique, "p. 601; Paris, an XI (1803). Laplace, Exposition du système du monde, p. 364, 365, 367,368. J.-B. Glaire, Les Livres saints ve7igés, tom. I, p. 167 et suiv., où la question est traitée avec de certains développements.

II. INDE, quatorzième province du diocèse des Chaldéens. L'apôtre saint Thomas y a prêché l'Evangile et y a fondé des églises, ainsi que nous l'apprend saint Jérôme dans son Catalogue des écrivains ecclésiastiques ; et saint Jean Chrysostome dit que saint Thomas parcourut toutes les régions d'Asie peu éloignées des Indes et qui sont contiguës à la Perse. Dès la lin du lii« siècle , les peuples du Malabar se vantaient d'avoir reçu la foi de saint Thomas. Le premier métropolitain des Indes fut Xabro- Prould, qui siégeait en 880. Voy. Lequien,On'e«i' Clij'ist., tom. Il, p. 1273. Richard et Giraud. Les Lettres édifiantes et curieuses publiées par les Jésuites. Orlandini , Hist. Societ. Jesu. Tarricus, Thesaur. rer. Indicar. Bartoli, Hist. Asiat. Soc. Jesu. Uatrou , Hist. génér. de l'empire du Mogol.

Paulin de Saint-Barthélémy, Indiu Orient. Christ. Bertrand, Mission du Maduré. Raulinus, Hist. eccles. Malabarensis. Assemani, Biblioth. Orient. Le Dictioti. de la théol. cathoL, art. Indes (Missions CHRÉTIENNES DANS LES). Nous ne citerons pas y Hist. du christianisme des Indes, par La Croze , parce que c'est un ouvrage plein de faussetés et de jugements dictés par la haine de la religion catholique. Il est d'ailleurs à ÏIndex. Voy. aussi Inde, n" I.

INDÉFEGTIBILITÉ. C'est im des caractères qu'a l'Église catholique de ne pouvoir périr ou disparaître dans le monde. Il est appuyé sur divers passages de l'Écriture , et en particulier sur ces paroles de Jésus-Christ à ses apôtres : Je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation des siècles (Matth., xxviii), et sur la doctrine constante et unanime des saints Pères.

INDEMNITÉ, droit que les gens de mainmorte payaient aux seigneurs de qui relevaient les héritages qu'ils acquéraient , pour les indemniser de ce que ces héritages n'étaient plus dans le commerce, et que, par ce moyen , les seigneurs étaient privés des droits qu'ils recevaient à chaque mutation. Ce droit était dilîérent selon la diversité des coutumes; il était sujet à prescription par trente ans contre un seigneur temporel , et quarante contre le seigneur ecclésiastique. Voy. Dumoulin, Comm. de la coût, de Paris, sur l'art. 51 de la nouv. coût., gl. 11, n" 68. Delive , 1. II, ch. xii. De Perrière, sur les Prclimin. du tit. I de la coût, de Paris. Le Diction, ccclés. et canon, portatif.

INDÉPENDANCE DE L'ÉGLISE. Une puissance immédiatement émanée de Dieu, dit avec raison Pey, est de sa nature indépendante de toute autre puissance qui n'a point de mission dans l'ordre des choses qui sont de la compétence de la première. Or telle est la puissance de l'Église. Jésus -Christ, envoyé de son Père avec une pleine autorité pour former un nouveau peuple, a commandé en maître en tout ce qui concernait sa religion. Quoiqu'il fut soumis aux empereurs dans l'ordre civil, quoiqu'il leur payât le tribut comme simple sujet , il a exercé le pouvoir de sa mission avec une entière indépendance des magistrats et des princes de la terre. Avant de quitter le monde, il a transmis son pouvoir non aux princes (pas un mot dans l'Écriture sainte qui puisse nous le faire soupçonner), mais à ses apôtres. Après sa résurrection, Jésus-Christ apparaissant à ses apôtres ratifie d'une manière plus solennelle encore la mission qu'il leur a donnée. Saint Paul , dans rénumération qu'il fait des ministres destinés à l'édification du corps mystique de Jésus-Christ, compte des apôtres, des évangélistes, des pasteurs , des docteurs ; nulle part il ne fait mention des puissances du siècle. Il fait souvenir aux évoques de Milet qu'ils ont été appelés non par l'autorité des princes, mais par la mission de l'Esprit -Saint, pour gouverner l'Église de Dieu. 11 s'annonce lui-même non comme l'envoyé des rois de la terre, mais comme l'ambassadeur de Jésus -Christ, agissant et parlant en son nom, et revêtu de la puissance du Très- Haut. Or, si la puissance spirituelle a été donnée immédiatement par Jésus-Christ à ses apôtres , si elle n'a été donnée qu'à eux, elle est indépendante, elle est distincte de la puissance des princes. Jésus -Christ distingue lui-même expressément les deux puissances , en ordonnant de rendre à César ce qui appartient à César, et à Dieu ce qui appartient à Dieu. S'il honore la magistrature dans la personne d'un juge même inique , s'il reconnaît que la puissance de ce juge

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lui a été donnée de Dieii , il parle aussi avec toute Fautorité d'un maître souverain lorsqu'il exerce les fonctions de répiscopat. Il déclare que quiconque ne croit pa? en lui est déjà jugé. 11 dit à ses disciples, en leur donnant sa mission : Cehii qui vou9 écoute m'écoute , et celui qui vous méprise me mépnse. Quiconque n'écoute pas r Église , qu'il soit reoardé comme un paten et un pubiicain. Bien loin d'appeler les empereurs au gouvernement de cette Église, il prédit qu'ils en seront les persécuteurs ; il exhorte ses disciples à s'armer de courage pour souffrir la persécution , et à se réjouir d'être maltraités pour l'amour de lui. La puissance que Jésus- Christ a donnée à ses apôtres se confirme par l'autorité que les apôtres ont exercée ; ils enseignent, ils définissent les points de doctrine, ils statuent sur tout ce qui concerne la religion, ils instituent les ministres, ils punissent les pécheurs obstinés, ils transmettent à leurs successeurs la mission qu'ils ont reçue. Ceux-ci exercent le même pouvoir avec la même indépendance , sans que les empereurs interviennent jamais dans le gouvernement ecclésiastique. Les pouvoirs de l'Église sont inaliénables et imprescriptibles, parce qu'ils sont essentiels à son gouvernement , et fondés sur l'institution divine. Elle doit donc les exercer dans tous les temps avec la même indépendance. Les Pères de l'Église et les conciles ont constamment enseigné la même doctrine; de sorte que, pour être conséquent, il faut de toute nécessité ou rejeter absolument le christianisme , ou admettre Y indépendance de l'Église dans son gouvernement. Voy. Matth., xvi, 7, 18, 19; xvni, 17-'20. Luc, VI, 2.3; x,16. Jean, m, 18; xxi,15, 17. Corinth., v, 20. Éphes., iv, 11. 12. Athanas., Epist. ad solitar. vitam agentes. Gregor. Nazianz., Orat., xvii. Ambros., Epist. ad Valent., XXI, n. 12; In cane, contra Aux., n. 36. Joan. Damascenus , Orat. i , de imag.; Orat., n, n. 17. Nicolas 1"^. dans le droit canon , C. Si imperator, II, dist. 96. Gregor. II , dans Baronius , Annal, ad ann. 814, tom. IX, n. 12. Labbe, Concil., tom. II, col. 1011. Pey, De l'Autorité des deux puissances, part. III, ch. i, § 1. Sozomen., Hist. eccles., 1. VI, c. xxi. Justinien, Authent. Quomodo oport. episcopos , inprinc, col. 1 . L'abbé André , qui , dans son Cours alphaf-ét, de droit canon., cite plusieurs autres autorités qui soutiennent y indépendance de FÉglise.

INDÉPENDANTISME, système et secte des Indépendants. Voy. l'art, suiv.

INDÉPENDANTS, nom donné à des sectaires d'Angleterre et de Hollande , parce qu'ils faisaient profession de ne dépendre d'aucune autre assemblée ecclésiastique , et qu'ils prétendaient que chaque église ou congrégation particulière a toute la puissance nécessaire pour se gouverner elle-même. 11 y en a de deux sortes : les premiers ne diffèrent des presbytériens que pour ce qui regarde le gouvernement de 1 Église ; les autres sont un ramas d'hérétiques. Le synode de Charenton les condamna comme préjudiciables à rÉ"lise et à l'État. Quant aux indépendants de Hollande , ils sont sortis des Brounistes. Robinson donna naissance à cette secte, et, l'an 1535, Jean Cotton y mit la dernière main. Voy. le P. d'Orléans , névolut. d'Anglet. Bergier, Diction, de théol. Richard et Giraud. Gaet. Moroni , vol. XXXIV, p. 264.

I. INDES OCCIDENTALES (Les) sont une des parties les plus importantes de r.\mérique au point de vue religieux. Guanahani , ou San Salvador, fut le premier point que Christophe Colomb découvrit en Amérique l'an 1492. Bien-

tôt après les Espagnols découvrirent et occupèrent plusieurs autres lies des Indes occidentales, où le catholicisme ne tarda pas à prendre de l'empire. En effet, peu après le retour de Christophe Colomb de son premier voyage d'Amérique , on prépara une mission qui produisit les fruits les plus abondants dans toutes les contrées du Nouveau Monde. Quatre évéchés furent promptement et successivement fondés dans les Indes occidentales ; mais l'Église catholique ne jouit pas longtemps de ses premiers succès ; le protestantisme, gui se propagea dans le Nouveau Monde , choisit les Indes occidentales pour son premier théâtre, et ne lit que gagner aux divers bouleversements politiques qui se sont succédé dans ces contrées. Quant aux possessions anglaises, il a fallu un certain temps pour que le catholicisme s'y propageât. Quelques vicariats apostoliques y "ont été érigés. Aujourd'hui les Indes occidentales forment un patriarcat." T'oj/. Gaet. Moroni , vol. XXIV, p. 175-180. Le Diction, de la théol. cuthol., art. Indes occidentales {au point di' vue religieux).

II INDES ORIENTALES. Le christianisme s'introduisit dans les Indes orientales en 1511, lorsque Malaca fut enlevé aux mahométans par les Portugais , sous la conduite d'.\lphonse d'Albuquerque. Les conquérants y bâtirent plusieurs églises. Paul IV y érigea un évêché en 1557, tandis que plusieurs Ordres religieux s'y éfabUrent successivement. En 1838 , l'évêcné fut aboli , et son territoire réuni en grande partie au vicariat apostolique de Siam. Les autres parties des Indes orientales furent également évangélisées par des missionnaires de divers Ordres. Voy., outre les Lettres édifiantes et curieuses publiées par les jésuites, Pallegoix , Description du royaume de Thaiou de Siam. Miche, Excursions au pays des Laos, dans les Nouvelles Annales des Voyages, rédigées par Vivien de Saint- Martin. Les Lettres de saint François Xavier. Les Litterœ annuce . Rome , 1583 et suiv. Tarricus , Thésaurus rerum Indicarum. Guzman, Historia de las Missiones de la Compama de Jésus en lu India Oriental, et plusieurs autres ouvrages cités soit par Gaet. Moroni dans son long article sur les Indes orientales , vol. XXXIV, p. 18U-26i, soit par Mullbauer dans le Diction, de la théol. cû//w/. , art. Inde au delà du G.\nge , etc.

INDES (saint), eunuque de l'empereur Dioclétien; il souffrit le martyre avec saint Gorgone. Voy. Gorgone , n» I.

INDEX , catalogue des livres défendus. Il y a à Rome une Congrégation de V Index qui , après avoir examiné les livres, met dans un Index, ou catalogue, ceux dont elle défend la lecture, soit absolument , soit jusqu'à ce qu'ils soient corrigés. C'est Philippe II, roi d'Espagne, qui le premier fit imprimer, en 1563, un Index des livres défendus par Tinquisition d'Espagne ; l'année suivante, PauirV imita son exemple à Rome. Les décrets de l'Index ont force de loi dans l'Église universelle comme décrets disciplinaires. Les peines qu'il impose à ceux qui osent violer la défense des livres prohibés sont extrêmement sévères; c'est l'excommunication, la privation et l'incapacité de toutes charges et bénéfices , l'infamie perpétuelle, et autres peines semblables. Ainsi V Index oblige en conscience , et tous les chrétiens doivent s'y soumettre. On a objecté que n'ayant pas été reçu en France, il ne saurait y faire loi. D'abord le suppose est absolument faux ; l'Index a été promulgué par les conciles provinciaux d'Embrun en 1583, de Cambrai en 1580. de Rouen en 1581, de Tours en 1583, de Bordeaux en 1583 et en 1624, de

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