‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 1207 sur 1220 · JUGE · texte numérisé non relu

JUGE

rMtholicog, adversus utheos, dcidas et heterodoxos. nutore D. Friderico de Judicc , abbate coelestino ; et sacrorum dogmatum in liomano ardngymnasio professore, duahus partibus comprehensa , prima pars de essetitia et existenfia verœ religionis; Rome, 1755, in-S», Voij. le Journ. des Savants, 4757, p. 758. Richard et Giraud.

JUDITH, d'jipiès le livre qui porte son nom, était une femme fort belle et fort riche , fille de Mérari et veuve de Manassé. Elle passait les années de son veuvage dans la retraite , le jeûne et la pénitence , et se faisait estimer et respecter de tout le monde par sa vertu et sa piété. Ayant appris que les habitants de Béthulie, où elle demeurait, et qui était assiégée par Holopherne , avaient promis de se rendre dans cinq jours s'il ne leur arrivait aucun secours, elle leur reprocha leur pou de courage ; et, après les avoir exhortés à demander miséricorde pour la faute qu'ils avaient faite en prescrivant un terme à Dieu, et à le prier, en attendant son secours dans le temps et de la manière qu'il lui plairait, elle se retira elle-même, et lit à Dieu une prière pleine de foi; ensuite, conduite par le mouvement de l'Esprit-Saint, elle sortit de la ville, parée de ses plus beaux habits , se rendit auprès d'Holopherne , qui la reçut avec joie, lui permettant de vivre à sa manière. Un jour il l'invita à un festin, où il s'enivra tellement qu'il fallut le mettre au lit. Pendant qu'il dormait, Judith, qui était restée seule avec sa servante, prit le sabre du général assyrien , lui coupa la tète , et , l'ayant enfermée dans un sac , elle sortit, selon sa coutume et la permission qu'elle en avait , comme pour aller prier hors du camp. Quand elle fut arrivée à Béthulie, elle montra la tète d'Holopherne aux habitants , qui , prolitant de la consternation des Assyriens, tombèrent sur eux, et, après en avoir tué un grand nombre , s'enrichirent de leurs dépouilles. Après avoir demeuré cent cinq ans dans la maison de son mari à Béthulie, Judith mourut, et tout le peuple la pleura pendant sept jours; on trouve son nom dans le calendrier .lulien au 27 septembre. Il y a des chronologistes qui font vivre Judith après la captivité de Babylone ; mais la plupart placent son existence avant la captivité. Les novateurs modernes ont eu la témérité et la hardiesse de contester la réalité de l'histoire de Judith, en la traitant de simple allégorie, de pure fiction; mais , outre que cette histoire réunit en ellemême tous les caractères d'un récit vraiment historique , la tradition entière rend témoignage à sa léalité. Quant au livre qui porte le nom de Judith , il fait partie des Deutéro-Canoniques( Fo?/. Deutéro-Canonique); l'auteur en est inconnu; cependant l'opinion des critiques, qui l'attribuent au grand prêtre Éliacim, nous parait avoir quelque probabilité. Voy, Clem. Rom., Epist. I ad Corinth., n» 55. Clem. Alex., Stromat., 1. 1"V. Origen., Homel. XIX in Jerem.., et 1. m in Joan. Terlull., De Monogamia, c. xvii. Ambros., De Viduis, c. vu. Hieronym., Prœfat. in Judith, et Epist. ad Furinn. Fulgent, Epist. Il ad Gallam., c. xiii. Sulp, Sever., 1. II, c. xiv. Serarius, Prolegom. in Judith. D. Montfaucon, Véi'ité de l'hist. de Judith. Gibert, Dissertation sur l'hist. de Judith., dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles -lettres. D. Calmet, Préface sur Judith. D. Ceillier, Hist. des Aut. sacr. et ecclés., tom. I, p. 155 et suiv. La Bible de Vence, édit. de Rondet. Bergier, Diciion. de théol. J.-B. Glaire, IntrodiKtion, etc., tpm. III , où sont résolues toutes les objections faites contre la réalité et la véracité de l'his-

toire de Judith , et où on trouve la Dissertation d'un .savant religieux sur le temps auquel est arrivée l'histoire de Judith, dissertation qui semble résoudre les difficultés d'une manière plus satisfaisante que ne l'ont fait toutes les explications données jusqu'à ce jour. Wette, dans le Diction, de la thvoL caihoL

Page 1