VII. JUSTE LIPSE. Voy. LiPSE
I. JUSTEL (Christophe), théologien protestant, né à Paris en 1580, mort en 1649, était conseiller et secrétaire du roi. Il était très-versé dans l'histoire du moyen âge. Il a laissé, outre plusieurs ouvrages historiques : 1° Codex canonum Ecclesiœ universœ a Jusliniano Imp. confirrnatus, et notis illustratus ; Paris, 1610, in -8"; mis à V Index (décr. 17 déc. 1623); — 2" Codex canonum Ecclesiœ Africanœ; ibid., 1615, in- S», — 3o Nomocanon Photii,patriarchœ C. P., etc.; ibid., 1615, in-8»; — 4° Le Temple de Dieu, ou Discours de l'Église, de son origine, et de l'excellence des perfections de l'Église chrétienne; Sedan, 1018, in- 8°; réimprimé sous ce titre : Excellent traité de l'Église chrétienne, de son origine, de ses progrès et de l'excellence d'icelle; Sedan et Quevilly, 1628, in-12; — h° Codex canonum ecclesiasticorum Dionysii Exigui , etc.; Paris, 1628, in-S". Voy. Sax, Onomnsticon. Moréri , Diction, histor. Richard et Giraud. La Nouv. Biogr. génér., qui donne la liste complète des ouvrages de Justel.
II. JUSTEL (Henri), protestant, fils du précédent, né à Paris en 1620, mort à Londres l'an 1693, succéda à son père dans la charge de secrétaire et de conseiller du roi. L'an 1675 l'université d'Oxford lui conféra le diplôme de docteur en droit, et peu après il fut nommé garde de la bibliothèque royale de Saint-James. Il a publié , en collaboration avec Guillaume Voël : Bibliothecd juris cunonici in duos tomos distributa, etc.; Paris, 1661, 2 vol. in-fol. Voy. Chauffepié , Nouv. diction, histor. et crit. Sax, Onomasticon. Bruzen de la Martinière, Biogr. Britann., suppl. Chalmers, General biographical Dictionary. La Nouv. Biogr. génér., qui donne le titre développé de l'ouvrage de Justel.
JUSTES (LIVRE DES), le nom de ce livre, qui est cité dans Josué et dans le second livre des Rois , s'écrit en hébreu Sépher hayyâschâr, à la lettre le Livre du Juste ou des Justes, en prenant le dernier terme collectivement, ce que permet le génie de la langue hébraïque. Les uns ont pensé que ce livre n'était point différent du Pentateuque; les autres ont cru qu'il traitait du devoir ; et, dans sa Démonstration évange'lique , Iluet dit que c'était un ou-
vrage de moi aie, oii l'on exhortait les hommes à bien vivre. (Quelques-uns lisant, d'après les version syriaque et arabe, Haschschir , c'est-àdire le Cantique, l'entendent d'un recueil de cantiques , ce qui semble plus probable, si on considère que les passages qu'on en a empruntés sont des morceaux poétiques. Quoi qu'il en soit, ce livre n'existe plus. Voy. les commentateurs du livre de Josué. Richard et Giraud. J.-B. Glaire, Introduction , etc., tom. III, p. 99.
I. JUSTICE, terme qui se prend : 1° pour la piété en général ; 2» pour l'assemblage de toutes les qualités et de toutes les vertus qui font le saint; 3" pour la miséricorde dont Dieu use à l'égard des pécheurs ; i» pour une vertu opposée à la miséricorde, et qui venge rigoureusement les injures faites à Dieu par le péché; 5° pour l'aumône; 6" pour la justice que Dieu nous rend, et la vengeance qu'il exerce contre nos ennemis; 7" pour la justice générale, qui dirige les actes des vertus particulières au bien commun de la république: 8" pour une des quatre vertus cardinales ; et c'est dans ce dernier sens qu'on la définit ainsi : une volonté constante et perpétuelle de rendre à autrui ce qui lui appartient , selon l'égalité. La justice est donc une vertu , puisqu'elle porte l'homme au bien; c'est une vertu particuhère, puisqu'elle a un objet formel, qui est le droit à rendre à chacun avec égalité ; enfin c'est une vertu morale et non théologique, puisqu'elle n'a pas Dieu pour objet immédiat. La justice est ou commutative ou distributive. La justice commutative est celle qui a lieu entre les particuliers, et qui consiste à garder une exacte égalité entre ce que l'on doit et ce l'on accorde , ce que l'on vend et le prix qu'on en reçoit , etc. Elle est en usage dans les contrats et autres actes semblables. La justice distributive est celle qui s'exerce par une communauté ou celui qui la représente en faveur de cette communauté , et qui consiste à ce qu'on distribue les charges et les bénéfices selon les forces, les facultés, les mérites, l'état et la condition des personnes. La justice distributive se divise en rémunérative, qui demande que l'on récompense selon les mérites et l'état des personnes, et en punitive ou vindicative., qui veut que l'on punisse en proportion des crimes. L'objet de la justice, ce sont les actions par lesquelles on rend à chacun son droit. Le sujet de la justice, ce sont les personnes entre lesquelles il y a lieu de rendre la justice. Le fondement de la justice est le domaine ou le droit qu'on a sur une chose. Voy. Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. et canon, portatif. Bergier, Diction, de théol.
IL JUSTICE DE DIEU; attribut par lequel Dieu accomplit les promesses qu'il a faites à ses créatures, récompense la vertu et punit le crime. Jésus- Christ nous donne dans l'Évangile la véritable idée de la justice divine par la parabole des talents ( Matth. xxv. Luc , xix). Mais quand on dit que la. justice de Dieu exige que le crime soit puni , on entend qu'il le soit en ce monde ou en l'autre , par des peines passagères ou par un supplice éternel; et ce n'est pas à nous de juger en quel cas Dieu ne peut et ne doit plus pardonner. A la vérité , Jésus-Christ déclare que les méchants iront au feu éternel, et les justes à la vie éternelle (Matth., xxv, 46); mais il n'a pas décidé quel doit être le degré de méchanceté de l'homme pour que la miséricorde divine ne puisse plus s'exercer. Voy. les justes réflexions que fait à ce sujet Rci ïïier dans son Diction, de théol.