PRÉFACE
n'a jamais reproché à un peintre qui est parvenu à faire un portrait dont la ressemblance est frappante, de n'avoir pas représenté telle mèche de cheveux, telle ride ou telle tache imperceptible du visage qu'un observateur minutieux aura remarquées dans l'original (1). »
Quoique le titre même de notre livre donne une idée de son contenu, nous croyons devoiç ajouter quelques explications tant sur son plan général que sur certaines de ses parties : ainsi nous dirons que nous avons eu en vue , en le composant, d'abord l'utilité pratique des ecclésiastiques, qui sont très-souvent pressés d'avoir des renseignements, qu'ils trouveraient ailleurs, il est vrai, mais en perdant un temps qu'ils pourraient employer autrement avec plus de fruit; ensuite celle des avocats et des magistrats, qui, ayant mille occasions de traiter des matières où les questions de droit canon se trouvent mêlées à la jurisprudence civile, sont nécessairement embarrassés, et, par là même, exposés à commettre des erreurs que leur profond savoir d'ailleurs ne saurait leur faire éviter; enfin celle des personnes du monde, dont les unes, quoique au fond chrétiennes, vivent cependant dans une illusion étrange sur bien des points, et les autres sont mises chaque jour à de terribles épreuves par des incrédules d'une certaine bonne foi, et d'un demi-savoir, qui en imposent. Nous avons donc voulu fournir à ces deux classes de chrétiens du monde un traité complet de la Religion, où toutes les vérités sont exposées, quoique brièvement et dans des articles séparés, et où l'on trouve de plus, comme dans un arsenal bien muni, les dilTérentes espèces d'armes propres à repousser les traits les plus acérés des ennemis de notre sainte foi.
Après l'exactitude, pour laquelle nous croyons n'avoir négligé aucun des moyens humains qui étaient en notre pouvoir, une chose surtout nous a fortement préoccupé, c'était de découvrir une méthode qui permît au lecteur de trouver promptement les mots dont il aurait besoin. On comprendra aisément une pareille préoccupation, quand on verra que notre Dictionnaire contient, par exemple, 23 Zacharie, 24 Albert, Anastase, Philippe, 26 Aaron, 29 Joseph, 33 Martin, 35 Antoine, 36 Jacques, 31 Guillaume, 38 Bernard, 39 Simon, 41 Henri, 42 Léon, 50 Alexandre, 56 Saint, 77 Pierre, i33 Jean. Afin donc d'épargner au lecteur de longues recherches , nous avons mis en tête des homonymes , et dans un article précédé d'un astérisque, quelques mots qui indiquent le rang que chacun des homonymes occupe dans le classement. Or voici comment nous avons procédé : les mots simples précèdent toujours les composés; les bibliques sont placés les premiers et suivent l'ordre observé dans nos Bibles catholiques pour les divers livres dont elle se compose. Après les homonymes bibliques viennent ceux qui se trouvent dans l'historien Joseph, puis les noms des Papes, ensuite ceux auxquels est joint le mot saint indiquant, soit un ordre religieux ou militaire, soit un lieu, comme un diocèse, une abbaye, etc.; enfin se trouve le reste des homonymes, qui n'appartiennent à aucune des catégories précédentes, tels que les hérétiques, les écrivains, etc. Lorsqu'il n'y a pas eu lieu d'observer l'ordre alphabétique, nous avons suivi l'ordre chronologique.
Notre Dictionnaire est le résultat du dépouillement de treize ou plutôt de quatorze cents volumes; mais nous avons pris pour base de notre travail la Bibliothèque sacrée, ou Dictionnaire historique, dogmatique, canonique, géographique et chronologique des sciences ecclésiastiques, par Richard et Giraud, dominicains, réimprimée avec additions et corrections par une société d'ecclésiastiques; Paris, 4822-1827, 29 vol. in-8o, parce que c'est, à notre connaissance, l'ouvrage le plus complet en ce genre pour la nomenclature; nous
(1) J.-B. Pérennès , B/oj^r. univers... par F.-X. de Feller, Supplém., Préf., p. iv-v.
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y avons ajouté cependant une quantité de nouveaux articles et une foule d'explications importantes. Mais il ne faut pas oublier que, ne donnant qu'un simple abrégé, nous avons dû nécessairement, dans une foule de cas, nous restreindre aux idées mères, aux notions fondamentales; cependant nous croyons avoir paré, autant que possible, à cet inconvénient inévitable, en indiquant fidèlement à la fin de nos articles les auteurs qui ont traité les matières avec les développements convenables à chaque sujet. Ajoutons que nous avons multiplié ce genre d'indication le plus souvent que nous avons pu , dans l'intime persuasion que tout lecteur aurait à sa disposition au moins un des auteurs indiqués. D'ailleurs il arrive rarement que plusieurs écrivains traitent un sujet absolument de la même manière; l'un a des aperçus qui ont échappé à l'autre; celui-ci rapporte des circonstances importantes omises par celui-là, ou bien il fait des appréciations tout à fait différentes. Ce n'est donc qu'en en comparant plusieurs qu'on parvient à se faire une idée vraie et confjplète de certaines choses (1).
Il y a dans les monuments ecclésiastiques une multitude de noms propres latins, de personnes et de lieux qui ne se trouvent pas dans les lexiques ordinaires ou classiques. Or nous les avons rapportés avec une fidélité qui, nous osons le dire , n'a point d'exemple dans les dictionnaires analogues au nôtre. Nous croyons avoir mis la même exactitude à constater les variétés que subissent les noms propres dans leur orthographe, afin que le lecteur ne soit jamais embarrassé, sous ce rapport, dans ses recherches.
Voulant nous conformer strictement aux Règles de V Index, nous avons constamment évité d'indiquer comme sources à consulter les ouvrages qu'il a condamnés, comme sont ceux des auteurs hétérodoxes qui traitent de religion, ou même ceux de certains catholiques qu'il a réprouvés. Cependant nous avons mis à profit tout ce que nous avons trouvé de bon et d'utile dans une foule d'auteurs de toute nation et de toute croyance, tels que les rabbins, les protestants surnaturalistes, les rationalistes allemands les plus avancés, et même les musulmans. C'est aussi pour nous conformer à cet auguste tribunal, qui fait loi pour les catholiques, que, dans le compte rendu des livres, nous avons signalé tous ceux qui figurent dans le catalogue des écrits qu'il a prohibés. Mais il nous est arrivé souvent de renvoyer le lecteur à des ouvrages dont les auteurs catholiques, quoique non condamnés, ont sur certains points des opinions que nous sommes loin de partager; tel est, par exemple, le Dictionnaire ecclésiastique et canonique portatif, par une société de religieux et de jurisconsultes (le P. Brézillac, de la congrégation de Saint-Maur, et les avocats Maquer et Lacombe); Paris, 1766, 2 vol. in-12. Telle est encore la Nouvelle Biographie générale, publiée par MM. Firmin Didot fi"ères, et très-recommandable d'ailleurs à plus d'un titre. La Bibliothèque Sacrée elle-même se trouve un peu dans ce cas. Mais quelques idées erronées sur certains points qui sont bien connus et bien déterminés, ne nous ont point paru un motif suffisant de priver les lecteurs d'une foule de renseignements utiles que ces écrits renferment. D'ailleurs notre Dictionnaire lui-même peut assurément, d'un bout à l'autre , servir de correctif à toutes les idées erronées qui peuvent s'y rencontrer.
Dans un but semblable, toutes les fois que nous avions à donner la biographie des auteurs non catholiques, nous avons eu soin de le faire remarquer au commencement des articles qui les concernent.
Quelques mots encore sur les auteurs indiqués comme sources à consulter. D'abord, pour l'historien Joseph, nos citations ont été prises dans les anciennes éditions , parce que la plupart des écrivains qui figurent dans notre Dictionnaire
(1) Pour ce qui est de la Bibliothèque sacrée , en particulier, nous y avons renvoyé seulement dans les cas où elle contient quelque détail ou quelque développement qui ne pouvait entrer dans le cadre limité de notre Dictionnaire.