‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 298 sur 1220 · XII. BENOÎT XII (bienheureux), pape, né à · texte numérisé non relu

XII. BENOÎT XII (bienheureux), pape, né à

Saverdun dans le comté de Foix, mort à Avignon, en odeur de sainteté, le 25 avril 1342. Il s'appelait auparavant Jacques de Nouveau, et il reçut le surnom de Fournier ou Dufour. Il fut d'abord religieux de l'Ordre de Citeaux, puis docteur de Paris , abbé de Font-Froide , évèque dePamiers. cardinal, surnommé Blanc, k cause de l'habit de son Ordre, et élu pape dans le conclave assemblé- à Avignon le 20 décembre 1334. Il, s'appliqua à faire observer les règlements de l'Église au sujet de la résidence et de la promotion aux bénéfices , abolit les abus , poursuivit les simoniaques, réforma les Ordres religieux, condamna les hérétiques , et décida la question de la vision béatifique par la bulle Benedictus Deus du 22 février 1336. 11 gouverna sept ans quatre mois et six jours, et eut pour successeur Clément VI. On a de lui : 1° des Commentaires sur les Psaumes; — 2" un écrit contre les Fratricelles; — 3° de Statu animarum ante générale judicium, et douze Questions sur le même sujet ; 4" de Statu Canonicorum ; — 5° Decretale religiosorum; — 6" Constitutio de reformntione Bcnedictorum , etc. Voy. Chrysostome Henriquez, Ménologe de Citeaux. Arnoul. Vion, Martyr. Bened. Frizon, Gall.purpurata. Possev. Ravnaldi.

XIII. BENOÎT XIII, pape, né ù Gravîna en 1649, mort en odeur de sainteté le 21 février

1730. Il était fils de Ferdinand Orsini , duc de Gravina , et , avant son élévation au trône pontifical, il était connu sous le nom de frère Vincent-Marie des Ursins. Il prit à Venise l'habit de Saint -Dominique, fut nommé cardinal l'an 1672, et élu pape le 29 mai 1724. Ce pontife donna des preuves continuelles de zèle , de charité, de mortification et de vigilance; il abolit plusieurs impôts, obligea les religieux de porter l'habit de leurs Ordres, rétablit la discipline, et veilla au maintien des bonnes mœui-s. Il donna plusieurs brefs et bulles, entre autres: Pretiosus. en faveur de l'école de Saint-Thomas, et Redemptor nasfer,pour\a. convocation du concile romain, qu'il tint au mois d'avril 1725. Il gouverna cinq ans huit mois et vingt-trois jours, et eut pour successeur Clément XII. On a de lui : 1" des Sermons; Bénévent et Florence, 1728 j — 2° Synodicon, recueil exact de tous les conciles de Bénévent depuis le x' ou le xi^ siècle; 1695, et Rome, 1724. Voy. le P. Touron, Homm. illustr. de l Ordre de Saint - Dominique , tom. VI.

XIV. BENOÎT XIV, pape, né à Bologne en 1675, mort en 1758, connu avant son exaltation sous le nom deProsper Lumbertini,{\\t chanoine de Saint-Pierre, consulteur du saint-oflice, promoteur de la foi, avocat consistorial, secrétaire de la congrégation du concile, canoniste de la sacrée Pénitencerie , archevêque titulaiie de Théodosie en 1724, évèque d'.\ncône en 1727, cardinal en 1728, archevêque de Bologne en

1731, et élu pape le 17 août 1740. Ses ouvrages témoignent ime vaste érudition et une profonde connaissance du droit ci\al et canonique, de l'histoire sacrée et profane ; il fit surtout briller son zèle pour la propagation de la foi, et il montra toujours un goût éclairé pour les sciences et les beaux -arts. On lui doit la fondation de l'académie de Saint-Luc. Ses ouvrages ont été souvent imprimés , mais l'édition la plus complète est celle de Bassano; Venise, 1760, 4 vol. in-fol. Voy. le P. Touron , Parallèle de l'incrédule et du vrai fidèle: Paris, 1758.

XV. BENOÎT ou BENOIST (saint), patriarche des moines d'Occident , né sur le territoire de Norsie, dans le duché de Spolète, vers l'an 480, mort vers 543. Il se retira à Subiaco (Sublacum),

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entre Tivoli et Sora, à quarante milles de Rome, et vécut pendant trois ans dans une caverne affreuse, inconnu de tous, excepté de saint Romain, qui lui apportait du pain. Plusieurs personnes vinrent enfin le trouver pour apprendre de lui la vie religieuse. 11 bâtit douze monastères, dans chacun desquels il mit un nombre égal de religieux, et en éleva sur le Mont-Cassin un autre , dont la gloire fut le principal ornement de l'Église. Le seul ouvrage que nous ayons véritablement de saint Benoit est sa Rèyk, que saint Grégoire le Grand appelle sermone luculentam, discretione prœcipuam. Cette règle a été imprimée plusieurs fois, et notamment en 1734, 2 vol. in-4'', avec les commentaires de D. Calmet. En 653 les reliques de saint Benoît furent portées dans le couvent de Fleury, qui prit le nom de Saint-Benoit-sur-Loire. Voy. Vita S. Benedicti, uhbatis, auctore Gre^orio Magno,papa, commentario illustrata a Phihppo Jucobo, ahoate Benedido Monasterii S. Pétri in Silva Nigra; AugustîB Vindel. et Fribiirgi Brisg., 1782. Historica relatio de corpore S. Benedicti Casini, auctore Petro, Diacono Casinensi. Tnthème , Acf a Sancto}\, 21 mart. Mabillon, Act, Bcned., t. XVI, p. 284 et seq.

XVL BENOÎT (saint), solitaire en Italie, vivait probablement du temps du patriarche des Bénédictins; sa vie est peu connue. Les Goths, sous le règne de leur roi Totila , voulurent brûler le solitaire et le petit monastère où il demeurait; mais les ilammes bnàlèrent tout, excepté l'asile du saint ; ils le jetèrent alors dans un four, d'où il sortit sain et sauf. On place sa mort au 31 mars; mais le Martyrologe romain la met au 23. Voy. Grég., Dial., 1. III, c. xviii. Richard et Girauid.

XVII. BENOÎT BISCOP (saint), né dans le Northumberland vers l'an G28,mort vers 690, fut d'abord ofiicier du roi Oswy ; il se retira ensuite au monastère de Lérins, devint abbé de celui de Saint- Augustin de Cantorbéry, fonda le monastère de VVirmouth dans le diocèse de Durham, et, à huit kilomètres de Wirmouth, celui de Girwic ou Jarow. Il visita Rome cinq fois, et observa les usages ainsi que les cérémonies des églises et des monastères pour les communiquer à son pays, où il introduisit le chant grégorien et les cérémonies romaines. A l'époque des incursions des Danois , ses reliques furent transportées dans le monastère de Glaston ou Glastenbury, au comté de Somerset. Ses ouvrages et ses exhortations ne sont pas arrivés jusqu'à nous. Voy. Bède, Hist. ahhat. Wirmouth. Pitseus, de Script, ow^/., p. 113. D. Maynard, in Martyr. Bened. D. Mabillon, Act. SS. Ord. S. Bened. Bulteauj dans son Uist. des moines d'Occident.

XVIII. BENOÎT D'ANIANE ou AGNANE (saint), restaurateur de la discipline monastique en Occident, né dans le Languedoc l'an 750, mort le 11 février 821. Fils du comte de Maguelonne, il servit d'abord dans les armées de Pépin ; mais il résolut bientôt de guitter le monde, et se retira à l'abbaye de Samt-Seine, à vingt kilomètres de Dijon; il donna de si beaux exemples de vertus, qu'on voulut le nommer abbé du monastère ; mais il retourna dans son pays l'an 780; il y bâtit un petit ermitage près d'un ruisseau nommé Aniun. 11 reçut des disciples, dont le nombre augmenta tellement, qu'il fut obligé de construire un grand monastère et une église magnilique. Les monastères de Provence, de Languedoc et de Gascogne ressentirent les effets de sa charité, et Louis le Débonnaire lui soumit tous les monastères de son royaume ; ce prince

lui donna l'abbaye de Marmaunster en Alsace, et lui fit bâtir le monastère d'Inde , à huit kilomètres d'Aix-la-Chapelle. Il assista au concile d'Urgel en 799, et eut une grande part dans les règlements du concile d'Aix-la-Chapelle tenu en 817. On célèbre sa fête le 11 février à Aniane ; mais elle est ordinairement marquée au 12. On a de lui : 1° Codex regularum; Rome, 1661 ; Paris, 1663; — 2<' Concordantia regularum; Paris, 1638; — 3" Opuscules sur divers sujets concernant la foi, dans les Miscellanea de Baluze, t. V ;

— 4» un Pénitentiel, dans les Capitulaires ,i.\\], de Baluze. Voy. la vie de notre saint dans Act. Ord. S. Bened., tom, V, p. 183. D. Ceillier, tora. XVIII, p. 430 et suiv. Richard et Giraud, qui donnent la liste détaillée de ses ouvrages.

XIX. BENOÎT DE SAINT - PHILÀDELPHE (saint), né en 1526 dans le village de Saint- Philadelphe, dans le diocèse de Messine, fut surnommé le Maure, soit parce qu'il avait la peau noire , soit parce que ses parents étaient réellement Maures. Dés sa plus tendre enfance il donna toutes les marques d'une grande piété. Esclave comme son père et sa mère, il reçut bientôt sa liberté; mais il n'en profita que pour se livrer davantage à la pratique des vertus. Sur le conseil qui lui en fut donné, il se lit ermite. C'est alors que se développèrent toute sa ferveur et toute son afdeur pour la perfection. En 1550 le pape Jules III ayant obligé les ermites de se réunir en communauté, Benoit fonda un monastère dont il resta supérieur jusqu'en 1559, époque à laquelle Pie IV voulut que les frères entrassent dans un des Ordres approuvés par l'Églisft. Benoit se présenta à la maison des Franciscains réformés près de Palerme. Il fut admis d'abord comme cuisinier, puis il fut nommé supérieur, et trois ans après vicaire et maître des novices, pour reprendi'e l'emploi de cuisinier jusqu'à sa mort, arrivée en 1589, et dont il avait prédit l'heure. Plusieurs miracles attestèrent sa sainteté. C'est pourquoi Benoit XIV le béatifia en 1743, et Pie VII le canonisa le 24 mai 1807. Voy. Gaet. Moroni, vol. V, p. 53. VEncyclop. cathoL, au Supple'm.

XX. BENOÎT (Antoine -Vernier), publiciste, né à Dôle en 1769, mort à Paris Tan 1832, fut en 1817 un des collaborateurs de la Bibliothèque historique. Il y inséra contre le clergé catholique un article qui lui fit intenter un procès. On a de lui : l» de la Liberté des cultes et des concordats; Paris, 1818, in-8°; — 2» de la Liberté religieuse; ibid., 1819, 1825, in-S". Benoit se prononce pour la liberté absolue et pour l'abolition des concordats. Voy. la Biogr. des Contemporains.

XXI. BENOÎT (Élie), ministre protestant , né à Paris l'an 1640, mort en 1728 à Delft. où il se réfugia après la révocation de l'édit de Nantes. Ses principaux ouvrages sont : 1» Histoire et apologie de la retraite des pastew^s , à cause de la persécution ; Francfort, 1687, in-12 : — 2° Histoire del'Édit de Nantes; Delft, 1693-1695, 5vol. in-4''; long amas de déclamations, d'exagérations et de calomnies contre les catholiques; — 3° Mélange de remarques crit., histor., philowph. et théolog. contre deux écrits de Toland; Delft, 1712, in-8'>; — ¥ des Sermons et des Lettres; ibid., 1698, in -8". Voy. Feller, Biogr. univers.

XXII. BENOÎT (Jean), né à Verneuil au Perche vers fan 1483, mort en 1573, était curé des Saints-Innocents et docteur en théologie de la maison de Navarre. On a de luj : 1» des Notes marginales en latin sur toute l'Écriture sainte; Paris, 1541, in-fol.; il y a eu beaucoup d'éditions;

— 2" un Recueil de scholies, tirées des inter-

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