CÉOS
ecclésiastiques ou laïques préposés pour examiner si, dans les livres destinés à l'impression, il n'y a rien contre la Religion, l'État et les mœurs. Les évêques ont toujours joui en France du droit déjuger les livi-es, sous le rapport de la religion et de la police ecclésiastique. Ils en laissèrent néanmoins l'exercice à la Faculté de théologie aussitôt après son établissement. Voy. le Diction, ecclés. et canon, portatif.
I. CENSURE DOCTRINALE ou censure de livres et de propositions; c'est la qualification donnée par les théologiens à ce qui blesse la vérité dans les propositions ou dans les livres. On peut réduire aux neuf qualifications suivantes celles dont les Pères et les conciles se sont servis pour les propositions qu'ils ont condamnées. Ainsi on appelle proposition \° hérétique, celle qui est contraire à la foi ; 2° erronée, celle qui est opposée à une proposition qui tient à la foi; 3" sentant l'hérésie , celle qui présente d'abord à l'esprit un sens hérétique, quoiqu'elle ait un autre sens plus caché qui renferme la vérité ; 4° captieuse, celle qui présente une hérésie d'une manière indirecte ; 5" téméraire, celle qui est opposée au sentiment général des docteurs ; 6» mal sonnante, celle énoncée dans des termes durs qui peuvent rendre la vérité odieuse à ceux qui l'écoutent ; 7" dangereuse, celle dont on peut aisément tirer des conséquences contraires à la foi; 8» scandaleuse, celle qui peut induire en erreur les esprits faibles; Q" qui offense les oreilles pieuses , celle qui est contraire au culte que nous devons à Dieu et à ses saints.
II. CENSURE ECCLÉSIASTIQUE, peine publique dont un supérieur ecclésiastique punit un fidèle qui lui est soumis. On en reconnaît de trois sortes: V excommunication , la suspense, et Vinterdit. Toute censure se subdivise en censure a jure, celle qui est portée par le droit, comme par un canon , un décret ou des statuts, et en censure ab homine, celle qui l'est par le juge ecclésiastique. Ces deux dernières se divisent elles-mêmes en censure latœ sententiœ ou censure de sentence prononcée, c'est-à-dire censure qu'on encourt dès le moment même qu'on a commis l'action, en punition de laquelle le juge ecclésiastique l'a prononcée, et en censure ferendœ sententiœ ou de sentence a prononcer, c'est-à-dire de censure qu'on n'encourt qu'après un jugement qui le déclare ainsi. Cette aernière se nomme aussi comminatoire, parce qu'elle semble ne faire que menacer d'un jugement qui prononcera la censure. Celui qui viole les censures pèche gravement, et, s'il est ecclésiastique, il tornbe dans l'irrégularité. Il n'y a que le Pape qui puisse instituer de nouvelles censures ; mais s'il s'agit d'infliger celles qui existent, ce pouvoir appartient, suivant le droit commun, au Pape et à ses légats , aux évêques et à leurs vicaires généraux , au chapitre pendant la vacance du siège épiscopal, et au vicaire du chapitre , au concile diocésain , aux supérieurs majeurs à l'égard des religieux qui dépendent d'eux , et généralement à tous ceux qui ont une juridiction quasi épiscopale ; ainsi les curés n'ont pas le droit de porter des censures. L'absolution des censures se donne au for intérieur, c'est-àdire au tribunal de la pénitence , et au for extérieur. Le pouvoir qu'a l'Église d'infliger des censures est fondé sur ces paroles de Jésus- Christ : Tout ce que vous lierez sur la terre sera aussi lié dans le ciel, et fout ce que vous délierez sur la terre sera délié aussi dans le ciel. Pour toutes les questions qui se rattachent à la censure ecclésiastique, voy. l'abbé J. Stremler, Traité des peines ecclésiastiques, de i" Appel et des
Congrégations romaines, p. 171 et suiv., et les canonistes.
CENTEN ARIA , siège épisc. d'Afrique dans la
f)rovince de Numidie ; l'anonyme de Ravenne et es tables de Peutinger en font mention. Voy. les Not., n. 39. Confér. de Carth., I" jour, en. cxxxiii, n. 212, etConcil. Milevit.
CENTINUS (Maurice), de l'Ordre des Frères- Mineurs , né à Ascoli , a laissé deux volumes de disputes théologiques sur VIncaimation et les Sacrements: Messine, 1637.
CENTUMCELLES (Centumcellœ), ville épisc.
de Toscane qu'on croit être la même que Civita-Vecchia. Le premier de ses évêques, Epictète , assista au concile d'Arles l'an 314. Depuis le xi^ siècle cette ville est suffragante de Viterbe. Voy. Ughelli, Ital. Sacr., tom. X, p. 55. Compar. Civita-Vecchia.
CENTURIA, siège épisc. d'Afrique dans la province de Numidie dont l'évêque, nommé QuodvultDeus , assista à la conférence de Carthage. Le concile de Milève de l'an 402 parle de cet évêque; il défend qu'on communique avec lui jusqu'à ce que son affaire soit jugée , parce qu'il n'avait pas voulu reconnaître les évêques pour ses juges. Voy. Confér. de Carth., lei'jour, ch. cxxvi. Les Not., n. 95.
CENTURIATEURS (centuriatores), nom. donné à quatre ministres protestants de Magdebourg qui ont écrit et divisé l'histoire ecclésiastique par centaines d'années. Ces quatre ministres sont : Matthias Flaccius, surnommé Illyricus, Jean Wigand , Matthieu Lejudin et Basile Fabert. Voy. Centuries de Magdebourg.
CENTURIES DE MAGDEBOURG, corps d'histoire ecclésiastique commencé l'an 1560 par quatre ministres de Magdebourg. Elle est divisée en 13 centuries, contient 13 siècles, et s'arrête à l'année 1298. Cet ouvrage est peu exact pour le fond et pour la forme ; le but qu'on s'est proposé est d'attaquer l'Église romaine. Aussi a-t-il été mis à Ylndex. C'est pour le réfuter que Baronius a entrepris ses Annales ecclésiastiques. Voy. Richard et Giraud, qui indiquent le sujet de chacune des centuries. Bergier, Diction, de théol.
CENTURIO, siège épisc. de l'Afrique occid. dans la province de Numidie. Janvier, un de ses évêques, assista à la conférence de Carthage. Voy. les Not., n. 6. Confér., I"'' jour, ch. ccn,not. 401.
CEOLFRIDE ou CEOULFROY ou CEUFREY (Ceolfridus) , né dans le pays des Berniciens, mort le 25 septembre 716. Vers l'an 680 saint Benoît Biscop lui donna la conduite des monastères de Wirmouth et de Jarrow en Angleterre. Pendant vingt -huit ans qu'il les dirigea il ne cessa de donner l'exemple de toutes les vertus chrétiennes. Ceolfride entreprit le voyage de Rome ; mais il mourut en route, près de Langres. Le Martyrologe romain n'en parle pas; celui de France marque sa principale lête au 25 septembre. Son culte était établi en Angleterre dès le ix« siècle. Il a laissé une Lettre sur la Pâque et sur la Tonsure des clercs. Voy. Bède, Hist. d'Anglet., 1. V, c. xxii. VHist. des abbés de Wirmouth, 1. I". D. Mabillon, ii» siècle bénédict., à l'an 690. Bulteau , Hist. Bénédict., 1. IV, ch. Lxv. D. Ceillier, tom. XVII , p. 751 et 752.
CÉOS ou CÉA, ZËA, siège épisc. de la province Hellade au diocèse de l'Illyrie orientale , fondé au ix" siècle, et devenu au xvii" archevêché honoraire du rite grec , sous la métropole d'Athènes ; est uni à Thermia, autre petite ville de l'une des îles de l'Archipel qui n'en est éloignée que de trente-huit milles. C'est là que ré-
CRPH
GÉRA
side révêque. Voy. Orien-i Christ., torn. II, p. ■239. De Commanvllle , /™ Tah/e alphabet., p. &i. Ricliard et Giraud, aux art. Céa et CÉOS-
CEOULFROY. Voy. Ceolfride.
CEPARI (Virgile), jésuite, né à Panicale au diocèse de Pérouse l'an 1564, mort l'an 4631, fut recteur des collèges de sa compagnie à Florence et à Rome. Il a laissé, entre autres ouvrages : l" Vita di san Francesco di Burgia; Rome, 1624, in-8°; — 2° Vita di santa Madaiena di Pazzi: — S" Vita di san Luigi di Gonzaga; — 4» Vita di Giovanni Betxhmaiis; — 5° Vita di san Sfanùlao di Kostka. Ces quatre derniers ouvrages ont été traduits en français et ont eu de nombreuses éditions. Vor/. Alegambe, Bihlioth. Scriptor. Soc. Jesu. Quérard, la France lifte'raire.
CÉPÉRANO ou CIPÉRANO (Cpperamim, Ciperanum), bourg de l'État de l'Église dans la campagne de Rome, aux confins de la terre de Labour. L'an 1114 Pascal II y tint un concile. Voy. Pierre Diacre, Chron. Cass., 1. IV, ch. Li. Baron., ad ann. 1114. Labbe, tom. X. Hardouin, tom. VI, et Colleciio Concil. Regia, tom. XXVI. Gaet. Moroni , vol. XI, p. 83 et suiv.
CEPHA. T'oy. CEPii.i: Castelllm.
CEPH^ CÀSTELLUM ou CEPHA, NEOCE- PHA, peut-être la même que Castrum Ricephœ, siège épisc. de la province de Mésopotamie au diocèse d'Antioche, sous la métropole d'.Amide. Noé, un de ses évéques, souscrivit au concile de Chalcèdoine. Les Jacobites y ont eu aussi un évêque de leur communion. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. II , p. 1006 et 1^. De Commanville, /" Table alphabet., p. 66. Gaet. Moroni, vol. XI, p. 83.
CÊPHALE, siège épisc. d'Afrique dans la province proconsulaire. Il en est question dans la Lettre des èvêques de cette province à Paul de Constantinople, dans le concile de Latran , sous le pape saint Martin l". Voy. Confilr. de Carth., I^'jour, ch. cxxxiii, not. 181.
CÉPHALENIA ou CÉPHALONIA, ancien siège cpisc. situé entre Ithace et Zacynthe; au xiiF siècle il a eu des èvêques latins ; il était suffragant de Corinthe. Lorsque les Turcs se rendirent maîtres de Corinthe, cet évéché fut réuni à celui de Zante Zacynthe, sous la métropole de Corcyre. Voy. Zacynthe. Lequien, Or!e«^C/<rj*^, tom.'lll, p. 890. De Commanville, 7™ Table alphabet., p. 66.
CEPHALU {Cephalœdia ou Cephaledia, Cephulis), ville épiscop. de Sicile qui parait tirer son nom du cap Ce'phal, près duquel elle est située. Elle avait un évèque l'an 8(}8 , époque à laquelle les Sarrazins s'emparèrent de la Sicile. Roger I"", roi de Sicile , lui rendit sa première splendeur et rétablit son siège épiscopal l'an 1131. Voy. Sicilin Sacra, tom. II. Richard et Giraud. Gaet. Moroni , vol. XI, p. 46,47.
CÉPHANNÉLIE (Malœna), siège épisc. situé au diocèse de llllyrie orientale , sous la métropole de Corinthe. Philippe de Chypre dit que ce siège fut uni à celui de Zacynthe par le patriarche Cyrille Lucaris,et érigé en archevêché du temps de Nicéphore Métaxa, évèque de Céphalènie. Le premier de ses èvêques se fit représenter au 7« concile général. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. II, p. 235. Richard et Giraud.
CÉPHAS, mot emprunté au svriaque, et qui signifie p^rre ou rocher. Jésus -Christ changea à saint Pierre le nom de Simon, qu'il portait, en celui de Kepha, que les Grecs ont rendu par Petras et les Latins par Petnis; il conserve toujours sa même signification de pierre ou ro-
cher. Voy. Jean, v, 42. Bergier, qui dans son Diction, de the'ol. expose les divers sentiments sur la question de savoir si Céphas, repris par saint Paul (Galat., ii, 1 et suiv.), est lapotre saint Pierre ou un disciple de ce nom , et fait remarquer avec raison que ceux d'entre les protestants qui ont conclu de ce passage que saint Pierre n'était pas infaillible, se sont joués du terme , et qu'ils devaient conclure tout au plus que saint Pierre n'était pas impeccable. Feller. Biogr, univers.
CEPHIRA. Voy. Caphara.
CËRAME , ville épisc. de la province de Carie au diocèse d'Asie, sous la métropole d'Aphrodisiade, et située au milieu du golfe appelé Céramique. Ce siège , qui remonte au v« siècle , est aujourd'hui un évêché in partibus. Le premier de ses èvêques assista au concile général d'Éphèse. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. I, p. y-17. Richard et Giraud.
CERAMUNUM , siège épisc. d'.\frique dans la province de Numidie dont l'èvêque, Sévérien, assista à la conférence de Carthaçe. Voy. !•'■ jour, ch. cxxxiH. Les Sofit.. n. 232.
CERAN ou CÉRADME (saint), en latin Ceraunus ou Ceraunius , évèque de Paris, succéda à Siraplicius vers le commencement du vii« siècle, sous le règne de Clotaire II. Il gouverna avec zèle et piété, travailla à recueillir les Actes des martyrs, et assista l'an 615 au concile de Paris. Le MartjTologe de France marque sa fête le 27 septembre , et l'on faisait la translation de ses reliques le 16 novembre. Voy. Bollandus, 7 janvier. Le Cointe, Annales de France, n. ;i6, ann. 614. Dubois, Hist. de t Église de Parts, LUI, ch. VI.
CERARIUM. Voy. Bougeoir.
CÉRASA ou CÉRASE, sièçe épisc. de la province de Lydie au diocèse d'Asie, érigé au v« siècle en évêché sous la métropole de Sardes, et plus tard sous celle de Philadelphie. Le premier de ses èvêques assista au concile de Chalcèdoine. Voy. Ughelli, Oriens Christ., tom. I. p. 893. Richard et Giraud.
CÉRASOLA ou CÉRÉSOLA (Flaminio), docteur en théologie et en droit, né à Bergame l'an 1562, mort à Rome l'an 1640, fut grand vicaire de l'èvêque de Pérouse. Outre la traduction de diverses homélies de ^ec en latin et quelques traités , on a de lui : fo Thèses de toute la ///eb- /oçîe; Milan, 1584; — 1" Trésor de la Vierge, en 6 vol.; — 3° de la Bénédiction des noces. Voy. Le Mire, de Script. sœculi xvii. Maraccius, Binlioth. Marinn.
CÉRASTE, c'est-à-dire cornu, nom donné à une espèce de serpent qui est armé de deux cornes de chair, et s'attaque aux animaux aussi bien qu'aux hommes. Ce serpent, espèce de vi père, siffle en se remuant; c'est sans doute ce qui lui a fait donner en hébreu le nom de Schephiphôn. Voy. Genèse, XLix, 17. J.-B. Glaire, Introduction , etc., tom. II, p. 85, 3* édit.
CÉRASUS , aujourd'hui Kirisonto . ville épisc. du Ppnt-Polémoniaque , érigée en évêché au ^ siècle sous la métropole de Néocèsarée , et en archevêché au ix«. Les Notices en font mention. Son premier évèque, Grégoire, assista au concile d'Éphèse. Voy. Lequien, Oriens Christ.. tom. I, p. 513. Richard et Giraud.
GERAUME. Voy. Gkran.
I. CÉRAUNIA, ville épisc. del'ile de Chyçre au diocèse d'.\ntioche, sous la métropole de balamine ; elle est située sur la côte septentrionale de cette ile , vis-à-vis de la Cilicie. Theodote, le premier de ses èvêques , est mentionné par le Martyrologe romain au 6 mai. Voy. Le-
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