CIER
Moïse. Quant à la mitre des simples prêtres, les rabbins nous la dépeignent comme un turban , Joseph comme une grosse et épaisse couronne composée d'une bande de plusieurs pièces doubles cousues ensemble et d'une toile qui enveloppe le bonnet tout entier, et qui descend jusque sur le front pour cacher les coutures; et saint Jérôme, comme un bonnet rond qui ne couvre que les deux tiers de la partie chevelue de la tête. Il faut remarquer que la tiare était aussi la coiffure des rois, surtout des rois de Perse. Voy. Exode, xxviii, 4, 39, 40; xxix, 9. Levit., viii,13, etc. Isaïe, m, 22. Ezech., xxi, 26 (Hebr., 31). Zacharie, m, 5. Joseph, Antiq., 1. III, c. vm. Eieron^m., ad Fahiolam. Braun, qui dans son Vestitus .mcerdotum Hebrœorum . 1. II, § 387, expose le sentiment des rabbins sur cette question. Xénophon, de Expeditione Cyri Junior., 1. II. Brisson, de Regno Persar., 1. I.
CIDISSA, ville épisc. de la Phrygie Pacatienne, dans le diocèse d'Asie, érigée au y* siècle en évêché , sous la métropole de Laodicée. On en connaît quatre évêques ; le premier est Iléraclius , pour qui Numéchius de Laodicée souscrivit au concile de Nicée. Voy. Richard et Giraud.
I. CIEL. Ce mot, dans l'Ecriture sainte, signilie l'espace immense qui environne la terre, et qui, selon notre manière de voir, est audessus de nous ; le terme hébreu auquel il correspond veut dire e'iévafion.
II. CIEL , dans le langage des théologiens, est le séjour du bonheur éternel, le lieu dans lequel Dieu se fait connaître aux justes d'une manière plus parfaite que sur la terre, et les rend heureux par la possession de lui-même.
III. CIEL se prend encore quelquefois pour Dieu lui - même , pour sa providence , pour sa
iustice, comme quand on dit : le Ciel est offensé. -'enfant prodigue s'écriait : Peccavi in Cœlum, pour dire : J'ai péché contre Dieu.
CIENFUEGOS (Alvarez), jésuite, né à Aquerra l'an 4657, mort à Rome l'an 1739, proièssa la philosophie à Compostelle et la théologie à Salamanque, et devint cardinal, évêque de Catane, puis archevêque de Mont-Réal en Sicile. Outre des ouvrages biographiques , on a de lui : 1° lu Vida del venerabile P. Juan Nieto; 1693, in-S»;
— 'i°la Vida del grande santo Francisco Borgia;
— 3" jEnigmu theologicum, seu quœstiones de Trinitate divina; Vienne, 1717, 2 vol. in-fol.; — 4° Vita abscondita sub speciebus eucharisticis ; Rome, 1728, in-fol. Voy. Muratori, Rerum Italicarum Script., tom. X. Moréri, Diction. histù)\
I. CIERGE (Cerew*), bougie ou chandelle de cire que l'on place sur un chandelier et qu'on brûle dans les cérémonies de l'Église. Selon Sylvius , ce serait commettre un péché mortel que de dire la messe sans cierges ; il doit y en avoir toujours au moins deux d'allumés. Les cierges doivent être de cire d'abeilles : apum opéra conflati, dit le concile de Lyon. On ne peut pas se servir de bougie stéarique. Claude de Vert a prétendu que dans l'origine on n'allumait des cierges que par nécessité , les fidèles étant obligés de célébrer les offices pendant la nuit. Mais Languet a prouvé contre lui que dès les commencements de l'Église on a fait usage des cierges par des raisons morales et mystiques, pour rendre honneur à Dieu, pour témoigner que Jésus-Christ est, selon l'expression de saint Jean, la vraie lumière qui éclaire tout homme venant en ce monde; pour rappeler aux fidèles la parole de ce divin Maître qui a dit à ses disciples : Vous êtes la lumière du monde; ceignez vos reins; tenez à la main des lampes allumées, etc. '
Aussi le concile de Trente regarde- 1- il cet usage comme venant d'une tradition apostolique. Voy. Conc. Z,M,9f/M?2.,1850,decret.XX, n.ll. Conc. Trid., Sess. XXII, cap. v. Saint Jérôme, Contre Vigilance, c. m. Saint Paulin, Fi/mMe sur saint Félix. Prudence, Hymne sur saint Laurent. Sylvius, in III part. S. Thom., q. 83, art. 6, queest. III. Pontas, au mot Messe.De^eri, Cérém. de l'Eglise, tom. IV, p. 37, 132 et suiv. Bocquillot, Liturg. sacr., p. 80. Le P. Lebrun, Explic. de la Messe, tom. I'-'^, pag. 66. Bergier, Diction, de théol. Richard et Giraud.
IL CIERGE PASCHAL, grand cierge qu'on bénit solennellement et qu'on allume d'un feu nouveau le Samedi saint; on le porte pour la bénédiction des fonts baptismaux. Il reste allumé jusqu'au jour de l'Ascension ou de la Pentecôte. Son origine remonte à l'époque où le concile de Nicée ayant réglé le jour de la célébration de la Pâque, il chargea le patriarche d'Alexandrie d'en faire faire chaque année le canon ou le catalogue , et de l'envoyer au Pape. On faisait donc tous les ans ce catalogue, qui renfermait aussi les fêtes mobiles, et on l'écrivait sur un cierge qu'on bénissait solennellement. On regarde communément ce cierge comme la figure de Jésus -Christ ressuscité; c'est un diacre qui le bénit : ce qui semble indiquer que ce ne furent point les apôtres, mais les disciples et les saintes femmes qui embaumèrent le corps de Jésus-Christ et qui annoncèrent les premiers sa résurrection. Voy. Traité du cierge paschal, dans les ouvrages de saint Jérôme. Le P. Papébroch, Conatus chronico-historicus, dans le Propylœum ad Acta Sanct., maii, p. 9, et dans les Paralip. ad conat., à la fin du tom. VII« des saints du mois de mai, p. 19. Moléon. Voyage liturg., p. 318. L'abbé Rupert,rfe.? Divins offices, 1. VI, c. xxviii et suiv. Le P. Martenne,ae* Div. offices, c.xxiii et xxviii. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. XI, p. 93 et suiv.
CIGOGNE, Voy. Hasida.
CILIBIA ou ÉLIBIA, siège épisc. d'Afrique, dans la province proconsulaire. Il en est question dans le titre des évêques de cette province au concile de Latran, et dans le concile de Carthage tenu l'an 525. Voy. Confér. de Carth., \^' jour, c. ccvi, n. 410. Richard et Giraud.
CILICE (Cilicium), étoffe de poils de chèvre ou de bouc dont se servaient les Ciliciens ou anciens habitants de la Cilicie. C'était, chez les Hébreux, un vêtement de deuil et de pénitence. Egu autem, disait David, cum mihi ?nolesti estent, induebar cilicio. Les anciens moines allaient souvent vêtus de cilices, c'est-à-dire d'habits grossiers , rudes et d'une couleur sombre. Cilice se dit aujourd'hui d'une large ceinture faite en poils de chèvre ou en crins de cheval, et que l'on met sur la peau par mortification; car de tout temps, dans le christianisme, la mortification a été considérée comme un moyen puissant de salut : Castigo corpus tneum , aisait l'apôtre saint Paul, et in servitutem redigo : ne forte cum aliis prœdicaverim , ipse i-eprobus efficiar. Voy. Genèse, xxxvii, 14. II Rois, xxi, 10. JPs. xxxrv, 13. I Corinth., ix,27. Richard et Giraud. Bergier, à l'art. Sac. D. Macri Hierolexicon, ad voc. Pœnitentes et Trichinas.
CILICIE , province de l'Asie-Mineure appelée autrefois Caramanie. Il en est déjà question dans l'Ancien Testament. Les Notices ecclésiastiques l'ont divisée en deux provinces; la première est la cinquième province du diocèse d'Antioche, diocèse dont il est parlé dans la lettre du concile de Jérusalem. Tarse, la patrie de saint Paul, en était la métropole, parce que cet apôtre y