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idéal. Par conséquent lame et Dieu, qui ne peuvent être connus par Texpérience des sens, se trouvent au ranff des purs concepts de raison, ou noumènes, dont nous ne pouvons nullement savoir s'ils existent véritablement et substantiellement, si même ils sont possibles. Kant les élimina donc de la science, qu'il restreignit à la somatologie ou science des corps. \ Mais, d'après les principes du philosophe de j Kœnigsberg, à quoi se réduit celte science phénoménale des corps? Le voici : les corps, causes de nos sensations, sont aussi complètement .•subjectifs, et, conséquemment, il n'est nullement prouvé qu'ils ont une existence hors de nous. Cet aperçu suflit pour démontrer que si le criticisfne n'est pas le dernier degré du scepticisme , il en est au moins un progrès. La nature même de ce Dictionnaire ne nous permettant pas d'autres détails, on peut y suppléer en consultant sur cette matière Baldinotti,BonelIi, Gaiuppi, le P. Péronne, et Rosmini; on trouvera même quelques notions utiles dans le Diction, de théoi. de Bergier, et dans VEncyclop. cathol.
CRITIQUE, en grec jugement, disceitiement , se prend, dans le sens subjectif, pour l'art, le talent déjuger équitablement une chose d'après des règles et des principes arrêtés, et, dans le sens objectif, pour la théorie et lappHcation de ces principes et de ces règles. Or, en prenant la critique dans le premier sens, nous dirons qu'elle est l'art de découvrir et de prouver l'authenticité ou la supposition, l'intégrité ou l'altération , le sens vrai ou faux des livres et des monuments anciens, et de fixer l'autorité qu'on doit leur attribuer. Tout le monde convient que la critique est absolument nécessaire, et qu'elle produit les avantages les plus précieux ; mais ce qui est plus nécessaire encore, c'est d'en faire un juste usage, une légitime application; car l'abus en ce genre peut avoir les conséquences les plus fâcheuses pour la vérité. On vante beaucoup aujourd'hui les grands progrès faits dans le siècle dernier et dans celui-ci; on regarde comme un service important rendu à la religion d'avoir examiné, comparé, discuté les anciens monuments avec toute l'exactitude et la sagacité dont l'esprit liumain est susceptible. Sans doute il y a du vrai dans cette opinion; cependant est -il bien sur que, pour éviter un excès, on ne soit pas tombé dans un autre, et que plus dune fois une incrédulité systématique ne se soit pas cachée sous le voile tiompeur d'une critique apparente ?. Il est à craindre que les témérités de certains catholiques n'aient fourni des armes aux protestants pour attaquer les livres de l'Écriture et les monuments ecclésiastiques qui ne leur sont pas favorables; et aux incrédules et aux rationalistes, pour battre en brèche tous les titres de la révélation divine. Voy. le P. Honoré de Sainte- Marie, carme déchaussé, Réflexiom sur ies régies l't sur l'usage de la critique tuuchant l'histoire de l'Eglise, etc. Le P. de l'Aubrussel, jésuite, Traité des abus de la critique en matière de itligxon. Richard et Giraud, qui ont tiré leurs VI ^ sur la Critique du P. Honoré. VEncyclop. cathol., où on Ut des réllexions pleines de justesse sur la Critique et les écrivains qui en ont traité. J.-B. Glaire , /;</;od. histor. et crit., etc., tom. I", p. 209 et suiv., où sont traitées les diverses questions qui se rattachent à la Critique sacrée en particulier. AVelte, auteur du court mais excellent article Critique biblique, inséré dans le Diction, encyclop. de la théol. cathol. CRITOPULE. Yoy. Métrophane, n» III.
CROATIE , contrée dont une partie appartient à l'empire d'Autriche, et l'autre à la Turquie. D'après la tradition, le prince croate Porga obtint du Saint-Siège des prêtres qui, vers l'an 670, le baptisèrent ainsi qu'une grande partie de son peuple. Cependant il n'est fait mention d'évèques croates qu'à dater de 879. Dans la partie soumise à l'Autriche, les Croates professent la religion catholique romaine; mais, dans celle qui est dépendante de la Turquie, ils sont attachés à l'Église grecque. Voy. Gaet. Moroni, voL XVII, p. 223, 224. Le Diction, encyclop. de la théol. cathol.
CROCE (Irénée délia), carme, né à Trieste, qui vivait au xvii« siècle, a laissé : Istoria antica e modema. sacra e profana délia città di Trieste, celebi'e colonia de' cittadini roinnni; Venise j 1698, in-fol. Voy. la Nouv. Biogr. génér.
I. CROCHETS (D. Charles des), bénédictin de la congrégation de Saint-Vanne, né à Verdun , mort dans la congrégation réformée de Clugny l'an 1664. On a de lui : 1» Quadruplex demonstrutio christianismi credendi; ouvrage resté manuscrit; — 2° Ethica seu philosoj^na moralis, christiana, religiosa; Paris, 1646, in -12; — 3" Entretiens sur les anges, etc., manuscrit. On lui attribue : Instance contre la manière d'expliquer la présence réelle , du fi. P. des Gabets. Voy. D. CdAmei, Biblioth. Lorraine. ^\c\\s.r à et Giraud.
II. CROCHETS (D. Pierre des), bénédictin de la congrégation de Saint-Vanne, né à Verdun, mort à Saint-Arnoul de Metz l'an 1672, a fourni à MM. de Sainte-Marthe beaucoup de Mémoires sur les abbayes unies à la congrégation de Saint-Vanne; ils sent dans l'ancienne édition de la Gallia Christ., tom. IV. Voy. D. Calmet , Bihiioth. Lorraine. Richard et Giraud.
CROCIUS (Jean-Georges), théologien protestant, né à Cassel l'an 1629, mort l'an 1674. Ses principaux ouvrages sont : \° de Judœis; Groningue, 1650, in-4»; — 2" rfe Anyelis bonis et malis; Leyde. Ifôl, in -4"; — 3" de Baptismo; Marbourg", 1(556, in-4°; — 4" de Sanctis; 1662, in-4»; — 5<* de Communione sub ut raque; 1663, in-4">. Voq. la Nouv. Biogr. génér.
CROCK (de). Voy. ANASTASE,n<' XX.
CROCODILE, animal amphibie adoré parles Égyptiens. Le Lévilique parle d'une espèce de crocodile terrestre mis au nombre des animaux impurs. Les Hébreux le nommaient* Tsub, et Içs Arabes l'appellent encore aujourd'hui Dliabb , grand lézard d'environ une coudée de long dont l'Arabie abonde. Voy. Lévit.. xi, 29. J.-B. Glaire, Introd. histor. et crit., tom. II, p. 71.
CROCQUET (André), bénédictin, né à Douai, mort à Valenciennes l'an 1.58iJ, prieur de Han dans le Hainaut, docteur célèbre et grand théologien. Il a laissé : 1» Catechesis christiana; Douai, 1575, in-4"; — 2° Commentaritws in Epistolam Pauliad Homanos; ibid., 1577, in-H»; — 3" Commentarius in Epistolam Pauli ud Hebrœos; ibid., 1578, in-8»; — 4° Paraphrases ou Trenteneuf Sermons sur les sept psaumes de la Pétàtence; ibid., 1579, in-8«; — 5" Notes sur le livre de la religion de Marsile Ficin; Brème, 1617. Voy. André- Valère, Biblioth. Belg., édit. de 1739, tom. I«%p.51.
CROCUS (Corneille), jésuite, né à Amsterdam, mort à Rome l'an 1550, fut nommé recteur des écoles latines dans sa ville natale, et déploya le plus grand zèle pour inspirer à ses élèves un vif attachement pour la religion catholique. C'est dans ce but qu'il a compose plusieurs ouvrages de grammaire et de lexicographie à leur usage; et sa latinité était si pure, que l'hérétique Adrien Junius dit («« Batavia
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sua) qu'il semblait avoir voulu exprimer tout Térence et tout Cicéron. Les principaux ouvrages du P. Crocus sont : 1" de Vera Ecclesio, seu de notis et signis Ecclesiœ; Cologne, 1548, in-S"; — 1° de Fide el operihus, contra J. Sartoriuin; Anvers, 1531, in-8<>; — 3° Disputatio contra Anabaptistas ; ibid., 1535, in-B". Voy. Alegambe , Biblioth. scriptor. Societ. Jesu. Richard et Giraud, qui indiquent les autres écrits du savant jésuite.
CRŒSE (Gérard), ministre protestant, né à Amsterdam en 1642, mort à Dordrecht l'an 1710, est auteur : 1" de VHistoired.es Quakers, en latin; Amsterdam, 1595, in-8», traduite plus tard en anglais ; — 2° de Homéros Ehraios, sive Historia Hebrœorum ab Homero, etc.; Dordrecht, 1704, in-8o.Il y prétend que l'Odyssée et l'Iliade ne sont qu'un récit de l'histoire sacrée. Vo;j. Nicéron, Mémoires, tom. VI. Moréri, Diction, histor. Feller, Bioyr. univers.
GROFT (Herbert), évêque de Hereford, né l'an 1603, mort l'an 1691, entra d'abord chez les Jésuites de Saint-Omer; mais, cédant aux sollicitations de Morton , évêque de Durham , il abjura le catholicisme. On a de lui : 1» The naked truth. or the true state of the primitive Church; 1675, in-4''; — 2» des Sermons, et plusieurs ouvrages de controverse. Voy. la Nouv. Biogr. génér.
I. CROÏ (François de), controversiste protestant français, vivait au commencement du xvii« siècle ; il est auteur de plusieurs ouvrages, dont le plus connu est intitulé : les Trois conforrnités, savoir : l'Harmonie et les convenances de l'Eglise romaine avec le paganisme , le judaïsme et les anciennes hérésies; 1605, 1 vol. in-8». Voy. la Nouv. Biogr. génér.
II. CROÏ (Jean de), fils du précédent, né à Uzès , mort l'an 1659, fut pasteur à Béziers et à Uzès, et professeur à l'Académie protestante de Nimes. Ses principaux ouvrages sont : 1° Specimen conjecturarum et observationum in quœdam Origenis, Irenœi et Tertulliani loca; Genève, 1632, in-4'>; — 2'» In novum fœdus obsei^vationes sacrœ et historicœ; ibid., 1646, in -4°; — 3» la Vérité de la religion réformée , ou V Éclaircissement et la preuve de la confession de foi des églises réformées par les témoignages de la sainte ^'cnÏMre; ibid., 1645, in-12. Voy.\a.Nouv. Biogr. génér.
CROIA ou CROIE, CROYA, que .les Turcs appellent Ak-Hissar, ville épisc. de l'Épire nouveau, aujourd'hui d'Albanie, érigée en évêché au ix« siècle, sous la métropole de Durazzo {Dfirrachima); mais elle a cessé d'être un siège épiscopal depuis que les Turcs s'en sont emparés. Richard et Giraud disent qu'il y a eu quatre évêques. Voy. De Commanville, 7« Table alphabet., p. 82, 83. Gaet. Moroni, vol. XVII, p. 308.
CROISADE (sacrMwi bellurn, sacra cruels militio), guerre entreprise par les chrétiens, soit pour recouvrer les Lieux saints, soit pour extirper l'hérésie et le paganisme. Ces guerres ont été appelées croisades parce que ceux qui s'y engageaient portaient une croix d'étoffe sur l'épaule droite ou au chaperon, et dans leurs étendards. On compte huit croisades pour la conquête de la Terre-Sainte et l'extirpation des infidèles. Voy. Bongar, Gesta Dei per Francos. Guillaume de Tyr. Jacques de Vitry. Guibert. Foulques de Chartres. Balderic. Lequien, Oriens Christ., tom. III, p. 131 et suiv., 1241 et suiv. Michaud. Richard et Giraud. Bergier, Diction, de théolog. Gaet. Moroni, vol. XVII, p. 277 et suiv., qui citent un certain nombre d'auteurs qui ont écrit sur les croisades. UEncyclop. ca-
thol. Le Diction, encyclop. de la théolog. catholique.
CROISES (Les), en latin Sacram militiam. professi. C'est ainsi qu'on appelle dans l'histoire, depuis le xi« jusqu'à la lin du xin« siècle, les gentilshommes et les soldats qui s'unissaient pour faire le voyage de la Terre-Sainte ou pour combattre les infidèles {Voy. l'art, précéd.). Ils portaient des croix d'étoffe de diverses couleurs, selon la nation à laquelle ils appartenaient. Les Français la portaient rouge, les Anglais blanche, les Flamands verte, les Allemands noire, et les Italiens jaune.
CROISET (Jean), jésuite, né à Marseille, mort à Avignon l'an 1738, fut recteur de la maison du noviciat d'Avignon. « Le Père Croiset, dit Feller, était un des plus grands maîtres de la vie spirituelle. Ses livres le prouvent, et ses directions le prouvaient encore mieux. » On a de lui : 1" Vie des Saints pour tous les jours de l'année; Lyon, 1723, 1742, 2 vol. in-fol.; — l'' Parallèle des mœurs de ce siècle et de la morale de Jésus- Christ; ibid., 1735, 2 vol. in-12; — 3» Année chrétienne; Toulouse, 1812, 18 vol. in-12; — i° Réflexions chrétiennes sur divers sujets de morale; Lyon, 1823, 2 vol. in-12; — .5* plusieurs autres écrits indiqués dans Richard et Giraud.
CROISIER ou PORTE-CROIX (Cnœiatus, Cruci fer), nom donné à une congrégation de chanoines réguliers instituée pour honorer les mystères de la croix. Il y a surtout trois ordres religieux qui ont porté ce nom : l'un en Italie . l'autre en Bohême, et le troisième dans les Pays-Bas. Les Croisiers d'Italie prétendaient avoir eu pour fondateur saint Clet ou Anaclet, pape qui succéda à saint Lin ; mais cette prétention ne paraît nullement fondée. Ce qui est certain , c'est qu'ils étaient établis avant le pontificat d'Alexandre III, et que ce pape leur donna une règle et des constitutions l'an 1169. Après plusieurs réformes , ils furent supprimés en 16Efe par Alexandre VII. Les Croisiers des Pays-Bas, plus connus sous le nom de Chanoines réguliers de la Sainte-Croix , furent fondés l'an 1211 , sous le pontificat d'Innocent III , par le jeune baron Théodore de Celles , après son retour de la Palestine. Les Croisiers de Bohême ou Porte-Croix avec l'étoile, le furent à Prague en 1234, par la bienheureuse Agnès, fille de Primislas ou Ottocar P"", roi de Bohême. Pontanus parle de certains Croisiers de Bohême nommés Croisiers avec le navire, parce qu'ils portaient un navire sur le côté gauche. Ils furent établis l'an 1400; mais ils n'avaient que trois maisons. Voy. Benedetto Leoni , Origine e fondazione delV Ordine de' Crociferi. Hermant, Hist. de l'établissement des Ord. relia., tom. II, c. XL. Pierre Verduc, Vie du P. Théodore de Celles; Périgueux,1681. Pontanus, Bo/jem. sacr. Le P. Hélyot, Hist. des Ord. monast. et relig., part. II, c. xxxv. Richard et Giraud. Bergier, Diction, de théol. Gaet. Moroni , vol. XVII , p. 303 et suiv,
CROISSANT (ORDRE DU), Ordre militaire fondé, disent Justiniani et quelques autres (Compar. l'art, précéd.) par saint Louis, sous le nom de Double Croissant ou du Navire; mais le P. Hélyot rejette cet Ordre comme chimérique; il reconnaît toutefois qu'il y a eu un Ordre véritable du Croissant, nommé aussi Ordre du Navire ou des Argonautes de Saint-Nicolas, institué par Charles de Duras, roi de Naples. Voy. le P. Hélyot, Hist. des Ord. monast., tom. VIII, p. 279. Richard et Giraud.
* CROIX. Pour faciliter la i-echerche des divers articles compris sous le mot Croix, nous
CROI
CROI
avons placé d'abord ceux qui ont un rapport plus direct avec ce terme pris dans son sens propre et ligure, en suivant toujours l'ordre alphabétique dans chaque catégorie.
I. CROIX. Parmi les sens tiès - nombreux qu'on donne à ce mot dans le langage de la religion, nous signalerons seulement les principaux. Ainsi il signifie : 1" une espèce de gibet où l'on attachait anciennement les crimmels pour les faire mourir, et surlequelJésus-Christ, notre divin Rédempteur, fut attaché avec des clous ; c'est de là qu'est venu à la croix le nom de hois sacré, d'arore sacré; 2"* les représentalions et les figures de la croix qui sont dans les églises, sur les chemins et ailleurs ; 3°les mêmes figures de la croix qui servent d'ornements et de marques de la dignité des évêques , des abbés, etc.; 4" dans un sens figuré, les peines, les afflictions, etc.; 5° la doctrine de la foi chrétienne. Voi/. D. Magri, qui, dans son Hierolexicon, au mot Crux, dit si justement : Inestimabile nostrœ redemptionis instrumentum, quœ nunquam est a Christianis satis colenda.h. Ferraris, qui rapporte les divers décrets des congrégations des Rites et des Indulgences relatifs à la croix. Bergier, Diction, de théol. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. XVII, p. 226 et suiv. Le Diction, encyclopéd. de la théol. cathol. Voy. aussi Crucifiement.
II. CROIX (ADORATION DE LA), culte de latrie que nous rendons à Jésus-Christ en rendant hommage à la croix, comme à l'instrument qu'il a choisi pour nous racheter.
m. CROIX (BÉNÉDICTION ou CONSÉCRA- TION DES). La bénédiction ou consécration des croix est très -ancienne dans l'Église; elle précède au moins le deuxième concile général de Nicée tenu en 784-787. Elle appartient aux évêques ou aux prêtres délécrués par eux.
IV. CROIX ( CHEMIN ^DE LA), en latin Via Crucis, Via Culvarii : ce sont 14 ou 15 tableaux
3ui, sous le nom de stations, représentent les ifférentes scènes ou circonstances de la Passion de Jésus-Christ. Voy. le Diction, encyclop, de la théol. cathol.