DÉRO
Je vous absous, etc.; mais, depuis le commencement du xiF, on joignit la forme indicative à la déprécative. L'Église latine a été forcée à ce changement par différentes sectes d'hérétiques qui lui contestaient le pouvoir de remettre les péchés , et qui regardaient l'absolution comme une simple prière. Puisque Jésus- Christ a dit à ses apôtres : Les péchés seront remis à ceux à gui vous les remettrez, il n'y a pas plus d'inconvénient à dire à un pénitent : Je vous absous, qu'à un catéchumène : Je vous baptise. Voy. le P. Morin, de Pœnitentia, 1. VIII, c. viii, ix, Bergier, Diction, de théol. Les théologiens. Traité du sacrement de Pénitence.
DÉPUTATION (Legatio),o\i envoi de quelques personnes choisies dans un corps vers une assemblée pour traiter en son nom de ses affaires. Or la députation est canonique, si tous ceux qui députent sont présents par eux-mêmes ou par leurs procureurs dans la maison où la députation se fait; néanmoins une députation faite par les absents qui donnent leurs suffrages à l'aide de billets cachetés, est légitime lorsque telle est la coutume des communautés et qu'aucune loi ne défend cette coutume. Foy. Sainte-Beuve, tom. II, cas 54. Pontas, au mot Députation. Richard et Giraud.
I. DÉPUTÉ (Le) est, dans l'Église grecque', un oflicier subalterne qui, lorsque l'évéque officie, accompagne avec des flambeaux à la main le diacre portant le livre de l'Évangile au pu-
Fitre. Le député accompagne aussi l'évéque à autel; il le précède dans les processions et écarte la foule sur le passage de ce prélat. Enfin le député est aussi chargé de soigner les habits sacrés. Voy. Richard et Giraud. Le Diction, encyciop. de la théol. cathol.
II. DÉPUTÉ, se dit d'une personne envoyée de la part de quelque corps ou communauté. Plusieurs provinces de France envoyaient tous les ans des députés au roi pour lui présenter les cahiers des états. Il y en avait un pour le clergé, un pour la noblesse, et un autre pour le tiers état. C'était le député du clergé qui portait la parole. Fo?/. le Diction, erclés. et canon, portatif.
DÉPUTES DU CLERGÉ (Les) étaient des ecclésiastiques tirés tant du pre<Tiier que du second Ordre, et qui, dans les assemblées de ce corps, représentaient les provinces ecclésiastiques et en stipulaient les intérêts. Voy. Richard et Giraud, et Compar. Assemblées du clergé.
DERBE , petite ville de Lycaonie où saint Paul
Îtrêcha l'Évangile avec succès, comme saint Luc e raconte dans les Actes des Apôtres (Ixiv, 6, 20; XVI, 1). Dans la suite, Derbe devint un siège épiscopal au diocèse d'Asie, sous la métropole d'Icône. Elle a eu quatre évoques, dont le premier, Daphnus , assista au premier concile de Constantinople. Fo?/. Luc, xiv, G. Lequien, Oriens Christ., tom. I, p. 1082. Richard et Giraud.
DEREQUELEYNE (Claude), curé d'Esbarres , près de Saint-Jean de Losne, né à Dijon l'an Î655, mort en 1734, a laissé, outre un assez grand nombre d'ouvrages poétiques : Exercices de piété tirés des ouvrages de saint François de Sales, pour les pensionnaires de son Ordre de la Visi- Jation de Sainte -Marie; Dijon, 1694, in -12, et 1717. Voy. Papillon, Biblioth. des auteurs de Bourgogne. La Nouv. Biogr. génér.
DERÈSER (Antoine-Thaddée), de l'Ordre des Carmes, né en 1757 à Fahr, en Franconie, mort à Breslauenl827, après y avoir professé, comme dans plusieurs autres villes , l'exégèse biblique et les langues orientales. Ses opinions, extrêmementhardies, lui attirèrentdes désagréments. On a de lui : 1" plusieurs écrits qui réclamaient
les prétendues libertés de l'Église germanique contre le Saint-Siège, et qui rendirent sa foi suspecte. Un de ses écrits : Commentatio biblica in effatum Christi : Tu es Petrus, etc., fut mis à V Index en 1790 ; — 2" une Traduction allemande de l'Ancien Testament; — S° Histoire de la mission de Jésus ; 1789 ; — 4" Bréviaire allemand des dames de chapitre, femmes cloîtrées et chrétiens fidèles; Augsbourg, 1792,4 vol.; — 5° Rituel catholique; Heilbronn, 1808; — 6" Grand Livre d'édification pour tous les jours de l'année ecclésiastique; ibid., 1810, 4 voi. in-S". Tous ces ouvrages sont en allemand. Voy. la Nouv. Biogr. génér. Le Diction, de la théol. cathol.
DERHAM (Guillaume), théologien anglican, chanoine de Windsor, né à Stoughton l'an 1657, mort à Upminster en 1735, a laissé, outre des ouvrages de philosophie : 1" Physico-theology , or a démonstration of the being and attributes of God , from his works on the création; Londres, 1713, in-8o; trad. en français; Paris, 1726, 1729, 1760; Strasbourg, 1769, in-8°; — 2» Astro-theology, or a démonstration ofthe being and attributes of God from, a survey of the heavens ; Londres, 1714, in-8°; en français; Rotterdam, 17SM}, in-8°; — 3" Christo-theology, or a démonstration of the divine authority of the Christian religion; Londres, 1730, in-8". Voy. le Journ. des Savants, 1727, p. 50; 1729, p. 327. Richard et Giraud. La Nouv. Biogr. génér.
DERIC (Gilles), né à Saint -Coulomb, arrondissement de Saint-Malo, mort à Jersey, en émigration, vers 1796, était docteur en théologie et vicaire général du diocèse de Dol.On lui doit une Histoire ecclésiastique de Bretagne; Paris, 1777-1780, 6 vol. in -12; ouvrage qui, quoique inachevé et malgré queUpes défauts , est trèsestimé. Voy. Miorcetde Kerdanet, iVoiîce *Mr /es écrivains et les artistes de la Bretagne. La Nouv. Biogr. génér. ^
DERÎNG (Edouard), chapelain du duc de Norfolk, né dans le comté de Kent, mort l'an 1576, se distingua par son éloquence et sa vigueur dans la polémique. On a de lui : Lecture or exposition upon a part of the fifth chopter of the Epistle to the Hebrews; Londres, 1581. Ses ouvrages réunis ont paru en 1595. Voy. la Nouv. Biogr. génér.
DERKENNIS (Ignace), jésuite, né à Anvers en 1598, mort l'an 1656, a laissé : 1" Thèses de l'Eucharistie ; Anvers, 1638 ; — '2p Traité de Dieu, de la Trinité et de la création; Bruxelles, 1655; — 3» Thèses de la grâce et du libre arbitre , contre Jansénius; Anvers, 1641.
DERLINGTON ou DARLINGTON (Jean de), dominicain, confesseur du roi Henri III, mort à Londres en 1284, avait demeuré au collège des Dominicains de la rue Saint -Jacques, à Paris. Il fut sacré archevêque de Dublin en 1279. On a de lui : i° Disceptationes scholasticœ; — 2°Sermones ad clerum et populum ; — 3" Concordantiœ magnœ Bibliorum. sacrorum anglicanœ dictœ. Voy. Richard et Giraud, tom. IX, p. 371.
DERNAY (Bonaventure), de l'Ordre des Frères- Mineurs, né à Liège, a donné : Pratique de la justice chrétienne pour tous les mois de l'année; Colojne,1630.
DERNIER ÉTAT. C'est, en matière bénéficiale , la possession du collateur ou du patron de conférer ou de présenter, laquelle résulte du dernier acte de collation ou de présentation. Voy. Denisart, Collection de décisions nouvelles et de notions relatives à la jurisprud., au mot Dernier état, Richard et Giraud. Le Diction. ecclés. et canon, portatif.
DERODON (David), théologien protestant et
DESB
DESC
professeur de philosophie, né à Die, dans le Dauphiné, vers l'an KiOU, mort à Genève en 16(>4, fut exilé en 1654. Ses principaux ou\Tages sont: 1° Disputatio desupposito inqua plurima hactenus inaudita de Nestorio tanquam orthodoxo et de Cyrillo Alexandrino aliisque episcopis Ephest in sipioduni coactis tanqiuim hcereticis demonstrantur, ut soli Scripfurœ sacrœ infallibilitas asseratur; Francfort, 1645, in-8»; ce livre fut brûlé par arrêt du parlement de Toulouse ; — 2» le Tombeau de la Messe; Genève, 1654, in-8»; ouvrage qui fut brûlé par la main du bourreau;
— 3° Dispute de l'Eucharistie; Genève, 1655, in-12: — V> Dispute de la Messe ou Discours sur ces paroles : Ceci est mon corps; Genève, 1(362;
— 5° /a Lumière de la raison opposée aux ténèbres de l'impiété; Orange, 1647, in-12; volume qui se compose de deux traités , dont le premier a été réimprimé à part sous le titre do ; l'Athéisme '.•nimincu, traité démontrant par raisons naturelles qu'il y a un Dieu; Orange, l(i59, in-12 ; — 6" de Existentia Dei; Genève, 1661, in-4°, cest probablement uuo traduction latiuode l'Athéisme convaincu. Voy. la i\ow!. Bioyr . rjénér.. qui indique plusieurs autres écrits de Derodon. Feller, liioar. univers., urt. RoDON.
DÉROGATION (Derogatio). C'est un acte qui déroge à un acte ou à un droit précédent qui le révoque. Dérogation se dit du droit qu'a le Pape de déroger au droit des ordinaires par prévention, et de déroger au droit des patrons ocdésiastiquos. Voy. Pkévkntion . Dkroga-
TOIKE.
DÉROGATOIRE (Derogra/i^), se dit d'une clause qui contient une dérogation. Le Pape use souvent de cette clause dans les rescrits qu'il accorde aux particuliers; elle est même devenue, par le fréquent usage qu'on en fait à Rome, une t'iause de style dont l'omission rendrait le rescrit défectueux en sa forme. Les bullistes ont appelé ces clauses dérogatoires les nonohstantes, parce qu'en ell'et elles signifient seulement que ■es lettres où elles sont contenues seront exé- ':utées, nonobstant tous actes contraires. Voy. le Diction, ecclés. et canon, portatif.
DERT (Gilbert), né à Bourges au xvi» siècle , a, laissé : 1" la Somme et fin de toute la sainte Ecriture du Nouveau Testament, avec une Epitre de saint Jean Chrysostome . de la manière de prier Dieu; Lyon, 1558, et Paris, 1559, in-8"; — i'' le Soûlas du cours naturel de l'homme, contenant sept dialogues, qui est un traité touchant hi. foi chrétienne à rencontre des juifs, trad. de l'italien; ibid., 1558, in-16; — 3" Traité de l'humilité, trad. de l'italien; ibid., 1.558, in-16. Voy. La Croix du Maine et Du Verdier, Biblioth. franc. La Nouv. Biogr. génér.
D'ERP. Voy. Ekpénius.
DERREY. Voy. Deskay.
DERTONA. Voy. Tortone.
DÉSAPPROPRIATION, terme qui signilie :
1" le détachement des choses temporelles nécessaire à tous les chrétiens , et qui n'est autre Îue la pauvreté évangélique recommandée par ésus-Christ; 1° le renoncement réel à la propriété des choses temporelles , tel qu'il est professé par les religieux ; 3" un amour de Dieu si désintéressé , qu'on l'aime et qu'on le .sert uniquement pour lui-même.
DESSILLONS (François-Joseph TERRASSE), jésuite, né a Châteauneuf, sur le Cher, en 1711, mort l'an 1789 àManheim, où il s'était réfugié lors de la suppression de la compagnie. Outre un certain nombre d'écrits purement littéraires, nous avons de lui : de Imitatione Christi, lifjri quatuor, ad veram levtionetn revocati, et auctori
Thoinœ A-Kempis , cunonico regulari san-di Augustini, denuo vindicati; 1785, in-8o. Outre lo mérite de l'exactitude et de la restitution du texte primitif, cette édition est recherchée à cause de la savante dissertation qui est à la tétr du livre, et qui rend cet ouvrage à Thomas A-Kempis comme lui appartenant. Voq. Feller, Biogr. univers. Quérard, la France littéraire. Desessarts, Siècles littéraires. La Nouv. Biogr. génér.
DESBOIS DE ROCHEFORT (Éléonore-Marie), docteur de Sorbonne, né à Paris en 1739, mort en 1807, fut curé de Saint -André -des -Arts à Paris, puis évêque constitutionnel du département de la Somme, et fit paitie de l'Assemblée législative en 1791 ; en 1801 , il donna la démission de son évêché. Outre les Annales de la religion, qu'il publia en faveur des prêtres constitutionnels, de 1795 à 1803, avec Grégoire et quelques autres , on a de lui : 1» Lettre pastorale; 1791, in-8°; — 2" Lettre d'indication du deuxième concile national; 1800, in-8o, en société avec Grégoire, Saurine et Wandelaincourt; — 3° Actes du synode d'Amiens; 1800, in-S"; — 3» plusieurs articles insérés dans Y Encyclopédie méthodique par ordre de matière, et notamment celui de Cimetière, où il s'élève contre les inhumations dans les églises. Voy. Feller, Biogr. univers.
DESBORS DES DOIRES (Olivier), oratorien, né vers l'an 1650, mort vers 1705, s'est fait connaître comme prédicateur. 11 a publié sous le voile de l'anonyme : 1" de la Meilleure manière de prêcher; Rouen, 1700, in-12 ; — 2° /^/ Science du salut renfertnée dans ces deux paroles : Il y a peu d'élus, ou Traité dogmatique sur le nombre des élus: ibid., 1701 , in-12; ouvrage qui a été publié sous le pseudonyme de Damelinourt. Voy. Moréri, édit. de 1759. Richard et Giraud. Quérard, la France littéraire.
DESCARTES ou DES QUARTES (René), en latin Cartesius ou De Qiuirtis, philosophe et mathématicien français, né à La Haye, petit bourg entre Tours et Poitiers, en 1596, mort à Stockholm l'an 1650, donna dès son jeune âge de;» marques d'un grand talent. Son application à l'étude lui fit faire les progrès les plus rapides. On a porté sur cet homme justement célèbre des jugements bien contradictoires; parmi les catholiques eux-mêmes, il a des partisans comme des adversaires. C'est qu'en eiîet ce génie puissant peut être considéré à deux points de vue. Si l'on compare à la vérité catholique sa doctrine, connue sous le nom de système cartésien, cartésianisme , on est forcé d'avouer qu'elle est fausse. Répudier la tradition, substituer la raison individuelle tant à la raison commune qu'à l'autorité, séparer les sens de la raison et la raison de la foi , et de cette manière obscurcir la foi en même temps qu'on égare la raison : voilà au fond ce qu'a fait Descartes. D'un autre côté, quand on considère ses sentiments chrétiens, son respect pour Rome , on demeure convaincu qu'il ne voyait ni ne voulait les conséquences de ces doctrines; car elles conduisent au scepticisme, à l'incrédulité, au rationalisme pur, comme le pressentaient Leibnitz et Bossuet. On peut même dire <jue l'Église en a jugé ainsi, puisqu'elle a frappé ses livres d'une solennelle condamnation en les mettant à Y Index. Comme il se trouve encore des catholiques qui soutiennent les principes de l'illustre philosophe, nous croyons devoir rapporter le texte ni6iïi6 d6S décrets *-
Cartes (Renatus Des). Meditationes de prima Philosophia, in quibus Dei existentia,
tIESC
DKSE
et animas himmnœ a cor pore di-\ ^ stinctio demonstrantur. \ m
— Noiœ in Programma quoddam sub
finem anni 1647, in Belgio editum cum hoc titulo : Explicatio mentis humanœ, sive animœ rationalis.
— Epistola ad Patrem Dinet Soc. Jesu
Prœpositum Provincialem per Franciam.
— Epistola ad Gisbertum Voetium, in
qua examinantur duo libri pro Voetio editi.
— Passiones animœ, gallice ab Au-
ctore conscriptœ, nunc autem latina civitate donatœ.
— Opéra Philosophica.
— Meditationes de prima Philosophia, in
quibus adjectœ sunt utilissimœ quœdarn animadversiones ex variis auctoribus collectœ. Amstelodami, 1709.
(Decr. 29juliil722.) La Vie de Descartes a été donnée par plusieurs écrivains indiqués dans la Nouv. Biogr. génér., où l'on trouve aussi une analyse de ses principaux ouvrages. Il y a eu un certain nombre d'éditions des œuvres complètes de Descartes ; la première a été publiée en latin à Amsterdam, 1670 83, 8 vol. in-4''; la deuxième, ibid., 1692-1701 ; la troisième, ibid., 1713, 9 vol. in-4o; une quatrième , Paris , 1724-1729, 13 vol. in-12; enfin une cinquième, Paris, 1824-1826, 11 vol. in-S», donnée par V. Cousin.
DESCENTE DE JÉSUS -CHRIST AUX EN- FERS (La), est une vérité de foi comprise dans le cinquième article du Symbole des Apôtres, par lequel nous faisons profession de croire que l'âme de Jésus-Christ, entre sa mort et sa résurrection, s'est rendue présente aux enfers, c'est-à-dire dans les limbes, lieu où reposaient avant la venue de Jésus -Christ les âmes des justes qui n'avaient rien à expier. Or Jésus- Christ descendit dans les limbes, soit ï)our en retirer ces âmes justes et les mener en triomphe avec lui dans le ciel, dont l'entrée devait être fermée aux hommes jusqu'à ce que le Sauveur l'eût ouverte par sa mort, soit pour manifester sa puissance dans cette région de ténèbres comme au ciel et sur la terre. Voy. Enfer. Fuchs, qui, dans le Diction, de la thëol.cnthoL, expose les preuves que fournissent de ce dogme catholique, et l'Écriture et la tradition, en discutant tous les textes bibliques qui semblent y être opposés et en citant les divers travaux relatifs a ce fait divin.