‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 649 sur 1220 · II. DESIDERIUS HÈRALDDS. Voi/. Hérauld · texte numérisé non relu

II. DESIDERIUS HÈRALDDS. Voi/. Hérauld

DÉSINCAMÉRATION, terme de droit qui signifie l'action par laquelle le Pape démembre quelque terre de la chambre apostolique.

DËSIR, sentiment par lequel on aspire à quelque chose; si ce sentiment est très-faible, on l'appelle velléité. Tout désir peut être bon ou mauvais, mortel ou véniel, selon la qualité de l'objet. Les désirs indélibérés auxquels nous ne donnons aucun consentement ne sont pas des péchés. Saint Paul (Rom., vu, 7 et suiv.) donne le nom de péché à la concupiscence, à tout désir du mal; mais il est évident, par la suite même de ce chapitre, que par le péché l'apôtre entend un vice, un défaut, une imperfection , et non un acte criminel punissable. Il appelle la concupiscence péché, parce que c'est l'effet du péché originel avec lequel nous naissons, et qu'elle est la cause du péché lorsque nous ne lui résistons pas. C'est la remarque de saint Augustin. On peut désirer sa propre mort

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pour n'être pas expos*' au danger de pécher,

Eour posséder Dieu, et par d'autres motifs semlables, pourvu que ce soit sans impatience et toujours avec une humble conformité à la volonté de Dieu. On peut aussi désirer au prochain des disgrâces temporelles, non par haine pour lui, mais pour son oien spirituel et par un zèle de justice, pour empêcher qu'il ne nuise aux autres. Voy. August., de Nupt. et Concup., I. I, c. XXIII, n. 52. Contr. JuL, c. ix, n. 52. Op. imperf., 1, II, c. ccxxvi, etc. Saint Thomas, in 3 Sentent., dist. 30, art. 1 ad 4. Richard et Giraud. Bergier, Diction, de théol.

DÉSIRANT (Bernard), religieux augustin, né à Bruges, mort à Rome sous le pontificat de Benoit XIII , docteur en théologie de la faculté de Louvain , fut professeur du collège de la Sapience. Il composa en faveur de la bulle Unigenitus plusieurs ouvrages, dont le plus connu est intitulé : Consilium pietatis de non sequendis errantihm, etc., in-4''. Vo}/. Richard et Giraud.

I. DÉSIRÉ, en latin Desideratus {sdiiut), né à Soissons, mort, selon l'opinion la plus probable, le 8 janvier 550, succéda à saint Arcade sur le siège épiscopal de Bourges. Il assista , l'an 549, au cinquième concile d'Orléans. Sa Vie, écrite par un abbé du monastère de Le Bœuf, en Limousin, n'est, selon le P. Le Cointe, qu'une copie de celle de saint Ouen. Voy. le P. Le Cointe, ann. 549, p. 754. Richard et Giraud.

II. DÉSIRÉ (Artus), né en Normandie vers 1509, mort vers 1579, à ce que l'on suppose, car son dernier ouvrage est daté de 1578, et la mort seule pouvait arrêter sa verve d'écrivain. C'était un prêtre animé du zèle le plus ardent contre le calvinisme , mais qui n'avait pas le talent de le combattre avec esprit et sagesse. Accusé de haute trahison parce qu'il se rendait auprès de Philippe II, roi d'Espagne, pour le prier de venir au secours de la religion catholique, que l'on croyait près de périr en France, il fut condamné par le parlement à une amende honorable et à cinq ans de prison chez les Chartreux. Il a composé un grand nombre d'ouvrages, tant en vers qu'en prose ; tous portent les titres les plus singuliers, mais cependant assortis à l'esprit de l'époque. Il donne souvent de trèsbonnes raisons en faveur de sa thèse , mais il ne les expose pas avec la gravité et la dignité convenables. Nous citerons parmi ses écrits : i°les Grands Jours du parlement de Dieu, publiez par monsieur Saint-Matthieu ; 1551 ; — 2" les Disputes deGuillot le porcher et la bergère de Saint-Denis contre Jehan Calvin ; 1559 ; — 3° la Singerie des Huguenots, marmots et guenons de la nouvelle dérision tfie'odosienne ; 1574. Voy. Nicéron, Me'rnoires, tom. XXXV. Goujet, Biblioth. française. Feller, Biof)r. univers. La Nouv. Biogr. génér.

DESLIONS. Voy. Deslyons.

DESLOIX ou DES-LOIX (Jean), dominicain, né dans l'Artois, mort à Saint-Omer l'an 1658, fut reçu docteur en théologie à l'université de Caen. Il fut deux fois provincial de son Ordre , et, l'an 1623, la congrégation des cardinaux le nomma inquisiteur de la foi pour Besançon et le comté de Bourgogne. On lui doit : 1» Spéculum inquisitionis bisuntinœ , ejus vicariis et officiariis exhibitum ; Dol, 1628, in-8", avec un traité intitulé : Jus canonicum pro offlcio S. inquisitionis;— 1° r Inquisiteur de la foi représenté, Abrégé du précédent; Besançon, 1630, in-8''; — 3" Exercices spirituels pendant la célébration de lasainte ■messe; Douai, 1617, in-S". Voy. le P. Echard, Scriptor. Ord. Prœdic, tom. II, p. 589. André- Valère, Biblioth. Belg., édit. de 1739, in-S", t. II, p. 627. Richard et Giraud.

I. DESLYONS ou DESLIONS (Antoine), jésuite, né à Béthune vers 1590, mort à Mons l'an 1048. Son talent comme prédicateur le fit appeler à la cour du gouverneur des Pays-Bas. Il a laissé : 1" Traité sur les stations de la Passion de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; — 2» Histoire de rinstituiion , règles, exercices et privilèges de l'ancienne et miraculeuse confrérie des Charitables de Saint -Éloy; Tournai, 1643, in -12; ouvrage qui a eu douze éditions, et a été depuis augmenté par Gilles Joly, seigneur de Vaulte ; — 3° de Cul tu B. V. Mariœ elegiarum libri très; Anvers, 1640, in-12 ; — 4° Elegiœ de amore Jesu. Voy. VEncyclop. cathol. et la Nouv. Biogr. génér., au mot DÈsuoNS.

II. DESLYONS (Jean), docteur de Sorbonne, doyen et théologal de Senlis , né à Pontoise l'an 1615, mort à Senlis en 1700. L'an 1656 il fut retranché, avec plusieurs autres docteurs, de la faculté de Sorbonne parce qu'il n'avait pas voulu souscrire à la condamnation d'ArnauId. Ses principaux ouvrages sont : 1" Défense de la véritable dévotion envers lu sainte Vierge, etc. ; Paris, 1051, in-4''; — 2" Discours ecclésiastiques contre le paganisme du roy boit ; ibid., 1664 , in-12 ; — 3° une seconde édition sous ce titre : Traitez singuliers et nouveaux contre le paganisme du roy boit : 1° du Jeûne ancien de l'Église catholique la veille des Rois; 2" de la Royauté des saturnales, remise et contrefaite par les chrétiens charnels en cette fête; 3° de la Superstition du Phœbé, etc.; Paris, 1670, in-12 ; — 4» Éclaircissements de l'ancien droit de l'évêque et de l'Église de Paris contre les prétentions des- archevêques de Rouen et les fausses idées des aréopagites ; Paris , 1694, in-80; — 5" des Lettres et des Discours. Voy. le P. Nicéron , Métn., tom. II. Moréri , Diction, histor. Le Long, Biblioth. histor. de la France, t. I et IV. Richard et Giraud.

DESMAHIS. Voy. Groteste.

DESMAISONS. Voy. Cas^.

DESMARES (Toussaint-Guy-Joseph), oratorien, né à Vire l'an 1599, mort en 1687, eut de grands succès comme prédicateur ; mais le penchant qu'il montra pour les doctrines de Jansénius lui lit interdire la chaire. On lui doit : 1" Relation véritable de la conférence entre le P. D. Pierre de S. -Joseph , feuillant, et le P. Desmares, de l'Oratoire, etc.; 1590; — 2» Lettre à M. Liancourt : S'il faut expliquer le concile de Trente par saint Augustin ; 1650; — 3" la Censure de la faculté de théologie de Reims contre le libelle d'un jésuite sur le sujet de Gotescalk, etc.; 1652, in-4'' ; — 4" les SS. PP. de l'Église vengés par eux- mêmes des impostures du sieur de Morandé, dans son livre des Antiquités de r Eglise, etc.; Paris , 1652 , in -4" ; — 5" Lettre d'un ecclénastique au R. P. Lingendes, provincial des jésuites de la province de Paris , touchant le livre du P. Lemoine , jésuite , de la Dévotion ai*ee; 1652, in-4''; — 6" plusieurs autres écrits dont on trouve la liste soit dans Richard et Giraud, soit dans la Nouv. Biogr. génér. Voy. Moréri, Diction, histor.

I. DESMARETS (Charles), oratorien, né à Dieppe en 1602, mort l'an 1675, fut curé de Sainte-Croix-Saint-Ouen. Il a laissé : Élévation sur la Passion de N.-S. J.-C; 1676, et Paris, 1677, sous ce titre : Élévation à J.-C. N.-S. sur sa passion, sa mort, etc.

II. DESMARETS (Samuel), en latin Maresius, théologien, né à Oisemont, en Picardie, l'an 1589, mort à Groningue en 1673, fut ministre de plusieurs églises protestantes, et professa la théologie à Sedan, à Bois-le-Duc et à Groningue. On a de lui un grand nombre d'ouvrages de controverse contre les catholiques,

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les sociniens et surtout contre Grotius ; les principaux sont : l» Collegium theologicum, sive brève systema universœ theologiœ : Groning^ue, 1673, in-i»; — 2" Bible française , édition îiouvelle sur la version de Genève, avec les notes de la Bible flamande, etc. ; Amsterdam, 1669, 3 vol. in-fol. Vojj. Nicéron, Mémoires, tom. XXVIII. LsiNouv. Bioqr. qe'nér.

111. ÛESMARETS DE S.-SORLIN (Jean), de l'Acaviémie française, mort l'an 1676, a laissé, outre des ouvrages purement littéraires : 1" Réponse à l'Apologie de Port -Royal: Paris, 1666;

— 2" la Perfection chrétienne de Rodriguez . traduite de lespairnol en français; Paris, 1674.

DESMARETTES. Voy. Brun, n» II.

I. DESMAY (Jacques), théologien français du xvii' siècle, a donné : 1° Vie de saint Furcy ; Paris, 1607, in -12; — 2° Vie de saint Guisy , patron de la ville de Peronne; Paris, 1623, in-12;

— 3° Vie de sainte Clotilde; Rouen, 1623, in-12;

— 4» Remarques sur la vie de Jean Calvin ; ibid., 1621, in- 8°. Voy, Le Long, Biblioth. hisior. de la France. La Noiiv. Biogr. génér.

II. DESHAY (Louis), au xvii» siècle , a laissé : Relation nouvelle et particulière du voyage des PP. de la Mercy aux royaumes de Fetz et de Maroc en 1681 ; Paris , 1682, in-12. Voy. la Nouv. Biogr. génér.

DESMOLETS (Pierre-Nicolas), oratorien, né à Paris l'an 1678, mort en 1760, a donné des éditions d'ouvrages utiles : 1» le second volume de VHistoria Ecclesiœ Parisiensis du P. Gérard Dubois; Paris, 1710, in-fol. ; — 2° le 3« et le 4« vol. de l'Explication des cérémonies de rÉglixc de D. Claude de Vert; ibid., 1713, 2 vol. in-8'';

— 3» le traité de Tahernaculo fœderis du P. Bernard Lami , avec une dissertation de Templo Salomonis: ibid., 1720, in-fol.; — VApparatm Biblicus du P. Lami ; Lyon , 1723, in-4»; — b° une édition de la Biblioth. sacra du P. Le Long; Paris, 1723, 2 vol. in-fol.; — 6» les Institutiones catholicœ du P. Pouget; ibid., 1725, in-8"; — 7» les Sermons du P. Jean de Laroche ; 1720- 1726, 8 vol. in-12; — 8° la Résolution des cas de conscierice du P. Jucnin ; ibid., 1741 , 3 vol. in-12. Voy. Quérard, la France littéraire. Richard et Giraud. La Nouv. Biogr. génér.

DESMONT ou DESMONTS (Remy), bénédictin de la congrégation de Saint -Vannes, né à Novi l'an 1703, mort à Provins en 1787, a laissé : 1" le Libertinage combattu par le témoignage des auteurs profanes ; Charleville , 1744-1747, 4 vol. in-12; — 2" Nouvelle méthode latine et chréfietme oit, en apprenant le latin, on s'instruit en même temps de la religion ; Metz , 1760, in-12. Voy. D. Calmet, Biblioth. Lorraine. Quérard, la France littéraire. Chaudon et Delandine , Diction, univers.

DESPENCE ou DÉPENSE (Claude), ou ES- PENCE ( Charles d' ) , en latin Espencceus , né l'an 1511, mort en 1571, fit sa théologie au collège de Navarre , où il fut connu du cardinal de Lorraine, qui le mena à Rome l'an 1555. Il fut envoyé par Henri II , l'an 1547, au concile de Trente, qui avait été transféré à Bologne. Il assista en 15»)0 aux États d'Orléans, et l'an 1.561, au colloque de Poissy, où il convint avec les calvinistes de plusieurs articles dont les théologiens ne furent pas satisfaits. Ses principaux ouvrages sont : \o Commentaires sur les É pitres de saint Paul à Timolhée et à Tite; — 2» de V Adoration de l'Eucharistie ; — 3» un Traité de la Meuse publique et particulière; — 4° Traité de la prédication et de l'usage des sacrements de l'Église; tous ces ouvragés , écrits en latin , ont été recueillis et publiés à Paris en 1619. Voy. de

Thou , 1. L. Sponde , Annal, ad ann. 15&1, n. 17 ; 1571, n. 36. Le Mire, de Scriptor. sœc. xvi. Nicéron , Mémoires , tom. XIII , XX. Richard et Giraud , qui donnent une analyse des ouvrages de Despence.

DESPIERRES (Jean), bénédictin, mort l'an 1664 , fut préfet et supérieur du collège de l'abbaye d'.\nchin en Hamaut , docteur en théologie, grand prieur et officiai de la cour spirituelle d'Ancht. Ses principaux ouvrages sont : 1° Auctoritas Scripturœ sacrœ kehraicœ , grœcœ et latinœ; hoc est textus hebraici, versionis septuaginta interpretum et versionis Vulgatœ; Douai, 1651, in -4°; — 2» Commentarius in Psulterium Davidicum quo sensus litteralis tam textvs hebraici quum Vulgatœ breviter cxponitur ; — 3» Calendarium novum ad legendas horas cationicas , secundum litum Breviarii romani; — 4o Gloria sanctissimi Monachorum patriarchœ Benedicti. Voij. André -Valère, Biblioth. Belg., tom. II, p. 628 et 629, édit. de 1739, in-4».

DESPILLA (Martin), Espagnol , a donné : Défijiitions des mots et des choses de théologie en matière de morale: Burgos, 1612.

DESPONT (Philippe), docteur de la faculté de théologie de Paris, vivait au xvii* siècle. On lui attribue la grande collection intitulée : Maxima veterum Patrum et antiqiiorum Scriptorum ecclesiusticorum; Lyon, 167/, 27 vol. in-fol. Voy. la Nouv. Biogr. génér.

DESPONSATION (Desponsatio), fête établie eu mémoire des épousailles de la sainte Vierge et de saint Joseph.

DESPOTISME , gouvernement d'un seul avec une autorité absolue et illimitée. Le despotisme n'est nullement né de la religion, comme le soutiennent faussement les incrédules. Il est venu naturellement du pouvoir paternel, qui, dans les sociétés naissantes, n'est limité par aucune loi civile; il n'est borné que par la loi naturelle ; or la loi naturelle est nulle dans un homme sans religion. L'homme, une fois constitué en autorité, veut naturellement être seul maître et écarter toute barrière capable de gêner son pouvoir ; il est donc impossible qu'il ne devienne despote, à moins que la religion ou la force ne mettent un frein à sa puissance. Chez les Hébreux, il y avait un code de lois très-complet, très-détaillé et très-sage; les prêtres, les juges, les rois eux-mêmes ne pouvaient y déroger; le gouvernement n'était donc livré au caprice ni des uns ni des autres. Le vrai despotisme n'a lieu que quand la volonté du souverain a, par elle-même, force de loi, comme on le voit a la Chine et ailleurs ; chez les Hébreux, au contraire, ce n'était pas l'homme qui devait régner, c'était la loi. C'est encore à tort que les incrédules ont soutenu que le chinstianisme autorisait le despotisme, parce qu'il commande aux peuples l'obéissance passive. S'il commande l'obéissance aux peuples , il commande aussi la justice, l'équité, la clémence aux princes. Et quant à l'obéissance passive, il est faux que le clergé enseigne qu'elle doit être illimitée, puisqu'il enseigne qu'un sujet ne devrait pas obéir si le souverain commandait quelque chose de contraire à la loi de Dieu. Ainsi, ce n'est pas la religion qui fait naitre le despotisme, ce sont plutôt les incrédules eux-mêmes qui travaillent à l'inspirer aux princes , soit en les affranchissant de toute crainte de Dieu et de tout respect pour le droit divin, soit en déclamant mal j. propos contre l'autorité souveraine. D'ailleurs comment peut-on tenir compte de la doctruie de nos politiques incrédules, quand on en considère les contradictions? D'un côté ils accusent 1«

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