ESSÉ
nière. Cette méthode ne pouvait aboutir et n'a abouti , en effet , qu'à multiplier les opinions , les variations , les disputes ; à former autant de religions différentes qu'il y a d'individus, et à introduire le fanatisme. C'est pourquoi, dès les commencements mêmes de la prétendue réforme , on a vu éclore très-rapidement le luthéranisme et le calvinisme , les anabaptistes , les sociniens, la religion anglicane, les quakers , les arminiens, les gomaristes, etc. Gomment Calvin a-t-il pu faire brûler à Genève Michel Sei vet pour avoir interprété l'Écriture sainte touchant le mystère de la Ti-inité, puisque ce prédicant avait suivi dans son interprétation son sens particulier? Si chacun ne doit suivre que sou sens particulier, pourquoi tenir des synodes , dresser des professions de foi , faire des décisions en matière de doctrine, condamner des opinions, «•omme ont fait les calvinistes dans le synode de Dordrecht et ailleurs? Pourquoi Muncer et ses anabaptistes , Socin et ses partisans, Arminius et ses sectateurs, etc., armés d'une Bible, n'ont-ils pas eu autant de droit de dogmatiser et de se faire une religion que Calvin lui-même? C'est là un argument personnel auquel les protestants n'ont jamais pu rien opposer de solide. I.es protestants nous accusent de soumettre la parole de Dieu à l'autorité des hommes, parce i[\xe nous soutenons que c'est à l'Église de fixer le véritable sens de l'Écriture; mais, nous le demandons à tout homme ,qui est sans prévention, l'esprit général de l'Église est-il un juge moins infaillible que Vesprit particulier d'un
Erotestant? Nos adversaires semblent avoir oulié que la Bible est un vrai code de lois. Or, quel est le législateur assez imprudent et assez téméraire pour jeter en quelque sorte une législation à la face de son peuple, en lui disant : « Conformez-vous-y, et l'intérêt commun en résultera, » sans établir en même temps une autorité compétente chargée d'en donner le vrai sens toutes les fois que le besoin s'en fera sentir? Que deviendraient nos Codes français s'il n'y avait ni tribunaux, ni cour suprême pour les expliquer, et pour décider les questions si nombreuses et si importantes que les intérêts opposés des citoyens font naitre chaque jour? Au fond , quand l'Église détermine le vrai sens dun passage quelconque , par exemple, de ces mots : Ceci est mon coi^ps , elle dit : Selon la croyance que j'ai reçue des Apôtres, tant de vive voix que par écrit, ces paroles de Jésus- Christ signifient : Ceci n'est plus du pain; c'est mon corps réellement et substantiellement ; donc tout fidèle doit le croire. Au contraire un protestant dit : « Quoiqu'une société ancienne et nombreuse prétende avoir appris des Apôtres que ces paroles ont tel sens, je juge par mon esprit particulier qu'elles signilient : Ceci est la figure de mon corps ; et en cela je crois être éclairé par la grâce plutôt que cette société qui se donne pour Église de Jésus- Christ. De quel côté est ici le respect le plus sincère, la soumission la plus entière à la parole de Dieu? Voy., dans la Bible de Vence, la Dissertation sur la canonicHé des livres saints , laquelle se trouve à la tête du tom. I''. Bergier , Diction, de théologie.
ESPRITS. On croit assez généralement que ce fut au iv* siècle que les esprits furent introduits dans la version des Septante de l'Ancien Testament et dans le texte grec du Nouveau. Voy. J.-B. Glaire, Introduction, etc., tom. I" p. 100.
ESQUINISTES, hérétiques du iii« siècle, sortis des Montanistes, qui ajoutèrent aux erreurs
de Montan celles de Sabellius touchant les personnes de la Trinité. On croit qu'ils tiraient leur nom d'Esquines, chef de leur nouvelle secte. Voy. Hermant, Hist, des hérés., au mot EsQUi- NisTES, et Compar. MoNTAN. Sabellius.
ESQUIVEL. Voy. Alaba.
ESRIEL, fils de Manassé. Voy. Josué , xvii, 2.
I. ESRON, lils de Phares, père d'Aram. Voy. Ruth, IV, 18. Matth., 1,3.
II ESRON ou , selon l'hébreu , Hetsron , ville sacerdotale de la tribu de Juda. Voy. Josué, XV, 3.
ESS (Charles VAN), bénédictin, né à Wartbourg l'an 1770, mort en 1824, professa la philosophie au couvent d'Huysbourg, et l'an 1801 il fut nommé piieur de son couvent. Il a laissé : 1° les Saintes Écritures du Nouveau Testament ti^aduites ; Brunswick , 1807 ; — 2» Projet d'une courte histoire de la religion; Salzbourg, 1817;
— 3» Exposé de l'enseignement catholique chrétien ; ibid., 1822. Voy. la Nouv. Biogr. génér.
ESSA, ville située au delà du Jourdain, et qui fut prise par Alexandre , roi des Juife. Voy. Joseph, Antiq., 1, Xlil, c. xxiii.
ESSAI (Periclitatio , spécimen, periculum), action par laquelle on examine une chose pour en connaître la nature et la qualité. Autrefois un des ministres de l'autel faisait tous les jours l'essai du vin et de l'eau avant la messe , comme aujourd'hui un cardinal fait l'essai du vin et de l'eau à l'église Saint-Piene du Vatican, lorsqu'aux grandes fêtes le Pape ou son député célèbre la messe. Voy. Moléon, Voyage liturg., p. 255. Richard et Giraud.
I. ESSARTS (L'abbé Alexis des), né à Paris, vivait au xyiii' siècle. Il a laissé : 1» Traité de la venue d'Élie; 1734, in-12;— 2*' Sentiments de saint Thomas sur la crainte; 1735, in -4"; — 3" Examen du sentiment des saints Pères et des anciens Juifs sur la durée des siècles; 1739, in-12 ;
— 4" Défense du sentiment des saints Pères sur le retour futur d'Élie; 1737, in-12; — S» Doctrine de saint Thomas sur l'objet de la distinction des vertus théologales ; 1735, in-4°; — G» Défense de l'écrit intitulé : Doctrine de saint Thomas contre la réponse de l'auteur des Nouveaux Éclaircissements; 1743, in-4''; — 7" Réponse à l'examen intitulé : Doctrine de saint Thomas; 1744, in-4*. Voy. la France littéraire.
il. ESSARTS (L'abbé Poncet des), frère du précédent. On a de lui : i" Apologie de saint Paul contre l'apologiste de Charlotte ; ilM,m-^;
— 2" de l'Autorité des miracles et de l'usage qu'on en doit faire; 1749, in-4'>; — 3" Eclaircissements sur les dispenses de la loi de Dieu; 1749, in-4';
— 4» Traité du pouvoir du démon et des guérisons opérée» sur les païens; 1749, in-4'"; — 5» Recueil ae plusieurs histoires très-autorisées sur l'étendue du pouvoir du démon ; 1749, in-4o; — 6° la Possibilité du mélange dans les œuvres surnaturelles du genre merveilleux ; in-4''; — 7» plusieurs autres ouvrages indiqués dans Richard et Giraud. Voy. la France littéraire.
ESSCHIUS. Voy. EscHius.
ESSÉENS ou ÈSSÉNIENS {Essœi, Esseni), nom d'une secte juive dont on ignore l'origine. On s'accorde généralement à donner au mot Esséens ou Esséniensune étyrnologie araméenne; mais les uns lui attribuent un sens primitif, les autres un autre. Ils menaient une vie irréprochable; et les trois maximes fondamentales de leur morale étaient l'amour de Dieu, l'amour de la vertu , et l'amour du prochain. Joseph nous apprend que les Esséniens attribuent tout à Dieu ; ils tiennent les âmes pour immortelles , envoient des offrandes au temple, mais n'y of-