II. EUCHAIRE. Tov.Aloph
EUCHAITA ou EUCHAITiE , EUCHJETA,
EUCEET.ffi, ville épisc. de la province d'Hélénopontj au diocèse de Pont, érigée en évêché auvii^ siècle, sous la métropole d'.\masie. Les Notices grecques en font un archevêché, et celle de Léon une métropole. Elle a eu seize évêques, dont le premier, Épiphane, assista au sixième concile général. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. I, p. 543. De Commanville,/" Table alphabet., p. 101. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. XXII, p. 169.
EUGHANIA, ville épisc. de la province d'Europe, au diocèse de Thrace, sous la métropole d'Héraclée. La Notice de l'empereur Léon et les Actes du septième concile général en font la première ville épiscopale de la province d'Europe. Quelques autres Notices disent qu'elle a été érigée en métropole. Elle a eu quatre évêques , dont le premier, Grégoire, assista au septième concile général. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. I, p. 1144. . ,
EUGHARIS, mot dérivé du grec, et qui si-»
EUCH
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gnifie gracieux, agréable; il se trouve dans l'Ecclésiastique, VI, 5.
I. EUCHARISTIE, mot spécialement consacré pour exprimer le sacrement auguste de nos autels. On le nomme Eucharistie, c'est-à-dire honne grâce, action de grâce, parce gue Jésus- Christ en l'instituant rendit grâces a Dieu son Père, et parce qu'il contient Jésus-Christ, source de toute gi-àce. Mais on appelle encore ce sacrement : l" Eulogie ou Bénédiction, parce que Jésus-Christ employa la bénédiction en l'instituant, et que les prêtres de la nouvelle loi l'emploient encore en le consacrant; — 2° le Saint des saints, le Corps et le Sang de Jésus-Christ, parce qii'il renferme l'un et l'autre; 3" Pain, à cause de sa matière; 4° Fraction du pain, à cause de la manière dont on le distribue; 5» Communion, Communication, Synuxe (assemblée, réunion), tant parce qu'en recevant ce sacrement nous communiquons avec Jésus-Christ et avec les fidèles, que parce que, pour le recevoir, on a coutume de s'assembler en un même lieu ; 6° Vie et Salut, parce gu'il renferme Jésus- Christ, l'auteur de la vie spirituelle de nos âmes et de notre salut; 7" Viatique, comme étant une nourriture qui soutient et fortifie les fidèles dans le pèlerinage de cette vie , mais surtout dans le dangereux passage de ce monde à l'autre ; S" Cène du Seigneur, attendu que c'est un banquet divin de Jésus-Christ avec l'Église,
?[ue Jésus-Christ l'institua le soir après la cène égale, et que c'est un mémorial de la dernière cène de Jésus-Christ ; 9" la Pâque, ayant été institué au temps de Pâques, et contenant Jésus- Christ, qui est notre véritable pâque; 10" la l'able du Seigneur, parce que Jésus-Christ était à table lorsqu'il l'institua; 11» le Sacrement du Nouveau Testament; il l'est, en effet, par excellence; 120 Metalepse, c'est-à-dire Assomption, ou Participation, Transmutation et Transsubstantiation, parce qu'il nous élève, en quelque sorte, au-dessus de nous-mêmes, pour nous unir à Jésus-Christ; qu'il nous fait participants de la divinité, et que le pain et le vin sont changés physiquement au corps et au sang de Jésus- Christ, comme les fidèles qui le reçoivent sont changés et transformés spirituellement euxmêmes en lui. — L'Eucharistie est un sacrement qui contient le vrai Corps et le vrai Sang de Jésus-Christ, sous les espèces ou apparences du pain et du vin , pour la nourriture de nos âmes. Il est de foi qu'après la consécration la substance du pain et du vin n'existe plus, et qu'il n'y a dans le calice et dans l'hostie que le corps et le sang du Sauveur. — La matière nécessaire de l'Eucharistie, celle sans laquelle on ne peut consacrer validement, c'est le blé ou froment et le vin de la vigne. Pour que le pain et le vin puissent être consacrés, il faut qu'ils soient sensibles et présents au prêtre d'une présence physique et morale. Mais il n'est pas nécessaire pour cette double présence que le prêtre voie ou touche la matière qu'il consacre, il suffit qu'il sache qu'elle y est. C'est d'après ce principe qu'un prêtre aveugle peut consacrer. On peut consacrer validement avec du pain azyme ou du pain fermenté; mais le prêtre grec qui , sans nécessité , consacrerait avec du pain azyme, et le prêtre latin qui, également sans nécessité , consacrerait avec du pain fermenté, consacreraient illicitement tous les deux, parce qu'ils violeraient le précepte de leur Église respective. Il faut mêler un peu d'eau avec le vin dans la consécration; mais ce mélange d'eau n'est que de précepte ecclésiastique. — Le commun des théologiens fait consister la forme
essentielle de la consécration dans ces seules paroles évangéliques : Ceci est mon corps, ceci est mon sang, par la raison que ces paroles opèrent ce qu'elles signifient, et que les Pères de l'Église n'en rapportent pas d'autres lorsqu'ils parlent de la forme consécratoire de l'Eucharistie. — Les effets de l'Eucharistie sont innombrables; mais l'effet principal est de nourrir spirituellement nos âmes , et en les nourrissant ainsi, de les unir intimement à Jésus-Christ et de nous faire vivre de sa vie. — Quant aux dispositions requises pour recevoir dignement l'Eucharistie, les unes regardent le corps, et les autres l'âme. Les premières consistent dans l'extérieur le plus modeste, le plus respectueux, le plus recueilli possible, et à être à jeun depuis minuit, à moins qu'on ne reçoive l'Eucharistie en viatique. Les secondes consistent dans la pureté de l'âme, qui doit être plus ou moins grande, selon que l'on communie plus ou moins fréquemment. — On distingue le ministre de la consécration et le ministre de la dispensation ou distribution de l'Eucharistie. Les ministres de la consécration sont les prêtres et les évêques seulement. Les ministres ordinaires de la dispensation sont également les prêtres et les évêques ; cependant les diacres l'étaient aussi autrefois, comme on le voit par les Actes des Apôtres (vi), qui nous les montrent comme établis pour servir aux tables dans lesquelles on distribuait l'Eucharistie; par saint Justin, qui dit (Apologet. ii) que les diacres distribuaient l'Eucharistie aux assistants et la portaient aux absents; et par le quatrième concile de Carthage. — Quant au sujet de l'Eucharistie, on entend par cette expression les différentes personnes qui sont capables de la recevoir. Nous en avons déjà parlé plus haut au mot Communion, nos l'y et V. Voy. le Traité de l'Eucharistie dans les théologiens, et, en particulier, le P. Drouin, c?e /ie Sacramentaria, tom. I. La Théorie et la pratique des sacrements, tom. P''. Le Commentarius historicus et dogmaticus de sacramentis, dissert. 4, de Sacramento Euchuristiœ. Richard et Giraud, où l'on trouve une foule de questions pratiques qui peuvent être très-utiles dans bien des cas. Le Diction, ecclés. et canon, portatif, qui contient aussi des notions intéressantes sur plusieurs points. La Perpétuité de la foi, tom. I"V et V. Le Brun, Explicat. des cérém. de la messe, etc. Scheffmacher, Lettres d'un docteur allemand de l'université catholique de Strasbourg à un gentilhomme protestant , sur les six obstacles qui se rencontrent dans la religion protestante. Le savant Père jésuite prouve entre autres choses, dans ces lettres, que les protestants , faute de recevoir le corps et le sang de Jésus-Christ, comme ils y sont obligés par le précepte divin sous peine de perdre la vie éternelle, restent nécessairement dans la mort. Pape de Trevern, Discussion amicale sur l'Église anglicane, et en général sur la ré formation, t. II, lettre 10, appendice, p. 58, où sont réunis les témoignages des Pères qui montrent jusqu'à l'évidence que le dogme de la présence réelle , reconnu dès les premiers siècles de l'ÉgUse, remonte jusqu'aux apôtres, et par conséquent jusqu'à Jésus-Christ; on a recueilli un certain nombre de ces témoignages dans le Diction, de théol. de Bergier. h Encyclop. cathol., où on trouve une grande érudition.