‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 781 sur 1220 · EUD.E · texte numérisé non relu

EUD.E

EUDO

de Trève^;. Voy. Feller, Biograplne nniverselle.

II. EUCHER (saint), évèqiie de Lyon, mort le 16 novembre, vers lan 454, ou 459j selon d'autres, occupa d'abord dans le monde un rang distingué, et eut deux lils, Salonius et Veranius. Vers 42"2 il se retira dans l'Ile de Géra, aujourd'hui Sainte-Marçnerite. L'an 441 il assista au premier concile d'Oi'ange. Il a laissé un grand nombre d'ouvrages , dont les principaux sont : 1° Epistola parœnetica ad ValeiUmvm cognutum de f:ontemptu mundi et secufaris philosojihiœ ; Erasme en a donné une édition avec des scolies ; Bàle, 1520; — 2» Liù/'r forrnulnrum spiritiialis intelligentiœ ; — 3° Instructionum libri II, ad Salonhun filium ; — 4» Historia possionis S. Mauritii et sœiorum niartyfum legionis f'e/ids Thebeœ Ayaunenmim. La plupart des ouvrages de saint Eucher se trouvent dans la Bihliotheca Paf/-um de Cologne et dans celle de Lyon. Ils ont, en outre, été imprimés à Bàle, 1531, et à Rome, 1564, in-fol. Voij. saint Hilaire d'Arles, dans la

lie de saint Honorât. Cassien, préface de sa conférence XL Salvien de Marseille, Lettres. Claudien Mamert, Traité de l'état de ï'àme, 1. II. Sidoine Apollinaire. Gennade de Marseille. Baronius. Annal. D. Rivet , Hist. littér. de la France, tom. II. D. Geillier, Hist. des Aut. sacr. et ecclés., torn. XIII, p. 599 et suiv. Richard et Giraud. Feller, Bioqr. univers. La Nottv. Biogr. génér.

III. EUCHER (saint), dit le Jeune, suffragant de la métropole d'Arles, qui vivait au vi« siècle, était extrêmement lié avec saint Césaire, évèque de cette ville. Saint Eucher assista lan 524 au quatrième concile d'Arles, l'an 527 à celui de Carpentras , l'an 529 au deuxième concile d'Orange, puis à celui de Vaison, qui eut lieu cinq mois après. Le Martyrologe de France place sa fête, ainsi que celle de son prédécesseur, au 16 novembre. Toî/.Cyprien de Toulon, lïe de saint Césaire d'Arles, dans le P. Mabillon, tom. I. Richard ot Giraud.

IV. EUCHER (saint), évéque d'Orléans, né vers l'an 687, mort vers l'an 738, entra d'abord à l'abbaye de Jumièges, et, l'an 721, fut sacré évèque d'Orléans. Il vécut sur le siège épiscopal comme dans l'obscurité du cloître; mais il fut exilé par Charles Martel, auprès de qui il avait été calomnié, d'abord à Cologne, puis dans le pays de Hasbain ; il mourut dans le monastère de Saint-Tron. L'Église honore sa mémoire le 20avriL Voy. Bollandus. Le P. Mabillon, Act. des Saints Béttéd., tom. III. Richard et Giraud.

EUCHET.S. Voy. Elchait.\.

EUCHÈTE ou ÉUCHITE, EUTYCHITE (Euchiia), mot dérivé du grec , et qui signifie celui qui prie; c'est le nom donné à certains hérétiques qui priaient sans cesse, parce qu'ils croyaient que la prière seule suffisait pour être sauvé. Voy. Théodoret, Hœres., 1. IV. Bergier, Diction. Compar. Messalius.

EUCHOLOGE ou EUCOLOGE (Euchologium), mot dérivé du grec, et qui signifie discours de prières. L'euchologe est le rituel des Grecs; il renferme tout ce qui appartient à leurs cérémonies, soit dans leurs liturgies, soit dans l'administration des sacrements, soit dans la collation des Ordres. Cet Euchologe a été imprimé plusieurs fois à Venise en grec, et il y en a des exemplaires manuscrits dans les bibliothèques. La meilleure édition est celle qu'a donnée le P. Goar, en grec et en latin, avec augmentation d'excellentes notes; Paris, 1647. Voy. Bergier, Diction, de théol. Gaet. Moroni, vol, XXII.p. 170, 171.

EUD.£MON (Jean -André), jésuite, né à la Canée vers l'an 1560, mort à Rome en 1625,

professa la philosophie à Rome et la théologie à Padoue. Il devint recteur au collège des Grecs, et accompagna comme théologien le cardinal Barberini, légat en France. Eudœmon est auteur d'un certain nombre d'ouvrages indiqués dans la yoiiv. Biogr. génér., et parmi lesquels nous citerons : 1» Castigatio Lambeiti Danecipro card. Bellarmini controversiis ; Ingolstadt , 1606, in-8»; — 2'^ de Ante-Christo libri III, adversu.f Rohertum Abfjotum; ibid,, 1609, in-8»; — 3" Castigatio Apocalypsis Apoculypseos Thomœ Brighinmnni\ Cologne, 16i6; — 4" Narratio de pio obitu Bob. card. Bellarmini, etc; Dillingen,1621, in-4". Voy. la Nouv. Biogr. génér.

EUDES (Jean), fondateur de la congrégation de Jésus et Marie dite des Eudistes, né à Rye, au diocèse de Séez,ran 1601, mort à Caen'en 1680, montra dès sa jeunesse une grande piété unie à l'humilité la plus profonde. Il entra dans la congrégation de l'Oratoire , où il acquit l'estime du P. de Bérulle , qui le chargea d'annoncer en public la parole de Dieu avant même qu'il fût dans les ordres sacrés. Dès qu'il fut prêtre, il se livra avec ardeur à la prédication, et parcourut la Normandie, où la peste faisait d'atfreux ravages. Sa réputation grandit promptement ; l'anlOSS, ses supérieurs l'établirent chef des missions, et, l'an 1640, il devint supérieur de la maison de l'Oratoire de Caen. L'an 1643, il quitta les Oratoriens pour fonder la congrégation dite des Eudistes, qui ne tarda pas à prendre une grande extension. Le P. Eudes eut a surmonter de grandes difficultés dans l'étabUssement de sa congrégation , et ses ennemis tentèrent plus d'une fois de faire échouer son entreprise; cependant il en vint à son honneur, grâce à la protection de la reine mère, qui, ayant assisté aux missions qu'il avait faites à Paris , fut enthousiasmée de son éloquence. Le P. Eudes obtint aussi du Saint-Siège l'autorisation d'ériger en Ordre religieux la communauté de Notre-Dame-de-Charité. Il a laissé un assez grand nombre d'ouvrages, dont on trouve la liste dans Richard et Giraud et dans la Noi/v. Biogr. génér. Les principaux sont : 1° Exercices de piété pour vivre chrétiennement et saintement; 1633; — 2° la Vie et le royaume de Jésus; 1637, in-8°, souvent réimprimé; — 3° la Vie du chrétien ou le Catéchisme de la mission ; 1641 ; — 4" le Contrat de f homme avec Dieu par le saint baptême; 1654 et 1743, in-12; —5° le Bon Confesseur, traduit en diverses langues ; Paris, 1666 ; — 6» Manuel de prières pour une communauté d'ecclésiastiques; Caen, 1668, in-12. Voy. Huet, Commentarius sur Eudes, p. 352, et dans Origines de Caen, p. 239 et suiv. J. Hermant, //w/. de l'établissement des Ordres religieux. Le Long, Biblioth. histor. de la France. Le P. Hélyot, Hist. des Ord. monast. Moréri. Diction, histor.

EUDISTES, congrégation fondée par le P.

Eudes , et qui commença à Caen l'an 1643. Elle avait des maisons dans tous les diocèses de la Normandie. C'était un corps d'ecclésiastiques voués à l'éducation des jeunes clercs dans les séminaires, et à la conversion ainsi qu'à l'instruction des fidèles dans les missions. Cette congrégation faisait profession d'être entièrement soumise aux ordinaires des lieux où elle était étabhe. Les ecclésiastiques étaient purement séculiers et ne faisaient aucun vœu; ils pratiquaient la retraite et la régularité dans une grande perfection. Voy. Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. et canon, portatif. Gaet. Moi-oni, vol. XXII, p. 171, 172. , „

I. EUDOCIAS, ville épisc. de la seconde Pamphvlie , au diocèse d'.Vsie, sous la métropole dç

EUGÈ

EUGÈ

Perges. Elle n'a été le siège d'un évêque que depuis le concile de Chalcédoine. On n'en connaît que trois, dont le premier, Innocent, souscrivit à la lettre des évêques de la province à l'empereur Léon. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. I, p. 4021. Richard et Giraud.

II. EUDOCIÂS, ville épisc. de Lycie, au diocèse d'Asie, sous la métropole de Myre. Elle a eu trois évêques, dontle premier, Timothée, assista au concile d'Éphese, Voy. Lequien , Oriens Christ., tom, I, p. 988. Richard et Giraud.

III. EUDOCIAS ou EUDOXIAS, GALBANA, ville épisc. de la seconde Cappadoce , au diocèse de Pont, sous la métropole de Pessinonte. On n'en connaît que deux évêques, dont le premier, Aquilas, siégea au concile de Chalcédoine

Earmi les évêques de la seconde Galatie. Voy. equien, Oriens Christ., tom. I, p. 495. Richard et Giraud. De Commanville, /" Table alphabet., p. 104.

EUDOXIE, impératrice d'Orient, tille du Franc Bautoet femme d'Arcadius, née vers 375, morte en 404, exerça la plus grande influence sur son mari, qui n'était empereur que de nom. Maîtresse de l'État et de la religion , elle fit disgracier Eutrope, l'eunuque favori d'Arcadius, qui était parvenu aux premières charges, et exiler par deux fois différentes saint Jean Chrysostome, qui avait prêché avec un saint zèle contre le luxe et la vanité des femmes, et qui s'était élevé avec force contre les abus et les profanations commises à la dédicace d'une statue de l'impératrice. Voy. Socrate, Hist. eccles., 1.71, c. xviii. Tillemont, Hist. des empereurs, tom. V. Feller, Biogr. univers. La Nnuv . Biogr . fjénér. Le Diction, delà théol. cathol.

EUDOaIENS (Eudoxiantes), nom donné à des hérétiques du iv* siècle qui, ayant adopté les erreurs des Aëtiens et des Eunomiens, soutenaient que le Fils avait une volonté différente du Père, et qu'il avait été fait de rien. Ils tiraient leur nom d'Eudoxius, patriarche d'Alexandrie et de Constantinople, lequel s'était déclaré pour les Ariens. Voy. S.Épiphane, Hœres. lxxvii. Le Diction, de la théol. catfioL, art. EuDOXius.

EUDOXIOPOLIS, ville épisc. de Pisidie, au diocèse d'Asie, sous la métropole d'Antioche. On n'en connaît qu'un évêque, Théodore, qui souscrivit à la lettre adressée à l'empereur Léon par les évêques de la province. Il y a en Europe une autre ville du même nom; on l'appelait aussi Selybria. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. I , p. 4062. Richard et Giraud.

EUDOXIUS. Voy. Eudoxiens.

EUFRAISE, en latin Euphrasius(sai'mi),êvêqve de Clermont , en Auvergne , mort vers l'an 514, succéda l'an 491 à saint Apruncule. L'an 506 il envoya Paulin , prêtre de son église, au concile d'Ague, préside par saint Césaire d'Arles; l'an 511, il assista lui-même à celui d'Orléans. Les anciens Martyrologes placent la fête de saint Eufraise au 14 janvier, et d'autres au 15 mai. Voy. S. Gré^. de Tours, Hist. de France, 1. II et III, et Vie de saint Quintien de Rhodez. Richard et Giraud.

EUGANDE, EU6ENDE, EUGENDUS. Voy.

Oyand.

* EUGÈNE. Nous avons d'abord placé les

Eapes de ce nom , puis les autres personnages omonymes.

I. EUGÈNE I" (saint), pape, né à Rome, mort le 2 juin 657, fut placé sur le saint - siège l'an 654, du vivant de Martin I^"", déposé par l'em-

{)ereur Constant II. Les vertus de saint Eugène ui acquirent l'affection du peuple et du clergé

de Rome, qui finirent par consentir à son élection. Le Martyrologe romain moderne place sa fête au 2 juin. Voy. Anastase, en sa Vie. Baronius, Annales, ad ann. 652, n. 11 , et Annot. ad Martyrol. Rom. 4. Non. Jun. Gaet. Moroni, vol. XXII, p. 176,177.

II. EUGÈNE II, pape, né à Rome, mort le 27 août 827, succéda à Pascal I" l'an 824; on lui opposa l'antipape Zozime; mais Lothaire, tils de l'empereur Louis , vint en Italie et rendit la paix à l'Éghse. On attribue à Eugène II : 1» un Décret portant que les ambassadeurs de l'empereur seraient présents à l'ordination du pape ; — 2" une Lettre écrite après la conférence tenue à Paris l'an 824, au sujet des images. Voy. Baronius, Annal., ad ann. 824, 825 et 827. Platina. Ciaconius. Le Cointe, Annal, eccles. Franc, ann. 824, n" 12. Le P. Pagi, Breviarium Ponti' ficum. Gaet. Moroni, vol. XXII, p. 177, 178.

III. EUGÈNE III, pape, nommé Pierre Bernard, né à Pise, mort l'an 4453, fut d'abord disciple de saint Bernard à Clairvaux, puis abbé du monastère de Saint-AnastaseauxTrois-Fontaines, hors des murs de Rome. Il succéda à Luce II l'an 1145. Après sa consécration il se retira à Viterbe, d'où il excommunia Jordanes, qui avait pris la qualité de patrice et s'était rendu maître de Rome , puis il soumit les Romains. Ceux-ci se révoltèrent de nouveau, et le pape se rendit successivement à Tivoli, à Pise et en France , où il tint plusieurs conciles pour la croisade. L'an 1148 il rentra en Italie, et, après plusieurs combats, se rendit maître de l'église Saint -Pierre. Eugène III a laissé 87 Lettres et un privilège en faveur des évêques de Bourges. Voy. saint Bernard et Pierre de Cluny, in Epist. Baronius, Annal. Louis Jacob, Bibliot/i. Ponti f. D.Jean de Lannes, Uist. du ponti f.d' Eugène ni; Nancy, 1737, in-8». Gaet. Moroni, vol. aXII, p. 178. Artaud de Montor, Histoire des Souverains Pontifes rotnains, tom. II. Richard et Giraud. Feller, Biogr. univers.

IV. EUGÈNE IV, pape, nommé Gabriel Condobnerio, né à Venise, mort en 4447, fut chanoine de la congrégation de Saint-Georges in Algn, évêque de Sienne et cardinal. Il assista au concile de Constance, fut légat dans la marche d'Ancône, et succéda à Martin V l'an 1431. Le concile de Bâle , qui fut ouvert cette année-là , donna lieu à des contestations assez graves entre le pape et les cardinaux; le concile fut dissous , et les cardinaux nommèrent un autre pape sous le nom de Félix V. Eugène IV a laissé des Lettres et des Bulles, qui se trouvent, les unes dans les collections des conciles, les autres dans Bzovius, d'autres dans Wadding, d'autres enfin dans le Bnllaire. On attribue aussi à ce pape quelques Traités, un, entre autres, contre les Hussites. Voy. Ciaconius. Sponde, ad ann. 1431, n. 4, 5. Louis Jacob, Biblioth. Pontif. Labbe,-^c/a Concilii Basiliensis. Platina. Artaud de Montor, Hist. des Souverains Pontifes romains.

V. EUGENE (saint), martyr de Tivoli au W siècle, était un des fils de sainte Symphorose. Voy. Symphorose.

VI. EUGÈNE (saint), martyr à Deuil au iii« siècle , vint d'Italie dans les Gaules avec saint Denis, saint Quentin et quelques autres missionnaires. Après avoir beaucoup travaillé et beaucoup souffert pour la foi, il reçut la couronne du martyre. Voy. le P. Dubois, Hist. de l'Église de Paris. D. MahiWon , Remarq . sur la translation de saint Eugène à Bi^ogne, au V siècle bénéd. Tillemont, Mémoires, tom.- IV.

VIL EUGÈNE (saint), évêque de Carthage, mort le 6 septembre 505 , fut placé sur le siège

EULÂ

EULO

épisoopal en 481. Ses vertus lui attirèrent l'inixnitié des évêques ariens, qui le calomnièrent auprès du roi Hunéric. Ce prince excita à cette occasion, contre les catholiques, une cruelle persécution; et le miracle opéré par saint Eugène, qui rendit la vue à un aveugle , irrita davantage les aiiens contre les catholiques ; plus de quatre cents évéaues furent exilés, et saint Eugène fut relégué dans les déserts de Tripoli. Il eu revint Tan 487 ; mais, ayant été exilé une seconde fois, il se retira à Alby ; il mourut dans le village de Vians, où il avait fondé, dit-on, un monastère. L'Église l'honore le 13 juillet. Saint Eugène a laissé : 1" Exposiiio fidei catltoiicœ; — 2" Apologeticus pro fide; — 3" Altercatio cum Arianis. Voy. Victor de Vite, Histor. persecut. Vandalicœ, \. II et III. S. Grég. de Tours, Hùt. de France, 1. II. Gennade de Marseille, de Scriptorib., c. xcvii. Sponde, 1. II. Baronius, Annales, in epitomen redacti. Richard et Giraud. VEncyclop, cntJioL, au Supplém.

Vlli. EUGÈNE (saint), évéque de Tolède, mort vers lan 657, fut d'abord chanoine de la cathédrale de cette ville. Il se retira au monastère de Saint - Engrasse , à Saragosse , d'où on l'obligea de sortir pour monter sur le siège épiscopal de Tolède l'an 646. Il présida les huitième, neuvième et dixième conciles de Tolède. L'Église célèbre sa fête le 13 novembre. 11 a composé plusieurs ouvrages sur des sujets moraux et religieux; ils se trouventdans Sirmond; Paris, 1696. Vo//. Juan de Ferreras, la Historia de Espana, ou la traduct. franc.; Paris, 1751, 10 vol.in-40. Ildephonsus,rfe Scriptor.eccles., c. xiii et XIV. Baronius, Martt/roL, au 13 novembre.

EUGENICUS, théologien grec du xv^ siècle. Son éloquence et son savoir rélevèrent aux premières dignités ecclésiastiques, et il monta sur le siège archiépiscopal d'Éphèse vers l'an 1436. Il assista au concile de Florence, où, zélé défenseur des droits de l'Église grecque, il combattit à outrance l'Église latine et refusa de signer les actes du concile. Il a laissé : 1» Lettre a l'empereur Paléologue , dans Labbe, Concilia, t. XIII, p. 677; — 2" Circulaire adressée à toute la chrétienté; ibid.,tom. XIII, p. 740; — 3» Traité sur des sujets liturgiques; dans les Liturgiœ, édit. de Paris, 1560, p. 138; — 4" plusieurs autres écrits indiqués dans la Nouv. Biogr. génér.

EUGÉNIE (sainte), vierge et martyre, souffrit à Rome sous Valérien ou même sous Dioclétien, vers l'an 258 ou vers l'an 304. Les anciens Martyrologes placent sa fête au 25 décembre. Vog. Tillemont, notent, sur la Persécution de Valérien, dans ses Mémoires, tom. IV. Richard et Giraud.

EUGENIUS. Voy. Egswin.

EUGIPE ou EÛGIPPE (Eugipius ou Eugippius), abbé de LucuUano ou de Saint-Séverin, près de Naples, vivait au vi« siècle. Il a laissé : lo Vie de saint Séverin, publiée par Canisius, Antiq. Lect., tom. VI, p. 453; — 2» Recueil des Œuvres de saint Augustin; Bâle, 1542, et Venise, 1543. Saint Isidore de Séville lui attribue une Règle pour les religieux de son monastère. Voy, D. Ceillier, Bildioth. des A^it. sacr. et ecclés., tom. XVI. D. Jacques Martin, Éclaircissements littér., lettre II. Richard et Giraud. Le Diction, encyclop. de la théol. cathol.

EUGUBINUS. Voy. Steucus.

I. EULALIE (sainte), appelée vulgairement Ouille, Olare, Aulaire, Aulaije, née à Barcelone, morte vers l'an 303, alla se présenter au tribunal du gouverneur de la province lorsque Dioclétien et Maximien publièrent leurs édits contre les chrétiens. Après avoir subi diverses tortures, elle mourut sur le chevalet. L'Éclise célèbre sa

fête le 12 février. Voy. Bollandus. Tillemont, Mémoires, tom. V. Richard et Giraud.

II. EULALIE (sainte), vierge et martyre, née à Mérida, en Espagne, vers l'an 290, morte le 10 décembre 304, fut remplie d'une ardeur extraordinaire pour souffrir le martyre, lorsqu'on publia l'édit de persécution des empereurs Dioclétien et Maximien. Elle s'enfuit pendant la nuit de la maison de ses parents, et alla se présenter au juge, à qui elle reprocha son idolâtrie. Elle souffrit avec le plus grand courage , et expira après avoir supporté mille tourments. Il paraît que c'est tout à fait à tort que quelques écrivains ont confondu notre sainte avec la précédente; ils ont été portés à faire cette confusion par la grande ressemblance qu'ont les actes de leur martyre. Voy. Prudence, Livre des Couronnes. Tillemont, Mémoires, tom. V. Richard et Giraud. Feller, Biogr. univers.

EULALIUS, antipape, élu par une faction populaire, était archidiacre de l'Église de Rome. On l'opposa à Boniface I" l'an 418. Eulalius mourut évêque de Népi, où il s'était retiré après le rétablissement delà tranquillité à Rome. Voy. Baronius, Annal., ad ann. 419, n. 41, et 423, n. 9. Sponde, ad ann. 423, n. 32.

EULÉE. Voy. Ulaï.

EULARD (Pierre), jésuite, né en 1564 à Aire, sur la Lys, mort l'an 1636, devint coadjuteur spirituel en 1602. Comme dans sa jeunesse il avait eu quelque inclination pour l'état militaire, il employa vingt-quatre années de sa vie à prêter très -utilement le secours de son ministère aux troupes espagnoles cantonnées dans les Pays-Bas. Le P. Eulard a publié : l" Exercitium cliristianœ pietatis , seu lihellus sodalitatif B. M. Virginis; Louvain, 1619 et 1620, in-16; Cologne, 1630 ; — 2° Bibliorum sacrorum Concordantiœ morales et historicœ, concionatoribus imprimis , atque universis S. Scripturœ studiosis utilissimœ ; Anvers, 1625, in-4''. Voy. VEncyclop. cathol.

EULER (Léonard), célèbre mathématicien protestant, né à Bàle en 1707, mort l'an 1783, s'appliqua aussi avec succès à la philosophie et à l'étude des langues orientales , et ses progrès dans les sciences lui acquirent l'estime de Jean Bernouilli. Nous ne citerons, de ses nombreux et savants écrits, que ceux qui ont rapport à la religion : 1° Essai de défense touchant la révélation divine contre les esprits forts; Berlin . en 1747. Cet Essai, traduit de l'allemand en italien par Nicolas Onérati , Naples, 1788, et traduit aussi en français, fait d'autant plus d'honneur aux principes d'Euler, que les prétendus esprits foi'ts contre lesquels il s'élève dominaient alors et donnaient le ton dans la capitale de la Prusse, où il faisait sa résidence; — 2" Lettres à une princesse d'Allemagne sur divers sujets de physique et de philosophie ; Saint-Pétersbourg, 1768- 1772, Berne, 1778, 3 vol. in-8°. Condorcet en a donné une nouvelle édition en 1787, mais c'est une édition tronquée ; l'impie éditeur a pris soin de retrancher des Lettres les endroits les plus favorables à la religion, afin de laisser ignoi-er le christianisme d'Euler et de soulager les incrédules du poids de son autorité qui les accable, parce que l'exemple de cet illustre géomètre montre jusqu'à l'évidence qu'on peut allier la conviction la plus profonde des vérités révélées avec le génie le plus pénétrant et les plus vastes connaissances. Voy. Feller, Biogr. univers.

I. EULOGE (saint), évéque d'Édesse, en Mésopotamie, vivait au iv« siècle. N'ayant pas voulu communiquer avec les partisans de Valens , empereur arien, il fut exilé sur les contins

EUME

EUPH

de la haute Egypte et de la basse Thébaïde. A la mort de Yalens il retourna à Édesse , dont saint Eusèbe de Samosate l'établit évêque. Le Martyrologe romain moderne le mentionne le 5 mai. Foî/. Théodoret, 1. VI. Richard etGiraud.

II. EULOGE (saint), patriarche d'Alexandrie, né en Syrie, mort vers l'an 606, fut élevé dans un monastère, ordonné prêtre à Antioche, et chargé de la conduite de l'église Notre-Dame, que Justinien avait bâtie dans cette ville. Il combattit les Eutychiens, et, l'an 580, il fut nommé patriarche d'Alexandrie. Il mit tout en œuvre pour ramener les Jacobites à l'orthodoxie, et il écrivit contre les divers hérétiques qui troublaient son église. L'an 588 il assembla un concile pour anéantir les Samaritains. Ses ouvrages ne nous sont point parvenus; on en trouve des fragments dans Photius, cod. 182, 208, 225, 226, 227, 230, 280. L'Église honore la mémoire de saint Euloge le 13 septembre. Vot/. Évagre, Hist.ecclés. Théophane, c. (;xLVi,cxLvii. Bulteau, Hist. monast. d Orient, 1. IV, c. xxix. Richard et Giraud.

III. EULOGE (saint), martyr, mort le 11 mars 859, était prêtre de Cordoue. Élevé dans la communauté des ecclésiastiques de Saint-Zoïle, il alla au monastère de Guteclar, d'où il sortit comme un homme consommé en vertus. L'an 859 il fut élu archevêque de Tolède, et il donna l'hospitalité à une jeune chrétienne nommée Léocritie, née de parents musulmans , qui voulaient la faire apostasier. On les prit tous les deux, et ils souftrirent le martyre. Il a laissé : 1° Memoriale Sanctorum, sive liori III de martyribus Cordubensihus ; — 2" Exhortatio ad martyrium, sive documentum martyriale ad Floram et Muriam, virgines confessores ; — 3° Epistolœ aliquot ad Wilifinduin , ad Alvarum et alios. Ces ouvrages se trouvent dans la Bihlioth. des Pères et dans V Espagne illustrée, tom.IV. Foy.D.Ceillier, tom. XIX, p. 164 et suiv.

EULOGIE {Etdogia), mot dérivé du grec, et qui signifie bénédiction. Saint Paul a donné ce nom à l'Eucharistie même. On appelait communément Eulogies diverses choses bénites, telles que pain, vin, viande, etc., que l'on distribuait à l'Eglise comme une espèce de supplément de l'Eucharistie, et que l'on envoyait aux absents en signe de communion. Il fallait être à jeun pour en manger. Dans les monastères, on distribuait les eulogies au réfectoire. On a aussi donné le nom d'eulogies aux repas bénits par les évêques et par les prêtres, et aux sim-

fdes présents non bénits. Eniin on a appelé euogies les droits ou redevances annuelles. Voy. D. Mabillon, Act. S. liened., sœc. tertii, p. 1, prœf. XLi, n. 61. Le P. Gretser, jésuite, de Benedict. et maledict., 1. II, c. xxiv et suiv. Bocquillot, Liturg. sacr., p. 433. D. Macri, Hierolexicon, ad verb. Eulogia. Richard et Giraud. Bergier, Diction, de théolog., art. Pain bénit. Gaet. Moroni, vol. XXII, p. 188 et suiv.

EUMÈNE, roi de Bithynie et de Pergame.

Il unit ses armes à celles des Romains dans la guerre qu'ils soutinrent contre Antiochus le Grand , et il reçut comme récompense le pays des Indiens, des Mèdes et des Lydiens. Voy. I Machab., viii, 8.

EUMENIA, ville épisc. de la Phrygie Pacalienne, au diocèse d'Asie. Euménia est aujourd'hui un évêché in parti bus , toujours sous la métropole de Laodicée, restée titulaire. On n'en connaît que cinq évêques, dont le premier, Thrasée , martyr, est mentionné par Polycrates d'Éphèse dans sa Lettre au pape Victor. Voy. Lequien, Orieus Christ., tom. I, p. 807. De Com-

manvillo, /'" Table alphabet., p. 101. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. XXII, p. 192.

EUMÉNIE (sainte). Voy. Eunomie.

EUNE. Voy. Cronion.

EUNICE,mère de saint Timothée, était juive de naissance, et elle avait épousé un païen. Saint Paul, arrivant à Lystres , y trouva Eunice et Timothée déjà fort avancés en grâce et en vertus. Voy. Actes, xvi ,1,2.

EUNOMIE ou EUMÉNIE (sainte), servante de sainte Afre, fut la compagne de son martyre. On la brilla toute vive dans le sépulcre où elle avait enterré le corps de sa maîtresse. Voy. Afrf;.

EUNOMIENS (Eunorniani), nom donné aux disciples d'Eunomius, évêque de Cyzique, qui aux erreurs d'Arius en ajoutait quelques autres. Il prétendait connaître Dieu aussi parfaitement que Dieu se connaît lui-même; il osait dire que le Fils de Dieu n'était Dieu que de nom, et qu'il ne s'était pas uni substantiellement à l'humanité, mais seulement par sa vertu et par ses opérations. Il condamnait le baptême donné au nom de la sainte Trinité, et rebaptisait ceux qui l'avaient été de la sorte. Cornpar. Anoméens, et Voy. saint Épiphane, Hœres. lxxv. Théodoret , Hcéret. fabuL, 1. IV, c. v. Basile, Epist. CLXVI. Chrysost., de Incn-mprehens . Dei Natur. Gregor. Nyss., Oratio XII. Baronius, ad ann. 356. Hermant, Hist. des hérés., tom. II, au mot EuNO- MiENS. Richard et Giraud. Pluquet, Diction, des hérésies, au mot Eunome, Feller, B/o^r. unt wr.y., art. EuNOME (Eunomius). Gaet. Moroni, vol. XXII, p. 192.

EUNOMIOEUPSYGHIENS ( Eunomioeupsijchiatii), hérétiques appelés aussi Eupsychiens. Ils ne faisaient qu'une immersion dans le baptême au nom de Jésus-Christ et non pas au nom de la sainte Trinité. Voy. Nicéphore, 1. XII, c. XXX. Sozomène, 1. VII, c. xvii. Le P. Fronton du Duc, dans ses Remarques sur Nicéphore. Henri de Valois, dans ses ^«Ho/fl/zo«.9 sur Sozomène. Piichard et Giraud. Pluquet, Diction, des ïiépés ? PS

EUNOMIUS. Voy. Eunomiens.

I. EUNUQUE (Èunuchus), nom d'office et de dignité ; il se prend souvent dans l'Écriture pour un officier d'un prince occupé dans l'intérieur du palais. Dieu avait défendu à son peuple de faire des eunuques. Jésus - Christ parle d'une sorte d'eunuques différents de ceux-ci ; ce sont ceux qui, par un motif de religion, ont renoncé au mariage et aux plaisirs de la chair. Le concile de Nicée condamne ceux qui se font eunuques eux-mêmes; ils sont exclus des ordres sacrés. Schmalzgrueber pense, d'après d'autres canonistes , qu'ils peuvent contracter mariage s'ils sont potentes ad coeundum et generandum ; mais que, dans le cas contraire, ils ne le peuvent. Voy. Genèse, xxxix. Lévit., xxii, 24. Deutéron., xxiii, 1. Matth., xix, 12. Conc. Nicœnum, can. VII, Si quis . dist. 55. Bergier, Diction, de théol. Schmalzgrueber, Jus ecclesiasticum , part. III, titul. XV, 1^2, n. 32.

II. EUNUQUE d'Ethiopie, fut baptisé par saint Philippe. Voy. Actes, viii , 27 et suiv.

EUNUQUES, hérétiques du iii« siècle, nommés aussi Valésiens à cause de Valesius , leur chef. Ils se mutilaient, et ne permettaient à leurs disciples de manger rien qui eût vie jusqu'à ce qu'ils fussent dans le même état. Voy. Lpiphan., Hœres. lviii. Baronius, Annal., ad ann. 249, n. 9, et 260, n. 69, etc. Pluquet, Diction, des hérés. Voy. aussi Valesius.

EUPATOR. Voy. Antiochus, n" V.

EUPHEMIA, siège épisc. jacobite situé en

EUPH

EÛPS

Mésopotamie, sous la métropole d'Antioche. On n'en connaît que quatre évèques, dont le premier, nommé Jean, siégeait en 541. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. II, p. 1441. Richard et Giraud.

EUPHÉMIE (sainte), vierge et martyre de Chalcédoine, souffrit, vers l'an 3U7, pendant la persécution de Dioclétien. Dès le iv« siècle son culte était fort célèbre à Chalcédoine. L'Église latine célèbre sa fête le 16 septembre. Voy. Richard et Giraud.

EUPHÉMIENS ou EUPHÉMITES , mot dérivé du grec je dis bien; c'est le nom qu'avaient pris les Messaliens, parce qu'ils étaient toujours en prières, et prétendaient par là être des bie/tdisants.

EUPHËMIES. nom donné à une distribution de cinquante livres à peu près qui se faisait tous les ans aux docteurs résomptés de Sorbonne, le 16 septembre, jour de la fête de sainte Euphémie. Les docteurs résomptés, qui seuls avaient droit à cette distribution, devaient, en outre, assister aux assemblées et aux autres exercices de la Faculté. Voy. les Statuts de la Faculté, p. 31 et 65. Richard et Giraud.

EUPHÉMITES. Voy. Etjphémiens.

EUPHRAIMIUS. ro?/.ÉPHREM, n» III.

EUPHRASIE ou EDPHRAXIE (sainte), vierge et solitaire, née vers l'an 381, morte vers l'an 411, était lille d'Antigone, gouverneur de la Lycie, et de sainte Euphrasie, tous deux parents ou alliés de l'empereur Théodose l'Ancien. Après la mort d'.\ntigone, la mère et la fille se retirèrent en Egypte; la mère se consacra à des œuvres de pénitence et de charité, et la fille embrassa la vie religieuse dans un monastère de la basse Thébaïde", où elle se distingua par son humilité, son obéissance, sa mortification et sa charité. Dieu l'honora du don des miracles. Les Latins célèbrent sa fête le 13 mars , et les Grecs le 25 juillet. Voy. BoUandus, où on trouve la Vie de la sainte écrite par un auteur ancien, quoique non contemporain. Richard et Giraud^ Gaet. Moroni. vol. XXII, p. 173,174.

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