TRÈS
TKÈV
I. TRÉSOR. Ce mot a dans l'Écriture sainte plusieurs acceptions qu'il faut connaître pour bien comprendre le sens des divers passages où il se rencontre. Ainsi il signifie : i"Amas de richesses mises en réserve ( Matth., vi, 19); — 2» Coffre, cassette (Matth., II, 11); — 3° Magasin ou ton garde les provision s (Matth., xill,52); — 4° Le Trésor de f e'pargne, où les rois de Juda mettaient leurs finances (IV Rois, xx, 15); — 5° Le Trésor du temple, c'est-à-dire le lieu où l'on mettait en réserve tout ce qui était consacré à Dieu (Josué, vi, 10); — 6» Le Trésor de Dieu, qui veut dire le lieu inconnu d'où il tire ce qui lui plait; c'est ainsi que Moïse dit à Dieu dans le désert : « Seigneur Dieu , écoutez le cri de ce peuple, et ouvrez-leur votre trésor, une fontaine d'eau vive (Nombr.. xx, 6). » C'est ainsi encore qu'il est écrit que Dieu « fait sortir les vents de ses trésors ( Psaume cxxxiv, 7), parce que les vents sont un ellèt de sa puissance, et que la cause qui les produit est inconnue. Enfin c'est ainsi que Jcrémie dit que « le Seigneur a ouvert son trésor, et qu'il en a tiré les vases de sa colère (l, 25). » — 7° L'aftondanee de quelque chose que ce soit; de là ces expressions bibliques : trésors de sa-
Stse, trésors de science (Ecclésiastique, 1,26,31. loss., 11,3); thésauriser de la colère (Hom., H, 5. Jacques, v, 3); thésauriser de l'iniquité (Amos, III, 10). — 8e Trésors d'impiété, dans le livre des Proverbes (x, 2), signifie des richesses mal acquises; comme l'expression de l'Évangile mammona imquttatis (Luc, xvi, 9). \oy. D. Calmet, Diction, de la hible.
II. TRÉSOR, en matière de droit. A ne consulter que le droit naturel, un trésor appartient tout entier à celui qui le trouve, parce que Quod nullius est, fil occupantis. Mais à consulter le droit positif, il faut raisonner autrement, parce que les trésors étant des biens abandon
nés, c'est la loi , dit saint Thomas, qui peut les adjuger à qui elle le juge à propos. Pour savoir à qui appartiennent ces sortes de trésors, il faut donc nécessairement consulter les lois et les
coutumes des pays dans lesquels on les trouva, et s'en tenir à leurs dispositions. Or, selon le droit romain, les trésors trouvés par une personne dans son propre fonds , appartiennent tout entiers à celui qui les trouve. Il en est de même de ceux qu'on trouve par hasard dans un lieu sacré et sans les chercher à dessein. Ceux qu'on trouve par hasard dans un fonds étranger appartiennent, la moitié à celui qui les trouve, et la moitié au propriétaire du fonds. Ceux qu'on trouve dans un lieu public appartiennent, la moitié a celui qui les trouve, et la moitié au fisc. Voy. Richard et Ciraud.
TRÉSORIER, chanoine d'une église cathédrale ou collégiale qui a la garde? du trésor, des reliques, des vases, ornements et habits ecclésiastiques. Les fonctions du trésorier ré-
Sondent beaucoup à celles du sacristain, et la illerence la plus essentielle qu il semble y avoir entre les deux, c'est que, suivant le droit canonique, le sacristain est une fonction et non une dignité ; au lieu que, selon l'usage de plusieurs églises de France qui ont des trésoriers, ce sont des dignités ou du moins des personnats. Dans les saintes -chapelles de Paris.de Vincennes et de Bourges, le trésorier était la première dignité du chapitre; dans les autres églises, il était la deuxième, la troisième ou la quatrième dignité, selon l'usage ou le privilège des lieux. Il y avait quelques églises, telles que celle de Saint-Cloud , près de Paris, où le trésorier n'était pas chanoine. Suivant la juris-
prudence du grand conseil, les trésoreries n'étaient point sujettes aux expectatives des indultaire?. Voy. la Combe, au mot Trésorier.
TRESSAN (Pierre de la VERGNE DE). Voy.
Vergne.
TREUVE (Simon -Michel), docteur en théologie, né à Noyers, en Bourgogne, mort a Paris l'an 1730, entra en 1(368 dans la congrégation de la Doctrine chrétienne, d'où il sortit en 1673, après avoir enseigné les humanités à Vitry-le- I* rançais. Il fut vicaire de la paroisse de Saint- André-dcs-Arcs, à Paris, et se rendit à Meaux, où Bossuet lui donna la théologale et un canonial de son église. Grand partisan de Port- Royal, il se montra fort opposé à la constitution Vnigenitus. Parmi ses ouvrages nous citerons : 1° Instructions sur les dispiAsitions qu'on doit apptjrter aux sacrements de Pénitence et d'Eucharistie; 1 vol. in -12; — 2° U Directeur spirituel pour ceu.r qui n'en ont noint; in-12; — 3" Discours de piété: Paris, 1o06, toin. \ ; Lyon, 1607. tom. H; — 4° Prières tirées de l'Écriture sainte et de Tofficede I Église, etc.; Paris, 16%, in-12; Liège; — 5° Dissertation sur l'errummunication; 17lo, in-V, et in-12. Voy. Richard et Giraud,
Îui donnent la liste complète des écrits de reuvé. Feller. Michaud, ftiogr. unirers.
TRÊVE DE DIEU ou DU SEIGNEUR (heugn Dei ou Trcva Domiui). \a. licence des guerre;» particulières qui régnaient au commencement du xi* siècle obligea les évèques de défendre tout acte d'hostilité en certains temps sous des peines canoniques. C'est ce qu'on appelait la trêve de Dieu. Le premier règlement qui en fut fait, l'an 1027, dans un synode tenu au diocèse d'Elnc, en Uoussillon, portait que personne n'attaquerait son ennemi depuis l'heure de none du samedi jusqu'au lundi à l'heure de prime, pour rendre au dimanche l'honneur convenable; que personne n'attaquerait, en quelque manière que ce fût . un moine ou un clerc marchant sans armes, ni un homme allant à l'église, ou en revenant, ou marchant avec des femmes; que personne n'attaquerait une église ni les maisons d'alentour à trente pas ; le tout sous peine d'excommunication. Dix ou douze ans après, on étendit la trêve de Dieu depuis le mercredi soir jusqu'au lundi matin, et l'on dérendit de rien prendre par force, pendant ce temps-là, de tirer vengeance d'aucune injure, et d'en exiger le gage d'une caution. Le concile de Clermont, en confirmant ce décret, ctend la défense Jusqu'aux veilles et aux jours des fêtes de la Vierge et des saints apôtrès. On appela cette défense la trêve de Dieu parce qu'on la croyait inspirée de Dieu même, et on nomma paciaires (jmciarii) ceux qui étaient chargés de veiller à l'observation de la trêve de Dieu. Voy. Glaber, 1. V, c. I, p. 55. Concil., tom. IX, p. 12VJ. Dominicy, Dissertatio de treuga et pacc , cjusque origine et usu in bel/is privutis; Paris, 1649, et dans la HiMioth. des livres rares de Bureard Golthelfcius; Iena, 1719. Du Cange, Glossnnum, art. Treva Dei. Richard et Giraud. Bergier, Diction, de théol. Gaet. Mo— roni, vol. LXXIX, p. 217-227.
TRÊVES {Augusta Trevirorum), ville archiépisc. d'Allemagne, et capitale du pays de son nom ; elle est située à vingt lieues du bord occidental du Rhin, entre deux montagnes, le long de la Moselle. L'archevêque de Trêves, qui était électeur, donnait le premier son suffrage à l'élection de l'empereur. Le premier éveque de cette ville , saint Eucharie , un des soixante-douze disciples de Jésus - Christ, fut envoyé à Trêves par l'apôtre saint Pierre, avec
TRin
TIUB
saint Valère, diacre, et saint Materne, sousdiacre. Il y mourut en 73. Ludolphe , duc de Saxe, prévôt de Gotslar, qui mourut en 1007, fut le premier qui joignit la dignité électorale au caractère épiscojiaf. De l'an 3ST» ou 380 à l'an 154H ou 1549, onze conciles ont été assemblés à Trêve». Voy. YHi.il. eixiésiast. d'Al/rmagne. La Rcgia, tom. III, XXV. XXVII, XXXV. Labbe, tom. II. IX, XIV. Hardouin, tom. VI, IX. Le P. Mansi, Suptilém. à ta Collect. des conciles, tom. I, col. 497, 1115: tom. II, col. 481; tom. III, col. Si et suiv. Martenne, in Collect., tom. VII. Richard et Giraud. Le Diction, de la théol. rathnl.
TREVEST. For/. Trivet.
T REVET, théologien, a donné : Dissertation pour maintenir rttnité de Marie Va, Heine, Marie, soeur de Lazare, et la femme iiècheresse, par CÉeriture, la tradition et l'i mage de l'Église, contre
Îuelques auteurs modernes; Paris, {712, in-4°. 'r»f. le Joum. des Savants, 1713.
TREVI (Treba), ancienne ville épisc. d'Italie, dans la Campagne de Home, à la source du Tevcrone. Ce n'est plus aujourd'hui qu'un village Cet év.'ché avait été érigé par Paschal II vers l'an 1000, et il a été uni à Anagui par Alexandre IV, vers l'an 1260. Voij. la Martiniére, Diction, géogr. Gaet. Moroni, vol. LXXX, p. 4749.
TREVI (Trebia), ville autrefois épisc. d'Italie, dans l Ombrie, entre Foligno et Spolète. Trevi dépend aujourd'hui du diocèse de Spolète. Elle a eu neuf évèques, dont le premier, saint AZmilianus, fut martyrisé sous les empereurs Maximien et Dioclétien. Voy. l'glielli, Uni. mrra, tom. X. col. 17.r>. Richard et Giraud. Gaet. Moroni. vol. LXXX, p. 49-71.
TREVICO ou TRIVICO, VICO ( Trevicum , Trivicum , Virus Baroniai), petite ville autrefois épisc. de la principauté ultérieure, sous la métropole de Bénévent. L'évéque résidait ordinairement à Castello. Son premier évoque, Amat I", siégeait en 1130. I.evêchè de Trevico a été supprimé et uni à celui d«- Lai edogna ou l^acedonia. Voy. Ughelli, Itnl. sacra, tom. VIII. col. 379. De Commanville, In TaUe olphnhit., p. 212. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. LXXX . p. 71-74.
TREVISE (Tarvisium), ville épisc. d'Italie, dans l'Etat de Terre-Ferme des Vénitiens, sons la métropole d'Aquilée, et capitale du Trévisan, est située sur la Sile, à cinq ou six lieues au nord de Venise. Son premier évéque, Jean, siégeait en 320. Voy. Ughelli, Itn/ia sacra, t. V, col. 185, et tom. X, col. 313. De Commanville, /" Table alphnM., p. 229-2.10. Richard et Giraud. Gaet. Moroni , vol. LXXX, p. 74-91.
TRIADIQDE se disait, dans l'Eglise grecque, de certains hymnes dont chaque strophe finissait par la louange de la très-sainte Trinité, et par celle de la tres-sainte Vierge.
TRIBLECOVIUS ( Adam), protestant, né à Lu bec k, mort l'an 1087, devint conseiller ecclésiastique du duc de Saxe-Gotha, et surintendant général des églises de ce duché. On a de lui un grand nombre d'ouvrages connus en Allemagne, et dont les principaux ?*>nt : 1° Dr DoctoribtU scholasticis ; dr,tue corrupta per eos divinarwn hamanarumque rerum scientia; ouvrage fruit de l'enthousiasme de secte et d'une haine aveugle; il a été mis à l'Index le 12 mars 1703; — 2" Itistoria natura/ismi ; lena, 1700, in-4°; — 3° Critique des Anmdes de Baronnis; — 4° De Vcritale crrntionis numdi ; De Aw/rt»; De Mose , .€g>/ptiorum Osiride, etc. Voy. Feller, Biogr. univers.
TRIBOLET (Bernard), jésuite, né à Autun
vers l'an 1050, est auteur des Béflexions sur Jésus-Chrùt mourant, /tour se préparer à une mort chrétienne; Paris, 1729, in-12.
11, TRIBOLET (Jacques), docteur de bonne et abbé de Saint-Etienne d'Autun , né à Autun en 1055. mort l'an 1709, était frère du précédent. Après avoir exercé les fonctions de missionnaire, son lèle pour les pauvres lui fit choisir l'hôpital de Dijon pour le lieu de sa retraite. On a de lui : Lettres instructives et histo. riques sur la divinité de Jésus - C brist , sur la vérité de f Église catholique, et sur ce qui s'est passé en Languedoc à la vérification de tédit de Santés, etc.; Paris, 1710, in-12. Bernard Tribolet, éditeur de cet ouvrape, en a fait l'extrait qui se trouve dans les Mémoires de Trévoux, mois de mars 1711.
TRIBUN, nom de dignité cher les Romains. Dans l'Écriture on emploie souvent le nom de tribun, même dans l'Ancien Testament, parce que les traducteurs n'ont point connu de termes plus propres pour exprimer certains emplois
Îui ont rapport à celui des tribuns rormins. 'est ainsi que saint Jérôme a traduit par tribuni ce que le texte hébreu appelle princes de mille, et les Septante chiliarchoi, qui a la même signification que l'hébreu. Voy. Html., xxm, 21, 2">. Nombr., xxxi, 14, etc. Dans le Nouveau Testament, le mot de tribun a plus de rapport aux charges romaines, puisqu'il s'agit en effet d'officiers de troupes romaines : par exemple , dans saint Jean (xvm, 42); dans les Actes des apôtres (xxi, 31 , 32, etc.). Saint Marc parle (vi, 22) des tribuns de la cour d'Hérode le Tétrarque. Les uns et les autres sont appelés dans le grec chiliarchoi, chefs de mille hommes, tels qu'étaient* les trilnms des légions. Mai> celui qui arrêta saint Paul et le tira des mains des Juifs (Actes, xxi, 31), était simplement chef d'une cohorte. Voy. D. Calmet, Diction, de la Bible.
TRIBUNAUX, lieux où l'on rend la justice. Moïse avait ordonné que l'on établit pour les affaires ordinaires des juges dans chaque ville: et que, s'il en arrivait d'une discussion plu» difficile, on examinât cette difficulté au lieu que le Seigneur aurait choisi , devant les prêtres et le juge que Dieu aurait suscités en ce temi>là. Voy. Deut., xvi, 18; xvii, 8, 9. Compar. ce que nous avons dit aux art. Juges, n« I, et Sanhédrin.
TRIBUNAUX ECCLESIASTIQUES. Voy. Of-
FICIALITF..
TRIBUNE était, dans les églises des chrétiens, la même chose que l'amhon et le jubé. C'est encore aujourd'hui une galerie, un heu élevé pour chanter la musique, ou pour entendre l'ofBcé. Compar. Avbon. Jubé.
TRIBU R. maison royale située sur le Rhin, près de Mayencc. De l'an 895 ou 897 a l'an 1070,
Îuatre conciles ont été assemblés h Tribttr. Voy. .abbe, tom. IX, X. Hardouin , tom. VI. U Regia, tom. XXV, XXVI. Richard et Giraud, qui indiquent en quelques mots ce qui a fait lobjct de ces quatre conciles.
TRIBUS. On entend par ce mot les treize grandes familles dont était composé le peuple d'Israël. Elles eurent pour chefs onre fils de Jacob et les deux de Joseph , que Jacob adopta au lit de la mort. La Terre Promise cependant ne fut distribuée qu'en douze parts; la tribu de Lévi ne devant pas être occupée à cultiver h terre, mais être attachée au service du tabernacle et du temple. Dans le dé>crt, cette frïôa était placée autour du tabernacle, et les douze autres campées par trois, chacune selon son