‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 1121 sur 1294 · TRIE · texte numérisé non relu

TRIE

rang. A l'orient du tabernacle étaient celles do I Juda, île Zabulon et dTssacharj au couchant étaient Éphraîm, Manassé et Benjamin ; au midi se trouvaient Ruben, Siméon et Gad; au septentrion, Dan, Aser et Nephthali. Dans les marches, les trois premières tribut faisaient comme l'avant -garde, et étaient suivies des trois secondes. Après celles-ci marchaient les lévites et les prêtres, avec l'arche du Seigneur cl tout ce qui appartenait au tabernacle. Ensuite marchaient trois autres tribus , et les trois dernières faisaient comme l'arrière-garde. Dans le partage que Josué fit de la Terre Promise. Ruben, Gad et la moitié de la tribu de Manassé eurent leur lot au delà du Jourdain. Toutes les autres tribus, et l'autre moitié de celle do Manassé eurent leur partage au deçà de ce fleure. La division des tribus qui eut lieu après la mort de Salomon peut être regardée comme la Source des malheur;» qui arrivèrent dans la suite aux royaumes de Juda et d'Israël , et spécialement leur enlèvement hors de leur pays, soit par Téglathphalasar , soit par Salmanasar, ou enfin par Nabuchodonosor. Le retour de Juda et de Benjamin , après soixante-dix ans de captivité, est bien marqué au II* livre des Paralipomènes, ainsi que dans les livres d'Ksdras ot de Néhémie. Quoiqu'on ne voie rien d'aussi clair pour le retour des autres tribus . il parait cependant assez certain qu'elles revinrent au moins en assez grand nombre, quoiqu'il soit resté beaucoup d'Israélites au delà de l'Luphrate. Voy. II Paralip., xxxvi, 20, etc. D. Calmet, Diction, de la Bible, et Dissertation sur cette question : Si tes dix tribus sont revenue» de leur captivité, à la tét» du 11* livre des Para/tpomenes. Dergier, Diction, de théol. Compar. Jinrs, Captivité.

TRIBUT (Tributum). On ne voit pas que les Hébreux aient payé de tribut à aucun de leurs chefs jusqu'à Salomon. Avant ce temps , ils reconnaissaient seulement le souverain domaine de Dieu sur eux par le tribut d'un.demi-sicle qu'ils donnaient par téte chaque année. Ce fut donc seulement sur la fin du règne de Salomon que ce prince leur imposa des tributs , ce qui jeta dans leurs esprits les semences de la révolte, et occasionna les plaintes qu'ils tirent à Roboam après la mort de son père. 11 est inutile de remarquer que, quoique malgré eux, les Hébreux payèrent de gros tributs à plusieurs princes étrangers ; et on voit clairement que, du temps du Sauveur, ils étaient obligés de le

fwyer à César. Saint Pierre et saint Paul , dans eurs Épi très, ont expressément recommandé aux fidèles l'exactitude à payer les tributs. Voy. 111 Rois, v, 13, U; ix, 21, etc. Rom., xm, 1-8. I. Pierre, H, 13. Compar. Gabelle, bu-oT, Taille.

TRICA, TRICALA. Voy. Tricca.

TRICALET (Pierre-Joseph), docteur en théologie et directeur du séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardoiinet à Paris, né à Dole en 1G9G, mort à Villejuif l'an 1701 , rut nommé à la cure de Lisle sUr le Doubs, en Franche-Comté. 11 s'en démit bientôt, et se retira dans la communauté de Saiut-Jusse, puis dans celle de Saint- Nn olas-du-Ch.n donnet, où il fut successivement professeur, procureur et supérieur. L'an 1734 il fut élu supérieur des filles de Sainte-Geneviève, plus connues sous le nom de Mirunùonrs ; M. de Yintiraille, archevêque de Paris, le choisit comme grand vicaire , et il devint directeur de la duchesse d'Orléans. On a de l'abbé Tricalet : 1° Abrégé du Traité de l 'amour de Dieu de saint François de Sales; Paris, 1750, in-12, —

2» Bibliothèque portative des Pères de ? Église; ibid., 1758 -1702, 9 vol. in-8°; — 3° Précis historique de la vie de Jésus -Christ , de sa doctrine, de ses miracles, etc.; ibid., 1700, in -12; — 4e Année spirituelle, contenant pour chaque jour tous les exercices qui peuvent nourrir la piété d'une âme chrétienne; ibid., 1700, 3 vol. in-12; — 5° Abrégé de la pratique de la perfection chrétienne, etc.; ibid., 1702, 2 vol. in-12; — G8 Le Livre du chrétien, etc.; ibid., 17G2, in -18, etc* Voy. Biblioth. portât, des Pères, t. IX, Abrégé de la vie de fricalet. Richard et Giraud , qui donnent quelques détails sur plusieurs ouvrages du savant auteur.

TRICARICO ( Tricaricum), petite ville épisc. du royaume de ÎS'aples, dans la Basilicate, sous la métropole de Matera. Son premier éveque, Arnoul, siégeait l'an 1008. Voy. Ughclli, Ita/iu S/icm, t. VU, p. Ht. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol LXXX, p. 2011-207.

TRICASSIS , TRICASSIUM , TRIGASSIORDM AUGUSTA. V<>,,. Tftovts.

TRICASTINUM SANCTI PAULI FANUM.J'oy.

Saint-Pal'i.-Tkoi— Châteaux.

TRICAOD (Anthelmeï, historien, né à Belley en 1071. mort à Paris l'an 1730. fit ses études avec éclat, devint ensuite prieur de Belmont , puis chanoine du chapitre d Ainay de Lyon. Son Opposition a la bulle Uninenitut le fit exiler en 1/^55 à Paris. Outre quelques écrits purement littéraires, on a de lui : lllulinn île lu mort du pape {Innocent XI II) et du i-onclavc assemblé (mur Tihctum de Benoit Mil; Nancy, 1721, in 12. Cet ouvrage , qui ne fait pas honneur hux principes de l'auteur, lui attira justement la censure du Saint-Siège, qu'il insulta en altérant les faits

Kar des réflexions injurieuses. Voy. Feller, ïogr. univers.

TRICCA ou TRICA, aujourd'hui TRICALA , ville épisc. de Thessalie, dans l'Etiotide suivant Ptolémée. sous la métropole de Larisse, au diocèse de l'Illyrie orientale. On en commit trois évéques, dont le premier, Iléliodure, fameux par ses écrits galants, vivait avant le Ve siècle. Tricala n'est maintenant qu'un évéché in partions, toujours suffi agaut de Larisse, sio^e devenu également in pai tilms. Voy. Socrato < Hist. ecclés., 1. V, c. xxil. Nicéphore Callisie, Htst. ecclés., I. XII, c. xxxiv. Lequien, (Jriens Christ., t. Il, p. 11S. Richard et Giraud. Gaet. Moroni. vol. LXXX, p. 200.

TRICEN AIRE se dit d'un office ou de prières continuées pendant trente jours, comme la neuvaine l'est durant neuf jours.

TRICLINIUH , mot grec que nous lisons dans la Vulgate , et qui signifie littéralement troi» couches ou lits; il s'emploie aussi pour exprimer la salle à manger, où il y avait ordinairement trois lits qui servaient de sièges pour les repas. Voy. I Rois, ix , 22. IV Rois, XI, 2. Ksther, II, 13. Gaet. Moroni, vol. XXX, p. 2<»K- 221. Commit: Repas, n» III.

TRI ESTE (Teryeite, Tagestum), ville d'Italie, située sur le penchant d'une montagne, à douze lieues d'Aquilée. On la voit érigée en évéché, sous la métropole d'Aquilée, dès le vi« siècle. Son premier évéque fut , selon les uns. Sévère, qui assista au concile d'Aquilée en 579, mais, suivant les autres, ce fut rrugiferus en 521 On croit que saint Pierre envoya à Aquilée , vers le milieu du irr siècle , l'évangéliste saint Marc, qui sacra saint Hermagoras, et qu'Hermagoras chargea des prédicateurs de la foi d'évangèliser Trieste. Depuis cette époque Trieste a éprouvé divers changements; aujourd'hui elle est unie à l'évêché de Capo-d lstria ,

TR1G — 2324 — TK1N

dont l'évèquc prend en conséquence le titre d'èvéque de Truste et de Capo-d'lstria. Voy. Ughelli, Italiu Sacra, tom. V, col. 547, et t. X, col. 345. De Commanville , /" Table alphabet.,

{>. 232. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, voume LXXX, p. 222-270. Le Diction, de la théol. rathol. Compar. CAPû-d'ISTRIA.

TRIGAN (Charles), docteur de Sorbonne, curé de Digoville, à trois lieues de Valogne, naquit à Querqueville , près de Cherbourg , en basse Normandie, l'an 1904, et mourut dans sa cure l'an 1764. On a de lui : 1° Vie d'Antoine Patè, curé de Cherbourg, mort en odeur de sainteté; Coutances, 1747, in-8"; c'est moins une biographie de ce pieux ecclésiastique qu'une histoire du clergé de la basse Normandie, et des établissements charitables fondés par ses soins dans le xvir» siècle ; — 2» Histoire ecclésiastique de la province de Sonnandie , avec des obsenrationscritiqueset historiques ;Caen, 1759- 1761, 4 vol. in -4»; elle s'arrête à l'an 1264, époque à laquelle le duché de Normandie fut réuni à la Franc* ; l'auteur en a laissé manuscrite la continuation jusqu'au xiv* siècle. Si le style n'en est pas agréable, on y trouve du moins de l'érudition et une critique judicieuse;

— 3» Lettre à l'abbé Lebeuf sur quelques particularités de la vie de saint Victrice, huitième évéque de Rouen: — 4° Histoire des évoques de Coutances, inédite. Voy. Y Annuaire du département de la Manche, ann. 1833. Frère, Manuel du bibliographe normand , tom. II. Les Mémoires de Trévoux, mai 1747, p. 1059-1076. Fcller, Biogr. univers. La Nouv. Biogr. génèr.

TRIGAULT (Nicolas), en latin Trigautius , jésuite, né à Douai en 1577, mort à Nankin l'an 1628 , partit pour la Chine en 1606 , et prêcha la foi a Goa et à Macao. Il traversa l'Inde, la Perse, l'Arabie, une partie de l'Egypte, et du Caire il se rendit à Rome , où Paul V l'accueillit honorablement. 11 visita son pays natal, y recruta quarante -quatre missionnaires, et retourna en Chine, où il fut chargé de l'administration spirituelle de trois provinces. Parmi ses ouvrages nous citerons : 1» De Christiana Expeditionc apud Sinas suscepta ab Societate Jesu, ex P. Matthai Ricii commentants, lib. V; Augsbourg,1615, in-4»; Lyon, 1616, in-4»; Cologne, 1617, in-8»; traduit en français par le P. Riqnebourg-Trigault , et publié sous ces titres : Histoire de l'cxj>éddian chrétienne au royaume de la. Chine; Lille, 1617, in-4», et Voyage des PP. jésuites en Chine; Paris, 1617, in-V ; — 2° Rei christianœ apud Japonios Commentariu* ; Augsbourg, 1615, in-8«; — 3° De Christianis apud Japottios Triumphis; Munich, 1623, in-4°; trad. en français par le P. Morin, sous ce titre : Histoire des martyrs du Japon depuis 1612 ju tqu'en 1620; Paris, 1624, in-4». Voy. Sotwcl, Biblioth. Scriptor. Socict. Jesu. Michaud; Biogr. univers. La iïouv. Biogr. génèr.

TRIGLAND (Jacques), protestant, professeur de théologie et d'antiquités hébraïques à Leyde, né à Harlem en 1652, mort à Leyde l'an 1705, a publié plusieurs ouvrages, entre autres : 1* De Civili et ecclesiastica Potestate et utriusque ad se invicem tum su/mrdinatione , tum eoardinationc , occasione libelli Vedeliani , de Episcopatu Constantini Maqni; Amsterdam , 1642, in-12 ; — 2° Scriptura; Vmdiciœ ; — 3» De librorum Apocrt/phorum Appellatione; — 4° De Corpore Mosis; — &> De Légitima fidei propugnandœ Ratione;

— 6° De Origine et cousis ntuum mosaicorum;

— 7» De Josepho , patriarcha, in sacri bovis hieroglyphico ab AKguptiis adorato; — 8» De Secta Karceorum; Leyde, 1703; Hambourg, 1714,

in 4© ; — 9» De Utihtate religionis m republica, etc. l'oy.Mark, Oraison funèbre de Trigland. Michaud, Biogr. univers., où se trouve la liste des autres écrits de Trigland.

TRIGDRY ou TRIG0RIDS (Michel), archevêque de Dublin, natif de Cornouaille, mort en 1471, était un des plus savants hommes de son siècle. Henri V, roi d'Angleterre, le choisit, en 1418, pour gouverner l université qu'il établit à Cacn , et Henri VI l'ayant rappelé en Angleterre l'an 1449, le nomma à 1 archevêché de Dublin. On a de lui : des Commentaires sur le Maître des Sentences, etc. Voy. Pitseus, De Illuslr. Angl. Scriptor.

TRIKERI0N. Ce terme grec, qui signifie proprement qui a trois cornes , est le nom qu'on a donné au cierge à trois branches que l'évôque me porte de la main droite quand il donne la bénédiction , comme symbole de la Trinité , source de toute grâce. Voy. le Diction, de la théol. cathoi.

TRIMITHUS. Voy. Trêmithonte.

1. TRINITAIRES . Ordre religieux qui fut fondé sous les auspices de la Trinité, l'an 1198, par saint Jean de Matha et saint Félix de Valois, pour racheter les esclaves chrétiens cher les infidèles. Ils sont nommés aussi Mathurins, à cause de l'église de ce nom, qui leur fut donnée par le chapitre de Notre-Dame de Paris. Ils suivent la règle de Saint-Augustin, et sont chanoines réguliers. Leurs supérieurs se nomment ministres. Ceux des provinces de Champagne, de Picardie et de Normandie étaient perpétuels. Ceux des provinces d'Espagne et d'Italie, et ceux de la réforme, sont triennaux. 11 y a des Trinitaires déchaussés, en Espagne, qui sont gouvernés par un vicaire général. Il y a aussi des religieuses trinitaires qui furent établies en Espagne par saint Jean de Matha lui-même. Voy. le P. llélyot, Hist. des Ordres milit. et religieux, tom. II , c. XLix, et tom. III, c. xi.v et suiv. Comiw. Jean, n°XLVI. Bergier, qui donne un aperçu historique des trinitaires, ainsi que Dùx, dans le Diction, de la théol. cathoi. Gaet. Moroni, vol. LXXX, p. 293-334.

H. TRINITAIRES. On s'est souvent servi de ce terme pour désigner toutes les sectes hérétiques qui ont enseigné des erreurs touchant le mystère de la sainte Trinité, notamment les sociniens et les disciples de Michel Servet. D'un autre côté, ces hérétiques eux-mêmes ont coutume de donner le nom de trinitaires et d'athanasiens aux catholiques et aux protestants qui reconnaissent un seul Dieu en trois personnes, et qui professent le symbole de saint Athanase. Voy. Bergier, Diction, de théol.

I. TRINITE, signifie proprement unité de trois. Le mystère de la Trinité f ce dogme fondamental de la religion chrétienne , est donc le mystère d'un seul Dieu en trois personnes , Père, Fils, et Saint-Esprit. C'est le nombre ternaire des personnes divines réellement distinctos dans une même essence, nature et substance. 11 y a donc un Dieu en trois personnes, c'est-à-dire qu'il n'y a qu'une seule nature divine, et qu'il y a trois personnes en cette nature divine; en sorte que l'unité de la nature n'empêche pas la pluralité des personnes. Ce mystère a été combattu par les cérinthiens, les ébionites, les valentiniens , les noétiens, les sabelliens, les macédoniens et les sociniens; mais, en le combattant, aucune de ces sectes n'a détruit les textes si formels de l'Écriture et les témoignages si nombreux de la tradition qui en établissent la vérité de la manière la

Page 1