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à-dire trois fois, et de agion , qùi signifie chose suinte. C'est une formule de louange adressée à Dieu, laquelle se trouve dans Isaie (vi. S), où on lit : < Saint, Saint, Saint, est le Seigneur Dieu des années ; toute la terre est remplie de sa gloire. » Elle est répétée dans l'Apocalypse (iv, H). Aussi l'Eglise l'a conservée dans le saint sacrifice de la messe et l'a placée après la préface, immédiatement avant le canon. Dans la suite on se servit d'une autre formule , conçue en ces termes : Saint Dieu, Saint puissant, Saint immortel, ayez pitié de nous. L'Église ne la chante qu'une fois l'année, le Vendredi saint, avant 1 Adoration de la croix , et on la répète trois fois en grec et en latin ; mais elle est d'un usage journalier dans l'Église jrrecquc.Or voici, selon de graves auteurs, quelle en fut l'origine. La ville de Constanlinople ayant été affligée, en 416, d'un grand tremblement de terre, le peuple étant assemblé dans les champs avec le patriarche Proclus et l'empereur Théodose le Jeune pour implorer le secours de Dieu, on vit tout à coup un enfant s'élever dans les airs, où il entendit les anges qui chantaient le trisagion dont nous parlons. 11 revint peu après, et dit au patriarche Proclus qu'il fallait chanter ce qu'il venait d'entendre. Tout le peuple répéta plusieurs fois le trisngion; l'enfant mourut à l'instant , et le tremblement de terre cessa. Beaucoup d'auteurs rapportent ce fait; tels sont entre autres Zonare, Cédrène, Nicéphore, Théophane, saint Jean Damascéne. Voy. saint Cyrille de Jérusalem, Cotech. Myslagog., V. Saint Ambroise, De Sptr. Soncto, 1. III, c. xn. Saint Jean Damascéne, De Vide orthodox., 1. III, c. X. Le P. Lebrun, Explieat. de la messe, tom. II, p. 352. Richard et Giraud. Bergier, Diction, de ihèU. Gaet. Moroni, vol. LXXXI , p. 68-71.
TRISAGIUM. Voy. Trisay.
TRISTESSE, passion de l'âme qui resserre le cœur, abat l'esprit , et altère la santé. L'Écriture non conseille do no point nous laisser abattre par la tristesse. Suint Paul dit que la tristesse qui est selon Dieu produit une pénitence stable , mais que la tristesse du siècle produit la mort. Il reprend aussi les Thessaloniciens de l'excès de leur tristesse à la mort de leurs proches. Le sage loue une sorte de tristesse qui est plutôt un éloignement de la vaine joie qu'une tristesse véritable. Jésus- Christ blâme la tristesse affectée des pharisiens. Saint Jacques donne la prière comme un remède efficace contre la tristesse. Salomon veut enfin qu'on déconcerte le médisant par un visage triste, un air froid et sérieux. Voy. Ecclésiastique, XIV, 1,2.1] Corinth.,vii,10. 1 Thessal.. iv, 12, etc. Ecclésiastique, vu, 5. Matth., vi, 1G. Jacques, v, 13. Proverb., xxv, 23.
TRITHEIM. Voy. Tritiième.
TRITHÊISME, TRITHÊISTES. On appelle trithêisme l'hérésie des trithéistes, c'est-a-dire de ceux qui ont enseigné qu'il y a non-seulement trois personnes en Dieu, mais aussi trois essences, trois substances divines, par conséquent trois dieux. On prétend que le premier auteur de cette hérésie fut Jean Ascasuage, philosophe syrien, qui eut pour principaux sectateurs Conon, évéque de Tarse, et Jean Philoponus, grammairien d'Alexandrie. Comme ces deux derniers se divisèrent sur d'autres points de doctrine, on distingua les trilMùtes cono~ nites d'avec les trithéistes phitoi* mites. Les ariens, qui niaient la divinité du Verbe , et les macédoniens, qui ne reconnaissaient point celle du Saint-Esprit, n'ont pas manqué d'accuser de trithêisme les catholiques, qui soutenaient
l'une et l'autre. Aujourd'hui les unitaires ou
SOC in i 61)9 nous font le même reproche; bien à tort certainement, puisque nous soutenons l'identité numérique de nature ou d'essence dans les trois personnes diviues. Voy. Bergier, Diction, de théol. Gaet. Moroni, vol. LXXXI, p. 72-73.
TRITHÈME ou TRITHEIM (J« :an), théologien et historien, né à Tritenheim, près de Trêves, en 1402, mort à Wurtzbourg en 1516, était très-versé dans les sciences divines et humaines. Il prit l'habit de Saint -Benoit dans le monastère de Spanheiui , au diocèse de Mayence, et. en 1183, il devint abbé de ce monastère. Il le gouverna jusqu'en 1500, époque à laquelle il s'en démit pour être abbé de Saint- Jacques de Wurtzbourg. Parmi ses nombreux ouvrages nous citerons : 1° Chromcon monaslerU Un oiuyirmù , diœc. Spi remis; 830-1370; Pâle, 1550, in-fol.; Saint Gall. 16;)0, 2 vol. in-fol.; — 2° De Luudibus Ord. Cormelitarum et de viris illustnhus ejusd. Ord.; Mayence, 1492, 1491, in-4°; Cologne, 1643, in-8«; Florence, 1593,in-l«;
— 3" Semtonum tel exhortai lOnum ad monachos lib. II; Strasbourg, 1510, in-fol.; Anvers, 1574, in-8"; Milan, 1611, in- 4"; — 4° De Viris dlustribus Ord. S. tieneduti lib. IV; Cologne, 1575, in-4';
— 5" Stetjauographia ; Lyon, 1531 , 2 vol. iu-b»; cet ouvrage, qui est un traité sur les diverses manières d'écrire en chiffres, a été mis à Y Index. (Décr. 7 sept. 1609.) Deux importants recueils ont été faits des Œuvres de Iritheitn; le premier est intitulé Opéra historien; Francfort, 1(301 , in-fol., et renferme De Snptoribus ecr/eiiastins Coltectanea;Bù)r et Mayence. 1494, in-4°; la meilleure édition est celle qui fait partie de la liiblioth.ecclesiostica de Fabricius; Hambourg, 1718, in-fol.; le second est intitulé Ofirrn sptritua/ia; Mayence, 1601, in-fol. Voy . Bellarmin, De Seriptoi . eccles. Possevinus, Apparat us sucer. Nicéron, Mémoires, toin. XXXVIII. Michaud, litnqr. univers. La Souv. Btogr. gi'nêr.
TRITURER, fouler le grain ou plutôt la paille aux pieds des animaux pour en faire sortir le grain. Vous ne lierez ftoiut la bouche à un bwuf qui triture, dit saint l'aul (I Timoth., v, 18), d après Moïse (Deutér., xxv, 1). C'est qu'on donnait des muselières à ces animaux, afin qu'ils ne pussent toucher aux grains qu'ils foulaient. La trituration se faisait en préparant autour d'un arbre une aire bien battue et aussi unie (pie possible. On dressait ensuite les gerbes bien serrées l'une contre l'autre autour de ce tronc, et on faisait monter dessus, à coups de fouet, des bœufs ou des chevaux ; puis on les faisait courir en rond sur ces gerbes pour les réduire en menues pailles et en faire sortir le grain. Sur le soir on nettoyait l'aire , en jetant en l'lir la paille et le grain pour faire envoler la paille hors de cette aire pendant que le grain y retombait. L'Écriture fait souvent allusion a ces manières de triturer et de vanner le grain. 11 y avait une autre manière de triturer avec des traîneaux. Vov, Michée, iv. 3. Isaie, xxi, 10. IV Rois, xill,7. Osée, x, 11. Compar. Traîneau.
TRIUMPHUS (Augustinus), appelé aussi, du lieu de la naissance, De Anama et Anconitalus , de l'Ordre de Saint-Augustin, né à Ancône en 123i, mort en 132H, assista au deuxième concile œcuménique de Lson en 1271, et devint en 1300 général de son Ordre. Il a laissé quelques ouvrages, entre autres : 1° des Commentaires sur Kzéchiel et sur l>i quatre livres du Maître des Sentences; — 2° des Traités de théologie et de philosophie; - 3» des Se**©**. Voy. Irithéme,
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