‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 1165 sur 1294 · VARI · texte numérisé non relu

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général et celle des particuliers ne peut être qu'irrégulière et contradictoire. 13° La réforme fane en ce qu'ayant donné d'abord les seules Écritures aux simples fidèles pour former leur foi, elle veut ensuite qu'ils apportent à la lecture des Écritures une foi toute formée par les instructions et l'autorité des pasteurs. 14° Les ministres forcés d'avouer les variations de leurs églises s'étonnent de ce qu'elles n'ont pas varié davantage, et disent qu'elles ne sont pas infaillibles. De leur côté, les protestants ont prétendu que lu doctrine des Pères de l'Église n'a pas toujours été la même ; qu'ils ont changé de sentiment sur plusieurs questions, que souvent ils n'ont pas été de même avis sur certains points de croyance ou de pratique. Mais cette prétention n'a pu faire illusion qu'à des esprits superficiels, et qui ont commencé par perdre de vue le vrai point de la question, l'our prouver que les protestants ont varié dans leur foi , Bossuet n'a pas cite le sentiment particulier de quelques docteurs de leurs différentes sectes, mais leurs confessions communes de foi, les décisions de leurs synodes. 11 ne s'est pas attaqué a des questions qui pouvaient paraître indifférentes à la foi , mais a des articles que les protestants re-

{ tardaient comme très-essentiels, qui étaient, à eur avis, autant de motifs suffisants de se séparer de l'Église romaine, et qui dans la suite ont été parmi eux une cause de schisme , de division , de rupture de toute fraternité. Pour nous bomer à un seul exemple, lorsque les luthériens présentèrent leur Confession de foi à la diète d'Augshourg, ou ils croyaient que la doctrine qui y était contenue était* la vraie doctrine de Jésus-Christ, ou ils ne le croyaient pas; s'ils ne le croyaient pas, ils commettaient évidemment une imposture en présentant cette doctrine comme un juste sujet de se séparer d'avec l'Église romaine ; s'ils le croyaient, tous les changements qui ont été faits dans cette Confession de foi ont été manifestement autant de variations dans la foi. On doit dire la même chose de tous les autres formulaires de doctrines dressés, soit par les luthériens, soit par les calvinistes. Donc, pour convaincre l'Eglise romaine d'avoir varié dans sa foi, il fallait alléguer des décisions contradictoires sur le même dogme de foi, faites par des conciles généraux ou des conciles particuliers généralement respectés par les catholiques. Il fallait montrer que les Pères qui ont eu des sentiments différents de ceux quon suit aujourd'hui, les ont proposés comme des dogmes de foi desquels il n était pas permis de s'écarter. Il fallait faire voir que quand les Pères n'ont pas été de même avis, ils n'ont pas laissé de regarder comme hérétiques ceux qui ne pensaient pas comme eux, qu'ils ont fait schisme avec eux, de peur de mettre leur salut en danger. 11 fallait prouver

3 ne des points de doctrine crus aujourd'hui ans l'Église catholique comme articles de foi sont contraires au sentiment unanime ou presque unanime des Pères. Or aucun protestant n en est venu à bout, aucun n'a même osé sérieusement l'entreprendre. Voy. Bergier, Diction, de théol.

II. VARIATION, en matière de collation de bénéfices. Régulièrement un collateur ne peut conférer succe ssivement à deux le môme bénéfice. Cette rèjilc, qui s'applique aux élections et aux concessions de privilèges, souffrait une exception en faveur des patrons laïques; mais, pour les patrons et collatcurs ecclésiastiques, ils n'avaient pas ce privilège , parce que la variation blessait la gravité de leur état. Ce n'é-

tait pas varier dans la collation d'un bénéfice que de le conférer à deux par différents titres; et quand il arrivait que la collation était faite i plusieurs, le premier en date l'emportait. Voy. les Mémoires du clergé, tom.X.p. 1/84. Richard etGiraud.

VARIGNON (Pierre), prêtre, célèbre géomètre, né à Caen en 16&4, mort à Paris Tan 1722, professa les mathématiques au collège Maiarin et la philosophie au collège de France, et fut nommé membre de l'Académie des sciences de Paris. Il avait été admis à l'académie de Berlin en 1711 , sur sa grande réputation. Il avait été aussi membre de la société royale de Londres. Son caractère était aussi simple que sa supériorité d'esprit pouvait le demander. Fontenelle, entre autres, s'est plu à lui rendre ce témoignage. C'est surtout la lecture des ouvrages de Descartes qui lui fit concevoir une passion extrême pour les mathématiques. Mais ni les sciences exactes, ni la philosophie, n'affaiblirent sa foi. Varignon, outre une foule d'articles qu'il a fournis dans le Recueil de l'Académie dès sciences et dans les journaux scientifiques , a laissé un certain nombre d'ouvrages de science, parmi lesquels nous citerons : Démpnstration ae la possibilité de la présence réelle de Jésus-Christ dans t Eucharistie; qui fait partie, dit Weiss, d'un Recueil de piècet fugitives sur l'Eucharistie , publié par Vernet, avec une préface; Genève, 1730 et 1747, in-8*. Nicéron en a donné l'analyse. Feller dit à ce sujet : t Dans un Recueil sur t Eucharistie, Genève, 1730, in-8°, on trouve un ouvrage de Varignon pour prouver « qu'un être matériel, quelque petit qu'il soit, peut contenir un corps humain, » et d autres possibilités propres à dé- I fendre ce mystère contre les objections tirées de la physique ou de la métaphysique. Lignac, Malebranche et d'autres savants , ont présente sur le même sujet des vues extraordinaires pour des physiciens mécaniques et matériels, mais qui n ont rien d'étonnant pour des hommes profondément instruits. L'on peut même dire qu'aucun objet de croyance religieuse ne trouve dans la nature des emblèmes plus expressifs. La A"out\ Biogr. génér. donne à l'ouvrage de Varignon le titre tout opposé que voici : Démonstration de r impossibilité île la présence rèril? dans l'Eucharistie. Voy. Nicéron, Mémoires, tom. XI et XX. Le Journal histor. et littér., 1" août 1793, p. 404. Feller, Catéchisme phi/ot., n° 441 et suiv., et Biogr. univers. Weiss, dans la Biogr. univers, de Michaud.

VARILLAS (Antoine), hi storien , né à Guéret en 1624, mort à Paris l'an 1696, obtint, en 1648, la charge d'historiographe du duc d'Orléans, et fut employé ensuite à la bibliothèque du roi. Plus tard il se retira dans la communauté do Saint-Côme. Parmi ses nombreux ouvrages nous citerons : 1° Histoire du règne de saint Louis; La Haye, 1682, in-8°; Amsterdam, 1687, in-8»; Paris, 1680, in-4*; elle ne comprend que le récit de la moitié de 1226 à 1220, — 2° Histoire des hérésies ou Histoire des révolutions arrivées dans l" Europe en matière de religion, depuis 1374 jusqu'en 1360; Paris, 1686- 1680, 6 vol. in - 4» ou 12 vol. in -12. « Lorsque cet ouvrage parut, dit Feller, on y trouva beaucoup de fautes. Ménage ayant rencontré l'auteur, lui dit : « Vous avez donné une Histoùe des t hérésies pleine d'hérésies. » Cela n'empêche pas que ce ne soit essentiellement un bon ouvrage ; on y reconnaît le savant aussi bien que l'écrivain religieux et foncièrementeutholique... Il rapporte des anecdotes qu'on a jugées fausses

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