IV. VŒU DANS L'ÉGLISE CATHOLIQUE
Il y a deux sortes de vœux dans l'Église catholique : le vœu simple et le vœu solemn-l. Le mm simple est celui que l'on fait sans les solennités prescrites par l'Église , comme le vœu de jeûner, de prier, de faire l'aumône , de garder la continence, etc. Le vœu solennel est celui par lequel on se consacre à Dieu avec les solennités prescrites par l'Église. Il n'y a que deux sortes de vœux solennels. Le premier a lieu lorsqu'un fait profession dans un Ordre religieux approuvé par l'Église. Le second est le vœu tacite de chasteté que l'on fait en recevant le sous -diaconat. Tous les autres vœux sont simples, soit qu'on les fasse en public ou en particulier, de bouche ou de cœur. Le vœu solennel produit un empêchement dirimant de mariage ; c'est la discipline de l'Église latine , comme on le voit dans le concile de Trente ^sess. XXIV, c. ix ). Le vœu simple empêche , il est vrai , le mariage et le rend criminel ; mais il ne l'annule pas. Quel, ques canonistes et théologiens pensent qu'il n'y a plus de vœux solennels en France . depuis que l'Assemblée nationale les a prohibés par >on décret du 13 février 1790. Mais de ce que la loi civile ne reconnait plus et ne protège plus les vatttx solennels , il ne s'ensuit nullement qu'on ne puisse en faire en France. L'Église les autorise aujourd'hui comme par le passé ; de sorte qu'en France comme ailleurs, les Ordres religieux d'hommes et de femmes reçoivent les vœux solennels prescrits par leurs statuts. Ceux qui les ont émis peuvent y être infidèles, rentrer dans le siècle , et contracter même des mariages civils sans que l'état civil ait à s'en occuper. Tel est le sens du décret précité; décret que le pape Pie VI condamne dans son bref adressé le 10 mars 1791 aux évèques signataires de l'Exposition des principes du clergé de France sur la constitution civile du clergé. D'ailleurs Grégoire XVI, malgré l'existence des lois civiles en France , a formellement déchiré que les bénédictius de l'abbaye de Solesmes contractaient des vœux solennels. Ajoutons que les dominicains, les jésuites, les carmes et les capucins de France font des vœux solennels, ainsi que tous les religieux des Ordres qui, d'après leurs constitutions approuvées du Saint -Siège, doivent émettre des vmtx solennels. Enfin, comme la solennité ou la non-solennité des vœux dépend de la volonté de l'Église, le Pape peut déclarer que dans tel Ordre les i^mj- sont so-
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