‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 154 sur 1294 · LUTH · texte numérisé non relu

LUTH

Lenain, Hisl. de Citeaux, tom. VIII. Richard et Giraud. Le Diction, âe la théol. cathol., au mot

LUDGARDIS.

LUTHER (Martin), fameux hérésiarque , né à Islèbe ou Kisleben le 10 novembre, l'an 1463 ou 1464, mort le 1H fév ier 1546, entra chci les Augustins et reçut lej ordres sacrés. Il professa, en 1508, la philosophie à' Wittemberg , et il y devint docteur et professeur en théologie. Dès Tan 1516, il attaqia dans des thèses publiques les pratiques de I Église romaine et les théologiens scolastiques ; et, l'année suivante, Léon X ayant chargé les Dominicains de prêcher des indulgences en Allemagne, Jean Staupitz, commissaire général des Augustins d'Allemagne, prétendant que cette commission appartenait à ses religieux, ordonna à Luther de prêcher contre les Dominicains. Celui-ci, non content de s'élever contre les Dominicains, prêcha aussi contre les indulgences, et émit des opinions qui le tirent condamner par plusieurs universités et excommunier par Léon a en 1520. Luther alors, ne gardant aucune mesure, forma une secte qui, de son nom, fut appelée Luthéranisme, puis il quitta l'habit religieux et épousa une religieuse nommée Catherine de Bore. Il entraina dans son hérésie une partie de l'Allemagne, la Saxe, le Danemark, la Suède, etc. Dans ses ouvrages , qui ne manquent ni d'esprit ni d'érudition, on voit beaucoup d'orgueil, de vanité, d'emportement, de fureur et de basses plaisanteries, non - seulement contre les papes, mais encore contre toutes les personnes qui lui étaient opposées. On a souvent, et même parmi ses disciples, proclamé Luther comme le chef du rationalisme; jamais personne ne s'est élevé avec autant de force contre la raison que cet hérésiarque; jamais personne n'a rabaissé comme lui son autorité ; c'est à elle qu'il attribue tous les crimes les plus honteux qui se commettent parmi les hommes. Aussi dcmande-t-il qu'on la tienne en bride , et qu'au lieu de la suivre on lui jette de la boue à la face. C'est, dit-il, une béte fauve, qui ne se laisse pas prendre aisément : elle donne comme l'expression de la plus haute sagesse la sottise qui lui est innée ;qu elle cesse donc de s'occuper des choses divines, où elle n'entend absolument rien. Luther dit des choses encore plus fortes contre la raison ; mais les termes mêmes dont il se sert pour la caractériser nous empêchent dé les rapporter. On peut les voir dans son sermon prêché à Wittemberg le 17 janvier 1545, et cite en partie par F. Hoefer dans la Atout*. Biogr. génér. Voy., pour cet article et les deux suivants, les auteurs de l'Histoire de t Église. Bossue t, Histoire des Variations. Hermant, Hist . des hérésies, tàm. II. p. 225. Jovet, Hist. des religions de tous les royaume? du monde, tom. I,p. ilo.L'Encyclop. cathol. Le Diction, de la théol. cathol. Feïler, Biogr. univers. Ses Œuvres complètes ont paru à Wittemberg , i lena, i Eisleben, etc.; mais les éditions les plus estimées sont celles qui ont été données par Luther lui-même, depuis l'an 1517 jusqu'à sa mort. Voy. M. de Trevern, qui, dans sa Discussion amicale sur l'Église anglicane, et en général sur lu réformation, tom. 1, 2e appendice de la lettre 2, p. 59, donne une curieuse notice sur les jugements que les premiers réformateurs portaient les uns sur les autres, et sur les eirets de cette notice dans le Diction, de théol. de Bergier, édit. de Lille, 1844. Cmnpar. les art. suiv.

LUTHÉRANISME. On appelle ainsi la doctrine de Luther et de ses sectateurs touchant la religion. Or voici quelle était celte doctrine : 1° Luther rejetait le mot Trinité comme n'étant

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