‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 226 sur 1294 · IX. MARIE SALOMÉ, femme de Zébédée · texte numérisé non relu

IX. MARIE SALOMÉ, femme de Zébédée

Vou. Salomé, n° III.

X. MARIE, fille d'Eléazar, s'étant retirée à Jérusalem avec son mari et son fils, qui était encore enfant au commencement de la guerre des Juifs contre les Romains, y fut enfermée lorsque le siège de la ville fut formé. Son mari ayant été tué dans une sortie, et ayant perdu elle-même tout ce qu'elle possédait, elle passa plusieurs jours sans prendre aucune nourriture. Pressée par la faim, et transportée par le désespoir, elle tua son fils, le lit cuire, et en mangea une partie. Les Zélés, attirés par l'odeur de la chair cuite, entrèrent dans sa maison et lui demandèrent où était ce qu'elle avait fait cuire. Elle leur montra quelques membres de son enfant, et les leur offrit à manger, leur disant avec insulte qu'ils n'étaient pas plus délicats qu'une femme , ni plus tendres qu'une mère. Voy. Joseph, De Rviio Jud., 1. Vil, c. vin. D. Calmet, Diction, de In Bihle.

XL MARIE (Sainte), servante et martyre, était au service de Tertulle , officier de Maximien Hercule ou de Galère Maximien. Tertulle ayant ordonné , pour le jour de la naissance de son fils, une féle, qui consistait dans un sacrifice offert aux dieux de la famille et dans un grand festin. Marie refusa d'y prendre part, et déclara qu'elle était chrétienne. Tertulle la fit emprisonner et la livra au gouverneur, qui l'appliqua a la torture. On célèbre sa féte le 1" novembre. Voy. Baluz., Miscelianea, tom. II. Richard et Giraud.

XII. MARIE (Sainte), pénitente, nièce de saint Abraham, solitaire, morte l'an 375, fut, à l'âge de sept ans, renfermée par son oncle dans une cellule qui était voisine de la sienne, et où il prit soin de son éducation. Il y avait vingt ans qu'elle vivait de la sorte, loisqn'un faux ermite, qui était venu la voir sous prétexte de profiter de ses enseignements, parvint à la sé-

duire et A la faire sortir de sa cellule. Elle quitta le pays, et alla dans une ville qu'elle ne connaissait pas, afin de vivre dans le désordre; mais saint Abraham ayant appris, dans un songe, le sort de sa nièce, et ayant connu , après deux ans de prières, l'endroit où elle était, s'y rendit déguisé en soldat, et persuada à Marie de retourner dans sa solitude. Elle y expia si efficacement ses fautes, qu'au bout de trois ans Dieu l'honora du don des miracles. Les Grecs célèbrent sa féte et celle de saint Abraham le 29 octobre. Voy. Bollandus, au 29 octobre. Bulteau, Hist. monns't. d'Orient. Richard et Giraud.

XIII. MARIE (Sainte), vierge et compagne de sainte Flore, martyre en Espagne. F'»y. Flore.

XIV. MARIE D OIGNIES (Sainte), née à Nivelle, dans le Brabant, l'an 1177 ou 1180, morte le 23 juin 1213, montra dès son enfance une grandeur d'âme peu ordinaire. Elle fut mariée à l'Âge de quatorze ans ; son mari devint bientôt le compagnon fidèle de ses bonnes œuvres, et tous deux se consacrèrent à la pénitence et au service des lépreux. Marie vécut au milieu des

1>lus grandes austérités, et, chaque année, elle àisait pieds nus, même pendant les hivers les plus rigoureux, le pèlerinage de Notre-Dame d Oigniesf dans le diocèse de Namur. Ce fat dans ce village qu'elle se retira, afin de se soustraire aux visites qu'elle recevait à Willenbrœck, lieu où elle demeurait d'abord. Quoiqu'elle n'ait pas été canonisée, son nom a été inséré dans les calendriers de plusieurs églises de Flandre, et quelques-uns l'honorent avec un oflicc particulier. Sa féte se célèbre le 23 juin. On conservait sou corps à Oignies avec une grande vénération. Il fut levé de terre l'an 1609, par l'ordre du pape Paul V, et par les soins de François Buisseret, évèque de Namur, qui le mit dans une châsse d'argent pour le placer sur l'autel, comme si la sainte eut été canonisée. Voy. sa Vie, écrite par le cardinal de Vitri , insérée dansSurius, Vitee Sanctorum selertissinvt . dans Papebroch, Acta Sanctorum, tom. IV junii, p. 631 , traduite en français, par le même évèque de Namur; Lui vain, 1009, in- 12, corrigée dans l'édition de Namur, 1719, et traduite de nouveau en français, mais avec des retranchements, par Arnauld d'Andilly. Richard et Giraud. Feller.

XV. MARIE ÉGYPTIENNE ( Sainte ), pénitente, née l'an 378, morte en 431, quitta ses parents â l'âge de douze ans, et alla contre leur gré à Alexandrie, où pendant dix-sept ans elle vécut dans le désordre. Elle se rendit â Jérusalem, avec plusieurs personnes qui y allaient.

Ëour célébrer la féte de l'Exaltation de la sainte roix, et elle se livra pendant la traversée aux plus grands excès. Le jour de la féte étant arrivé, elle voulut aussi entrer dans le temple, mais elle se sentit repoussée jusqu'à trois fois par une puissance invisible; et ce fut alors que, touchée par la grâce, elle se retira dans le désert, où 1 Esprit de Dieu la conduisit. Elle y passa j quarante -sept ans, au bout desquels le saint I solitaire Zozime la découvrit et apprit son histoire de sa propre bouche. L'Église honore sa mémoire le 1" mars. Voy. Richard et Giraud. Feller, liioqr. univers.

Page 1