‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 330 sur 1294 · MINI · texte numérisé non relu

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vivait vers l'an 806. Mais n'est-il pas possible que la religion ce soit éteinte dans ce pays-la depuis le vi» siècle jusqu'au ix»? Les Mingréliens montrent sur le bord de la mer, près du fleuve Corax, une grande église, dans laquelle ils assurent que saint André a prêché ; mais c'est un fait controuvé. Autrefois ces peuples reconnaissaient le patriarche d'Antioclie ; aujourd'hui ils sont soumis a celui de Constantmopie.Ilsont néanmoins deux primats de leur nation, qu'ils nomment catholicos, l'un pour la Géorgie, l'autre pour la Mingrélie. Il y avait autrefois douze évêcliés, il n'en reste que six, parce que les six autres ont été changés en abbayes. Les Mingréliens sont un peuple ignorant, superstitieux, corrompu, dont toute la religion consiste en pratiques extérieures, souvent abusives. Ils ont quatre carêmes, l'un de quarante -huit jours avant Pâques, l'autre de quarante jours avant Noël, le troisième d'un mois avant la fête de saint Pierre, et le quatrième de quinze jours en l'honneur de la sainte Vierge. Us rendent aux images un culte qu'il est difficile de ne pas taxer d'idolâtrie. Ils sont très -grands voleurs; le larcin ne passe pas chez eux pour un crime, mais pour un tour d'adresse. Les théatins d'Italie ont établi, en 10*27, une mission en M ingrélie, mais le peu de succès qu'ils ont eu les a découragés; ils ont lini par abandonner entièrement leur œuvre. Voy. D.Joseph Zampi, théalifJi Relations de Mingrélie. Cerry, État présent de rt.glise romaine. Chardin, Voyage en Perte, etc. Bereier, Diction, de thétil.

MINIMES, religieux institués par saint François de Paule, qui par humilité leur donna ce nom. Outre les trois vœux monastiques, les Minimes en font un quatrième, celui d'observer un carême perpétuel, c'est-à-dire de s'abstenir de tous les aliments dont on ne se permettait pas autrefois l'usage en carême. Cet Ordre fut confirmé par Sixte IV en 1474, et par Jules II en 1507. Les Minimes de Niégon, près de Chaillut. étaient appelé* lion -Ht, mines, soit parce que Louis XI appelait bonhomme saint François de Paule, soit parce que les Minimes furent d'abord établis au bois de Vincennes, dans un monastère de religieux de l'Ordre de Grammont, que l'on nommait lions-Hommes. Il y avait aussi des religieuses du même Ordre, et un Tiers- Ordre de personnes séculières de l'un et de l'autre sexe, a qui saint François de Paule a donné une règle. Voy. Louis Doni d'Atlichy, Hist. génév. de t Ordre des Minimes. Le P. Hélyot, ///-/. des Ordres monastiques, etc., tom. VIL Bergier, Diction, de théol. Le Diction, de la tliéol. cathol. Gaet. Moroni, vol. XLV, p. 167-180. Compar. Bons-Hommes, n° II, François, n° IV.

MINIO CELSI. roy.CELSE.n» M.

MIN1S (Thomas de), de l'Ordre des Camaldules, né en Italie, vivait du xvi* au xvu* siècle. 11 a donné : un Catalogue des saints et des bienheureuj- de ton Ordre; Florence, 1608.

MINISTÈRE PASTORAL, expression dont on se sert dans l'Église pour désigner la charge d'âmes. Elle dérive de l'analogie qui existe entre un peuple et un troupeau. De là vient que chez toutes les nations, et nommément chex les Hébreux, ou l'a appliquée aux rois et aux conducteurs des peuples en général. Et, sans parler des prophètes de l'Ancien Testament, qui ont annonce le Messie sous l'image d'un pasteur qui paitra son troupeau, le Messie lui-même, Jésus-Christ, nous déclare qu'il est le bon pasteur, et que, comme le bon pasteur, il donne sa vie pour ses brebis. Puis, quand il charge saint Pierre de continuer sa mission, il lui dit : Pais

mes agneaux, pais mes brebis. A son tour, saint Pierre tient le même langage à ceux qui doivent gouverner l'Église après les apôtres : Paissez le troupeau de Dieu qui mus est confié; il appelle Jésus-Christ le prince des pasteurs. Voilà pourquoi, depuis les temps apostoliques, les chefs de l'Église catholique se sont toujours nommés pasteurs, leur charge étant une charge vraiment pastorale, un ministère pastoral. Voilà pourquoi les évéques donnent à leurs lettres le litre de pastorales. Voila pourquoi enfin d'innombrables passages des saints Pères, des conciles, des auteurs ecclésiastiques, comparent le prêtre au pasteur, et expliquent cette analogie dans tous les sens. Ainsi le ministère pastoral de l'Église catholique émane de Dieu même ; c'est Jésus-Christ qui l'a fondé ; c'est la grâce divine qui l'assiste. Ceux à qui le Sauveur a confié ce ministère sacré sont : 1» le pasteur suprême de toute l'Église, le Pape, successeur de saint Pierre ; 2° les premiers pasteursde chaque diocèse, qui tiennent leur charge de Jésus- Christ par l'intermédiaire du l*ape ; 3° les prêtres, pasteurs, curés, doyens, préposés par les évéques aux paroisses de leurs diocèses. Chaque classe de pasteurs a ses attributions et ses obligations particulières, qui se rapportent à la sanctification des membres de l'Église. Voy, Ps. lxxvii. 70-71. Isaïe, xl.11. Ézéch. xxxvii,23. Jean, x, 11 ; xxi, 15-17. I Pierre, v, 2. 4. Le Diction, de la théol. cathol.

I. MINISTRE (Minuter), signifie serviteur. Saint Paul nomme les apôtres ministres de Jésus-Christ, et dispensateurs des mystères de Dieu. Lorsqu'un ecclésiastique se dit ministre de l'Église, il se reconnaît serviteur de la société des fidèles ; et s'il ne leur rendait aucun service , il manquerait essentiellement au devoir de son état. Il n'est pas nécessaire sans doute que tous remplissent les fonctions de pasteurs, mais il est du devoir de tous de contribuer en quelque chose au culte de Dieu et au salut des fidèles, au moins par la prière et le bon exemple. Selon la règle tracée par Jésus-Christ luimême, l'homme le plus grand dans l'Église est celui qui rend le plus de services. « Que celui, dit-il, qui veut être le premier, soit le serviteur de tous... Le Fils de I homme n'est pas venu pour être servi , mais pour servir les autres. • Par la même raison, celui qui ne rend aucun service est le dernier de tous et le plus méprisable. Saint Paul nous fait remarquer qu'il y a des devoirs et des fonctions de plus d'une sorte : S'instruire soi-même pour se rendre capable d'instruire les autres, contribuer à U pompe et à la majesté du service divin, enseigner, catéchiser, prêcher, exhorter, assister les pauvres, consoler ceux qui souffrent, soulager les pasteurs d'une partie de leur fardeau : tout cela, dit l'Apôtre, sont dea dons de Dieu: chacun doit en user selon la mesure de la grâce et du talent qu'il a reçus. Voy. Marc, ix, Si: x, 45. Rom., xn, 6. I Connth., iv, 1. Bergier, Diction, de théol.

IL MINISTRE (Minuter), nom donné pat les Mathurins ou ['unitaires a leur premier supérieur. Les jésuites appellent ainsi le second supérieur de chacune de leurs maisons ; le général des Cordeliers prend le titre de ministre général. A la naissance de la prétendue-réforme, les prédicants prirent aussi le titre de ministre de la parole de Dieu ou du saint Évangile.

III. MINISTRE DES SACREMENTS (Minuter Sacramentorum). En parlant de chacun des sacrements en particulier j nous avons dit qui en est le ministre, c'est-à-dire qui a le pouvoir de

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l'administrer. Tout homme raisonnable oui sait ix« que c'est que le baptême , peut le donner valiîlement. Dieu a voulu que ce fût ainsi à cause de la nécessité de ce sacrement; mais les protestants prétendent à tort qu'il en est de même de tous les autres sacrements j que pour en être ministre il n'est pas nécessaire d être revêtu d'aucun caractère, puisqu'il est évident que c'est à ses disciples, et non à d'autres, que Jésus-Christ dit en instituant l'Eucharistie : Faite* ceci en mémoire de moi; les péchés seront remis à ceux à qui vous les remettrez, etc. Les fidèles baptisés recevaient le Saint-Esprit par l'imposition des mains des apôtres, mais ils ne le donnaient pas. Saint Paul ne parlait pas du commun des chrétiens, mais des apôtres, lorsqu'il disait : « Que l'homme nous regarde comme les ministres de Jésus-Christ, et les dispensateurs des mystères ou des sacrements de Dieu. » C'est a Tite et à Timothée, et non aux simples fidèles , qu'il donnait la commission d'imposer les mains à ceux qu'il fallait destiner au sacerdoce. Saint Jacques veut qu'on s'adresse aux prêtres de l'Eglise, et non aux laïques, pour rerevoir l'onction en cas de maladie. Le concile de Trente n'a donc pas eu tort de condamner les protestants qui soutiennent que tous les chrétiens ont le pouvoir de prêcher la parole de Dieu et d'administrer les sacrements. Eux-mêmes n'accordent pas à chaque particulier le droit de faire ce que font leurs ministres ou leurs pasteurs. 11 est vrai que les fondateurs du protestantisme enseignèrent d'abord le contraire ; mais c'était évidemment pour ilatter leurs prosélytes, et persuader qu'ils n'avaient pas besoin de mission. Le concile de Trente a aussi décidé que, pour la validité d'un sacrement, il faut que le ministre ait au moins l'intention de faire, par cette action, <••» que fait l'Eglise. Dès lors les protestants n'ont cessé de nous reprocher que nous faisons dépendre le s-ïlut des âmes de l'intention intérieure d'un prêtre, chose de laquell- on ne peut jamais avoir aucune certitude. Mais cette conséquence n'est nullement logique. D'abord il est faux de dire qu'on ne peut jamais avoir aucune certitude de l'intention intérieure d'un prêtre. Secondement, en demandant cette intention, nous ne mettons pas pour cela le salut des âmes à la discrétion des prêtres : nous croyons, comme les protestants eux-mêmes, que le désir du baptême en tient lieu lorsqu'il n'est pas possible de le recevoir en effet; à plus forte raison le désir des autres sacrements peut -il y suppléer, et obtenir la grâce divine lorsqu on ne peut laireautrement. V»y. Luc, >. \n , 1 S, Jean, xx, 23. Conc. Trident., sess. VII, can. x et xi. Bergier, IHcti'jjt. tir théoi,

MINISTRERIE ( MinisUrarius) , bénétice ou charge de supérieur dans un couvent de l'Ordre des Mathurins.

MINISTRES DES INFIRMES , congrégation instituée par Camille de Lellis. Sixte V approuva, en 1586, cette congrégation, qui s'appelait alors la Congrégation du Vere Camille, et permit aux clercs qui la composaient de faire des vœux simples de pauvreté, de chasteté et d'obéissance, puis un quatrième, qui était d'assister les malades à l'article de la mort, même en temps de peste. Grégoire XIV les érigea en Ordre religieux l'an 1591. Leur habit est le même que celui des ecclésiastiques; ils portent de plus, au coté gauche, une croix tannée. Compar. Lellis. Yoy. Gaet. Moi oui , vol. XLV, p. 180-195.

MINOIS. Yoy. Menois.

MINORELLI i Thomas-Marie), dominicain, né à Padoue, fut appelé à Rome, en 17U, pour tra-

vailler à l'histoire générale de son Ordre, à la-

uelle il s'appliquait encore avec beaucoup 'assiduité en 1720. On a de lui : Vie de saint Pie V, en latin très-élogant; Rome, 1712. Il a paru, en 1714, un autre ouviage sous sou nom: mais le savant Père l'a désavoué. Voy. Richard

MINORI {Minora, Rhcrjina Minor). ville épisc. de la Principauté-Citéneure dans le royaume de Naples, sous la métropole d'Amalli. Son premier évèque, Serge, fut sacré en 9s7. Voy. Uni. Sarr., tom. II, p. 281. De Commanville, In Table alpfuibét., p. 159. Richard et Giraud. Gaet. Moroni. vol. XLV, p. 107-901 .

M IN ORQUE (Minorca. Minorica), une des lies Baléares sur la Méditerranée.située près des côtes d'Espagne, au nord-est de l'île de Majorque. La religion chrétienne y fut introduite en même temps qu'à Majorque, et son premier évéqqe , saint Sévère, siégeait en 41K. Malgré le séjour des Anglais dans cette lie, le catholicisme s'y est conservé dans toute sa pureté. Voy. Flores. Es/Miy. Sayrada. De Commanville, ln Table alpha/utt., p. 159. Richard et Giraud. Gaet. Moroni vol. XLIV, p. 195-197.

MINOS. Voy. MlGNAULT.

MINTURNA, ancienne ville épisc. d'Italie, située dans le Latium, près du fleuve Liris. Ou croit que cette ville fut détruite vers l'an 500, et qu'A cette époque son sié^e fut uni à celui du FormiesparS. Grégoire le Grand ; mais, en KiO ou 8k), Formies ayant été elle-même détruite, le siège de Minturna fut établi à Trajet to, bourg que Ion avait bâti sur les ruines de Minturna. On en connait cinq évéques, dont le premier, Cœlius Rusticns, assista au concile de Rome en 491*. Voy. liai. Sacra, tom. X, col. 139. De Commanville, Table alphabet., p 159 -tM>. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. XLV, p. 202-203. Compar. FoRMies.

MINUCCIO { Minuta), prélat italien, né à Sarravalle en 1551, mort à Munich l'an 1604, fut successivement prévôt à Œttingen, conseiller du duc de Bavière, secrétaire d Innocent IX et de Clément VIII , puis archevêque de Zara en Dalmatie. Il a laissé : Vitn sanctee Augustw de Serravalle, insérée dans les Bollandistès au 27 mars, et dans Sunus, Supplément. Voy. La Soitv. Btogr. yénér.

MINUCIUS ou MINUTIUS PELIX, célèbre avocat à Rome, né, croit-on, en Afrique, vivait du ii* au m* siècle de l'ère chrétienne. Il a laissé un excellent dialogue, intitulé : Octavius, et qui a pour but la défense de la religion chrétienne ; cet ouvrage , attribué trop longtemps à Arnobc, a paru quatre fois sous son nom. Le savant jurisconsulte Baudoin s'aperçut le premier de l'erreur, et le fit imprimer séparément à lleidelberg enl560. Depuis cette époque, l'Octai-ius a eu un grand nombre d'éditions; les meilleures sont celles de Leyde, 1707, 111-8": de Langensalza, 1760, 1773. in-» ; de Zurich, 18.36, in-8». L'Uctavius a été traduit en allemand, Hambourg, 1824, in-4»; Leipzig, 1836, in-N"; et en français, Paris, 1660, in-12: Lyon, 1823; in-8». \oy. S. Jérôme. De Vir. iliustr.. c. lviii. Lactance, Divin, instit., 1. I, c. il, et 1. V, c. I. D. Ceillier, Hist. des Aul. suer, et ecclés., t. Il, p. 222 et suiv. Richard et Giraud. Bergier, qui, dans son Diction, de théol., réfute les erreurs de Bai bevrac sur Minutius Félix. Feller. Michaud. L'abbé Guillon Biblioth. choisie des Pères de TÉylise, tom. III. La Nouv. Biogr. géttér. Le Diction, de la thfrtl. catliol.

MINUTOLI (Nicolas), bénédictin de la congrégation des Observantins, fut abbé de Saint-

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Ponthieu de Lucques, puis général de son Ordre. On a de lui un ouvrage sur la bulle In Corna Domini; 1 vol. in-fol.; ouvrage publié sous le nom de l'abbé qui l'avait engagé a l'écrire.

MINUT0L0 (Louis), dominicain, né à Messine l'an 1600, mort en 1673. se distingua autant par sa science que parsa piété. Il devint successivement docteur, qualificateuret censeurdes livres, théologien et examinateur synodal de l'archevêque de Messine , prieur du couvent de cette ville, et provincial de la province de Sicile. Il a laissé : 1° Brevis Notitia eorum quœ pertinent uti Justifiant commutativam. et ad probabilitates opinionum in duas partes divisa; Venise, 1065, in-4° ; — 2° Additiones ad primant et secundam partem eorum quai pertinent ad justitiam commutativam et ad probabUitates opinionum ; ibid., 1605. in -4°. Voy. le P. Êchard, Scriptor. Ord. Pratdic, tom. III, p. 051. Richard et Giraud.

M1NUTUM, petite pièce de monnaie qui valait le quart d'un as romain, et à peu près un sou de notre monnaie. Vou. Marc, xii, 42.

I. MIPHIBOSETH, fils de Jonathas et petitlils de Saùl, était tout jeune encore lorsque son père fut tué à la bataille de Gelboé; en apprenant cette nouvelle , sa nourrice , effrayée , le laissa tomber à terre, et Miphiboselh resta boiteux toute sa vie. Dès que David se vit paisible possesseur du trône, il donna à Miphiboselh tous les biens de Saûl son aïeul, le fit manger à sa table , et ordonna à Siba de cultiver ses champs; mais, lors de la révolte d'Absalon, Siba dit à David que Miphiboselh était resté à Jérusalem dans l'espérance qu'on lui rendrait le rovaume de son père, et David, prêtant l'oreille à fa calomnie, adjugea à Siba tous les biens de son maître ; cependant Miphiboseth, s'étant justilié, recouvra la moitié de ses biens. Il eut un fils, nommé Micha. Yoy. Il Rois, IV, 4; ix, 6; xix, 17 et suiv.

II. MIPHIBOSETH, fils de Saûl et de Respha, et que David abandonna aux Gabaoniles avec Armoni son frère, et les cinq fils de Michol et d'Adriel. Vou. Il Rois. XXI, 8.

MIRABAUD (Jeun- Baptiste de), littérateur, né à Paris en 1675, mort l'an 1700, fut reçu à l'Académie française en 1 7 20, et eu fut nommé secrétaire perpétuel en 1742. lia laissé quelques ouvrages, parmi lesquels nous citerons : 1° Opinion des anciens sur tes Juifs; ouvrage inséré dans Bernard, Dissertations mêlées; 1740,2 vol.; — 2° Ht flexions sur /' Évangile; Londres, 1709, in-8°. réimprimées, avec le nom de Fréret, sous ce titre : Examen critique du Nouveau Testament; ibid., 1773, ou 1777, in-12. On lui a faussement attribué : Système de la nature, ou des Lois du monde physique et du monde moral; ouvrage condamné par la Congr. de Y Index (dècr. 9 nov. 1770), laquelle a déclaré que Mirabaud, mis en téte du livre , était un nom supposé : ementitum nomen. Voy. Feller. Michaud , la Nouv. Biogr. gènér.

MIRABILIA. Voy. MaravigUA.

MIRACLE, terme qui signifie : 1° dans un très-général, une chose admirable, singui, extraordinaire, qui frappe, surprend, ne, ou qui surpasse les forces des créatures visibles ou non ; 2° dans un sens plus restreint, une chose extraordinaire qui surpasse les forces des créatures visibles, mais non pas des invisibles, comme les anges bons ou mauvais; 3° dans un sens propre et rigoureux, une chose ou un effet sensible, qui surpasse les forces de toutes les créatures visibles ou invisibles, et qui ne peut venir que de Dieu, agissant selon des lois supérieures à relies de la mécanique du monde ;

car, dit saint Thomas, un miracle doit ser l'ordre et les forces de toute la nature créée, soit visible, soit invisible. D'après le même docteur, les merveilles opérées par les anges, bons ou mauvais, sont des miracles dans un sens moins strict , et par rapport à nous, en ce qu'elles surpassent les forces de la nature qui nous sont connues; mais comme une chose miraculeuse peut être ou contre la nature (contra naturam). ou au-dessus de la nature (supra naturam), ou outre la nature (prater tiaturam), il en est résulté que la plupart des théologiens ont admis trois sortes de miracles : 1° le miracle contre nature est celui dans lequel la nature conserve une disposition contraire aux etrets que Dieu produit , comme lorsque la mer se partagea pour laisser passer les Israélites, etc.; 2° un miracle est au-dessus de la nature lorsque la nature ne peut le produire en aucune sorte : la résurrection d'un mort, par exemple ; 3° un miracle est outre la nature lorsque la nature pourrait absolument le produire, mais pas dans les circonstances ni de la manière que Dieu le produit; ainsi Dieu guérit, dans un moment et sans aucun remède, une personne dangereusement malade, tandis que la nature aurait pu la guérir avec le temps et les remèdes. — Ceux qui annoncent de faux miracles encourent l'excommunication. En 1 452, les Cordeliers de Rouen furent obligés de faire satisfaction a l'archevêque pour avoir publié un miracle sans son approbation. Le concile de Trente défend d'admettre de nouveaux miracles, ainsi que de nouvelles reliques, avant que l'évêque s'en soit rendu certain, et y ait donné son approbation. Et pour cela, dès qu'il viendra sur ces matières quelque chose à sa connaissance, il prendra avis de théologiens et autres personnes pieuses, et il fera ensuite ce qu'il jugera conforme à la vérité et à la piété. Que s'il se rencontre quelque usage douteux a abolir, ou quelque abus difficile a déraciner, ou bien qu'il naisse quelque question importante sur ces mêmes matières, l'évêque, avant de rien décider, attendra

3u'il ait pris le sentiment du métropolitain et es autres évêques de la même province dans un concile provincial , en sorte cependant qu'il ne se décide rien de nouveau et d'inusité jusqu'à présent dans l'Église, sans avoir auparavant consulté le très-saint Pontife romain. Il faut remarquer que le pouvoir d'approuver de nouveaux miracles, attribué aux ordinaires par le concile de Trente, ne regarde que les saints déjà canonisés ou béatifiés, et non les personnes éminentes en vertu qui ne sont point encore canonisées ou béatifiées; puisque, si les ordinaires avaient droit de publier et de proposer au peuple les miracles qu'on attribue a l'intercession de ces sortes de personnes, ils auraient droit aussi d'engager le peuple à leur rendre un culte religieux, qui est une suite de la sainteté attestée par les miracles, ce qui n'appartient qu'au Siège apostolique. Voy. Div. Thon». 1..

2. 110, a/7. 4, im corp. Conc. Trid..sess. XXV, /> nocatione, veneratione, et reliquiis, etc. Le cardinal Lambertini, De la Canonisation et Béatification des saints, tom. II et IV. Duvoisin, Démonstration évangélique. Richard et Giraud, qui traitent : 1° du nom et de la nature des miracles ; 2° des différentes sortes de miracles ; 3° de la cause efficiente des miracles; 4* de la cause finale des miracles; 5° de la différence des vrais et des faux miracles; 6° de ceux à qui il appartient d'approuver les miracles. D .Calinet , Diction . de la Bible, et Dissertation sur les vrais et *«/• tes faux miracles, et sur le pouvoir des démon* et

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