I. MOLI NIER (Etienne), docteur en théolo
fic , ainsi qu'en droit civil et canonique , né à oulouse , mort en 1650, suivit d'abord la carrière du barreau ; il entra peu après dans les ordres , et obtint de grands succès comme prédicateur. U a laissé : 1° Sermons pour les dimancites de rannée; Toulouse , 1631 , 2 vol. in-8- ; — 2» Sermons sur le mystère de la croix: 1635. in-8° ; — 9» Sermons pour t Octave du saint Sacrement ; 1640. in-8»; — 4° Sermons pour le Carême; Lyon, 1650, 2 vol. in-8»; — 5» Sermons sur le symbole de la croix; Rouen , 1650 , in-8° ;
— 6» Vte de Barthélémy de Donadieu, évéque de Comminges; Paria , 1639, in-8»; — 7» Le Lys du val de Garai sun et les miracles qui s'y sont faits; Toulouse, 1616; — 8» Œuvres mêlées; ibid., 1651, in-8». Richard et Giraud.
II. MOLINIER (Jean-Bnptiste), prédicateur, né à Arles en 1675, mort à Paris Tan 1745, professa la théologie dans sa ville natale, entra chez les Oratoriens , qu'il quitta au bout de vingt ans, et se livra avec succès à la prédication ; mais elle lui fut interdite par M. Vintimille, successeur du cardinal de Noatlles, 4 cause de son opposition à la bulle Unigenitus, et de ses liaisons avec les convulsionnaires. On a de lui : 1° Traduction nouvelle de l'imitution de Jésus - Christ: Paris , 1725 , in - 12 ; — 2» Su* mons choisis ; 1732-1734 . 9 vol. in-12 & Panégyriques; 1732-1734, 3 vol. in-12; — 4» Discours sur la vérité de la religion chrétienne; 1732-1734 , 2 vol. in-12; — 5» Instructions et prières propres à soutenir les âmes dans les voies de la pénitence, etc., in-12; — 6* Piières et pensées chrétiennes, souventréimprimées; — & Exercice du pénitent, avec un Office de la pénitence; in-18; — 9» Les Psaumes, traduits en français, avec des Notes littérales et morales ; in-12; — 10° Paraphrase du psaume Miserere; — - 11» sur FArwnisme; 1718, m-4°. Voy, le P. Bourgerel, Histoire de» hommes illustres. Les Mémoires de Trévoux, juillet 1731. Le Diction, portatif des
Prédicateurs. Richard et Giraud. Chaudon et •elandine, Diction, histor. Feller. Michaud. MOLINISME, doctrine de Molina, qui se réduit à trois chefs : le premier regarde les forces de la nature, qui , dit Molina, ne sont pas tellement affaiblies que l'homme ne puisse faire sans le tecours de la grâce de bonnes œuvres morales, croire, espérer, aimer Dieu, etc.. et obtenir la grâce, que Dieu ne refuse jamais à celui qui fait tout ce qui dépend de lui ; le second est sur l'efficacité de la grâce, qu'il soumet au libre arbitre, de sorte qu'elle n'est point
MOLI
efficace par sa propre vertu, mais qu'elle le devient par la volonté de l'homme qui donne son consentement: le troisième est sur le décret de prédestination à la gloire, qui dépend de la connaissance do bon ou du mauvais usage que Dieu prévoit que les hommes feront des grâces qui leur sont destinées, Voy. le Journ. des Savants, 1702, 1704, 17(16, 1710 et 1711. Richard et Giraud. Bergier, Diction, de théol. Le Diction, ecclés. et canon, portatif. L'Encyclop, cathol., art.
MOI.INA-MOLIMSME, Compor. MOLIMSTES.
MOLINOS (Michel), théologien, né près de Saragosse en 1627, mort à Rome l'an 1<ï96, alla s'établir à Rome , où, sous un extérieur de piété, il acquit la réputation d'un grand directeur. Il y publia en 1675 un livre intitulé : Le Guide spirituel, ou ta Conduite spirituelle , dans lequel il émit des opinions fausses et dangereuses sur la mysticité. Cet ouvrage jouit d abord d'un grand succès, mais en 1685 il fut déféré à l'Inquisition romaine, et les examinateurs relevèrent soixante-huit propositions* qui furent condamnées comme hérétiques, scandaleuses et blasphématoires. Par un décret du 28 août 108o, Mnlinos fut convaincu d'avoir enseigné des doctrines fausses et dangereuses, et, par une bulle du 29 novembre 1687, Innocent XI condamna tous ses ouvrages, tant imprimés que manuscrits. L'idée de l'auteur était d'inspirer une tranquillité si parfaite que l'homme pût commettre les plus grands crimes sans se troubler, parce qu'il fallait se soumettre en tout à la volonté du Seigneur. Molinos fut obligé d'abjurer publiquement ses erreurs, et condamné a une prison perpétuelle. Ses doctrines ont été parfaitement réfutées par Fénelon et Bossuet. On a donné à ses disciples le nom de quiétistes, parce qu'ils faisaient consister la souveraine perfection à s'anéantir pour s'unir a Dieu , a se tixer dans une simple contemplation d'esprit, sans réflexion, et sans se troubler de ce qui peut se passer dans le corps; c'est ce qu'ils appellent : Oraison de quiétude. Voy. Fénelon, Œuvres, tom. IV, édit. de Versailles. Bossuet, Œuvres, tom. XXVII, p. 28, 29, 70, 76,91,114; t. XXIX, 413, 426, 435 et suiv., 472, édit. de Versailles. Moréri, Diction, histor. Pluquct, Diction, des ftérésies. Richard et Giraud. Bergier, Diction, de théol., au mot Molinosisme. Feller. Michaud. La Nouv. Biogr. génér. Compar. Quiétistes.
MOLINISTES. On appelle ainsi les théologiens qui suivent le système de Louis Molina sur la concorde de la grâce et du libre arbitre. Le ministre protestant Jurieu a prétendu que les molinistes étaient des demi-pélagiens ; mais Bossuet a détruit celte prétention par ces quelques mots : « Quant à ce que , pour récriminer, M. Jurieu nous objecte que nos molinistes sont demi-pélagiens, et que 1 Église romaine tolère un pélagiumsme tout pur et tout crud : pour ce qui regarde les molinistes, s'il en avait seulement ouvert les livres , il aurait appris qu'ils reconnaissaient pour tous les élus une préférence gratuite de la divine miséricorde, une grâce toujours prévenante, toujours nécessaire pour toutes les œuvres de piété; et dans tous ceux qui les pratiquent, une conduite spéciale qui les y conduit. C'est ce qu'on ne trouvera jamais dans les semi-pélagiens. Quesi on passe plus avant, et qu'on fasse précéder la grâce par quelque acte purement humain à quoi on l'attache, je ne craindrais point d'être contredit par aucun catholique en assurant que ce serait de soi une erreur mortelle qui àterait le fondement de l'humilité, et que l'Eglise ne tolérerait jamais, après avoir décidé tant de fois, et encore en dernier lieu