‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 434 sur 1294 · NOCE · texte numérisé non relu

NOCE

que celle Église primatiale en a attiré d'autres par son exemple à la même pratique, et qu'elle a peut-être suivi elle-même l'exemple de quelque autre. Mais il ne faut pas se persuader que ce soit le seul éclat de la noblesse qui ait ébloui les premiers auteurs de cet usage ; ce serait un motif trop humain et trop éloigné de la pureté avec laquelle l'Église veut qu'on entre, et qu'on fasse entrer les clercs dans les dignités ecclésiastiques. On a eu égard i la protection que l'Église recevait des nobles ou qu elle avait déjà reçue de leurs ancêtres. On a considéré que l'éducation des nobles était ordinairement plus vertueuse que celle des roturiers, surtout au temps que ces statuts ou ces usages commencèrent a avoir cours ; car les roturiers étaient alors presque tous serfs. Enfin on a jugé que la piété des personnes puissantes était aussi poissante pour en attirer d'autres à leur imitation. Ainsi, ce n'a nullement été par des intérêts bas et charnels qu'on a affecté quelques églises et quelques bénéfices à la noblesse, mais par des considérations religieuses, et par les vues de la nécessité ou de l'utilité de l'Église. Car il faut bien distinguer les dispositions vicieuses de quelques particuliers, qui se jettent dans les dignités de l'Église avec des sentiments purements humains, d'avec les maximes saintes de I Eglise même, qui ménage les passions terrestres des hommes charnels pour les faire servir à l'édifice spirituel et à la cité céleste qu'elle bâtit sur la terre. » C'est, en effet, pour les mêmes raisons que le concile de Latran permet aux nobles de distinction, ainsi qu'aux gens de lettres {subit mi bus et litteratis), de posséder plusieurs dignités ou personnats dans une même église avec dispense du Saint- Siège t que saint Charles Borromée fonda pour des gentilshommes un collège dont il éprouvait beaucoup de consolations ; que saint Bernard disait que, sans faire une injuste acception de personnes , on ne peut s'empêcher d'avoir un peu plus de complaisance pour la vertu qnand elle est accompagnée de la noblesse : Minime quidem Deus est acceptonun personarum , nescio tatnen quo pacto virtus » nobili plus placet. Le Père Thomassin remarque judicieusement, sur les termes nobilem et kherusn de la décréta! e , que dans ce tempsla les roturiers étaient partout serfs, et que celui qui était libre était noble. La coutume, dit-il, en est restée en Allemagne. Elle a cessé eu France depuis fort longtemps. Or une Église riche, toute composée de serfs, eût été bientôt la proie des usurpateurs. Cette dernière raison ne subsistant plus , on ne donne pas autant de faveur a la naissance dans la distribution des grâces ecclésiastiques, et elles sont devenues communes au mérite et à la vertu. Voy. Bernard, Eput. CXJIl. Thomassin, Discipline de F Eglise , part. IV, liv. II, chap. xxxvil. Les Mér moires du clergé tom. 111 , p. 1097, et tom. X, p. 495, 501. Richard et Giraud. Gaet. Moroni , vol. XL VIII, p. 52-59. L'abbé André, Cours alphabét. de droit canon, auquel nous devons la plus grande partie de cet article.

NOCE, NOCES. Ces deux mots s'emploient indifféremment en français pour exprimer le festin et les autres réjouissances du mariage ; mais le dernier seulement désigne le mariage même. Après ce que nous avons dit des noces des chrétiens aux divers articles du mot Mariage , nous ne parlerons dans celui-ci que de la manière dont se taisaient et se célébraient les noces chez les Hébreux. 11 faut remarquer avant tout que les femmes étant achetées à prix d argent, leurs maris les regardaient générale-

Page 1