‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 471 sur 1294 · ONTA · texte numérisé non relu

ONTA

fcnl est ta danger de mort , il peut être ondoyé par toute* sortes de personnes ; mais, s'il n'est pas en darder, il ne peut être ondoyé que par le propre curé, avec la permission par écrit de l'évéque diocésain. Il faut bien remarquer que, pour que le baptême ainsi administré soit valide, il faut qoe la matière et la forme soient exactement gardées , c'est-à-dire qu'il faut qu'on verse de l'eau sur la téte de l'enfant en disant : Je te bnptue au nom du Père, du PiU, et du Saint-Esprit. « L'usage, dit Dergier, était établi en France d'ondoyer les princes à leur naissants, et de ne suppléer les cérémonies que phtsieors années après ; le roi Louis XVI , par on motif de piété, a fait baptiser ses enfants arec toutes les cérémonies immédiatement après leur naissance. » Exemple qui devrait être imité par bien des pères de famille, qui, sans nécessité, mais par des considérations opposées à l'humilité chrétienne , demandent des permissions d'ondoiement. Le concile d'Avignon tenu l'an 1849 dit que les évéques ne doivent pas permettre facilement les ondoiements : Non facile permittant episarpi ab Mis ritibus separari meromentum. Nous ferons remarquer que celui qui tient un enfant ondoyé sur les fonts ne contracte pas d'affinité avec lui. Voy. le conc. d'Avignon, titui. IV. c. h, n» 6. Bergier, Diction, dt /feW. L'abbé Pariai , Diction, de liturgie. L'abbé André, Cours uluhabét. de droit canon. ONEIROCRITIE, art d'interpréter les songes.

Voif. iStiNGE.

I. OîîESIME ( Saint), évéque et martyr, né anPhrygie, mort l'ait 95 de Jésus-Christ, était esclave de Philémon , citoyen de Colosse. 11 le vola et vint à Rome, où il vit saint Paul , qui était en prison. L'apôtre l'instruisit, le convertit, te baptisa, et le renvoya à Philémon avec uoe lettre touchante que nous avons, et qui est reconnue pour canonique. Philémon reçut Onésnne avec la plus grande charité, le traita comme son frère et son ami , et le renvoya à Rora<> pour assister saint Paul. Oni sime porta avec saint Tychique la lettre que l'Apôtre écrivit a cette époque aux fidèles de Colosses ; et le? constitutions apostoliques portent que saint Paal le lit plus tard évéque de Bérée, en Macédoine, où il couronna sa vie par le martyre. Le Martji ologe romain dit qu'il fut fait évéque d'Épine par saint Paul après saint Timolhée , *t place sa fête au 10 février. Les Grecs la célebit-nt le 15 décembre. Voy. D. Calraet, Dicton*. <ie i>i Hib/e.

IL 0HÉ3IME (Saint), deuxième évéque d'É-

Î'hès-, succéda, comme on croit, à Caius. L'an 07 il fut député par son église , avec son diacre Burrhos et quelques fidèles, pour aller rendre visite a «nnt Ignace d'Antioche, qui allait à ii c :ne afin d'y consommer son martyre. Ce saint, qui était alors à Smyrne chez saint Polyearpe, remercia les fidèles d'Éplièse par une lettre, dans laquelle il professe la plus grande estime pour leur évéque ; il le représenta comme un digne émule de saint Jean et de saint Timothee. On célèbre la fête de saint Onésnne le 1b février. Voy. saint Ignace, Lettre aux Êpl«;tien*. Tillemont, dans la Vie de saint Paul. Richard et Giraud.

ONË81PH0RE ( Saint), ami de saint Paul, est mentionné dans la seconde Épitre que cet apôtre écrivit à Timolhée. Il vint à Home, où il assista de tout son pouvoir saint Paul , qui était en prison, et abandonné de tout le monde Les Grecs célèbrent la fête de saint Onésiphore le 9 avril, et ils lui donnent le titre d'évèque de , en Asie. Us le mentionnent aussi le

8 décembre , et ils le nomment évéque de Côsarée. Le Martyrologe romain dit qu'il souffrit dans l'Hellespont, ou il était allé prêcher la foi avec saint Porphyre, et place sa fête au 16 septembre. Voy. II Timoth., i, 16, 18. Theodoret., in U Timoth. D. Calmet , Diction, de i« Hibb.

I. ONIAS I", grand prêtre des Juifs, fils et successeur de Jeddoa ou Jaddus , gouverna la république des Hébreux de l'an du monde 3082 à l'an 3702. Il eut deux fils : Simon le Juste, qui lui succéda, et Eléazar. Voy. Joseph, Antiq., 1. XI, c. ult., ad. tinem.

II. ONIAS II, tils de Simon le Juste, grand prêtre des Juifs, succéda à son grand oncle Manassé, et gouverna de l'an du monde 3771 i l'an 3785. Joseph dit qu'il faillit causer la ruine de sa patrie en refusant de payer à Ptolémée Evergete le tribut que les Hébreux devaient aux rois d'Egypte, et que les grands prêtres avaient coutume de payer de leurs propres deniers. Le peuple, effrayé des menaces de Ptolémée , parlait de déposer son premier magistrat, lorsque Joseph , neveu d'Omas , calma ce monarque en prenant à ferme, pour un prix élevé, les tributs que l'Êgypte percevait en Syrie et en Palestine. Simon 11, fils d'Onias II, succéda à son père. Voy. Joseph., Antiq., I. XII, c. met iv. D. Calmet, Diction, de la Bible. Richard et Giraud.

III. ONIAS III, grand prêtre des Juifs, assassiné à Daphné, près d'Antioche, Tan du monde 3838, était fils de Simon 11, à qui il succéda l'an 3805. Il se rendit recoin manda ble

[mr sa piété el sa justice, et les rois ses voisins e prirent plusieurs fois pour arbitre dans leurs différends. Le second livre des Machabées nous apprend que ce fut sous son pontificat qu'eut lioti l'histoire d'Héliodore. Onias ayant été calomnié auprès du roi de Syrie, se rendit à Antioche afin de se justifier. Antiochus Epiphanes venait alors de succéder à Seleucus, et Jason, frère d'Onias, obtint du nouveau roi la sacrificature moyennant une forte somme d'argent. Trois ans après, Jason fut dépossédé par Ménélaûs, qui fut lui-même dépouillé par Lysimaque. Cependant Ménélaûs avait dérobé une partie des trésors du temple; il partagea le produit de son larcin avec Andronicus, lieutenant d' Antiochus, et il le décida à faire périr Onias, qui était instruit de ce crime. La mort d'un si saint homme indigna les païens eux-mêmes, et le roi fit périr Andronicus dans l'endroit même où Onias avait été tué. Voy. 1 Machab., xn, 5, 6, 7, etc. 11 Machab., m , 1-3; tv, 32 et suiv.; xn, 5 et suiv.; xv, 12 et suiv. Joseph., Antiq., 1. XII, c. iv et V. D. Calmet, qui, dans son Diction, de la Bible, montre la différence qui existe entre le récit de Joseph et celui du second livre des Machabées sur l'histoire d'Onias III.

IV. ONIAS IV, fils d'Onias 111, n'eut jamais la sacrilic.itore, qu'il avait espérée jusqu'à la mort de Mënélaùs, son oncle. Cette dignité ayant été transportée dans une autre famille par le conseil de Lysias, régent du royaume de Syrie, il se réfugia en Egypte, où il obtint de lHolémée Philométor la permission de bâtir un temple au vrai Dieu. Ce temple fut appelé Oninn, du nom de ce grand sacrificateur. La fondation de ce temple es>t rap^oi tée ainsi par l'historien Joseph; les talinudistes ont une tradition toute différente, mais qui n'a aucun fond de vérité. On pense qu'Onias , dont Cléopàtre s'était servie pour défendre les intérêts de son fils contre Ptolémée Éver^ète, périt, d'après l'ordre de ce prince, en même temps que ceux qui avaient favorisé le fils de Philométor. Voy. II Machab.,

ONKfc

ONON

XIII, 4, 8. Joseph., Antiq., 1. XII, c. xv ; 1. XX , c. Vlll, et Contra Apion., 1. II, c. il. D. Calmet, Diction, de la Bible. Scheçg , qui , dans le Diction, de la théol. cathol., cite l'opinion des rabbins sur la fondation du temple Onion. Compar. notre art. Onion.

V. ONIAS V, ou Ménélaùs, mort l'an 3842, fut établi grand prêtre à la place de Jason l'an du monde 3822. N'ayant pu remplir toutes les promesses qu'il avait faites au roi, il fut, comme nous l'avons dit . remplacé par Lysimaque; mais Onias ne recula devant aucun moyen pour recouvrer la sacrificature, et il fut réintégré l'an du monde 3836. Cependant Lysias ayant fait entendre à Anliochus qu'Onias était l'auteur de tous les troubles de la Judée, ce prince le fit arrêter et conduire à Bérée, où on le précipita du haut d'une tour élevée de cinquante coudées. Voy. II Machab., IV, 23 et suiv.; v, 5; xill, 2 et suiv.; xv, 23. Joseph, Antiq., 1. XII, c. IV, v, xv. J). Calmet, Diction, de la Bible.

VI. ONIAS, juif d'une grande vertu qui vivait au temps qu'Àristobule faisait la guerre à Hircan, prince et grand prêtre des Juifs. Il avait déjà obtenu par ses prières de la pluie dans une extrême sécheresse, lorsque, voyant la guerre civile allumée dans la Judée, il s'était retiré dans une caverne. Les Juifs qui tenaient pour llircan allèrent le chercher pour qu'il vint maudire et dévouer à tous les malheurs Aristobule et ceux de son parti. Onias s'y refusa pendant longtemps; mais, forcé enhn par leurs instances, il se mit au milieu d'eux, et fit à Dieu cette prière : « Seigneur Dieu de l'univers, puisque ceux avec qui je suis sont votre peuple, et que ceux nue l'on attaque sont vos prêtres , je vous prie de ne les écouter ni les uns ni les autres dans les prières qu'ils vous font contre leurs frères. <> A ces mots , quelques-uns des Juifs qui étaient présents l'assommèrent à coups de pierres. Vf»/. Joseph, Antiq., 1. XIV, c. m.

ONINGIS. Voy. Jaen.

ONION. C'est, comme on l'a vu un peu plus haut, le nom que Ton donna au temple qu'Onias IV lit bâtir en Egypte avec l'agrément du roi Ptolémée, dont il avait su gagner la coniiance. Il parait, d'après Joseph, que ce qui détermina plus particulièrement Onias à cette entreprise fut un passage d'Isaïe, qui plus de six cents ans auparavant avait prédit que le Sei-

Eneur aurait un jour un temple dans l'Egypte, 'historien juif ne cite pas les paroles du prophète, mais on ne doute pas que ce ne soient celles des versets 18 et 19 du ch. xix. Ce temple, fait sur le modèle de celui de Jérusalem, et bâti dans le nome d'Héliopolis, subsista environ deux cent vingt-six ans. Voy. Joseph, Antiq., 1. XIII, c. vi. et De Bello Jud., 1. VII, c. xxx . xxxvii. D. Calmet, qui, dans sou Diction, de In Bible, rapporte, d'après Joseph, le placet présenté à Ptolémée par Onias, et la description du temple. C»mpar. Onias, n* IV.

ONIROCRATIE. Voy. Songe.

ONKELOS était, selon le Talmud de Babylone, contemporain de Jcsus-Christ et des apôtres. Des écrivains juifs ont prétendu qu'il avait été le disciple de Gamaliel , qui fut aussi le maitre de saint Paul. Il est auteur d'un Taryum, ou Paraphrase chaidnique du Pentateuque , qui a été souvent imprimé avec ou sans le texte hébreu; la plus ancienne édition est celle de Bologne, 1482, et la dernière est celle de .1er. Heinemann; Berlin, 1831-1835, in-8°. Le Targum a été traduit par Alph. de Zamora; cette traduction se trouve dans les Polyglottes d'Alcala, d'Anvers, de Paris et de Londres, à la

suite de la Vulgate de l'édit. de Venise, 1600, in-fol., et dans celle d'Anvers, 1616, in-fol.; et imprimée séparément, An vers, 1539, in-8°. Paul Fagius en a donné aussi une traduction sous ce titre : Paraphrasis Onkeli chaldaica , ex chalrian in latinum fidelissime versa ; Strasbourg. 1546, in-fol. La Paraphrase d'Onkelos, qui est la plus estimée parmi les juifs et les chrétiens, rend en général si littéralement le texte, qu'on peut la regarder comme une version proprement dite. Le chaldéen dans lequel elle est écrite se rapproche beaucoup de celui de Daniel et d'Esdras ; caractère certain d'antiquité qui ne permet pas de lui assigner une origine aussi récente que le font quelques critiques, notamment le P. Morin. Une autre preuve de sa haute antiquité, c'est qu'elle est exempte de toute fable talmudique , et qu'elle rend en quelques endroits le texte hébreu d'une manière favorable au christianime , en appliquant au Messie des prophéties que les Juifs des temps modernes sont bien loin de lui appliquer. Voy. Wolf, Bib/ioth. hebrœa, tom. Il, p. 1147 et suiv. De Rossi , Dizionnrio storicu deyli nutori ebrn , tom. Il, n. 81-82. Morinus, Exercit. Bibl., I. II. Exerc. Vlll, c. n, p. 321 seqq., et c. m, p. 333. G.-B. Winer , De Onkeloso ejusqur ParapÂran chaldaica Dissertatio; Leipzig, 1820. La .Vonr. Biogr. génér. J.-B. Glaire, Introd. hùtor., etc., tom. I . p. 184.

0N0, ville de la tribu de Benjamin. Voy. I Pv ralip., vin, 12. 1 Esdr., i , 33. Reland, Paiœstàta illustra ta, p. 912-913.

ONOCENTAURE (Onocentattrus), mot composé de deux termes grecs , dont l'un, onos , signifie due, et l'autre kentnuro* , c'est-à-dire centaure. animal moitié homme et moitié cheval. L'ooocentaure est un animal fabuleux , qui a le buste Q'un homme, et les cuisses et les jambes d'un âne. Saint Jérôme a employé ce mot dans la Vulgate. Voy. Isaïe, xxxiv, 14.

0N0CR0TALE ou PELICAN, mots par lesquels saint Jérôme a rendu l'hébreu qàath. Or qùuth, à la lettre vomisseur, désigne dans l'Écriture un oiseau de proie qui fait sa demeure ordinaire dans les déserts, et qui pousse des cris lugubres et plaintifs. Aristote, Pline et Eben assurent que le }>élican avale les coquillages qu'il trouve, et que, lorsque la chaleur de soo estomac les a fait ouvrir, il les rejette et en tire le poisson, qu'il mange. Bochart croit que qûuth désigne aussi le butor, qui vomit comme le pélican, et que l'on cite comme faisant retentir l'air de ses cris horribles, tandis qu'il n'est question nulle part des cris du pélican. Quoi qu'il en soit, Moïse met le qdath au nombre de* animaux impurs. Voy. Lévit., xi . 18. Deutéron., xiv, 18. Ps. Ci (Hebr., cil), 7. Isaie, xxxiv, 11. Sophonie , il , 14. J.-B. Glaire , Introduction, etc., tom. II, p. 81.

ONOMANCE ou ONOMANCIE, terme dérive du grec, qui signifie proprement divination pmr le nom. C'est l'art, aussi ridicule que faux, qui enseigne à deviner par le nom d'une personne le bonheur ou le malheur qui doit lui arriver.

ONONTCHITE, terme grec don( le sens littéral est qui a les pieds d'un (inc. C'était le nom injurieux que les païens donnèrent dans le IIIe siècle au Dieu des chrétiens. Tcrtullien dit qu'ils le représentaient avec des oreilles et un pied d'âne, tenant un livre, et couvert d'une robe de docteur. Il ajoute qu'un juif apostat avait imaginé cette figure. Mais quelques critiques prétendent qu'il faut lire dans le texte onokoitn, c'est-à-dire engendré d'un âne. Tertullien se moque avec raison de cette calomnie

O.NTO

OltTO

absurde , et il expose la croyance des chrétiens touchant la dinnité. Cette calomnie vient, comme on le croit, de ce que les païens savaient que les chrétiens reconnaissaient le même Dieu que les Juifs : or ils accusaient les Juifs d'adorer la lèted'un âne. Dans ce cas, le juif apostat dont parie Tertullien voulait tourner en ridicule le Diea de sa propre nation aussi bien que celai des chrétiens. Voy. Tertullien, Apo- (oget., c. xvi, et Ad Nationes, 1. I , c. xiv. Joseph, qui, dans sa réponse à Apion (Contra Apm,i. II, c. m), réfute l'assertion de ce grammairien, qui prétendait que , quand Antiochus Epiphane pilla le temple de Jérusalem , il y trouva une tête d'âne qui était d'or, et d'un isseï grand prix, et que les Juifs adoraient. Diodore de Sicile (Fragm. de son XXXIVe livre) , a dit quelque chose de semblable; mais on sait que les Juifs ne souffraient aucune statue dans leur temple ; et Tacite convient que quand Pompée y entra, il n'y trouva rien. Il est vrai nue Tacite rapporte (Hist., 1. V, n°« 3 e 4), d'après d'autres écrivains, que Moïse et son peuple ayant été chassés de l'Êgypte parce qu'ils étaient infectés de la lèpre, se" retirèrent dans le désert d'Arabie, où ils étaient près de

n est vrai aussi que le même Tacite , en r tant ces choses, n'y ajoutait aucune foi, qu'il dit (/tod., n° 5) : « Les Égyptiens ad plusieurs animaux, et des figures comp de différentes esDèces: les Juifs admette

de soif, lorsqu'ils virent une troupe i ânes sauvages qui allaient vers un rocher couvert d'arbres ; que Moïse, les ayant suivis, trouva une abondante source d'eau ; qu'en reconnaissance de ce service, les Juifs consacrèrent dans leur sanctuaire une figure de cet animal. Mais il est vrai aussi que le même Tacite , en racon-

' , puisdorent composées

différentes espèces; les Juifs admettent un seol Dieu , que 1 on ne peut saisir que par la pensée ; Lfre souverain , qui existe de toute éternité, Être immortel et immuable. Ils regardent comme des profanes ceux qui représentent les dieux sous une forme humaine ; ils ne souffrent point de simulacres dans leurs villes , encore moins dans leurs temples ; ils ne rendent cet honneur ni aux rois ni aux césars. Voy. Ber- S'er, à qui nous avons emprunté le fond de e»t article.

ONOSARTHE. Voy. ANASARTHE.

ONTOLOGIE. Ce terme grec, qui signilie proprement discour* de Vitre ou sur Vétre, désigne cette partie de la philosophie qui traite des concepts généraux au moyen desquels nous saisissons tous les êtres. Laissant aux autres parties de la philosophie l'étude spéciale des êtres envisagés dans leur réalité concrète et déterminée, VontrJogie n'a pour but que d'étudier, dans un ordre logique, les notions générales d'essence, de substance et de mode, de relation, etc., qui s'appliquent à tous les obietsde la pensée. C'est pour cette raison qu'on définit quelquefois Vontoiogie la science de l'être en général , ou bien encore la science de Vitre considéré d'une manière eôstmite. Ainsi Yontoloijie répond à ce que les anciens appellent nuitaphysique générale, par opposition a métaphysique particulière ou pneunatotogie, qui comprend la théodicèe et la psy- 'holrjqt,, c' est-a-dire l'étude particulière de Dieu et de l'àme.

ONTOLOGISME. Ce terme grec, qu'on pourrait traduire assez littéralement par système sur l'être, désigne dans son acception la plus large une doctrine philosophique qui regarde comme essentielle au phénomène de la connaissance la perception directe de Dieu. Mais remarquons-le tout de suite, Vontohgisme est un terme générique sous lequel on a groupé trois systèmes

qu'il importe de ne jamais confondre : Vontohgisme panthéiste, Vontohgisme rationaliste, Vontologisme proprement dit. — Vontologisme panthéiste, rejetant toute distinction substantielle entre la créature et Dieu, arrive par une conséquence logique de ce monstrueux principe i n'admettre que Dieu seul pour terme objectif de toutes nos connaissances, et donne à l'homme la perception directe de l'être divin , précisément à raison de l'identité substantielle de notre âme avec Dieu. Une telle doctrine, on le comprend aisément, ne révolte pas moins la raison que la foi. — Vontologisme rationaliste réprouve 1 identité substantielle des panthéistes ; mais la perception directe qu'il exige, comme l'essentielle condition de la connaissance naturelle, ne s'arrêterait pas simplement à la vue de Dieu dans ses propriétés, et, pour ainsi dire, dans sa face extérieure j elle pénétrerait même jusqu'à son essence intime; elle saisirait Dieu dans 1 intérieur de son être et dans le fond de sa substance. Mais cette théorie, par cela même qu'elle admet une vision naturelle de l'essence intime de Dieu, se trouve en désaccord avec la théologie catholique, qui fait de la perception de Dieu dans sa vie intime et en lui-môme, le caractère exclusivement propre de la vision, et maintient entre les deux ordres de la nature et de la grâce une différence, non point seulement de degré, mais à'espèce. — Vontologisme proprement dit. qui rejette également l'identité panthéiste et la perception naturelle de l'essence intime de Dieu, se subdivise à son tour en ontologisme rigoureux et en ontologisme modéré. Vontologisme rigoureux défend la perception directe et même unique de l'être divin. Dieu, dans cette théorie, est le seul être qui tombe sous le regard de notre intelligence : c'est Dieu que nous voyons, quand nous entendons l'intini ; c'est encore T)ieu qui se pose comme l'objet unique de nos perceptions jusque dans les idées particulières que nous avons des êtres créés, et qui ne sont ellesmêmes que des limitations de l'idée du Créateur. Vontohgisme modéré réclame la perception directe de l'Être divin dans les conceptions que nous avons de l'infini ; il soutient également que nous saisissons en Dieu seul les idées ou formes exemplaires des réalités contingentes; mais, à la différence de Vontologisme rigoureux, il admet en outre la perception immédiate de la créature elle-même dans son existence individuelle. Tel est, si nous l'avons bien compris, l'état de la question de Vontohgisme , question si débattue de nos jours, et qui a acquis une nouvelle importance depuis que la Congrégation du Saint-Office , réunie en assemblée générale a Sainte -Marie de la Minerve le mercredi 18 septembre 1861, r,a condamné certaines propositions enseignées par les ontologistes. Mais comme ceux-ci prétendent n'être pas atteints par la solennelle décision de Rome, nous croyons devoir la mettre sous les yeux du lecteur; il jugera lui-même si cette prétention peut avoir quelque poids aux yeux de quiconque l'examinera sans prévention aucune, et sans y être intéressé d'une manière ou d'une autre. IT* Proposition : « La connaissance immédiate de Dieu, au moins habituelle, est essentielle à l'esprit humain, de telle sorte que sans elle il ne peut rien connaître, attendu qu'elle est la lumière intellectuelle elle - même. r> — //• Proposithn : « Cet être qui est en tous, et sans lequel nous ne comprenons rien, est l'Être divin.» — llfc Proposition : « Les universaux a purte rei ne sont point distingués réellement de Dieu.» — IV* Proposition: * La notion de Dieu, comme être sim«

ONUP

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