‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 475 sur 1294 · ORAÏ · texte numérisé non relu

ORAÏ

diffère sur deux chefs : 1» Selon Malebranche, la création fut entièrement libre; donc Dieu au* rait pu s'abstenir : selon Leibniz , au contraire, puisque Dieu a créé, c'est qu'il y avait une raison prépondérante, et par conséquent infailliblement déterminante de créer; '2° au sentiment de Malebranche , plusieurs mondes d'une infinie perfection étaient également possibles, et, par suite, le choix de la création de celui-ci se lit librement - tandis que, dans l'opinion de Leibniz, tin seul monde d une inûnie perfection était possible , d'où il résulte que le cnoix ot la création de celui-ci . quoiqu'ils se fissent librement, étaient toutefois exigés par les attributs de Dieu. Ainsi ce qui distingue dans un commun optimisme les deux illustres penseurs, c'est que Malebranche reconnaît en Dieu une véritable liberté., soit pour la création en général, soit pour la création de ce monde en particulier, tandis que, pour l'un et l'autre cas, Leibniz n'admet en Dieu qu'une liberté nominale. Quoique digne d'un profond métaphysicien , et séduisant au premier coup d'oeil, le système de Malebranche n'en est pas moins une erreur formelle ; car il ôtc à Dieu l'un des plus beaux apanages de la Divinité, la liberté souveraine , l'indépendance absolue ; ce qui suppose de fausses notions des attributs divins. H est fondé d'ailleurs sur l'abus de plusieurs termes, sur dos suppositions qu'il est impossible «le prouver; il est de plus contraire à l'Écriture sainte, et sujet à de dangereuses conséquences. Nous pourrions ajouter qu'après avoir uté à Dieu sa toute-puissance , et la liberté d'en user comme il lui plait, notre philosophe donne encore atteinte à la liberté des actions humaines, en supposant que l'ordre moral de I univers est enchaîné à l'ordre physique, ou du moins que le premier est une suite infaillible du second. Voy. Bergier, Diction, dethéol. L'Enctfopéd. catltol. Le Diction, de la théol. cathol., *u oo trouve l'indication de plusieurs auteurs allemands qui ont écrit sur l'optimisme.

OPTIOlf (Optio), terme qui a la même signification que le mot choir, et qui peut cependant recevoir différentes applications en matières ecclésiastiques. Ainsi on peut entendre lo^nbn nue doit faire un bénéficier possesseur de deux bénéfices incompatibles; Yoption ou le choix d'nn expectant en divers cas, et Yoption d une maison canoniale ou d'une prébende de la part des chanoines dans les chapitres où cet u»ge a lien. C'est dans ce sens que les canoéistes prennent plus communément le mot option. Ainsi ils disent que, parmi les chanoines, l'option le droit qu'ils ont, par la coutume ou par les statuts, de choisir chacun successivement, et par ordre d'ancienneté, la prébende vacante qm s'offre i eux en se dépouillant de la leor. Ce genre d'option, comme on sait, n'existe pas en France. Voy. Monata , De Optione cmwmca; traité qui a paru séparément à Milan, i Home et i Marbourg, et qu on a joint à deux autres traités du même auteur, à Cologne. Gonzalès, Glott. XXXIV in Reg. de mens, et aitern. wiandi majores. Sawleger, Quœst. benef., c. CX. Navarr., Coiu. XIV de rébus eccles. non alien. Barbota , De Can. et dignit., c. XXX, à n. 5 usque ad 15. Us Mémoires du clergé, tom. II , p. 1436 D. Macn Hiero/exicoti , ad voc. Optio. Richard

. '"L^ Le Diction, ecclis. et canon, portatif.

I OPOS, ville. Voy, Oponte.

11. OPDS OPERANTIS et OPCS OPERATUM, <Toù les formules ihé logiques : Sx opère opérante, Ex oj+re operato. Voi/. SACREMENT.

t ORACLE se prend, dans l Exode, pour le

firopitiatoire , ou couvercle d*or de l'arche d'aliance , aux extrémités duquel étaient deux chérubins d'or, dont les ailes étendues formaient une espèce de Irône. Voy. Exode, xxv, 17-20. D. Macri Hierolexicon , ad voc. Oraculum.

II. ORACLE se prend aussi pour le sanctuaire, ou pour le lieu où était l'arche d'alliance. Voy. III Rois, Vl, 5, 16, 17; vm, 6, etc. D. Macri Hierolexicon, ad toc. Oraculum.

III. ORACLE , ou plutôt le correspondant latin oraculum , est quelquefois synonyme d'oratoire ou chapelle privée, domestique, qui n'est point paroisse. Voy. D. Macri Hierolexicon , ad voc. Oraculum. Compar. Chapelle , n° II, et Oratoire , n° I.

IV. ORACLE se met encore pour les oracles des faux dieux , dont le plus fameux était Béelzébub, dieu d'Acraron , que les Hébreux euxmêmes allaient consulter assez souvent. Malgré la supercherie dont les prêtres de ces idoles usaient fréquemment, il est certain qu'on obtenait quelquefois par ces oracles la connaissance de choses cachées ou futures, ainsi que nous l'apprend le témoignage des auteurs les plus graves et les plus dignes de foi. Chez les Hébreux on distinguait plusieurs sortes d'oracles véridiques : 1° Yorac/e de vive voix, comme lorsque Dieu parla 4 Moïse; 2° les songes prophétiques, comme ceux de Joseph ; 3* les visions, comme celles qu'eurent les prophètes ; 4° Yoracle d'Vrim et de Thummim , qui étaient joints i l'éphod du grand prêtre j 5^ la fille de la voix, qui était, disent les Juifs, une manifestation surnaturelle de la volonté de Dieu par une voix intérieure ou sensible qui se faisait entendre par un nombre de personnes suffisant pour en rendre témoignage; par exemple, celle qu'on entendit au baptême de Jésus -Christ : « Celuici est mon Fils bien-aimé, s etc. Au commencement de l'Eglise chrétienne le don de prophétie était assez ordinaire, et, depuis la naissance de Notre -Seigneur. Dieu a réduit au silence la plupart des oracles païens. Jésus-Christ a promis que les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre son Église, et, comptant sur cette promesse, nous croyons l'Église infaillible dans ses oracles touchant les vérités de la foi. Voy. Genèse, xv, i; xxxvu, D, 6; xlvi, 2. Nombres, xn, 6, 8. I Rois, xxiii, 0. IV Rois, I, 2, 3, 6, 16. Êzéch., xxi, 23. Joël, n, 28. Matth., m, 17; xvi , 18; xviii, 20. Tertullien , Ajpolnget., c. xxii. Minutius Félix , In Octavio. Eusèbe , Prapar, evang., 1. IV. Le P. Battus, iésuite, Réponse à Phist. des oracles de Fontenelle , et la Suite de cette réponse; 1608. Le P. Honoré de Sainte- Marie, Dissertât, sur les oracles. L'abbé d'Artigny , Souv. Mém. d'hist., de crit. et de littéral.; Paris, 1749, in-12. L. Ferraris, Prompta Bibliolh., art. Oracula viv^e vocis.

ORACLES DE VIVE VOIX ( Oracula vwee uocis). On appelle ainsi les privilèges, grâces et faveurs que le Souverain Pontife accorde de vive voix seulement (sola voce) et sans aucun écrit. On distingue ces oracles en authentiques et en non authentiques, c'est-à-dire ceux dont on peut prouver la vérité même au for extérieur, parce qu'ils ont été écrits par des personnes dont le témoignage est digne de foi, et ceux qui ne réunissent pas ces conditions. Voy. L. Ferraris, Prompta Biblioth. D. Macri Hierolexicon, ad voc. Oraculum.

ORACOLOM. Voy. Oratoire, n» III.

OR Al RE {(Jrariwn), nom qu'on a donné autrefois au vêtement sacré que nous appelons rtote , mais qui , dans les liturgistes , n'a pas

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