‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 478 sur 1294 · ORDO · texte numérisé non relu

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quelquefois, en termes de rubriques, pour Rituel, comme on peut le voir dans D. Magri ; mais il est surtout en usage chez les Anglais pour désigner le livre qui contient la manière de donner les ordres et de célébrer le service diviu. 11 fat composé après la prétendue réformation d'Angleterre, sous le règne d'Édouard VI, successeur immédiat d'Henri VIII; on le substitua au pontifical et an rituel romain. On dit qu'il fut revu par le clergé en 1552 , et que le parlement y donna la sanction de son autorité pour qu'il servit de règle dans tout le royaume. Les PP. Lequien et Hardouin , et les aalres théologiens catholiques qui ont attaqué la validité des ordinations anglicanes, ont affirmé que l'ordinal anglican était l'ouvrage de la puissance séculière. Le Père le Courrayer,

Ei a soutenu la validité de ces mêmes ordmans, s'est vainement efforcé de prouver que ce livre fut l'oeuvre du clergé , que le roi et le parlement ne tirent simplement que l'autoriser; on a victorieusement réfuté ses preuves. D'ailleurs on sait que le clergé d'Angleterre de cette époque était composé d'hommes qui. en embrassant l'hérésie , avaient perdu tout poufoir et toute juridiction ecclésiastique , dont la plupart pensaient que l'ordre n'est pas un sacrement, et qu'eux-mêmes n'avaient aucune puissance spirituelle que celle qu'ils tenaient du roi. La question est de savoir si la formule qu'ils ont établie , quelle qu'elle soit, peut avoir aucune force de conférer des devoirs spirituels en vertu de l'autorité séculière. Les théologiens catholiques soutiennent que non , que cette formule d'ailleurs est insuffisante : le Pere le Courrayer n'a pas prouvé le contraire. Voy. Bergier, Dtctton. de théol., et Y Encyclopéd. ca- /W.. qui reproduit l'article de Bergier.

ORDINAND, celui qui se présente devant l'évéque pour recevoir les ordres. On voit par les divers monuments de l'antiquité avec quel soin l'élise voulait qu'ils fussent examinés. Des le in* siècle Tertullien et saint Cyprien, et dans les suivants saint Basile, saint Léon et d autre» Pères en rendent témoignage , et cela est prouvé par les canons de plusieurs conciles. Cette discipline parut si sage à l'empereur Alexandre Sévère, qu'il voulut qu'elle fût observée à l'égard des gouverneurs des provinces. L'examen concernait non-seulement la foi et la doctrine, mais encore les mœurs et la condition des ordinand». Ainsi on excluait des ordres tons ceux qui étaient suspects d'hérésie, ceux qui avaient été soumis à la pénitence publique, les militaires, les esclaves; ceux que nous appelons '•onms.t d'affaire», les bigames, les acteurs de théâtre, etc. Et cependant, dans nos dernier* siècles, une foule d'écrivains ont voulu nous dépeindre les pasteurs de l'Église des quatre ou cinq premiers siècles comme des hommes sans mérite, ou comme des personnage» d'une vertu très-suspecte. Voy. Lampride, In Vtta Alex. Sever. Bergier, Diction, de la théol. catl*j. L' EncycJop. cathot., qui a reproduit l'aruek de Bergier.

0 RUINANT se dit de l'évéque qui confère les sain:* ordres.

ORDINATION; c'est l'acte ou la cérémonie

Par laquelle on confère les saints ordres. Comme on confond assez ordinairement les termes ordination et ordre, sacrement, nous traiterons à ce dernier les questions qui se rattachent au premier. Nous dirons seulement ici que l'orrfiaa/ton des évéques se nomme communément taere wi cotueeration. Voy. Oh hue. n* II. Le Du-fio*. tfanitamtèt chrétiennes , par MM. Y

Jaequin et Duesberg, où on trouve rapportées les cérémonies de Yordinntim.

ORDINATIONS ANGLICANES. Ces ordinations, faites selon le rituel d'Edouard VI, fils et successeur d'Henri VIII, sont absolument nulles et invalides. 1* La forme de ces ordinations, qui consiste dans la prière que l'on fait sur les ordinands, est essentiellement vicieuse, parce qu'elle est intéterminée , qu'elle exclut l'effet principal et la tin de l'ordination, et qu'elle renferme des erreurs manifestes. Elle est indéterminée, puisqu'elle n'exprime ni directement, ni indirectement, ni formellement, ni virtuellement l'effet principal, la fin de Y ordination % qui consiste dans le sacerdoce et le sacrifice. Elle exclut même positivement l'effet principal et la lin de Yordmation, puisque les Anglais rejettent le sacrifice, et croient que le sacerdoce et l'épiscopat ne sont qu'une simple commission révocable au gré du roi, pour instruire et gouverner le peuple. Elle contient des erreurs manifestes, savoir : que le roi d'Angleterre est le chef de l'Église , et le juge souverain des matières de foi ; que la tradition n'est point nécessaire ; que l'Écriture est la seule règle de foi ; que Tordre n'est pas un sacrement; que le Pape est un tyran. Après que l'ordinand a fait serment qu'il croit, i'ordinant invoque le Saint-Esprit pour le confirmer dans ces dispositions; ce qui est une prière impie, blasphématoire, pleine d'erreurs, injurieuse à lEsprit-Saint; vicieuse par conséquent dans sa substance , uniquement propre à irriter le Seigneur et 4 annuller Yonlinution à laquelle on prétend la faire servir. 2° L'Église romaine réordonne les évéques et les prêtres anglais qui ont été ordonnés selon le rituel d'Edouard VI ; ce qu'elle ne ferait certainement pas , si elle ne regardait ces sortes d'ordination» comme nulles et invalides. Voy., dans les théologiens, le Traité de t 'Ordre, et en particulier dans Tournely, Witasse, Musson, le P. Drouin, Billuart, Collet. Voy. aussi le P. Hardouin et le P. Lequien , dans leurs Traité» de la nullité de» ordination» anqlicanci. Bergier, art. Amolican.

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