PASS1EMS
PASSIONS (Animi affectiouei , affectas , passiones), terme qui, en morale, se dit des mouvements et des différentes agitations de l'Ame, selon les divers objets qui se présentent. Saint Augustin remarque que les stoïciens et les péri patéticiens ne s'accordaient pas au sujet de la nature des passtom; ceux-ci soutenaient que la vertu pouvait subsister avec les passions modérées; ceux-là, ne mettant point de différence entre la partie raisonnable et la partie sensitive de l'homme, ne reconnaissaient aucune passion dans le sage. Les passions ne sont pas mauvaises de leur nature ; mais, dit saint Thomas, elles empêchent les opérations de l'esprit en trois manières : elles partagent les forces de l'âme, elles interrompent les actions de l'esprit et empêchent son application par l'impression violente qu'elles font sur le corps. Les fuissions, dit le même docteur, ne peuvent être entièrement déracinées, ni par la vertu acquise, ni par la vertu infuse, si Dieu, par un miracle do sa grâce, n'accorde ce privilège, parce que la révolte de la chair contre l'esprit reste dans riiommc, même après qu'il a acquis les vertus morales. f'ny. Richard et Giraud.
PASSIVETË, terme de dévotion mystique qui signifie l'état d'une âme contemplative et passive sous l'opération de Dieu. Ce n'est point un état de souflrauce opposé à la joie ; il n'est opposé qu'au mouvement propre, et à l'action qu'on se donne à soi-même. On dit donc qu'une âme est dans un état passif, et qu'elle souffre ou reçoit les choses divines, lorsque, Dieu agissant en elle d'une façon non commune et par les impressions surnaturelles, les puissances de cette âme, savoir l'entendement et la volonté, opèrent avec tant de douceur et de tranquillité, qu'elles semblent ne pas agir, et ne faire que souflrir ou recevoir l'opération divine. Compar. Contemplation.
PASTEUR, en matière théologique, est celui qui a reçu de Dieu caractère et mission pour enseigner les fidèles, et leur administrer les moyens de salut que Dieu a établis. Dieu luimême n'a pas dédaigné de prendre ce titre à l'égard de son peuple ; les prophètes l'ont donné au Messie en prédisant sa venue; Jésus-Christ se l'est attribué , et s'est proposé pour modèle des devoirs d'un bon ftasteur ; il a revêtu ses apôtres et ses successeurs de ce caractère pour en continuer les fonctions jusqu'à la fin des siè-
s. En les chargeant de ce gouvernement doux, charitable, paternel, il a ordonné aux fidèles d'avoir pour eux la ducilité, la soumission, la confiance qui caractérisent ses ouailles. Voy. Isaïe, xl, 11. Jérém., xxm, 4, 5. Éxéch., xxxiv, 23. Zachar., xi, 7 et suiv.; xiv, 7. Matth., xi, 27; xvi, 18, 19; xxvm, 18-20. Jean, x, M et suiv. Hébreux, xm, 17. Bergier, qui réfute victorieusement tout ce que les hérésiarques modernes ont mis en avant pour contester aux pasteurs de l'Église catholique leur autorité et leur mission. Compar. les art. Caractère. Clef. Curé. Juridiction, n° IU.
PASTEUR D'HERMAS. Voy. Hermas.
PASTILLIERS (Pastiltarii) , nom donné par dérision aux ministres luthériens de Souabe, qui, vers le milieu du xvi* siècle, décidèrent parmi eux que le corps de Jésus -Christ était dans le pain au sacrement de l'Eucharistie comme la viande dans un pâté. Voy, Pratéole, au mot Pas-
T1LLARII.
PASTOPHORIA, mot dérivé du grec postât, et qui signifie, selon quelques-uns, ces voiles
l qu'on mettait aux portes des temples , surtout en Egypte. Les prêtres qui levaient ou tiraient ce voile étaient appelés pastophores , et les appartements où ils logeaient, et qui joignaient te temple, pastophoria. Ce mot, qui est fréquemment employé par les Septante, ne se trouve dans la Vulgate qu'au premier livre des Machabées. Souvent il est parlé du temple de Jérusalem, et des pastophorw ou chambres qui y étaient contiguês. Au lieu de fxislojJtoria, on trouve quelquefois gazophitneia pour désigner les logements des prêtres. Voy. I Mac h., iv, 38 et 57. Exéch., XL, 17, etc. Du Cange, Glosmrium. Do m Macri Hierviexicon , ad voc. CubiCULUM. Bergier, art. Pastophorion. D. Calmet, Diction, de la Bible y et Comment, littéral sur I Machaà., iv 38.
PASTOR (Melchior), écrivain du xvn* siècle, a laissé : 1* Traité de 'la juridiction ecctéitnttique des cas privilégiés et communs, et des appellations comme d'abus ; Aix, 1656; — 2* Traité
des bénéfices et des censures ecclésiastiques; ibid.. 1G6<>.
PASTORIGIDES , nom qui fut donné dans le xvi* siècle aux anabaptistes d'Angleterre, parce qu'ils exerçaient leurs fureurs contre les pasteurs, et qu'ils les tuaient partout où ils le» trouvaient. Voy. Bergier, Diction, de théol.
PASTOUR (Saint), enfant martyr en Espagne, et compagnon de saint Just. Voy. Jusr, n* II.
PASTOUREAUX. Voy. Jacob, n* V.
PASTOURELLE, office des pasteurs qui se faisait autrefois avec personnages, ou comédie spirituelle, dans plusieurs églises aux laudes de Noël. La faculté de théologie de Paris fit abroger ces sortes de représentations: mais dans beaucoup d'églises on en a conservé les paroles, qui ont servi encore d'antiennes aux laudes de Noël. Voy. Moléon, Voyage liturg., p. 76.
PASTUREL (Toussaint), minime, vivait au xvnr» siècle, et professait la théologie. Il a publié ; Justification du Mandement de M. torrhevéffue d'Arles, rendu en 1720, au sujet des calamités publiques; Avignon, 1724, in -8». Voy. le Journal des Savants, 1726, p. 23.
PAT ARE, ville épisc. de Lycie, sous ht métropole de Myre, au diocèse d'Asie. Pline et Strabon disent qu'elle n'était pas fort éloignée de Xantus. On en connaît sept évéques; dont le premier, saint Methodius. était en même temps évëque d'Olympe et de l'a lare, selon saint Jérôme. Patare est aujourd'hui un évéché in pnrtibus, suffragant de Myre. Voy. Lequien, Orient Christ., tom. I, p. 977. Gast. lloroni, vol U, p. 284.
PATARÉENS ou PATARINS , PATRIMS (Potareni, Patartni) , nom donné dans le Xl' siècle aux pauliciens ou manichéens oui avaient quitté la Bulgarie, et étaient venus s établir en Italie. Les uns disent qu'ils ont été ainsi nommés de la ville de Patare en Lycie ^ les autres, d'un hérétique nommé Paterne, qui sema ses erreurs en Bosnie; d'autres, du Pater nos ter, parce qu'ils ne récitaient que cette prière , même pour consacrer; d'autres, du verbe latin pati , souflrir, parce qu'ils se vantaient de souffrir la persécution pour la vérité; d'autres croient qu'Us tirent leur nom des anciens uatemiens , dont ils renouvelaient la principale erreur , qui consistait à dire que le démon avait créé l'homme et tout ce qui est visible. Dans le xii* et le xm* siècles, le nom de Patarins fut donné à tous les héiétiques en général; c'est pour cela que Ton a confondu ces manichéens dont nous parlons avec les Vaudois , quoique leurs erreurs fussent très-différentes. Le concile général de Latraii ,