‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 561 sur 1294 · IV. PÉNITENCE CANONIQUE. Voy. Pénitence, n° VIII · texte numérisé non relu

IV. PÉNITENCE CANONIQUE. Voy. Pénitence, n° VIII

V. PÉNITENCE CHEZ LES ANCIENS HÉ- BREUX. Les textes de l'Écriture que nous avons indiqués dans l'article Pénitence, n° I, suffiraient seuls pour prouver que la pénitence était une des vertus que les anciens Hébreux prati-

Îuaient fidèlement toutes les fois qu'ils se Tenaient coupables de quelque prévarication. On peut même dire que la féte de l'expiation solennelle , que la Bible appelle Jour oies expiations, es établissait dans un état presque permanent de pénitence. Quant à la confession , il est certain par l'Ecriture que, lorsqu'un Israélite avait transgressé le commandement du Seigneur, il était obligé de confesser son péché (Nombr., v, 6-7); il est certain encore que le grand prêtre devait confesser toutes les iniquités des enfants d'Israël, tous leurs délit* et tous leurs péchés (Lévit., xvi, 21); mais rien ne nous dit que cette confession se fit aux prêtres ; ce dernier texte prouve même le contraire. On voit par là combien sont dans l'erreur ceux qui , se fondant sur ces passages, prétendent que ce

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n'est pas Jésus -Christ qui a institué la confession. Voy. P.-L-B. Drach, De f/far 'ionie entre tÈoliseet la Synagogue, loin. I*r, p. 518 et suiv.

VI. PENITENCE CHEZ LES JUIFS MO- DERNES. Léon de Modene nous apprend que , citez les Juifs, les jours destinés à la véntlence commencent au premier du mois d'Ëlui, et continuent jusqu'au jour des Pardons ou expiation solennelle ; mais plas souvent depuis le commencement de l'année jusqu'aux Pardons, et que cette pénitence consiste dans l'abstinence, ou le jeune, ou la discipline, ou l'aumône, ou les prières, ou enfin les œuvres pies, suivant ce qui convient le mieux aux péchés qu'on a commis. Le même auteur remarque que les Juifs n'ont d'autre confession que celle qu'ils adressent à Dieu dans leurs prières; qu'ils en ont d'ordinaire une composée suivant l'ordre de l'alphabet; que chaque lettre renferme un péché capital, et qui se commet le plus fréquemment ; mais que, quand ils sont habiles, ils font la suite et le détail de leurs péchés, et marquent leurs espèces et leurs circonstances ; qu'ils ont coutume de faire cette confession le lundi et le jeudi, et tous les jours de jeûne; qu'enfin ils la font aussi plusieurs fois en particulier au jeûne des Pardons. Voy. Léon de Modène , Cérémonie» et coutumes des Juifs. J. Buxtorf, Synagoga Judoka, c. xvui, xx. xxxv, où l'on trouve des détails sur la manière dont les Juifs se confessent. D. Calmet, Diction, de la Bible, au mot Confession. Compar. Elll. Expiation , n8 IL pAnoos, n« I.

VU. PÉNITENCE DES NINIVITES. La pénitence des Ninivites a été préconisée par Jésus- Christ même , qui dit aux Juifs que les Ninivites s'élèveront contre eux au jugement, parce qu'ils ont fait pénitence à la prédication de Jouas, tandis qu'eux-mêmes n'ont pas voulu se convertir à la sienne , quoiqu'il soit bien audessus du prophète. Voy. Jonas , m, 5 et suiv., où se trouve le récit de la pénitence du roi de Ninive et du peuple. Matth., xu , 41. Luc, xi , 32.

VIII. PÉNITENCE PUBLIQUE ou CANO- NIQUE. La fténttence canonique ou publique, qui existait autrefois, consistait à faire exclure les pécheurs même des prières de la liturgie , et de l'assistance au saint sacrifice. Le corps des divers exercices de cette pénitence était appelé Exomologèse. (Voy. ce mot.) Dans le iv* siècle on rédigea des canons péuitentiaux tics -étendus, qui reproduisirent les règles établies antérieurement dans l'Eclise. (IV<y. Canons, n» H.) Saint Basile, qui a Tait un recueil de ces canons, nous apprend qu'on ordonnait de son temps deux ans de pénitence pour le larcin, sept pour la fornication , onze pour le parjure, quinze pour l'adultère, vingt pour l'homicide, toute la vie pour l'apostasie. Le pécheur à qui la pénitence puàlufue était imposée se présentait à la porte de 1 église avec toutes les marques du deuil, tel qu'il se portait dans l'antiquité; ses habits étaient sales et déchirés; ses cheveux négligés, sa barbe en désordre; puis il entrait dans l'église : l'évêque lui mettait des cendres sur la téte, et lui donnait des ciliées pour s'en couvrir. Il se prosternait ensuite humblement), pendant que les fidèles faisaient pour lui dés prières publiques. L'évêque lui adressait une exhortation pathétique , et l'avertissait en terminant qu'il allait le renvoyer de l'église pour un temps, comme Dieu renvoya Adam du paradis terrestre pour son péché. Alors on le conduisait hors de l'église, dont les portes étaient aussitôt refermées sur lui. 11 passait le temps

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de sa pénitence dans le jeûne , dans la prière, et

dans la séquestration à peu près absolue. Les jours de fête ou de station, il venait se présenter i la porte de l'église, et restait pendant l'office exposé aux injures de l'air. On l'appelait pleurant, et quelquefois mendiant, parce qu'il implorait en gémissant les prières des fidèles qui entraient dans le lieu saint. Au bout d'un temps déterminé on l'admettait i pénétrer dans l'église pendant la lecture et les instructions, mais il devait sortir avant les prières. Plus tard on lui permettait de prier avec les fidèles dans la posture de la prosternation. Enfin, dans la quatrième et dernière période de sa }>énitence, il priait debout comme les autres. Ainsi on distinguait quatre ordres de pénitents : les pleurants, les auditeurs, les prosternés et les consistants. Voy. Gregor. Thaumalurg. , Ep. Cn., c. x. Basil., Ep. ad Amphiloeh., c. lvi , i.xxv. Le Diction, de la théol. cathol. GaeL Moroni , vol. LU , p. 48-53.

PÊNITENCERIE ( Caméra pamitentiaria), office ou tribunal en cour de Rome, dans lequel s'examinent et se délivrent les bulles uu grâces etdispen ses secrètes qui regardent la conscience, comme les dispenses des vœux de chasteté perpétuelle et de religion, l'absolution des censures, etc. Ce tribunal, qui a existé dans la plus haute antiquité, sans qu'on puisse préciser l'époque de son institution, se compose aujourd'hui : 1° d'un grand pénitencier, qui est cardinal; 2* d'un régent, qui fait les fonctions du grand pénitencier ; 3° d'un dataire; 4* de trois procureurs ou secrétaires ; 5* de deux consulleurs ; 6° d'un officier qui signe et qui scelle les bulles; 7* d'un correcteur ou réviseur qui lit et qui corrige , quand il en est besoin, les suppliques dressées par les procureurs, et qui signe les bulles; 8» et de trois écrivains. Quand un

K'nitent veut obtenir du Pape une dispense, ou bsolution de quelque ceusure qui regarde le tribunal de la pémtencerie , il peut écrire ou faire écrire en quelque langue que ce soit au cardinal grand pénitencier du Pape, en lui spécifiant la chose dont il désire la dispense, et les raisons qu'il a de la demander, ou le cas dont il demande l'absolution. Celui à qui un bref de la pénitencerie est adressé ne peut commettre un autre pour l'exécuter ; mais il doit l'exécuter lui-même dans le confessionnal.après avoir entendu la confession du pénitent. Voy. la Conduite des confesseurs , p. 1U8 et suiv. Richard et Giraud.Gaet. Moroni, vol. LU, p. 58 e seq. L'abbé J. Stremler, Traité des peines ecclésiastiques, etc., p. 645 et suiv. L'abbé André, qui , dans son Cours alphabet, de droit canon , rapporte une partie de la bulle Postor fxmus de l'an 1744, bulle dans laquelle Benoit XIV explique ce que c'est que le tribunal de la penttenctrie, et les divers pouvoirs qui lui sont attribués.

PENITENCIEL ou PENITENTIEL ( Codex l>œnitentialis) , livre ecclésiastique qui renferme ce qui concerne l'imposition de la pénitence et la réconciliation des pénitents. Il y s le l'ênîtentiel romain , le rénitentiel du vénérable Bède, etc. Voy. Canons, n* II, Pénitence, n* III.

PÉNITENCIER se dit : 4» du cardinal grand

pénitencier qui préside au tribunal de la pénitencerie de Rome ; les uns disent qu'il fut établi au m* siècle , du temps du pape saint Corneille , et les autres en placent la fondation l'en (i8i, sous le pape Benoit II ; 2» des prêtres établis pour confesser dans les trois églises patriarcales de Rome : celle de Latrtn, dn Vatican et de Sainte-Marie-Majeure. Ces péniten-

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