POÉS
ploie pour désigner une aube ou robe de lin qui descend jusqu'aux pieds. Les prêtres juifs étaient revêtus de ces sortes de robes dans leur service au temple. L'auteur du livre de la Sagesse donne aussi le nom de poderis à la robe du grand prêtre , au bas de laquelle il y avait des sonnettes etdes grenades. Voy. Exode , xxvm, 4. Sagesse, xvin, 24. Apocal., t, 13. D. Calmet, Dktum. * fa Bihle.
PODONSKI, siège arcbiépisc. de Moscovie qui a été uni a celui de Sarki. Voy. Lequien, Oriens Christ., um. I, p. 1317. Compar. Sarki.
POÊLE. Ce mot , qui vient de palla , et qui signifiait autrefois un tapis, un manteau , se donne maintenant à plusieurs objets en usage dans les cérémonies de l'Eglise. Ainsi on appelle poêle le voile que l'on tient suspendu sur la tète des maries pendant la bénédiction nuptiale , et le drap mortuaire que l'on étend sur la bière des défunts. Quelques liturgistes nomment ainsi l'écharpe qu'on met sur les épaules de l'officiant oui donne la bénédiction solennelle du Saintsacrement. Autrefois on donnait aussi le nom de i'-éle au dais que l'on porte à la procession du saint Sacrement, et à la réception des rois et des évèques. Il n'est plus usité en ce sens. Foy. l'abbé Jacquin et Duesberg, Diction, d'antupaift chrétiennes.
POEMANIUM ou POEMANITICUM , siège épisc. de l'Hellespont , sous la métropole de Ciuque, au diocèse d'Asie. Cette ville a eu cinq évéques, ou six, selon Gaet. Moroni, dont le premier, Etienne , assista au concile de Chalcédoine. Voy. Lequien, Oriens Christ., t. I, p. 7G9. Ricliard et Giraud. Gaet. Moroni , vol. LIV, p. 4.
POÉSIE HÉBRAÏQUE, POÈMES ET POÈTES HEBRIUX. Ce que nous avons à dire sur ce sujet concerne la nature du vers hébreu, le caractère du style, et les différentes espèces de poèmes hébreux. — I. C'est une question depuis longtemps fort agitée de savoir si les ouvrages des Hébreux qu'on appelle poétiques sont ecnts en vers. Plusieurs anciens auteurs ont cru y trouver des vers hexamètres, pentamètres, alcaiques, etc.; quelques modernes ont aussi prétendu y découvrir le rhy thme de ces vers. Robert Lowth^ tout en se riant de ces prétentions, admet néanmoins quelque mesure dans les vers hébreux , ce qui a paru extrêmement Hasardé à l'illustre orientaliste Sylvestre de Sacy, qui nous a dit en plusieurs circonstances qu'il regardait comme certain que les livres poétique* de l'Écriture ne contenaient aucun mètre proprement dit, mais qu'ils offraient seulement à l'oreille des propositions harmonieuses et cadencées dans lesquelles un nom correspondait à un nom, un verbe à un verbe, de manière à ce que les formes grammaticales , en se reproduisant aux mêmes places, présentaient ; an parallélisme régulier. Herder
ne reconnaît également dans les vers hébreux aucune syllabe mesurée et cadencée , mais simplement des périodes pleines d'art, et semblables * des guirlandes bien tressées ou à des rangées de perles disposées dans de justes proportions. Mais, quand bien même les vers hébreux auraient on mètre proprement dit , comment en déterminer la nature? Dépendant essentiellement du nombre et de la quantité des syllabes , le mètre suppose nécessairement la connaissance des voyelles qui entrent dans la composition des syllabes. Or, qui peut assurer que nous lions les voyelles des anciens Hébreux , puisque ta points qui sont censés les représenter dans l'hébreu actuel ne datent que d'une époque mo- <*me? On ne saurait en douter, ce semble, les
Hébreux , de même que les Syriens et les Arabes, n'avaient que trois voyelles ; cela posé, vouloir trouver l'ancien mètre des vers hébraïques avec les dix voyelles actuelles, ce serait prétendre réussir à scander les vers arabes composés des pieds fait un , faïlatun, etc., non pas avec les trois sons fatha, kesra et dhamma, mais avec dix voyelles, dont sept se trouveraient entièrement étrangères à la langue arabe. Ainsi , sans nier précisément que les Hébreux aient eu un certain mètre, nous regardons comme trèsprobable que ce mètre n'était pas rigoureux. Il consistait vraisemblablement dans une proportion et une symétrie de sentences égales, et nullement dans la mesure régulière des vers grecs et latins. — II. Quant au style poétique des Hébreux, il a trois caractères principaux : il est sententieux , figuré et sublime. 1° Dans le style sententieux, le poète répète et accumule diverses sentences qui ont le même sens , ou qui enchérissent les unes sur les autres , ou enfin qui forment entre elles des contrastes. Le style sententieux est très-ancien chez le peuple hébreu ; on en trouve un exemple dans les discours de Lamech à ses femmes , et dans les bénédictions de Noé à ses enfants (Genèse , iv, 21; ix, 25, 27). 2° La poésie hébraïque est figurée; elle abonde en effet en métaphores, en allégories et en prosopopées ; et les sources où les poètes hébreux vont puiser leurs métaphores sont les choses naturelles , ce qui regarde la vie commune, les objets religieux et l'histoire sacrée. 3» La poésie hébraïque est surtout remarquable par le style sublime. Or ce style, pour lequel elle semble faite plus particulièrement, se trouve ou dans la diction , ou dans les pensées, ou dans les sentiments. C'est surtout dans ce dernier genre de sublime que les poètes sacrés semblent exceller. — III. Les différentes espèces de poèmes hébreux sont la poésie prophétique, 1 élé-
Sie, la poésie didactique, l'ode, l'idylle et le rame. 1° La prophétie est presque toujours exprimée en style poétique ; on y trouve , en effet, le parallélisme, les images et le sublime, qui sont les véritables caractères de la poésie hébraïque. 2° De tous les peuples qui ont cultivé la poésie, il n'en est aucun qui n'ait eu une espèce de poésie destinée à peindre la douleur, et uniquement réservée à la plainte. Le plus grand nombre l'a appelée élégie avec les Grecs; les Hébreux l'ont désignée par deux noms différents , qtnd et nehi, mots qui signifient également l'un et l'autre lamentation , complainte. 3° La poésie didactique, en hébreu mâschâl , a pour but d'enseigner la vertu. Or, les leçons des anciens ne se donnaient ni par de longs discours, ni par les détours du raisonnement. Elles amenaient les hommes à des sentiments et à des actions justes et honnêtes par la voie la plus directe. 4° L'ode, en hébreu schlr, qui à la lettre signifie chant, cantique, est un poème destine à être chanté soit par la voix seule, soit par la voix accompagnée d'instruments. Elle indique elle-même son origine; elle est née des affections joyeuses de lame, la reconnaissance, l'amour et l'admiration. 5* L'idylle se trouve comprise parmi les cantiques designés chez les Hébreux par le mot schtr. Tous les
{•sa urnes historiques destinés à célébrer les ouanges de Dieu par l'exposition des événements et des miracles qu'il avait opérés en faveur de son peuple, appartiennent à ce genre de poésie. 6° Le drame est un poème qui ne décrit pas les actions des hommes, mais qui les met en scène, et les fait parler et agir. Il y a Ideux espèces de drame, l'un parfait, qui con-
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tient une action unique, réelle ou feinte, qui, se développant par degrés, arrive à un dénoùment; l'autre imparfait, qui introduit des personnages, décrit leurs mœurs, les fait agir et parler. 11 y a plusieurs morceaux dans les livres sacrés qui sont dramatiques de cette dernière manière ; par exemple , des psaumes et des pièces prophétiques où il y a des interlocuteurs; mais les deux pièces dramatiques les plus remarquables sont, sans aucun doute, le Canti<|ue des cantiques et Job. Voy. D. Calmet, Diction, de la Hiblc , et Dixstei tation sur la poésie des Hébreux . qui est en tète du livre des Psaumes, dans la Bible de Vence, ainsi que le Discours sur fa poésie , et en particulier sur celle des Hébreux, par l'abbé Fleury. Bergier, Diction, de tkéol. Les Mém. de VAcn'd. des inscript., t. VIII, in-12, p. 302, UH, 415. Robert Lowth, De sacra voesiBibrao) um Pr<rlectiones;edit. d'Erns.-Frid.- Cnr. Rosenmuller. Johann.-Gottfried von Herder. Vont Grist der ebrœiscben Poésie; Leipzig, 1825. Ce dernier ouvrage doit être lu avec d'autant plus de précaution, qu'il contient des erreurs sur la divinité de nos Livres saints. J.-B. Glaire, qui, dans son Introd. histor. et crit., etc., totn. M, p. 153-100, a donné un abrégé de H. l.owth sur la poésie des Hébreux. Le Diction, de lu Ibèul. cntliol.
P0G6I (François -Marie), général des Servîtes et évèque de San Miniato , vivait du xvu* au xviii* siècle. Il a publié : Synodus diwcesnnu Mniiatensis , eelebratn in ecclesia cot/iedmli, etc.; 17<>7, in-4°. Voy. le Jour», de» Savants, 1709. p. 749, 1" édiL, et p. 686 , 2* édit.
POGGIANI (Giulio), érudit. né à Sana , sur le lac Majeur, en 1522, mort l'an 1568, Tut secrétaire de divers prélats, puis du cardinal Charles Borromée ; il lit aussi partie de la Congrégation qui avait été instituée pour expliquer la doctrine du concile de Trente. 11 a donné : !• une traduction du traité De Virginitute de saint Chrysostome ; Rome , 1562 ; — 2° une édition du bréviaire de Pie V; ibid., 1568, in-fol.; 3" Epistolœ et Orationei, publiées avec des notes par le P. I -agomarsini ; Rome, 1756-1762, 4 vol. in-144». Il a donné en outre une version latine des Actes du premier concile de Milan, et il a revu et corrigé le texte du catéchisme appelé ad Parocbos. Voy. la iïouv. Biogr. génér.
POGGIANA, siège épisc. de la province de Macédoine , sous la métropole deThessalonique, au diocèse de l'Illyrie orientale. On en connait trois évèques, dont le premier, Gabriel, eut
iinur successeur Joachim, oui siégeait vers l'an 720, et le troisième, Euthyme, siégeait l'an 1721. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. II, p. 94.