‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 658 sur 1294 · PREC · texte numérisé non relu

PREC

PRÊI)

précepte ; de là cette distinction des préceptes en divins, ecclésiastimtes et civils. Les préceptes divins sont énoncés dans la loi divine, soit ancienne, soit nouvelle. Les préceptes ecclésiastiques sont contenus dans te droit canon. Le droit civil renferme les préceptes civils. Tout précepte est ou affinnatif ou négatif. Un précepte afjirmatif est celui qui commande un acte positif. Le précepte négatif défend une action positive. Les préceptes affirmatifs n'obligent pas pour toujours, c'est-à-dire qu'ils n'exigent pas qu'on produise toujours les actes qu'ils commandent. Les préceptes négatifs obligent toujours et pour toujours, c'est-à-dire qu'il n'est jamais permis de faire ce qu'ils défendent. La loi évangélique contient non-seulement des préceptes , mais encore des conseils. Les préceptes sont d'une étroite obligation pour chaque chrétien. Les conseils ne sont proposés que comme des moyens pour parvenir à la perfection chrétienne, et qu'il est libre à chacun de suivre ou de ne pas suivre. Ces conseils ont force de préceptes pour ceux qui s'y sont une fois volontairement assujettis par la loi du vœu.

PRÉCEPTES DES NOACHIDES. Les rabbins prétendent que Dieu donna à Noé et à ses fils, appelés Noachides, certains préceptes qui, selon eux, comprennent le droit naturel, et dont l'observation seule peut les sauver. Depuis la loi de Moïse, les Hébreux ne permettaient à aucun étranger de demeurer dans leur pays, à moins qu'il n'observât ces préceptes. On faisait mourir a la guerre tous ceux qui les ignoraient. Voy. D. Calmet, Diction, de la Bible, au mot Noachides, où sont rapportés ces mêmes préceptes.

PRECEPTEUR, PRÉGEPTORIALE. L'Église ayant toujours regardé l'ignorance comme la source d'une infinité de maux, a cherché à y remédier en favorisant l'éducation publique, surtout dans les temps où les collèges étaient rares et où les séminaires n'étaient pas encore établis. Les pauvres clercs et les jeunes écoliers furent l'objet de ses soins. Des évèques se firent un devoir de former des écoles destinées à leur instruction. Les conciles le leur prescrivirent comme une loi. On établit des maîtres d'école dans les monastères et les chapitres. Or ce sont ces maîtres d'école qui ont reçu parmi nous le nom de précepteurs, et la prébende qui était affectée a leur entretien a été appelée précepioriale. Voy. Concil. Trident., sess. V, de Reform., c.i% De Instituenda bectionc Sacras Scripfune et liberalium, où sont rappelées les anciennes constitutions. L'abbé A mi ré, qui cite également ces mêmes constitutions.

PRECES, nom latin de l'abbaye de Prières. Voy. Prières.

PRECH ANTRE. Vny. Prêcenteur.

PRECHEURS (FRÈRES). Voy. Dominicains.

PRECHTL (Mu m milieu ) , bénédictin ; né en 1757 à Hahnbach, dans le haut Palatinat de Bavière, mort à Vilseck l'an 1832. fit ses premières études chex les jésuites d'Amberg, et fut, à l'âge de dix-huit ans. admis au couvent de Saint-Michel, où il fit sa philosophie et sa théologie, se livra aussi à l'étude du droit. 11 ensei-

5na la théologie morale et dogmatique. En 1796 fut nommé recteur à Amberg, et, en 1800, le couvent de Saint-Michel l'élut abbé à l'unanimité. Après la suppression de son couvent, il te retira à Vilseck, où il se consacra à la science et au soin des pauvres. Parmi ses ouvrages nous citerons : 1* Positiones juris ecclesiastici , G^rmttnue ac Bavariœ accommodât i ; Amberg, 1787 ; — 2° Paroles de paix pour servir à la réconciliation des Eglises catholiques et protes-

tantes; Salzbourg, 1810; — 3° Document* sur la sagesse de Marttn Luther; Salzbourg, 1810; — 4* Réponse à la circulaire de Martin Luther aux éditeurs de son livre De la Papauté fondée à Rome par le diable; ibid., 1817; — 5« Courte Réponse à la seconde circulaire de Martin Luther; ibid., 1818; — 6° Coup cTœil critique sur les éclaircissements de M. Hubert relatifs aux documents sur la Sagesse de M. iMther; ibid., 1818. Voy. le Diction, de la théol. cathol., où sont indiqués les autres écrits du savant bénédictin.

PRÊCONISATION. La préconisa tion , en France, est la déclaration que le cardinal-patron fait dans le consistoire à Rome, de celui que le roi a nommé à quelque prélature, en vertu des lettres dont il est porteur, pour le faire agréer au pape , qui donne ensuite sa collation. C'était une maxime reçue en France que la préconisation qui se faisait à Rome pour les bénéfices consisloriaux, sur le brevet du roi, ne donnait point droit au bénéfice. Un évéque qui s'est démis de son évéché n'en est dépouillé qu'après que sa démission a été admise par le pape et qu'on fixe à la préconisation qui est faite de son successeur en plein consistoire. Celui - ci n'a cependant dès lors aucune fonction à exercer dans le diocèse ; il ne peut y exercer les fonctions spirituelles qu'après sa consécration et sa prise de possession. Voy. les Mém. du clergé, tom. II, p. 383. Lance lot, Instit. juris canon., 1. I, De Consecratione. L'abbé André, qui, dans son Cours alphabét. de droit canon, cite les tèrroes dans lesquels se fait la préconisation.

PRÉCONNESE (Praxonnesus), aujourd'hui MARMORA ou M0RM0RA, ancien siège épisc.

de l'Asie Mineure sous la métropole de Cyzique. D'après les Actes des conciles, il parait que cette église fut érigée en archevêché au ix* siècle. Son premier évéque, Jean, assista et souscrivit au concile général d'Kphèse. Cette église a eu aussi des évéques latins; on n'en connaît qu'un, Garterus de Argentina, dominicain, qui siégeait sur la tin du xrv* siècle. Préconnèse est aujourd'hui un simple évéché sous Cyzique. Voy. Lequien, Oriens Christ., tom. I, p. 786; tom. UI, p. 9W.Le P.Échard, Scriptor. Ord. Pratdic, tom. I, p. 27. Le P. Bremond, Bullar., tom. II, p. 463. De Commanville, /'• Table alphaltét., p. 194. Gaet. Moroni, vol. LV. p. 62.

PRÉDESTINIANISME , PREDESTINATIONS.

On comprend sous le premier de ces noms certaines erreurs sur la grâce et la prédestination, qu'on peut réduire aux chefs suivants : 1° Qu'on ne doit point joindre le travail de l'homme à la grâce de Dieu ; 2° que depuis le péché du premier homme le libre arbitre est entièrement éteint; 3° que Jésus-Christ n'est pas mort pour tous les hommes ; 4e que la prescience divine force les hommes, et les damme nécessairement, et que ceux qui sont damnés le sont par la volonté de Dieu ; 5* que de toute éternité les uns sont destinés à la mort , comme les autres à la vie. — Les prédestinatiens sont les hérétiques qui défendent le prédestinianisme. On ne s'accorde pas à leur sujet : les uns , avec le Père Sirmond, soutiennent qu'il y a eu une secte de prédestinatiens dont l'auteur fut un prêtre gaulois, nommé Lucide, qui vivait, à ce que l'on croit, vers l'an 470. Les autres prétendent que l'hérésie des prédestinatiens est une hérésie imaginaire, et que c'est seulement un nom que les semi-pélagiens donnaient aux disciples de saint Augustin. Quoi qu'il en soit de cette question, il est certain que l'Église a condamné et qu'elle condamne les erreurs, attribuées aux prédestinatiens , et qu'on doit croire : 1" que le libre ar-

PRÉD

biire n'a point été éteint dans l'homme par le I péché ; 2° que Jésus •Christ est mort pour tous les hommes sans exception ; et qu'il a voulu sincèrement le salut de tous; 3» que la prescience divine ne nécessite personne, et que ceux qui sont damnés ne le sont point par la volonté de Dieu , ou pour avoir été prédestinés à la mort. Voy. le P. Sirraond, Prttdestinatus. Le président Mauguin, Réfutation du Prœdestmatus. Le cardinal Noris, Ht-, t. des Péiagiens , 1. 11, ch. zv. Richard et Giraud. Pluquet, Diction, des héré- Hês. Le Diction, ecclés. et canon, portatif.

I. PRÉDESTINATION. Ce terme signifie à la lettre destination antéiieure; mai», dans le langage théologique, la prédestination proprement dite, par opposition i la réprobation, est un décret de Dieu par lequel il a résolu de toute éternité de donner la gloire à un certain nombre de créatures raisonnantes , et les moyens pour y parvenir. Cette définition, qui est générale, convient à la prédestination des anges et des hommes avant et après leur chute. Saint Augustin définit plus particulièrement la prédestination de l'homme après le péché , la prescience et la préparation des bienfaits de Dieu, par lesquels il sauve très-certainement tous ceux

Si sont sauvés. Selon saint Thomas, la prédestation est la manière dont Dieu conduit la créature raisonnable à sa lin , qui est la vie éternelle. Comme Dieu ne conduit l'homme au salut éternel que par la grâce, les théologiens distinguent la prédestination à la gnlce d'avec la prédestination à la gloire; celle-ci, disent-ils, est une volonté absolue par laquelle Dieu fait choix de quelques créatures pour les faire régner éternellement dans le oiel avec lui , et leur accorde conséquemment les grâces efficaces qui les conduisent infailliblement â cette fin. La prédestination à la grâce est de la part de Dieu une volonté absolue et efficace d'accorder â telles de ses créatures le don de la foi, de la justification, et les autres grâces nécessaires pour arriver au salut, soit qu il prévoie qu'elles y parviendront en effet, soit qu'il sache qu'elles n'y parviendront pas. Tous ceux qui sont prédestinés à la grâce ne sont pas pour cela prédestinés â la gloire, parce que plusieurs résistent à la grâce, et ne persévèrent pas dans le bien. Au contraire, ceux qui sont prédestinés à la gloire le sont aussi a la grâce ; Dieu leur accorde le don de la vocation à la foi , de la justification et de la persévérance, comme l'explique saint Paul dans son Épitre aux Romains. Remarquons en terminant qu'il est de foi que la prédestination à la grâce est purement gratuite, c'esl-â-dire qu'elle précède en Dieu la prévision de nos mérites. Mais , que la prédestinalton à la gloire soit également gratuite, ou précède pareillement la prévision des mérites ou non, c'est une question agitée dans l'école , ou l'affirmative et la négative sont également permises. Voy. Rom., vin , 30. August., De Dono persévérant iœ , c. vil, n. 45; c. Xiv, n 85; c. xvii, n. 41. S. Thomas, 1*. q. 33, art. 1. Voy. aussi D. Calroet, Dktion. de la Bible. Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. et canon, portatif. Bergier , Diction, d* tkéol. Le Dktion. de la théol. cathol. V Encyctop. cathol.. qui contient un excellent article, et les théologiens en général ; car tous ont traité les diverses questions qui se rattachent â la prédestination. Vompar. notre art. Grâce, n« 111.

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