‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 659 sur 1294 · U. PREDESTINATION DE JÉSUS CHRIST · texte numérisé non relu

U. PREDESTINATION DE JÉSUS CHRIST

Jésus -Christ a été véritablement prédestiné; car Dieu , de toute éternité , a voulu que Jésus- Christ vint dans le temps, c'est-à-dire que son

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I Fils, le Verbe éternel, s'incarnât et s'unit hy-

ftostatiquement i la nature humaine. Saint Paul e dit expressément dans son Épitre aux Romains. La prédestination de Jésus -Christ est le modèle et la cause méritoire de notre prédestination soit à la grâce , soit à la gloire , selon le concile de Trente. Voy. Rom., 1 , 3, 4. Conc. Trident., sess. V, c. vi. Le Diction, écriés, et canon, pnrtatif.

PRÉDÉTERMINATION ou PRÉMOTION (Prttdetenninatio , Prœmotio), c'est-à-dire action qui détermine. Dans le langage des théologiens srolastiques, ces termes signifient une opération de Dieu qui fait agir les hommes, qui les détermine ou les fait se déterminer dans toutes les actions bonnes ou mauvaises. On appelle autrement cette opération de Dieu prémotion phyuque ou décret de Dieu prédéterminant. Tous les catholiques conviennent que , pour faire une bonne œuvre, une action méritoire et utile au salut, l'homme a besoin du secours de la grâce : or la grâce est une lumière surnaturelle donnée à l'entendement, et une motion que Dieu imprime à la volonté pour la rendre capable d'agir ; rien n'empêche donc d'appeler la grâce une prémotion ou une prédétermination, puisqu'elle nous prévient et influe sur nos actions. Mais cette prétmtion ou prédétermination doitelle être considérée comme réellement physique, et par conséquent porter ce nom? Les thomistes le soutiennent; mais la plupart des philosophes et des théologiens sont d'une opinion contraire. Voy. le Traité de h Grâce dans les théologiens.

L PREDICATEUR , PRÉDICATION. Le droH d'approuver les prédicateurs n'appartient qu'aux évéques dans leurs diocèses. Ils peuvent refuser la permission de prêcher à qui bon leur semble, sans qu'on puisse les forcer à l'accorder, ni à déclarer les raisons de leur refus; et les religieux , quoique exempts, ne peuvent prêcher dans les églises même de leurs monastères sans la bénédiction de l'évêque, ni contre sa volonté. Les curés n'ont pas besoin de l'approbation de l'évêque pour prêcher dans leurs paroisses , parce que la prédication est une fonction attachée au titre de leur bénéfice. Les prédicateurs étant par leur ministère la lumière du monde , le sel de la terre , les docteurs des peuples, les dispensateurs des vérités divines, les hérauts et les ambassadeurs de Dieu même, ils doivent participer aux qualités de Celui dont ils exercent les fonctions, à sa science, à sa pureté, à sa sainteté, n'avoir en vue que sa gloire et le salut des âmes, soutenir leurs discours par une vie exemplaire, et par la pratique de toutes les vertus. La prédication ou dispensât ion légitime de la parole de Dieu est on des moyens nécessaires pour la conserver dans sa pureté. C'est par la prédication que la foi s'est établie, qu'elle a passé de génération en génération, qu'elle subsistera jusqu'à la fin des siècles , et de là cette succession continuelle de la prédication , dont Jésus-Christ à confié le ministère aux évéques en la personne des apôtres. La prédication est donc la propre fonction des évéques; et elle est si particulièrement attachée à l'épiscopat, qu'en plusieurs lieux il n'y avait autrefois que révèque qui prêchât; et qu'en d'autres les prêtres ne prêchaient qu'en sa présence; d'où est venu la coutume «Je demander la bénédiction de l'évêque présent. Les évéques doivent donc remplir ce devoir par eux-mêmes, et, lorsqu'ils ne le peuvent, ils doivent le faire remplir pardes personnes capables. > '»/■ Matth., xxviu, 19. Actes, vi. Rom., x. Conc. Trident., sess. V, c. tt, De Reform. Les Mémoires dn clergé,

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tom. 111, p. 863 et suiv. L. Ferraris, Prompia Biblioth., ad voc. PRjEdicaRK, PacDICATor. Richard et Giratid. Bergier, Diction, de théol. L'abbé André , Court alphabét. de droit canon. L'Encvciop. cathol.

n. PRÉDICATEUR APOSTOLIQUE {Pontificiaf Auiar Orator, Concionator Palatii apattofict)s Cest une place de la coor pontificale réservée depuis longtemps aox capocins. Elle conduit presque toujours à l'épiscopat ceux qui l'occupent , et bien souvent elle les élève jusqu'à la pourpre. Le prédicateur apostolique prêche Pavent et le carême. Le Saint-Père, le sacré collège, et un certain nombre de prélats qui en ont le privilège assistent seuls a ces prédications. Le prédicateur apostolique fait partie de

la famille pontificale. Voy. l'abbé André. Gaet. MoroniL vol. LV, p. 74-81.

PRÊE (LAX en latin Pratea, abbaye de l'Ordre de Citeaux, fille de Clairvaux, dans le diocèse et i six lieues de Bourges , sur le bord de la rivière d'Arnon. Elle fat fondée ou commencée , vers l'an 1128, par Raoul , seigneur d'Issoudun et de M a iv il , mais elle ne fut achevée que vers l'an 1145. On y honorait d'un culte particulier sainte Fauste, vierge et martyre, dont on y conservait les reliques. Voy. la Gallia Christ., tom. Il, col. 907.

PREEXISTANT, PRÉEXISTENCE. Comme les anciens philosophas n'admettaient pas la création, ils enseignaient que Dieu avait fait tonte chose d'une manière préexistante et éternelle comme lui. Quelques-uns ont dit que Dieu a tout fait de ce qui n'existait pas ( ex non extantibus) ; or, les critiques modernes soutiennent que par non extantia il faut entendre la matière, et que cela signifie seulement que Dieu a donné une forme à ce qui a'en avait pas. Mais une matière préexistante, éternelle et sans forme, est pou r le moins aussi difficile à concevoir que la création; car la matière n'a pas pu exister sans dimensions ou sans étendue. Or les dimensions ne sont-elles pas une forme? Les pythagoriciens et les platoniciens ont cru à la préexistence des âmes humaines : c'est - à -dire qu'ils ont cru que les âmes avaient existé dans une autre vie avant d'être envoyées dans des corps pour les animer; ils ajoutaient que Funion de ces âmes à des corps, qui sont pour elles une espèce de prison, était une punition des péchés qu'elles avaient commis dans une vie précédente. On accuse Origène d'avoir eu la même opinion, et il semble, en effet, quelquefois la soutenir; mais le savant Huet a observe qu'Origène, aussi bien que saint Augustin, est demeuré dans le doute touchant la véritable origine de l'âme. D'ailleurs les philosophes qui ont admis la préexistence des âmes ont cru qu'elles étaient sorties de la substance de Dieu par émanation, au lien qu'Origène, de même que tous les autres Pères de l'Église, a certainement admis la création des esprits aussi bien que celle des corps, comme nous l'avons prouve â Fart. Émanation. Voy. Huet, Origenian., 1. If, c. vr , n. Bergier , Diction, de théol.

PRÉFACE ( Prtrfatio) , partie de la messe qui se dit â voix haute, et se chante dans les grand*messes; c'est un des plus beaux récitatifs qui existent, et qui a été ainsi nommé parce que c'est une prière préparatoire aux grands mystères de la consécration. La Préface est trèsancienne, comme il paraitpar les constitutions des apôtres et par saint Cyprien, qui appelle préface le Sursum corda. Elle a eu autrefois, et en différentes églises , différents noms. Dans le rite gothique ou gallican on l'appelait immola-

tion ; dans le rite mozarabique , illation ; ailleurs. contestation , etc. Dans le Sacramentairt de saint Grégoire il y a des Préfaces propres , comme des Collectes , presque pour toutes les messes; on n'en a retenu que neuf dans le Missel romain; mais dans les nouveaux Missels des divers diocèses on en a mis de propres pour toutes les grandes fêtes, et qui ont été composées sur le modèle des anciennes. Voy. les Bollandistes, V« t. de juin, p. 220. De Vert, Cerém. de t Église tom. I , p. 118. Bergier , Diction, de théol. Pissot, Manuel du culte catholique. L'abbé Jacquin et Duesberg, Diction, d'antiquités chrétiennes.

I. PRÉFET. Il y a dans la chancellerie romaine trois officiers â qui Ton donne le nom de préfet : l'un est appelé préfet de la daterie; Vautre , préfet de la signature de grâce . et le troisième, préfet de la signature de justice. On donne encore le nom do préfet aux chefs ou présidents des Congrégations romaines. Ainsi on dit : Le préfet de la Congrégation des Ritest\e préfet de In Congrégation ae r Index etc.

II. PRÉFET APOSTOLIQUE. On appelle ainsi les chefs de missions qui ne sont pas revêtus du caractère épiscopal , comme le sont les vicaires apostoliques. C'est du Pape même qu'ils tiennent leur juridiction. Ils ont tous les pouvoirs d'un évéque, excepté celui de conférer les ordres sacrés, c'est-à-dire le sous- diaconat , le diaconat et la prêtrise. Ils peuvent tonsurer, donner les ordres mineurs, placer et déplacer les sujets soumis à leur juridiction; étendre, restreindre, retirer les pouvoirs des missionnaires, inspecter leur église, etc. Ils ont même le pouvoir d'adresser des mandements aux fidèles, et de leur administrer le sacrement de confirmation. Voy. l'abbé André , Cours alphabét. de droit canon.

I. PRÉJUGÉS DE RELIGION. Les incrédules nomment ainsi les notions religieuses qu'un homme a reçues dans son enfance ; on les prend, disent-ils , sans connaissance , on les conserve par habitude; sans réflexion et sans examen; d'où ils concluent que cette foi ne saurait être méritoire. Mais d'abord les incrédules oublient qu'ils sont eux-mêmes athées, déistes, matérialistes, sceptiques, indifférents, suivant l'opinion des maîtres qui tes ont endoctrinés. En second lieu, s'il n'y a pas de mérite d'avoir reçu dès l'enfance tes notions de la religion , il y en a du moins à les conserver au milieu des pièges que leur tendent constamment les incrédules, et des efforts qu'ils font pour les détruire. Nous savons très-bien que les idées et les opinions quo l'on a reçues dès l'enfance ont une très-grande force, et qu'il est très-difficile de s'en détacher; c'est pour cela que nous aimons à excuser autant que possible l'aveuglement de ceux qui ont été élevés dans une fausse religion ; mais il ne nous appartient pas de décider tusqu'à quel point ils sont innocents ou criminels, excusables ou punissables devant Dieu; lui seul est leur juge. C'est aussi ce qui doit nous inspirer la plus vive reconnaissance pour la grâce qull nous a accordée en nous faisant naître dans le sein de la vraie religion.

H.PREJOGEi

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