TION
PRÉLAT. On appelle prélat ( prœlatus, quasi prte atiis latus), tous ceux qui ont une juridiction ordinaire. Dans un sens plus étendu, on peut appeler prélats ceux qui sont chargés de la conduite des âmes, et même de quelque administration honorable. (C. Qum episcoptitum VU, qu.i,c. Cusn ob ecciesiarum, de Officio ord.; c.
LÉGITIMES. Voy. Prescrjp-
PRÉM
l'HEM
De rectoribus , in fin.; c. Tua, de Cler. œgrot.) Les supérieurs réguliers, comme prieurs et gardiens, peuvent aussi être appelés prélals. (C. Nul/us, deElect.in 6°.) Mais parles mots Prtelatus Ecclesiœ on n'entend que l'évéque (Fagnan, in c. Cum contingat, de Foro compeienti). On distingue donc les grands prélats des moindres. Dans l'usage on ne donne guère le nom de prélat qu'aux cardinaux, archevêques, évéques, et aux autres supérieurs séculiers et réguliers revêtus de charges éminentes, ou jouissant des droits comme épiscopaux. Les qualités, les devoirs et les obligations des prélals font la matière de plusieurs titres du droit canonique, auxquels nous renvoyons le lecteur. Voy. l'abbé André , Cours alphabét. du droit canon.
I. PREMICES, nom donné aux présents que les Hébreux faisaient au Seigneur d'une partie des fruits de leur récolte, pour témoigner leur soumission et leur dépendance, et reconnaître le souverain domaine de Dieu, auteur de tout bien. On offrait ces prémices au temple, d'abord avant de toucher aux moissons, et ensuite après les moissons, avant que les particuliers commençassent à en user ; et c'est pour cela qu'on les appelait prémices. Les premières prémices, qu'on offrait au nom de toute la nation, étaient une gerbe d'orge, que l'on cueillait le soir du 15 du mois de nisan, et que l'on battait dans le parvis du temple. Après ravoir bien vannée et nettoyée, on en prenait environ trois pintes, que I on rôtissait et concassait dans le mortier; puis on jetait par dessus de l'huile; on y ajoutait une poignée d'encens; et le prêtre prenant cette offrande , l'agitait devant le Seigneur vers les quatre parties du monde ; il en jetait une poignée sur le feu de l'autel, et le reste était a lui. Après cela , chacun pouvait mettre la faucille dans sa moisson. Lorsque la moisson du froment était achevée, c'est-à-dire le jour de la Pentecôte, on otfrait encore au Seigneur, au nom de la nation , des prémices qui consistaient en deux pains de deux assarons, c'est-à-dire de trois pintes de farine chacun. Les pains devaient être de pâte levée. Outre ces prémices, chaque particulier était obligé d'apporter ses prémices au temple. L'Écriture n'en prescrit ni le temps, ni la quantité; les uns donnaient la quarantième partie de leur récolte ; les autres, la cinquantième ou la soixantième partie. Il y avait encore une autre espèce de prémices qui se payait au Seigneur : c'était une partie de la pâte qu'on avait pétrie dans chaque famille , et que Ion offrait au prêtre ou au lévite qui demeurait dans la ville. S'il ne se trouvait ni prêtre, ni lévite, on la laissait consumer dans le four. Enfin, dans l'Écriture, on donne souvent le nom de prémices aux offrandes de dévotion que les Israélites apportaient au temple pour y faire des repas de charité. Les prémices étaient, avec les dîmes, le revenu le plus solide et le plus assuré des prêtres et des lévites. On leur donnait les prémices de tous les fruits de la campagne, et de tous les animaux premiers-nés. Les enfants, même premiers-nés, appartenaient au Seigneur. Le mot de prémices (Primitite) se prend aussi pour ce qu'il y a d'excellent dans chaque chose. Kou.Lévit., xxm, 47. Dont (t., xxvi, 3, 4, 5, etc. Exode, un. 2, 3, 12, 13. Rom., vui,23. 1 Corinth.. xv, 20.
Apoc., 1,5. D. Calmet, Diction, de la Bible. Richard et Giraud. Bergier , Diction, de théol. J.-B. Glaire, Introducion, etc., tom. III, p. 396-397.
IL PREMICES se dit, en termes de droit canon , d'un droit ecclésiastique qui consistait, dans quelques paroisses, en une portion des
fruits convenus entre le curé et les habitants; dans d'autres, ce droit consistait en un certain nombre de gerbes que les paroissiens donnaient à leurs pasteurs ; et, dans d'autres enfin , il consistait en une portion de dirne. Ce droit de prémices se nommait aussi pacaire; il était principalement connu dans le Béarn , et il se percevait Conformément à la possession , oui devait tenir lieu de tkre sur cette matière. Voy. Denisart , Collect. de Jurisprud., au mot Prémices.
PREMICIER. Voy. Primicier.
PREMIER -NÉ, terme qui ne se prend pas toujours dans la rigueur de la lettre; il désigne quelquefois ce qu'il y a de plus excellent dans chaque chose. Ainsi on dit que Jésus-Christ est le premier-né de toute créature. La Sagesse dit de même qu'elle est sortie de la bouche du Tout- Puissant avant qu'il eût produit aucune créature : primogenita ante omnem créature m. Ainsi, dans Tsaïe, primogeniti pauperum marque , par la raison des contraires , les plus malheureux des pauvres. Et dans Job, primogenita mors, la plus affreuse de toutes les morts. En prenant le terme de premier-né à la lettre, depuis que Dieu eut fait mourir par l'épée de l'ange exterminateur les premiers-nés des Égyptiens, il ordonna que tous les premiers-nés, tant des hommes que des animaux domestiques et de service, lui fussent consacrés; mais si le premier-né n'était point mâle, on n'était obligé a rien, ni pour celui-là, ni pour les suivants. Si c'était un animal pur, on ne pouvait le racheter; on le tuait, on répandait son sang autour de l'autel , on brûlait les graisses sur le feu de l'autel, et les chairs étaient pour les prêtres. Si c'était un animal impur, on le rachetait soit par argent, soit par échange de quelque autre, ou on le tuait. Les enfants premiers-nés étaient rachetés pour la somme de cinq sicles , ou huit livres deux sous un denier. A Pégard des premiers fruits des arbres, les trois premières années le fruit était censé impur; la quatrième année, tout le fruit appartenait au Seigneur, et le propriétaire n'avait le droit de les cueillir pour lui que la cinquième année. Au sujet de Jésus -Christ, premier -né de Marie, les urls croient qu'il n'était pas sujet au rachat, parce qu'il vint au monde sans rompre le sceau de la virginité de sa mère; les autres croient qu'il y était obligé par les termes de la loi , qui ne marquent autre chose , sinon que tous les enfants premiers-nés doivent être consacrés au Seigneur. Le rachat du premier-né mâle se faisait trente jours après sa naissance , et ce jour - Là était un jour de réjouissance dans la famille. Si le père ou la mère appartenait à la race des sacrificateurs ou des lévites, les parents ne rachetaient pas leur fils. Outre les premiers~né* des hommes et des animaux qu'on offrait ou que l'on rachetait, il y avait une autre sorte de premiers-nés, que l'on conduisait au temple pour en faire des repas de charité. Il y a apparence qu'on entend ici par premier-né ce qu il y a de meilleur et de plus excellent dans les animaux qu'on destinait aux repas de religion, qui devaient avoir lieu devant le Seigneur. Les privilèges des premiers-nés consistaient : 1° au droit de sacerdoce, lorsque les frères demeuraient dans le même lieu ; 2° en ce qu'il avait la double portion entre ses frères. Il est vrai que Jacob transporta le droit de premier -né de Ruben à Joseph; Isaac, celui d'Esaù à Jacob, et David, celui d'Adonias à Salomon ; mais tout cela se fit par un ordre parliculier de la Providence, et par une révélation de Dieu. Voy. Coloss., 1,15. Eccli., xxiv, 5. Isaïe, xiv, 30. Job, xviii, 13. Exode,
PHÉN — 1845 — PRES
xii , 29; xih, 2, 3. 12, 13. Lévit., xxvu , 6. Nombres, xviii, 16, 17, 18, 19. Deutér., xn. 17. 18; xv, 19. 20. D. Calmet, Diction, de lu Bible. Bergier, Diction, de théol., au mot Aîné. J.-B. Glaire, Introduction, etc., tom. II, p. 260, 3U6.
PREMISLIA. Vny. PREZMYSLIE.
I. PRÊMONTRÉ i 0 do Pramonstratenns) , Ordre religieux. Les Prémontrés étaient des religieux chanoines réguliers, ainsi nommés de l'abbaye de Prémontré, chef de leur Ordre, située au diocèse de Laon, en Picardie, et fondée en 1120 par saint Norbert. On appela cette abbaye Prémontré, parce qu'elle fut bâtie dans un pré découvert et montré par les bénédictins de Saint -Vincent de Laon. Us suivaient la règle de Saint-Augustin. Ceux qui étaient réformés observaient l'abstinence de la viande, et les non-réformés ne l'observaient pas, si ce n'était depuis la Septuagésime jusqu'à Piques, l'A vent et certains jours de la semaine. Les uns et les autres possédaient des cures. L'Ordre des Prémontrés se multiplia fort vite, et le nombre de ses monastères, dans tous les pays du monde, a été si grand, qu'on y a compté mille abbayes et trois cents prévôtés, sans les prieurés, divisés en trente -cinq cyrearies ou provinces. Ce fut surtout en Allemagne que les Prémontrés s'étendirent et devinrent puissants. La cyrearie d'Espagne forme une congrégation particulière ; les abbés , qui étaient auparavant perpétuels, y sont triennaux, et ne peuvent être continués dans les mêmes monastères. Une autre congrégation où l'on observait les premiers usages de Prémontré, avait été formée en Lorraine au commencement du xvu* siècle, par les soins des Pères Daniel, Picart et Servais de Servels. Ses constitutions furent approuvées, en 1617, par Paul V, et, en 1621 , Louis XIII leur permit de mettre la réforme dans tous les monastères du royaume qui voudraient la recevoir. Le vicaire général de cette congrégation en était supérieur et juge immédiat ; on l'élisait tous les trois ans. Voy. le P. Paige, Biblioth. Pra*monstr., 1. II, c. H. Le P.Hélyot,tom. II, c. xxm. Le P. Hugo , Annales de l'Ordre de Prémontré. La Vie de saint Norbert. Richard et Giraud. Bergier, Diction, de théol.
IL PRÊMONTRÉ (Adam). Voy. Adam, n» XX.
PRÉMONTRÉES, religieuses chanoinesses de l'Ordre de Prémontré. Elles étaient aussi anciennes que les Prémontrés, et il y en avait beaucoup en Allemagne, où quelques-unes des abbesses ont été princesses souveraines-, mais elles s'étaient éteintes en France, les abbés ayant refusé de recevoir les novices.
P REMORD (Charles-Léonard), ecclésiastique, né a llonfleur en 1760, mort à Colwich, dans le comté de Stafford, l'an 1837, obtint, en 1790, un canonicat dans la collégiale de Saint-Honoré, a Paris. Dépossédé peu de temps après, il se retira en Angleterre , où on lui confia la direction spirituelle des religieuses bénédictines françaises. De retour en France, il fut nommé chanoine-honoraire de Notre-Dame, chapelain par quartier de Charles X, puis vicaire général de Strasbourg et de Quirnper. En 1830, il alla rejoindre en Angleterre la communauté bénédictine qu'il avait si longtemps dirigée. On a de lui : 1* une édition anglaise des Mutes of a Christian life; — 2» la publication des Œuvres choisies de M. Asseline, évéque de Boulogne; Paris, 1823, 6 vol. in-12. Voy. Feller, au Supplém. La Nouv. Hioar. aénér.
PRÉMOTION. Voy. Prédéterm in ation .
PRÉNOM. La pieuse coutume de l'Eglise veut qu'on donne pour prénom , aux enfants qu'on
baptise, un nom pris dans le Martyrologe; et, dans les actes publics de l'Église, les prénoms doivent toujours précéder le nom de famille. Voy. l'abbé André , au mot Prénom , et à l'art. Baptême, § VI.
PRÉPARER ( Prœpnrare ou parare), terme qui se met souvent dans l'Ecriture pour fonder, établir, affermir. Voy. Psaume xcn,2.
PREPUCE, peau que l'on coupe aux enfants mâles dans la circoncision. Les Hébreux regardent comme un privilège de la Providence ce qui arrive i quelques enfants de naitre sans prépuce, et qu'ils prétendent être arrivé i Moïse. Il est parlé, dans l'Écriture, de certains mauvais Juifs qui emploient l'art des chirurgiens pour effacer les marques de la circoncision; ce que quelques auteurs, entre autres Origène, regardent comme impossible. Les vrais Juifs, au contraire, regardaient comme la chose la plus déshonorante de n'être pas circoncis; aussi se servaient-ils du terme é'incirconciv pour marquer leur mépris envers les Gentils et les étrangers. Us appliquent aussi le motd'tNCTrconci.rion a ce qu'ils regardent comme impur, défectueux, inutile, dangereux. Ainsi, Moïse dit qu'il est incirconcis des lèvres pour marquer un empêchement de parler. Jéremie dit que les Juifs ont les oreilles incirconcises, pour désigner leur résistance aux instructions qu'on leur donne. Il les exhorte à ôter les prépuces de leur cœur, au lieu de dire : soyez dociles et attentifs. Moïse se sert même du mot de vrépuce pour marquer des fruits impurs. Voy. I Machab., i, 16. I Corinth, vu, 18. Exode, vi, 12, 30. Jérémie, vi, 10; x, 9, 26. Lévit., xix, 23; xxvi, 41. Act., vu, 51. Rom., h, 26. Galat., H. Hieronym., in cap. un Isai., et in Jovian., 1. L Lyran, in Machab., i, 16. Rupert, De Victoria Verbi, c. xviii. D. Calmet, Diction, de la Bible, et Comment, littéral sur I Machab., I, 16. Richard et Giraud. Bergier, au mot Circoncision. Compar. notre art. Circoncision.
PRESANCTIFIÉS, MESSE DES PRÉSANC- TIFIÉS , nom donné aux hosties que le prêtre offre et consomme à la communion , mais qui ont été consacrées la veille ou quelques jours auparavant. La messe des présanctifies est une messe sans consécration, mais dans laquelle on communie avec des hosties qui ont été consacrées la veille ou quelques jours auparavant. Le concile de Carthage de Van 692 ordonne qu'en carême on célébrera tous les jours la messe des présanctifiés, excepté les samedis, les dimanches et le jour de l'Annonciation. En Occident , on ne dit plus de messe des présanctifiés que le Vendredi saint; mais, chez les Grecs, on en dit encore pendant tout le carême, excepté le samedi, le dimanche, et le jour de l'Annonciation. Voy. De Vert, Cérémonies de l'Eglise, tom. I, p. 80. Ménard, Notes sur te Sacrumentaire de saint Grégoire, p. 75. Bergier, Diction, de théol. Gaet. Moroni, qui, vol. LV, p. 158-159, cite un certain nombre d'auteurs â consulter.
PRESBOORG (Posonium), ville capitale de la haute Hongrie où le cardinal Gentil de Montflore, cordelier et légat en Hongrie pour le pape Clément V , tint un concile en 1309. On y fit neuf canons sur la discipline. Voy. Labbe, t. IX. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. LV, p. 170-171. Le Pict ion. de la théol. cathol.
I. PRESBYTÈRE ( Preshyterium ) , se disait autrefois de ce que nous appelons aujourd'hui le chœur d'une église. Voy. D. Macri Hierotexicon. De Vert, Cérémonies de t Eglise, tom. IV, p. 18. Compar. Chœur, n* I.
PRES
PRES
II. PRESBYTÈRE. On appelait ainsi anciennement dans l'Église le conseil permanent institué prés d'un siège épiscopal, composé de prétre6 et de diacrea que l'eveque consultait dans les affaires les plus importantes de son diocèse. Voy. D. Macri Hierokxkon. Le P.Thomassin. Discipline de F Église, part. I, liv. I, c. xlii Le Diction, delà théol. cuthol., où, dans un article très-savant, on voit l'origine et l'histoire du presbytère.
III. PRESBYTÈRE. On a donné encore ce nom au collège des cardinaux qui forme le conseil du Pane. Voy. CONSISTOIRE, n» I.
IV. PRESBYTÈRE, don en argent que les anciens Papes faisaient au clergé et aux églises de Rome, de même qu'aux officiers du palais apostolique et de la cour romaine; et, suivant Macri, don également en argent que le Pape faisait autrefois à l'église de Latran le jour où il en prenait possession. Voy. D. Macri Hierolexicnn. Gaet. Moroni, vol. LV, p. 165.
V. PRESBYTÈRE signifie aust>i une maison située près de l'église pour loger ceux qui la desservent. Chaque église paroissiale doit avoir un presbytère pour loger le curé, aux dépens des habitants et biens- tenans des paroisses. C'est la disposition des conciles anciens et nouveaux, et en particulier du concile de Trente (ses* VII, c. vin, et sess. XX, c. vin). La jurisprudence des arrêts était conforme sur ce point aux ordonnances des conciles. Le concile de Rouen de l'an 1581 ordonne aux curés d'habiter Je presbytère, et leur défend de le louer i d'autres personnes. Aujourd'hui , d'après la décret du 30 décembre 1809, art. 92, les communes sont obligées de fournir au curé ou desservant un presbytère, ou, a défaut de presbytère, un logement, ou, â défaut de presbytère et de logement, une indemnité pécuniaire. Voy. les Mémoires du clerqé, tom. 111, p. 224 et suiv. Richard et Giraud. L'abbé André.
PRESBYTERIENS (Presbyteriani), nom qui a été donné aux calvinistes rigides qui suivent à la lettre les erreurs et les maximes de Calvin. Ils prétendent que l'Eglise ne doit être gouvernée que par des prêtres; que l'Ecriture ne met point de différence entre les prêtres et les évè-
3ues, et qu'ainsi l 'épiscopal , tel qu'il est établi ans l'Église, n'est point d'institution divine; que si, dans le commencement de l'Eglise, il y a eu des prêtres que l'on a nommés évéques, c'était seulement une dénomination extérieure que les prêtres avaient donnée d'eux-mêmes à leurs confrères, et qu'ils pouvaient révoquer. Leur ministre n est distingué que par un manteau noir qu'il a sur les épaules lorsqu'il fait ses instructions. Ils n'estiment pas plus les épiscopaux de l'Eglise anglicane que les évêques de l'Eglise romaine , et las épiscopaux ne les ménagent point. 11 y a eu entre ces deux sectes des dissensions qui ont souvent troublé l'Angleterre. Voy. Salmonet, Hist. des troubles de la Grande-Bretagne. Rergier, art. Anglicans. Pluquet, Diction, des hérésies. Le Diction, de la théol. calhol.
PRESCIENCE, connaissance certaine et infaill.ble de l'avenir. Une des vérités que la révélation nous enseigne, est que Dieu de toute éternité a connu certainement tout ce qui arrivera dans toute la durée des siècles, soit les événements qui dépendent des causes physiques et nécessaires, soit les actions libres des créatures intelligentes : « Je sais, dit le Seigneur, tout ce que feront les Israélites lorsqu'ils seront dans le pays que je leur ai promis (Deutér., n\k 31). » En effet, Dieu venait de le prédire
dans les versets précédents. « Le Seigneur est le Dieu des connaissances, nos pensées lui sout présentes d'avance (I Rois, u, 3). » Le Psalmiste dit à Dieu ; « Vous avez connu de loin mes pensées, et vous avez prévu toutes mes actions (Ps. cxxxvm, 3, 4). • lsaïe défie les faux dieux des nations de prédire l'avenir, parce que cette connaissance est réservée au seul vrai Dieu, c Annoncez-nous, dit-il, ce qui doit arriver dans l'avenir, et nous saurons que vous êtes des dieux (Isaie, xu, 23). » Nous pourrions multiplier des passages semblables; mais ceux-là suffisent sans doute pour montrer que la prescience de Dieu nous est manifestement enseignée par la révélation. 11 y a ici une observation importante à faire : Quoique ce que Dieu prévoit devoir arriver arrive infailliblement, sa prescience ne nécessite pas les événements, et n'ôte nullement à l'homme sa liberté d'action : 1» parce qu'elle n'est point la cause de ces événements ; 2° parce que Dieu prévoit non-seulement les choses, mais encore la manière dont elles doivent arriver; Dieu connaît l'ordre des causes : or nos volontés tiennent un rane dans cet ordre, et ces volontés sont la cause de nos actions : ainsi notre volonté étant libre. Dieu prévoit qu'elle se déterminera librement à agir. Voy, Bergier, Diction, de théol., et le Traite de Dieu et de set attributs, dans les théologiens. Le Diction, ecclés. et canon, portatif. L'Encyclop. cuthol., qui contient un excellent article.
PRESCRIPTION (Prescrtptio, usucapio), manière d'acquérir la propriété d'une chose par la possession non interrompue pendant un temps que la loi détermine. C'est pour assurer l'état des familles, lever l'incertitude des possessions, finir les contestations et établir la paix entre les citoyens, que la prescription a été introduite et approuvée par le droit civil «t le droit canon. Les canonistes exigent cinq conditions pour que la prescription soit légitime , savoir : 1* la matière prescriptible ; 2* la possession ; 3° le titre ; 4° la bonne foi ; 5* le temps marqué par la loi. Les biens meubles sacrés ou non sacrés se prescrivaient, avec le titre, par l'espace de trois ans; et, sans titre, par l'espace de trente ans. Il y avait des endroits oû il fallait cinq ans pour la prescription des biens meubles. Les biens immeubles de l'Église romaine ne se prescrivent que par cent ans ; ceux des autres églises, des monastères et des hôpitaux, par quarante ans. Il y avait des monastères dont les biens immeubles ne se prescri • vaient chez nous que par soixante ans. Quant aux choses imprescriptibles, c'est-à-dire contre lesquelles la prescription ne peut avoir lieu , et» sont : 1° le droit naturel; ainsi toute prescription ou coutume qui y serait contraire devrait être rejetée ; 2» l'abus ; car, dit Terlullien, l'abus réclame sans cesse : A huais entm perpétua clamât; 3" l'obéissance qu'on doit à ses supérieurs ; 4° les choses purement spirituelles ou sacr&us; mais si une chose sacrée changeait de destination, elle deviendrait par là même prescriptible. On ne peut prescrire que les choses qui sont dans le commerce, c'est-à-dire qui sont susceptibles d'être possédées par des particuliers. Aiusi les églises, les cimetières, les places publiques, les rues, etc., ne peuvent s'acquérir par prescription. Le code civil est conforme en cela au droit canon; car il dit: « Art. 22-Jti. On ne peut prescrire le domaine des choses qui ne sont point dans le commerce. » Voy. Collet, Moral., tom. I. De la Combe, Recueil de jurtspnuL cononig., au mot Prescription. Richard et Giraud . L'abbé André, Cours alphahét. de droit ranon.
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