PRESCRIPTIONS CONTRE LES HÉRÉTI
?UES. Tel est le titre d'un ouvrage célèbre de ertullien. Le savant Père entend sous ce nom ce que l'on appelle au barreau fin de non-recevoir, c'est-à-dire raisons par lesquelles il est prouvé, sans entrer dans le fond des questions, que l'adversaire ne doit pas être admis à discuter. C'est ce que les controversistes modernes ont nommé préjugés légitimes contre les hérétiques. Voy. Bergier, qui, dans son Diction, de théol., fait un exposé de l'ouvrage de Tertullien, cite et combat les efforts tentés par les protestants pour en atténuer l'importance.
PRÉSÉANCE, a été l'objet de grandes contestations entre le clergé et les autres corps de l'État, et entre les différents membres du clergé. D'après l'édit de l'an 1695, les archevêques, évoques et autres ecclésiastiques devaient être honorés comme les premiers des Ordres du royaume... et les corps des chapitres des églises cathédrales devaient précéder en tous les lieux ceux des bailliages et sièges présidiaux... Le même édit défend à toute personne, de quelque qualité et condition qu'elle puisse être, d'occuper, pendant le service divin, les places destinées aux ecclésiastiques, et veut que, lorsque les officiers des cours allant en corps dans les églises cathédrales ou autres se placeront dans les chaires destinées aux dignitaires et aux chanoines, ils en laissent un certain nombre vides de chaque côté pour les dignitaires et les chanoines qui ont l'habitude de les remplir. Suivant les conciles et l'ancienne jurisprudence du royaume, l'évéque était le juge des contestations oui s'élevaient sur la préséance entre les gens d'Église dans le service divin, les processions, les enterrements, etc. Voy. les Mém. du clergé, tom. V, p. 1534; tom. VIII, p. 151 et suiv.;
1. II, p. 1423, 1426, 1428; tom. V, p. 1455, 1456. Le Diction, ecctés.et canon, portatif. L'abbé André , qui rapporte les décisions et les règlements relatifs à la préséance , telle qu'elle s^ibserve aujourd'hui dans les différents Ordres du
PRÉSENT. En Orient, les présents ont toujours été un des liens les plus puissants des relations sociales : c'était tantôt hommage de respect et d'amitié, et tantôt marque d'amour. Cette coutume, qui remonte à la plus haute antiquité et qui annonce des mœurs primitives aussi douces qu'aimables, s'est toujours fidèlement observée chez les Hébreux, comme on peut facilement en juger par leur histoire. L'usage de ne jamais paraître devant les princes sans ïenr offrir quelque présent, était devenu obligatoire pour les Hébreux qui se présentaient devant Jehova, leur Monarque ( Deutér., xvi, 10-17). Les rois eux-mêmes s'en envoyaient réciproquement, de même qu'ils en faisaient aux personnes qu'ils voulaient honorer. Les anciens prophètes ne refusaient ordinairement pas les présents qu'on leur offrait; mais depuis que les Aux prophètes se furent laissés corrompre par des dons, les vrais prophètes ne voulurent plus en recevoir. Quant aux présents destinés à corrompre les juges , ils furent re-
Sardés comme infâmes dans tous les temps. De i vient qu'aujourd'hui même tout présent fait par une partie à son juge, est réputé avec raison être un présent captatoire; et, de leur côté, les juges ne doivent point en recevoir de leurs clients, ni directement, ni indirectement, pour le motif qu'en donne l'Écriture, quand elle dit : c Tu ne recevras point de présents, qui aveuglent même les sages et corrompent les paroles des justes. (Exod., xxm, 8. Deutér., xvi, 19.)
Les présents et les dons aveuglent les yeux des juges. (Ecclésiastique, xx, 31.) a Voy. Genèse, xxxui; xliii, 11. I Rois, ix, 7, etc. Esther, ix, 19. Amos, v, 12, etc. Mallh.. n, 11, etc. La Rocheilavin. Des Parlements ae France, tom. I, p. 34-35. J .-B. Glaire, Introd. histor, et crit., etc. , tom. II, p. 270-271.
1. PRESENTATION, terme par lequel on en* tend d'ordinaire la présentatum des premiersnés, ou des autres enfants, ou des choses vouées. Ainsi Samuel fut présenté au Seigneur pour cette double raison ; s'il n'eût été que premierné, il eût pu être racheté; mais, comme voué, il devait tous les jours de sa vie être employé au service du Seigneur. La sainte Vierge présenta le Sauveur au temple, au jour de sa purification, comme on lit dans saint Luc (n, 22, etc.). H est certain que la sainte Vierge fut aussi présentée au temple, qu'elle fit vœu de virginité, et qu'elle n'épousa saint Joseph que comme gardien de ce trésor qu'elle avait consacré au Seigneur ; mais rien de plus incertain que les circonstances nue les différents auteurs joignent à ces faits qu enseigne la tradition de l'Église. La féte de la Présentation de la Vierge est beaucoup plus ancienne chez les Grecs que chez les Latins. L'empereur Emmanuel Comnène, qui régnait en 1150, en fait mention dans une de ses ordonnances, et elle était déjà fort célèbre. Elle n'est passée en Occident qu'eu 1372, lorsque Philippe de Maizières, chancelier de Chypre, y étant venu, donna avis de cette solennité au' pape Grégoire XI et à Charles V, roi de France. Le pape lit alors célébrer la fête de la Présentation dans l'Eglise romaine, et le roi la fit aussi sotenniscr à Paris, dans la Sainte- Chapelle, en présence du nonce. On n'en voit cependant aucun vestige dans les calendriers, ni dans les oftices de l'Église des siècles suivants, jusqu'au cardinal Quignonès, qui mit cette féte dans sou bréviaire. Mais ce bréviaire ayant été supprimé par Pie V, la fête de la Présentation ne fut reçue a Rome que sous Sixte V, qui la prescrivit par un décret de l'an 1585. Elle fut néanmoins établie en divers lieux; on l'a mise depuis dans les Martyrologes, et on en fait la solennité dans toutes les églises d'Occident le 11 novembre. Voy. I Rois, i, 2, etc. Lévit., xxm, 6. D. Calmet, Diction, de la Itible. Baronius. Préface de ses Annales. Purification.
IL PRÉSENTATION , en matière bénéficiale, est un acte de nomination par lequel le no mina tour présente une personne capable pour être instituée dans le bénélice vacant.